rouven gueissaz

  • Pas de genevois pur sucre? Evidemment !

     Lu dans le Messager genevois du 24 juillet, page 2:

     "Profitant de l'émission "les défis de l'actu" de la radio tv publique romande, le maire de Saint-Julien-en-genevois a proposé de trouver un "authentique genevois dont les huit-arrière-grand-parents sont également Genevois."

    Le journal poursuit "Après d'intenses recherches et l'aide des réseaux sociaux, le journaliste  Rouven Gueissaz a trouvé l'oiseau rare en la personne de l'historien et théologien Olivier Fatio*. Celui-ci précise quand même que deux de ses ancêtres sont Genevois d'adoption..."

     Et la brève de se terminer par trois petits points comme si une démonstration avait été faite.

     Or, elle est absurde!

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     La  lecture immédiate de  cette " recherche" semble médiatico-politique, une manière pour M Vielliard, de...démontrer  aux genevois qui ont actuellement tendance à se replier sur eux-mêmes, à vouloir s'enfermer, qu'ils sont bien issus de frontières ouvertes par les mariages.

     Certes. Mais ont-ils besoin de lui pour le savoir?

     De plus, cette affirmation repose sur du vent car le "défi" d'Antoine Vielliard n'est pas scientifique.

     1- Aucun genevois a fortiori protestant et même installé depuis des siècles  ne peut nier avoir quelques  gênes issus des provinces françaises cévenoles, ardéchoise ou autres, ou d'Italie. C'est toute l'histoire du protestantisme.

     2-Cette démonstration pourquoi? Le 9 février dernier, Genève n'a pas voté pour le repli sur soi.

     3- Que ce maire d'une  commune limitrophe frontalière   demande aux genevois de.... prouver (!!!!) ce qu'il ne peut prouver lui-même car ... personne (ou presque)  ne le peut est aberrant.

    Les bases de la démonstration sont carrément fausses quand  on prend le temps de l'analyse  derrière le buzz médiatique.

     En effet, l'homme...politique  demande d'aller vérifier sur quatre générations. Cela se nomme donc de la GENEALOGIE.

     Or toute personne qui a fait un peu de généalogie sait et a constaté dans ses arbres, une très grande stabilité géographique...jusqu'au milieu du XIXème siècle. Date à laquelle les émigrations internes d'une région à l'autre ou transfrontières s'intensifient.

    Jusqu'alors, on allait banalement se marier  dans le village, le quartier  voisin, le plus souvent.

     Trouver  huit ancêtres (inclus les arrière-grand-parents) issus d'une même zone  est donc possible partout, relativement facilement  aux XVIème, XVIIème et XVIIIème siècles. Partout.

     Hormis  pour la capitale calviniste justement  en raison du cas précis des protestants.

    Mais cela devient pratiquement mission impossible  après.

    Dès la mi-XIXème siècle tout bouge, pour tout le monde et partout. A Genève comme ailleurs.

     Si je prends mes huit ancêtres soit la G4 (4ème génération  au dessus) j'ai: la Suisse de la région  de Berne (Nidau) l'Allemagne du Bade Wurtenberg, la Lorraine, la Corrèze, la Haute-Savoie, la Dordogne. Rien de plus banal au XIXème/XXème que ces mélanges de populations au coeur de l'Europe.

     Alors que dire  de ce bizarre  défi qui demande aux seuls genevois contemporains de lister leurs huit ancêtres locaux, ce pour le .. XXème siècle en plus ?

     

      "TROUVER DES GENEVOIS PUR-JUS"OU "AUTHENTIQUES": LA QUESTION POSE PROBLEME!

     

     Quelque part, juste en posant cette question, M Vielliard  stigmatise les genevois en exigeant d'eux ce qui est impossible... à tout le monde de démontrer.

    Attention au décodage  sémiologique des termes  employés:

    1-Concrètement le maire de Saint-Julien réclame aux "genevois"dans leur ensemble une réponse à qui ? à... LUI !

    Le déséquilibre de la proposition est évident. Qu'un individu seul s'adresse à une population prise dans son ensemble peut être signe de mégalomanie, non?

    Ou d'une parole provoc' comme les politiciens savent le faire quelquefois pour se donner de l'importance.

    Etonnant  en plus car la population visée...n'est pas  sienne, ni même de son pays !

    2-Il met au défi les genevois de chercher donc de prouver. D'entrer dans son raisonnement, sa démonstration à ..Lui. Donc de se justifier d'être ce qu'ils sont... Devant qui? ... LUI. C'est aberrant.

    3- Etonnante association entre la Radio  Télévision Suisse (!!!) et le maire de St-Ju pour chercher  avec tant de  difficultés les genevois PUR-JUS (tel que textuellement écrit sur RTS voir la capture d'écran supra)  

    Lui parle  "d'authentiques" genevois, des vrais, quoi. Les autres étant faux n'est-ce pas?

    Le postulat de départ signifie de facto que les genevois globalement sont /seraient d'un jus IMPUR.

    Je synthétise le défi dans son résultat sémantique: genevois impurs, genevois non-authentiques...

    RTS média national de l'Helvétie en recherche de genevois purs et qui n'en trouve pas... Un seul exemple trouvé: M. Fatio qualifié d'oiseau rare. Et encore ses ancêtres ne sont pas 100% pur/pur jus...

    Remarque: la terminologie de PUR/IMPUR est ici appliquée  à ...une population!! On se pince. On rêve.

    La notion de pureté - ou simpement sa mention- appliquée à une population me fait frémir.

    C'était une émission tv de détente et pour rire d'anecdotes ?

     Si c'était une démonstration.... politique, cela coince.

    Quelle est cette notion "d'authentique" appliquée aux populations?

     

           INSTRUMENTALISATION POLITICIENNE DE LA GENEALOGIE

     

     Le discours sur " l'authentiquement  français" est porté par l'extrême-droite.

    Idem pour "l'authentique helvète" porté par les extrêmes.

    Le maire de St-Ju demande ici par le micro de la Radio TV suisse la démonstration de "l'authentique genevois" !

     Le problème est que je n'ai pas compris ici dans quel registre se situe cette émission.
    http://www.rts.ch/info/dossiers/2014/les-defis-de-l-actu/6004390-defi-8-antoine-vielliard-trouver-un-genevois-qui-a-8-arriere-grands-parents-genevois.html

     Ni l'objet exact du défi? L'émission  défie qui, au fait?

     Avant de commencer "ses intenses recherches avec l'aide des réseaux sociaux" soit en d'autres termes une chasse à "l'authentique genevois pur sucre" (ce drôle d'oiseau ...)  pourquoi le-dit  journaliste de cette TV romande nommé Rouven Gueissaz n'a-t-il pas procédé à une vérification journalistique, déontologique des postulats informationnels  de base?

    Et  de la nature du résultat de cette "enquête suspecte " sur "qui serait authentiquement genevois?" Pour démontrer quoi?

    Pauvre Olivier Fatio,  seul pur genevois (homme  fort brave visiblement, historien)  trouvé par l'émission RTS correspondant aux "critères" , dont le cas  même ne colle pas à  100% en plus car comme tout le monde à Genève, il a quelques ancêtres genevois mais  "d'adoption".

    On se pince, on rêve.

    On pourrait tout de même demander à ce média et son personnel quelle est leur  définition du terme "authentique genevois"?

     Soit  pour en  rire. Soit pour en pleurer...

     Qu'un média institutionnel helvète, la RTS et un homme politique hexagonal, Antoine Vielliard, maire donc officier d'état civil, mettent  en branle jusqu'aux  réseaux sociaux pour aller vérifier... l'authenticité citoyenne globale "pure" du ....voisin genevois ( d'outre frontière pour le maire) en se basant sur des données d'état-civil et généalogiques ....a quelque chose de très très TRES gênant.

    C'était pour rire? On ne partage pas le même humour.

                                                                                              Sylvie Neidinger

     

    * Dans sa note de blog du 31/01/10 JF Mabut signale ceci à propos de A Vielliard :
    "Il est né à Chêne-Bourg d'une famille venue de la région parisienne. Son père était un Caterpillar comme lui est un Procter & Gamble" Parisien donc.

    *Olivier Fatio est professeur honoraire à l'Université de Genève où il a enseigné pendant 30 ans le christianisme, directeur de l'Institut d'histoire de la réformation et professeur d'histoire de Genève. A sa retraite, il a créé le musée international de la Réforme.

                                                             Rubrique #Protestantisme

    Olivier Fatio
    est professeur honoraire de l’Université de Genève
    où il a enseigné pendant
    30 ans, comme professeur d’histoire du christianisme, directeur de l’Institut d’histoire de la
    réformation et professeur d’histoire de Genève. A sa retraite il a créé le Musée

     

    Le conférencier
    Olivier Fatio
    est professeur honoraire de l’Université de Genève
    où il a enseigné pendant
    30 ans, comme professeur d’histoire du christianisme, directeur de l’Institut d’histoire de la
    réformation et professeur d’histoire de Genève. A sa retraite il a créé le Musé