13/04/2018

Macron en silence sur le Protestantisme

La visite de Emmanuel Macron à la conférence des Evêques de France étonne par cette atteinte au consensus de fait lié à la "laïcité à la française" .

Jusqu'alors, les présidents de la République s'en tenaient à un éloignement carrément physique entre le chef de l’Etat et le fait religieux comme conséquence de la Loi de 1905 de séparation des Eglises et de l’Etat. Loi qui venait mettre un terme à la situation concordataire de prise en charge.

[Particularité. Le concordat  existe toujours en Alsace et Moselle où prêtres, pasteurs, imams et rabbins sont rémunérés par l'Etat]

La gauche laïcarde en mange son chapeau... D'autant que le président  Macron, aux Bernardins, a déroulé comme programme de  "réparer le lien abîmé entre l'Eglise et l'Etat".

Phrase vaseuse pour ses origines et ses modalités pratiques. Comment peut-il en effet revenir sur la loi Hollande autour  la famille, la procréation,  qui déchira le pays récemment avec la Manif pour tous?

Par sa présence à la conférence des  Evêques de France, on peut lire  de la part de Macron une action politico-identitaire pour récupérer l'électorat catholique comme socle de sa politique. L'assise LREM - son parti internet- étant fragile comme le sable.

En tout état de cause, son discours a rappelé la longue tradition catholique de la France autoproclamée "fille aînée de l'Eglise" dont Macron visiblement se voudrait  le parrain...

Certes. Mais...

                    MACRON A RATE EN OCTOBRE L'OCCASION D'UNE RECONNAISSANCE NATIONALE AVEC LES PROTESTANTS

Quid des autres cultes?

Le protestantisme est tout autant Historique  et constitutif de la France!

Le 31 octobre dernier, le silence de Macron fut remarqué à l'occasion du demi millénaire du protestantisme autour de Luther.

Il aurait pu saluer magnifiquement  les forces vives protestantes  passées et présentes, locales et émigrées.

Comme   réparation d'un passé douloureux et  reconnaissance.

Macron n'en  a pas eu soit l'info, soit  l'intelligence politique.

Ce supposé spécialiste du protestant Paul Ricoeur a très certainement raté l'occasion en tant que Président, d'un discours historique sur les racines protestantes du pays qui bien évidemment ne s'opposent pas (plus) aux autres racines.

Il y a bien longtemps que les branches chrétiennes sont en dialogue.

Le 31 octobre 2017 dernier, on pouvait excuser le silence présidentiel  et l'analyser  comme devant respecter  la laïcité hexagonale  habituelle qui prévaut en général, donc ne pas se mêler de religion. Souligner, toutefois qu'il aurait pu tout de même saluer l'anniversaire du millénaire protestant  à titre culturel à défaut du  cultuel...

Mais, à partir du moment où Macron lance une offensive de charme pro domo  en direction des catholiques en dépit de la séparation des pouvoirs, ovationné dans la salle debout, on peut se dire que son silence sur l'anniversaire du demi-millénaire du protestantisme fut dès lors de sa part un non-acte politique.... assourdissant.

Une occasion fortement ratée d'une superbe réconciliation complète et apaisée pour le présent certes mais aussi le passé.

Macron Jupiter, chef des dieux, n'en a pas eu la présence d'esprit ni l'ouverture intellectuelle.

L'anniversaire des 500 ans  a échappé totalement au grand public. Dommage.

 

                                                                          Sylvie Neidinger

 

 

 

19/04/2017

Marine Le Pen stigmatise les protestants et ouvre "sa" guerre de religion

Les présidentielles 2017 réservent encore de -mauvaises- surprises.

Après Macron [ qui joua avec la guerre d'Algérie pour gagner quelques voix et stigmatisa en évoquant des crimes contre d'humanité, selon lui] Marine le Pen  s'en prend elle aux ....protestants.

Carrément.

Décidément cette campagne est trash. Au lieu de parler chômage et économie, ces candidats jouent avec l'Histoire. Et entendent diviser.

Hier mardi, sur TF1 le leader du front nation récupère -après  la "Jeanne d'Arc "de son papa- le cardinal Richelieu, évoqué à plusieurs reprises et dont le portrait orne le bureau.

Provocatrice.

 Je cite l'article France Info.

M le Pen cite Richelieu à plusieurs reprises et stigmatise les protestants.

Mardi 18 avril, Marine Le Pen est invitée dans l'émission "Demain président..." sur TF1. Au cours de l'interview, le journaliste Gilles Bouleau lui demande qui elle verrait bien dans son panthéon politique, "un homme ou une femme qui vous serve de modèle, d’inspiration". La candidate frontiste se lance : "En ce moment, Richelieu. Le promoteur d’un Etat moderne, qui a refusé justement, peut-être, qu’une religion [le protestantisme] prenne le pas sur la France, oui sûrement." Gilles Bouleau lui rappelle alors que le ministre de Louis XIII a mené une politique de répression violente contre les protestants avec le siège de La Rochelle, en 1627 et 1628. "Sur les 28 000 habitants de la ville, 5 400 ont survécu", rappelle Padre Pio, le blogueur-historien. 

Mais Marine Le Pen maintient son choix : "Qu’est-ce que vous voulez ? C'est peut-être les protestants qui avaient des revendications qui allaient à l'encontre de la nation."  Peut-être une façon détournée pour Marine Le Pen de faire un parrallèle avec l'islam, en comparant les musulmans d'aujourd'hui aux protestants du XVIIe siècle.

La frontiste commet une erreur historique. A l'époque de Richelieu,  la nation française n'est pas formée. Elle émerge au XIXème siècle.

On note également que Madame Le Pen qui instrumentalise  politiquement  le catholicisme semble ne pas fréquenter les églises. Elle l'a avoué à Pâques 2017.

Mauvaise paroissienne, la guêpe.

Elle ré-ouvre le dossier des guerres de religions.

C'est gravissime et globalement les réactions médiatiques  sur ce point sont faibles aujourd'hui dans l'hexagone.

Le Front National est totalement disqualifié. En Marche aussi.

C'est ignoble que l'aller réveiller de si profondes et anciennes divisions de l'histoire .

                                                     Sylvie Neidinger

                     

Présidentielles 2017: Blog-série n°14 du #blogneidinger