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  • "La promenade des masques" Texte de Jean Loret (1655)

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    A propos de masques....

    Ici, ceux du divertissement, de l'inversion sociale. Jour de Mardi Gras à Paris, jour des masques carnavalesques diversifiés.   En Belgique à Binche existe un Musée dédié au Masque.

    Sans oublier les masques de théâtre grecs, les masques rituels...

    Ici artistiques,  à partir de ...bidons.

    Le masque médical destiné à une population complète et porté  sans restriction de temps n'était pas encore inventé.

                                                                       Sylvie Neidinger

    « Mardy, multitude de Masques,
    Qui ridicules, qui fantasques,
    Qui portans sur eux maint trézor,
    Qui brillans de perles et d'or,
    Qui vêtus de riche écarlate,
    Qui de canevas, qui de nate,
    Qui de cuirs, qui de velours raz,
    Qui d'habits blancs, qui d'habits gras;
    (Jusqu'au nombre de quatre mille)
    Etant sortis de la Ville,
    Les uns ressembloient à des Chinois,
    Des Margajats, des Albanois,
    Des Amazones, des Bergéres,
    Des Païzanes, des Harangéres,
    Des Clercs, des Sergens, des Baudets,
    Des Gorgones, des Farfadets,
    Des vieilles, des sainte-ny-touches,
    Des Jean-doucets, des Scaramouche,
    Des Gens à cheval, dos-à-dos,
    Des Scarabambombillardos,
    Et (ce qui cauzoit des extazes)
    Des carosses couverts de gazes,
    Après qui couroient les enfans,
    Et des chariots trionfans
    Tous remplis de tendres pucelles,
    Ou du moins, qui se dizoient telles.
    Pour voir tant de diversitez
    Qui brilloient de tous côtez,
    Les Bourgeois quittoient leurs négoces,
    Et plus de six mille carosses
    Tant de satin, que de velours,
    Ce jour mesme allèrent au Cours,
    Non pourtant, au Cours de la Roine,
    Mais en celui de Saint-Antoine. [...]
    Durant tant de déguizemens,
    De jeux, de divertissemens,
    D'aubades et de sérénades,
    De Momons et de Mascarades,
    Qui couroient comme dains,
    Un de nos plus sages Mondains,
    Un des bons esprits que l'on sçache,
    Sçavoir est Monsieur de l'Esclache,
    Le Dimanche, Lundy et Mardy,
    Aussi vray qu'il est Samedy,
    Expliquoit avec éloquence
    Des matiéres de conséquence
    A des Gens-de-bien et d'honneur,
    Les Commandemens du Seigneur,
    Que les seuls pécheurs trouvent rudes,
    Le Pater, les Beatitudes,
    Dont discourant moralement
    Il tiroit maint docte argument
    Pour faire en ce noble exercice
    Triompher la vertu du vice.
    Quoiqu'il semble qu'avec raizon
    Chaque chose aye sa saizon,
    Et qu'assez rarement l'on voye
    Les Sermons mêlez à la joye,
    J'aprouve son saint procédé,
    Et je suis trés-persuadé
    En faveur de ce Personnage,
    Qu'il agissoit en homme sage,
    Au mesme temps que presque tous
    Sembloient agir en hommes fous. [...]
    Fait au mois de Février le treize
    Par moy nommé Jean, et non Blaize. »

    Ce texte du XVIIème siècle fut rédigé le 13 février 1655 par Jean Loret .

    L'auteur est par ailleurs considéré comme un des précurseurs du journalisme, car inventeur d'une gazette hebdomadaire rédigée en vers. Puis imprimée.

    (wiki)"Loret eut l’idée d’adresser chaque semaine à Marie d'Orléans-Longueville, devenue plus tard duchesse de Nemours, une gazette en vers distribuée d’abord sous la forme de copies manuscrites, puis, à partir du , imprimées à un petit nombre d’exemplaires, sous le titre de Lettre en vers à Son Altesse Mlle de Longueville, comprenant la politique, le théâtre, la littérature, les divertissements de la cour, les commérages des rues. Loret rédigeait ainsi 700 à 800 vers chaque semaine sur les faits survenus qu’il fit imprimer sous le titre de La Muze historique (Paris, 1650-65, 3 vol. in-fol. ; nouv. édit., Paris, 1857, 4. vol. in-8°). *

     

     

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