populisme

  • "Ensauvagement", terme inacceptable dans la bouche d'un responsable gouvernemental. Décryptage

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    Quand la réalité d'un pays est éventuellement inflammable, tout responsable gouvernemental  qui se respecte, sérieux ne vient pas jeter de l'huile sur les flammes! 

    La parole politique des dirigeants politiques porte un poids symbolique fort.

    Stigmatiser au plus haut de l'Etat avec la  terminologie du "sauvage" adorée de la droite extrême  fait sombrer dans les heures sombres du populisme.

    Le ministre de la Justice Dupond Moretti ne s'y est pas trompé. Il fustige son "collègue"  le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin issu du sarkozisme.

    [Rappel. Sarkozy: cette présidence qui aboutit à la crise 2005 et ses centaines d'incendies de voitures puis la  non réelection en 2007.]

    G. Darmanin a sorti sa kärcher " Nous assistons à une crise de l’autorité. Il faut stopper l’ensauvagement d’une certaine partie de la société. Il faut réaffirmer l’autorité de l’État, et ne rien laisser passer », déclare le ministre, avant un  déplacement à Nice sur le thème de l’insécurité.

    Agir contre les comportements aberrants, rétablir la règle de l'Etat (telle  cette crise des Tchétchènes de Dijon qui entendaient faire régner leur ordre) est une bonne chose, stigmatiser en est une autre.

    Employer un terme  de classification du genre humain  du 19ème siècle comme le pratique et le confirme  G Darmanin  n'est pas concevable en 2020.

    Acquitator, le célèbre avocat connait le poids des mots. Intelligent, il comprend les enjeux. Il a réagi.Pourquoi ces joutes verbales au sommet de l'Etat ?

    Doit-on penser que le gouvernement Macron  se sarkozise? Qu'il  usite volontairement du vocabulaire de l'extrême-droite en vue des prochaines présidentielles 2022? 

    Alors, quel jeu électoral dangereux.

    Le terrain est effectivement très chaud. Trop chaud pour ce vocabulaire inflammable.

    "Ensauvagement" est un dérivé du vocable chevènementiste de "sauvageon" dans les années 90.

    Doit-on lire que Emmanuel Macron démarre sa campagne présidentielle autour de cette thématique, en  allant racler le sable sur les terres d'extrême-droite?

    Il est évident que Gérald Darmanin ne peut vivre sa vie vocabulariale gouvernementale sans validation présidentielle. E Macron contrôle la moindre mouche qui vole...

                          EN MEME TEMPS TOUT ET SON CONTRAIRE

    Observation: une répartition des rôles s'est installée EN MEME TEMPS au sein du même gouvernement Castex: Gérald  Darmanin, ministre de l'Intérieur avec sa thématique d'extrême-droite, Eric Dupond-Moretti à la Justice représentant le droit. Dont  le "droit- de-l'hommisme" de gauche. L'ancien avocat connait bien la réalité sociale et signale l'impossibilité ABSOLUE de dire n'importe quoi.

    Emmanuel Macron lui  est entré dans la partie, sans le dire.

    Il joue lui  balle au centre puisqu'il minimise volontairement en parlant d'incivilités pour des... crimes.

    Jean Castex lui réclame d'agir plutôt que parler. 

    Certes mais attention,  certains mots missiles sont eux-mêmes des... actions

    Les idées brunes sont montées dans les années 30 à coup de ...discours.

    Quel jeu électoral dangereux! 

    Si la séquence "linguistique" est volontaire:  c'est du sous-machiavel 

    Si la séquence est involontaire: "quelle pétaudière" aurait dit le Général de Gaulle...

    La séquence divise, affaiblit  La République en Marche. A juste titre.

                                                           Sylvie Neidinger 

     

    Suite : Emmanuel Macron président méprisant se permet d'....ironiser sur le "Kamasutra de l'ensauvagement" en.... attaquant la presse  

    Les policiers craignent une sarkozisation :une politique du chiffre

     

    #BlogNeidingerEnsauvagementSémiologie

    1) Ensauvagement : terme inacceptable dans la bouche de responsables politiques

    2) Kamasutra ensauvagé d'Emmanuel Macron contre la presse

    3)Avant " l'ensauvagement", le mythe du bon sauvage

    4) Le "sauvage" a-t-il une âme? La controverse de Valladolid

    5) Les zoos humains pour exhiber les "sauvages" jusqu'en 1930

     

     

  • ItinERRANCE mémorielle

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    Une sémiologue voit dans "itinérance mémorielle" les termes de France et d'espérance. Errance, plutôt?

    Cette terminologie est  imposée par Emmanuel Macron lui-même pour décrire  son très long voyage dans l'Est  autour du 11 novembre !!

    L'analyste oublie totalement le vocable  ERRANCE qu'un sémiologue un peu psy repère immédiatement.

    Le terme est pompeux, d'un intellectualisme d'opérette.

    Errance politique pour commencer. Macron Bonaparte ayant tué dans l'oeuf ses oppositions politiques, syndicale  se retrouve lui-même en direct face au peuple en colère, chauffé à blanc.

    Alors que les citoyens en complète sidération face à l'augmentation du prix des carburants  limitent leurs déplacements (avant leur grande colère collective qui semble se faire jour)  lui se déplace en permanence aux frais de l'Etat .

    Même quand c'est soit disant privé mais avec bains de foule (Honfleur) ET frais obligatoires importants pour assurer la  sécurité.

    Même quand c'est  long: une semaine en Alsace Lorraine, 11 départements, des dizaines de  villes. Alors qu'il est en berne dans les sondages.

    Une saturation médiatique en prévision puisque les médias vont suivre (c'est obligatoire; on suit toujours un président en déplacement) Il risque tout de même lui-même d'user sa propre image à trop en faire...De lasser.

                                         HISTOIRE MEMORIELLE CONTESTEE

    Ce qui pose problème dans cette itinErrance tient de l'usage de la mémoire historique que le président fait autour la deuxième partie de son expression : "mémorielle".

    Macron  avait largement  commencé  avec les symboles  se comparant lui même  à Jésus (ouf!) Jupiter, Jeanne d'Arc lors de sa campagne électorale.

    L'expression Jupiter, chef des dieux est restée laissant présager narcissisme exacerbé et mégalomanie potentielle. 

    Le Président, dès lors rebaptisé Méprisant de la République par certains, continue avec des incursions autour de l'Histoire: Algérie, gaulois réfractaires, années 30...

    Attention. L'histoire mémorielle n'est pas l'histoire scientifique mais un point de vue officiel de l'Etat qui accompagne toute Loi mémorielle.

    Le débat existe depuis les années 90 et la loi dite Gayssot.

    https://journals.openedition.org/eac/433

    Les historiens contestent cette récupération par le monde politique et médiatique autour de la notion de "mémorielle". 

    La fonction de Président de la République est certes porteuse de toute l'histoire du pays. Traditionnellement, le locataire de l'Elysée l'usite dans un cadre institutionnel accepté  de commémorations etc. 

    Que le président actuel  se mette à  personnellement  voire électoralement à instrumentaliser  l'histoire serait   un inquiétant  pas franchi (à suivre) Les français appréciant peu les leçons de ...morale de sa part.

    Il y a danger voire cynisme à se servir de  l'Histoire.

    Cela fait  très ....populisme des années 30. Justement !

                                                                                  Sylvie Neidinger

     

    *L'errance se confirme: il mélange tout ! cf interview du 6/11 à Europe1 : il évoque pèle-mêle #Benalla, carburants à son parcours! Il répond à côté de la plaque: l'augmentation "c'est pas bibi". Encore une saillie de com' ratée car il ouvre lui  les déclinaisons autour de bibi fricotin...Interview polémique.

    *Les sénateurs répondent que l'affaire #Benalla est sérieuse et a été traitée sérieusement.

     * Mémoire et politique: la conception de E Macron   

    * Un blogueur signale que itinérance vient du vocabulaire de la téléphonie: le roaming

                                     

                                                        

                                                                 RUBRIQUE VOCABULARIA

     

  • La ceinture verte de Genève est-elle sa muraille de Chine?

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    Le logement est primordial en politique. Comme incarnation du « vivre ensemble »P1030865.JPG

    En matière de construction, élus français et suisses s'interpellent quelquefois avec vigueur  -ou évitent soigneusement le débat...

    Il y a peu, Antoine Vielliard (web) commentait   positivement la stratégie de Anne-Emery Torracinta,  candidate PS au Conseil d'Etat. Elle pose l'urbanisation comme préoccupation principale.

    Le Canton suit un programme de construction de 1000 unités annuelles environ (web )  dénoncé régulièrement par les politiciens hexagonaux comme insuffisant par rapport à la nécessité.

    Une photo vaut mieux que tous les discours. Elle est prise  cette semaine pile sur la zone frontière, aux pieds de Saint-Julien-en- Genevois.

    P1030877.JPG

    Côté France, pas moins de 8 grues sont visibles, 10 en tout. Le cliché n'a pas pu toutes les intégrer. Côté Suisse, le regard se perd  vers une magnifique nature agricole préservée.P1030886.JPG

    Le dossier est ...chaud car il touche à la vision franco-suisse de l'organisation commune.

    Chaud car les temps idéologiques sont de couleur brune (couleur partagée des deux côtés de la frontière vues les thématiques électorales hexagonales !)

    Certains populistes suisses lancent des brûlots pour mieux...brûler les maisons des frontaliers   (cf article du Point-web)

     

    EXPLOSION DEMOGRAPHIQUE COMMUNE AU GRAND SUD EST

    Ils se trompent en visualisant Genève comme «  envahie » par ces cohortes de français éventuellement  crève-la-faim qui compteraient sur la Suisse pour leur unique  subsistance. Non.

    Tout le quart sud-est est impacté par des soldes migratoires quelquefois à 1% par an : Rhône-Alpes, Paca, Languedoc Roussillon. Le littoral plus  encore. Prévisions Insee :"Croissance à l'horizon 2031"(web)

    Cette problématique de l'accroissement massif des villes en population  est parfaitement connue étudiée, mesurée par  les démographes.

    Genève n'échappe pas à cette logique supranationale à l'échelon européen. Elle n'est donc pas la seule ville lumière qui attire les lucioles !

    Grenoble, universitaire et cité des nanotechnologies est  très intéressante à comparer à la capitale calviniste. Comme son homologue suisse, elle est coincée géographiquement -par les montagnes. Elle aussi tient à préserver sa verdure et ne pas sacrifier sa vallée du Grésivaudan.

    Les deux agglomérations portent  une population sensiblement  égale intramuros ( entre 150 et 200 000 habitants) idem en global (entre 400 et 450 000 habitants)

    Population Grenoble

    Ville :156 107          (2007)

    Agglo :  404   196

    Population Genève

    Ville : 187 500          (2010)

    Canton : 430  638

    Grenoble

    2750 neufs

    5150 réhabilités

    Genève

    1000 constructions par an

     

    *attention : chiffres  à ne prendre que comme indicatifs. Les statistiques varient suivant les sources et données précises qu'elles intègrent.Grenoble :sources de la  Metro

    Pour un niveau similaire, des prospectives d'afflux de même échelle,  Grenoble construit trois fois plus de logements neufs que Genève en prévision d'apports de population estimés en milliers dans les années futures.

    Sans parler du nombre des réhabilitations. Avec un résultat positif :densification et requalification présentent l'immense avantage d'un changement de physionomie de la ville. Verrues urbaines, vieux entrepôts laissent place à des programmes immobiliers visuellement agréables et aux dernières normes du développement durable.

    A Lyon la rénovation urbaine va également bon train. Avec même  des choix architecturaux audacieux  tel le nouveau quartier  Confluence (web) qui prend des airs de Dubaï. Certes la mégapole Rhône-alpine (plus d'un million d'habitants, deuxième ville de France) joue dans la catégorie supérieure par sa taille et ses  projets urbains.

    La ceinture verte de Genève est-elle juste ? Oui. Opinion personnelle: sanctuariser la verte campagne se justifie. Rien de pire que le mitage de paysage.

    P1030882.JPG

    Mais attention :  pas aux dépends d'un tiers,  les terres agricoles du genevois français en l'occurrence ! Les terres agricoles de ce coté ayant tout autant à profiter de la même logique de protection.

    Densifier Genève un peu plus rapidement  semble de bon sens, tout comme l'amélioration des transports collectifs internes et transfrontaliers.

    Actuellement, la muraille  se construit ...en France au grand dam les élus locaux qui eux aussi entendent  sanctuariser les terres agricoles proches de la frontière en réponse.

    La muraille de Chine genevoise  côté  France : vous avez dit immeubles ou gratte-ciels ?

                                                                             Sylvie Neidinger

    Crédit photos sylvie neidinger

     

     

    Tags : ceinture verte, transfrontalier, muraille de Chine, densification urbaine, Genève, Grenoble, Lyon, démographie , Confluence, accroissement de population, grand Sud-est, populisme, , Torracinta, Conseil d'Etat, la Metro de Grenoble, Saint-Julien-en-Genevois

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  • Pipo et tralalère électoral

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    Les ondes, les médias  sont envahis de la campagne présidentielle. Normal, vue la place proéminente,  prééminente  qui tiennent la Présidentielle et les législatives qui suivent dans le paysage politique hexagonal.

    Au point que les français la trouvent longue et s'agacent des absences d'argumentaires sérieux en rapport avec leurs inquiétudes sociales.

    François Bayrou et François Hollande restent dans une approche argumentée.

    Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy et Jean-Luc Mélenchon ont choisi la voie populiste.

    Un débat "carné" déplacé  sur le cacher-hallal en lieu et place de questionnements sur la politique étrangère de la France, l'Europe comme bouc-émissaire, les attaques répétées et directes du président sortant contre François Hollande , supposé nul et dangereux sans vraiment démontrer ni sans retour sur son propre bilan...

    Pour respirer un peu de ce climat lourdingue, ce commentaire d'article repéré dans le magazine web Lyonmag.com (aujourd'hui ) d'un certain

    «  lalalère »  pseudo évidemment et qui s'amuse à  cette  petite musique  :

    «  en 2012 y'en a qui disent qu'il ne faut pas qu'Sarkommence mais il faut pas croire non plus Hollandemains qui chantent . Ne Mélanchon pas tout sinon c'est la Bayroute. Eva être Joly l'année 2012 ! »

    C'est court, facile mais cela détend !   Sylvie Neidinger

     

    Tags: Sarkozy,Hollande,Mélenchon, Bayrou,Joly

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