20/03/2018

Les Alpes cartographiées par Jean de Beins au XVIIème siècle

Le Musée de l’ancien Evêché (Grenoble) a la bonne idée de prolonger jusqu'au 21 mai prochain son expo dédiée à Jean de Beins,  cartographe qui sort de l’ombre par le travail récent des historiens.jean de beins,graphomètre,musee de l'évêché,#isère,perrine camus,bnf,isabelle lazier,british librairy,stéphane gal,grenoble

Certains documents prêtés ont du toutefois rejoindre  la British Librairy et la BnF. 

Il reste  plusieurs originaux et  fac-similés sur place.

Le catalogue d’expo est lui fantastique.

Il  reproduit ces cartes anciennes, lesquelles revivent dans leur essence car  parfaitement ...couchées sur papier!

 Attention aux amateurs: l'ouvrage  publié en nombre limité par le Musée se vend fort vite…Il est produit par Perrine Camus, doctorante en histoire qui propose sa lecture scientifique personnelle sous la direction de l’historien Stéphane Gal, de la Conservatrice en Chef Isabelle Lazier.

On ne sait toujours pas comment ce patrimoine historique français (recueil original de 49 cartes)  est entré à la British Librairy au XIXème siècle...Le mystère demeure.

L’historien cartographe britannique David Buisseret repère le volume en 1965 seulement dans le fonds de Londres. Et diffuse l'info.

On ne peut alors parler de redécouverte mais bien de découverte...

Celle d’un ingénieur de Henri IV, lié au connétable  prince protestant  dont Grenoble célèbre l’année.

François de Bonne (1543-1626), sieur de Lesdiguières, gentilhomme protestant du Champsaur, chef de guerre hors du commun.

jean de beins,graphomètre,musee de l'évêché,#isère,perrine camus,bnf,isabelle lazier,british librairy,stéphane gal,grenobleOn peut lire   dans les cartes de Beins « poésie et douceur des paysages alpins ; toutes choses qui s’effaceront devant les règles codifiées édictées par l’Académie des Sciences dans la seconde moitié du XVIIème siècle ».

En page 190, une carte de 1607 représente Genève intitulée « carte de Faussigni » encre et aquarelle sur papier.

En page 9, un document  présente l’usage du graphomètre (Déclaration de Philippe Danfrie, Paris, 1597)

Le temps de Jean de Beins (p11) est « saturé par les Guerres de Religions (1562-1598) prolongées dans les Alpes par un conflit ouvert entre Savoie et Espagne ».

En résumé, au service du roi, l’ingénieur Beins va participer à fortifier certains sites au début de sa carrière qu’il lui faudra démolir dans sa fin de vie de peur qu’ils ne passent entre les mains protestantes, le roi ayant entre temps choisi une autre messe…

Au moins restent les cartes.

 Et nous les observons avec grand intérêt !

 

                                    Sylvie Neidinger

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http://duboutduborddulac.blog.tdg.ch/archive/2017/11/30/u...

10/12/2017

Escalade évoquée par le Connetable Lesdiguières avec les syndics de Genève

A l'heure des cérémonies de l'Escalade, qui remémorent entre autres, les hauts faits devenus légendaires (peut être un peu exagérés?) de deux femmes, la Mère Royaume , Dame Piaget pour lutter contre les assaillants savoyards
...j'ai retrouvé un nouvel éclairage historique de l'évènement aux pages  180-183 et suivantes du récent livre Lesdiguières prince des Alpes et connétable de France  (une somme historique éditée aux PUG) .gzal.JPG
 
Stéphane Gal, spécialiste en histoire moderne (basé à Lyon et Grenoble)  a mis l'accent sur ce personnage protestant, dernier connétable de France (rôle militaire suprême )  trop méconnu au regard de son rôle historique.
 
Dans sa  Correspondance avec les syndics de Genève,  François de Bonne  donne son expertise militaire sur l'épisode de l'Escalade.(NDLR éléments plus précis à venir)
 
Il inspecte les défenses de Genève en septembre 1602, lors d'un retour de sa Seigneurie de Coppet.
( in  Actes et correspondances du Connétable de Lesdiguières, volume 1, p 439-440 entre autres.)
 
L'universitaire-chercheur Stéphane Gal en bon historien donne la précision des sources et revient sur l'évènement..
 
A découvrir: ce seigneur protestant qui a fortement marqué l'histoire du protestantisme en général, le dauphinois et  français en particulier [ce que la recherche scientifique redécouvre].
 
Il  a toutefois abjuré vers la fin non pas pour Paris "qui vaudrait une messe" mais pour le poste de... Connétable, soit le ministre de la Défense de l'époque !
Rousseau avait agi de la sorte, abjurer pour une femme.
Ah le pouvoir ou les femmes font bien valser  têtes..
 
                                                                       Sylvie Neidinger
 

"Issu de la petite noblesse du Champsaur, François de Bonne (1543 - 1626), duc de Lesdiguières, connaît une ascension fulgurante. Chef de guerre des protestants du Dauphiné au temps des guerres de Religion, il contribue à la toute fin du XVIe siècle à la pacification de la province et à l'application de l'édit de Nantes. Militaire, fin politique, proche d'Henri IV, il concentre les
pouvoirs au début du XVIIe siècle tel un « prince » dans la capitale dauphinoise. Bâtisseur, il
modifie considérablement la physionomie urbaine de Grenoble à cette époque. Sensible aux arts et aux lettres, il fait appel à des artistes français et étrangers pour ses propriétés dauphinoises et son hôtel particulier à Paris.

Au soir d'une longue existence, il obtient en 1622, contre sa conversion au catholicisme, la charge suprême des armées avec le titre de connétable de France, dont il sera le dernier
titulaire. Il laisse un patrimoine considérable à sa descendance, dont les premiers héritiers mâles jouissent du titre de duc de Lesdiguières."

 

(Suite) L'édition 2017 de l'Escalade semble...rock'n roll :des incidents dans le défilé des collégiens