john waller

  • 1528: épidémie de danse à Strasbourg, épidémie sans virus biologique!

    La planète vit depuis plusieurs mois avec un vocabulaire médical  collectif: pandémie, épidémie...Qu'en est -il exactement ? 1518,jean teulé,épidémie de danse à strasbourg,vitsgrotte,saverne,danse de saint-guy,john waller,peste dansante

    Les épidémies ne correspondent pas  à  la seule  contagion biologique, celle qui normalement répond à la définition communément admise d'une affection contagieuse.

    De véritables transes sociales passées ont jalonné notre histoire.

    La contagion épidémique psychiatrique existe aussi.  Psycho-sociale, en fait. 

    A classer probablement comme un trouble neuro-psy mais collectif. Avec parfois des tremblements potentiellement  assimilés à un état de mal épileptique pouvant  s'avérer être des crises non épileptiques psychogènes (CNEP) Là encore.... collectives ? Ils sont en tous cas ainsi décrits " des individus qui tremblent, au sol".

    L'écrivain Jean Teulé  a remis au  jour une ancienne transe "plus folle que la fiction" apparue au XIVème siècle à Strasbourg. Un trauma collectif se traduisant par une épidémie de danse...à en mourir. Une manie dansante, jusqu'à 1518,jean teulé,épidémie de danse à strasbourgl'épuisement. L'auteur  tire  de cet épisode un format romanesque  "Entrez dans la danse" chez l'éditeur Julliard. 

    Les faits: en plein épisode de famine, deux mille personnes dansent en place publique. Probablement une réaction physique, somatique à l'angoisse et au désespoir.

    Cette chorémanie a été observée en  Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Alsace et Lorraine (Metz) entre la XIVème et le XVIIIème:  

    1518,jean teulé,vitsgrotte,saverne,danse de saint-guy,épidémie de danse à strasbourg"Plusieurs manifestations importantes de manie dansante ont été répertoriées au cours des siècles, notamment le  à Erfurt, le  aux Pays-Bas et/ou à Aix-la-Chapelle, en 1417 et 1418 en Alsace, et en 1518 à Strasbourg, où elle aurait concerné les femmes (voir l'article Épidémie dansante de 1518). D'autres cas furent répertoriés à travers toute l'Europe comme aux Pays-Bas, à Cologne, ou à Metz."(wiki)

    L'hystérie collective touchaient hommes, femmes et enfants qui continuaient à se tortiller à terre si tombés. La mort pouvait s'ensuivre pour motif  d'accidents cardio-vasculaires, de déshydratation.

                                         DANSE DE SAINT-GUY 

    La religion catholique a donné comme à son habitude sa réponse autour des Saints guérisseurs et protecteurs. La chapelle de Saint-Guy (Vitsgrotte) à Saverne dans les Vosges accueillait  en pèlerinage  les malades atteints de cette affection dansante. Y étaient pratiqués des exorcismes  (contre le diable évidemment)  au point d'inquiéter les autorités religieuses par leurs excès.

    John Waller  étudia cette épidémie de transe collective alsacienne (Edition La nuée Bleue)

    La manie questionne probablement  le rapport entre le corps et le pouvoir (pouvoir politique ou médical) 1518,épidémie de danse à strasbourg,vitsgrotte,saverne,danse de saint-guy,john waller,peste dansante,école de tanzanie,épidémie de rire jean teulé,neuro-sciences,souris,famines,mal du diable,morzine,shakespeare,tanzwout

    Thomas Laurent, un  " you tubeur historien" raconte cet épisode strasbourgeois. Les commentaires sur son site  sont marrants tels:  "Strasbourg: premier Teknival de France" ou " les Strasbourgeois savent enfin sur quel pied danser.."

    S'agissait-il d'une intoxication à l'ergot de seigle (famine = mauvais pain, grains de seigle contaminés)  type LSD? Pas certain.

    William Shakespeare nommait  ces événements"The Dancing plague", la peste dansante.

    L'art s'est emparé du thème des dénommées"danses macabres". Les représentations peintes  correspondaient donc bien à une réalité d'époque. Dès lors  pas seulement  issues du seul imaginaire artiste! 

    Les mécanismes exacts des ces  épidémies psycho-sociales sont indéterminés.

    Les bords du Rhin ne furent pas les seuls touchés. On note   d'autres cas documentés dont une épidémie de rires (!)  en Tanzanie. Mais aussi  Madagascar, Abyssinie (Tigretier)  Italie, Haute Savoie ...

    La Tarentelle italienne  est une  danse bien nommée car issue d'une fureur dansante (XVème): le  tarentisme des Pouilles. Il est expliquée par la population comme lié à  la "morsure de la tarentule". Bien décrit par les... ethnologues ( Di Martino)

    Une chorée épidémique baptisée ramaninjana fut signalée à Madagascar  en 1853. En cause? Une insatisfaction liée à la venue de missionnaires qui perturbent les modes de pensée: réactions convulsionnaires et mission d'outre-tombe (obéir à une Reine décédée) pour rétablir les anciens us.

    1962. Une épidémie de ....rire agite la  Tanzanie. Elle démarre dans une école de Kinshasa. 95 des 159 filles touchées. Cela s'est propagé durant 18 mois. Au final 14 écoles fermées, plus de 1000 individus "infectés".

    La France aussi assez récemment ( Royaume de Sardaigne à l'époque) : le mal du diable touche..Morzine de 1850 à 1860.

    Les couleurs peuvent avoir une influence: souvent le noir ou le rouge, attirance  ou aversion au point de déchirer les vêtements avec violence.

    La FAMINE  semble un facteur explicatif majeur qui rejoint les dernières recherches en neuro-sciences. Vous carencez l'alimentation de souris de certains apports précis, elles développent des comportements atypiques (femelle qui mange ses petits  etc..)

    La famine liée à un contexte anxiogène collectif semble mener à ces comportements dérangés. Affaire à  suivre... par la voie de la recherche scientifique probablement.

              EPIDEMIE: LA TERMINOLOGIE MEDICALE S'APPLIQUE BIEN ICI

    Le terme "épidémie" devrait concerner stricto sensu  uniquement  une propagation infectieuse contagieuse (type coronavirus). Or, ici  on parle d'épidémies de danse, de rire, d'aversion aux couleurs, aux missionnaires!

    Ces "fureurs"  sont pourtant bien classées par le monde médical comme "épidémiques". Logique: elles tiennent de réactions psycho-somatiques, psychiatro-neurologiques.

    La même "vocabularia"  médicale  s'applique à juste titre à ces manifestations psycho-sociales d'angoisses existentielles souvent en contexte de privation alimentaire.

    Pour la médecine -sous réserve- il n'y a pas d'âme sans corps ni de corps sans âme chez l'être humain vivant.       Chez les souris aussi....

     

                                                 Sylvie Neidinger

    (photos capture)

     

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