Vendetta tchétchène en France sur voie publique: le taïp?

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Plusieurs  villes françaises Dijon (Quartier des Grésilles)  et Nice (Quartier des Liserons)  et autres sont prises en otage par une vengeance liée aux Tchétchènes qui investissent l'espace public avec armes blanches, bâtons, armes, battes de baseball et volonté d'en découdre. Les individus viennent de France, Belgique, Allemagne.

Ces affrontements ont eu lieu après un "appel national" au sein de cette communauté lancé sur Internet afin de venger un adolescent de 16 ans qui avait été roué de coups par des dealers probablement maghrébins le 12 juin à Dijon.

Les caucasiens se sont donné RV à Dijon. Ce, en vue d'une  expédition punitive en retour.

Explications d'un participant :  "Quand un Tchétchène se fait frapper, on vient toujours parce qu'on est solidaire, il faut défendre les siens", explique le jeune homme, anonyme, à Europe 1. "Nous les Tchétchènes, depuis tout petit, on est éduqué comme ça. On est très peu, seulement un million dans le monde, éparpillés un peu partout. Donc si on n'est pas solidaires, on est perdus. Surtout quand on n'est pas en Tchétchénie, quand on est hors de chez nous. C'est dans notre mentalité, on n'aime pas passer par la police.On aime régler nos trucs seuls." Il assure encore que les membres de l'expédition punitive n'avaient "pas l'intention de faire des dégâts autour". "Tout ce qu'on avait, c'étaient des battes de Baseball, des barres en fer ou des bâtons et ce genre de choses. L'idée, c'était juste de les passer à tabac et que ça serve de leçon, qu'on ne touche pas aux Tchétchènes. Mais on n'avait pas l'intention de tuer."

Problème n°1: cela  se passe bien en France! Les habitants de ces quartiers -non dealeurs- de ces villes se sentent en insécurité massive quand les affrontements ont lieu. 

                                              LA VENDETTA DU TAIP

Problème n°2: ils agissent comme en Tchétchénie, Caucase. Ce règlement de compte est totalement identifiable culturellement autour de l'organisation clanique du TAIP.

Un article wiki est largement consacré au sujet. Reprise ici de larges extraits: "Le taïp ou taip (тайп), est l'organisation tribale tchétchène, à rapprocher du concept de clan. Un taïp se définit en tant que regroupement territorial, par exemple Kharatchoi (haratchoi), "les gens habitant dans des grottes" (har signifie grotte en tchétchène). Au milieu du xixe siècle, on estime qu'il y avait 135 taïps, les trois quarts d'entre eux formant 9 toukkhoums, unions de clans basées sur une proximité géographique. De tous temps, la logique du clan a été vue comme supérieure à toute logique extérieure, et l'organisation en taïps et toukkhoums, sans autorité centrale, se prête bien aux combats de type guérilla, comme le découvrent les tsars lorsqu'ils lancent la conquête du Caucase."

Les règles traditionnelles en jeu sont celle d'un "code d'honneur " et de la vendetta. Remarque: ce sont également les terminologies mafieuses. Les individus  adoptent facilement les techniques de guérilla en France puisqu'elles sont culturelles...en Tchétchénie! 

"Malgré le grand nombre de taïps, on peut dégager quelques règles et particularités communes :

  • tenue de terrains agricoles communs
  • vengeance commune pour insulte des membres du taïp ou meurtre de l'un d'entre eux
  • pas de limites à l'exogamie (mariages interdits entre membres du même clan)
  • obligation d'entraide
  • élection d'un chef
  • élection d'un chef militaire en cas de guerre (appelé biachi, бячча)
  • élection d'un conseil des anciens sans condition d'entrée particulière
  • session de ce conseil ouverte à tous
  • tous les membres du conseil sont égaux
  • droit de destituer les représentants
  • femmes représentées par les hommes de leur famille
  • droit d'adopter des étrangers
  • transfert de propriété du défunt au taïp
  • chaque taïp a un nom dérivé du nom de l'ancêtre commun
  • chaque taïp a un territoire défini et une montagne traditionnelle
  • le taïp a un abri en cas de danger: une tour, un fort ou un abri naturel comme une grotte
  • dans le passé chacun avait sa divinité propre
  • chaque taïp a ses propres fêtes, coutumes et traditions
  • le taïp a son cimetière propre
  • l'hospitalité est une valeur importante

L'appartenance à un clan n'a pas de lien direct avec la religion puisque les deux confréries soufies présentes en Tchétchénie (Qadiriyya et Naqshbandiyya) peuvent très bien se retrouver au sein du même taïp, voire de la même famille."

                   SYMBOLIQUE ANIMALE : CELLE DU LOUP

"Les valeurs principales du taïp sont la liberté individuelle, dans le cadre du respect de l'adat (lois coutumières) édictées par les Anciens, et l'égalité entre les membres (les dirigeants étant élus et révocables, ils ne sont pas considérés comme supérieurs et n'ont pas de privilèges particuliers). Ces deux valeurs se retrouvent dans la comparaison que font les Tchétchènes eux-mêmes avec le loup et sa meute, l'animal étant vu comme un symbole de force, de courage et de liberté."

Pour compléter l'analyse, il faut évoquer un probable effet post-confinement, quand un vent de folie et de nervosité a pris la société après le long enfermement.

Si les Tchétchènes se sentent légitimes par rapport à leur propre code d'honneur à venger un des leurs, se sentent légitimes à attaquer des dealers, vendeurs de substances illicites, dangereuses, interdites,  ils sont totalement illégitimes par rapport aux lois de la République française, lois européennes par cette action de guérilla.

Tchétchènes tout autant  illégitimes ici que les dealers qu'ils entendent combattre.

France totalement choquée de ces... meutes de loup-hommes armés tous vêtus de noir- anachroniques qui font irruption en place publique...

Le maire Rebsamen cible directement les Tchétchènes et l'absence de moyens de police et justice.

Remarque: les policiers actuellement médiatiquement et massivement  vilipendés, sans nuance,  sont évidemment appelés sur le terrain pour gérer cette violence inédite. Remarque: seule, leur présence met un frein aux guérillas urbaines en cours.

Surréaliste: l'armistice entre les "communautés " techétchène et maghrébine  est signé...à la mosquée. "Par dessus la jambe de l'Etat de droit", qui lui continue arrestations et perquisitions à Dijon et ailleurs, notamment pour retrouver les armes: son droit régalien et republicain! 

Rappel de l'échange totalement décalé entre une délégation de tchétchènes et  la police à Dijon : « Nous allons manifester notre colère, n’intervenez pas, on n’a rien contre vous, on règle nos comptes et on s’en va… ! ». 

Ces "combattants tchétchène européens"  ont juste oublié un détail: le lieu géographique qui n'est PAS au coeur du Caucase.

                                           Sylvie Neidinger

Suites

https://www.20minutes.fr/societe/2801119-20200616-violences-dijon-examen-systematique-expulsion-etrangers-impliques

https://www.francetvinfo.fr/societe/dijon-ce-que-lon-sait-de-la-communaute-tchetchene-impliquee_4010333.html Troyes, Rouen,Nice aussi

https://www.lefigaro.fr/actualite-france/une-note-confidentielle-s-inquiete-de-la-progression-du-crime-organise-tchetchene-en-france-20200617

https://www.marianne.net/societe/affrontements-dijon-la-justice-auto-geree-s-exprime-de-facon-tres-codifiee-chez-les

Commentaires

  • Merci de nous avoir livré ces explications. Votre mot de conclusion comporte très justement l'expression "sans nuance". Elle joue son rôle son rôle dans la reflection rationnelle, mais est toujours sacrifiée dana l'action et dans la propagande.

  • Attaques aux Grésilles et à Chenôve, des quartiers pas vraiment "pourris" d'un Dijon plutôt riche, aux populations dites "précaires" généreusement soutenues tous azimuts, myriades d'assoces financées par la ville, clubs de sport, théâtre, danse etc, logement et transports faciles, soutiens scolaires spécifiques etc, le tout abreuvé de millions, dont sous Rebsamen.

    "Tricky" pour les gauches made in Bourgogne, de victimiser ces caïds de marchés parallèles, légitimer leurs violences et emprises, en invoquant leur "manque de chances d'avenir", leur ghettoïsation ou un racisme anti-trucmuche,
    sans exposer l'empire bobogôcho du monde judiciaire dijonnais qui exerce en "indépendance singulière" de Paris.

    France, diaspora de + 15'000 Tchétchènes, musulmans, radicaux, souvent requérants d'asile, quelques naturalisés, mixés aux nationaux Russes. Fonctionnent en clans, milices, entraînés aux combats - des pros parmi les black-blocs.

    Rappel. Mai 2018, attentat de l'Opéra par le terroriste Tchétchène Khamzat Azimov, selon l'expression habituelle, "connu des services de police".
    https://fr.sputniknews.com/international/201805161036407782-tchetchenes-attentat-france/

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