picasso

  • Ceci est une bicyclette. Enfin, non. Un taureau.

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    Oeuvre d'art, selle et guidon compris.

    Elle a toute sa place, originale  dans la rubrique... Cycle du vélo du blog Neidinger.

    Elle est visible au Musée Picasso (Paris) L'une des 5000 objets du lieu.

    Elle est évoquée dans l'article comparé Picasso/Hazoumè


    image = capture d'écran site Musée

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  • Romuald Hazoumè: artiste africain vraiment bidon

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    Romuald Hazoumè, célèbre sculpteur béninois s'était déplacé à Genève pour l'expo Ici l'Afrique ou Here Africa, le 7 mai dernier à Penthes.P1130519.JPG

    Intéressant personnage, visuellement parlant puisqu'il était le seul de tous les artistes présents, a avoir choisi le vêtement traditionnel.

    Intéressant pour son Art  évidemment.

    Plein d'humour en plus si l'on compare son couvre-chef et l'une de ses oeuvres accrochées.

    Une certaine actualité culturelle parisienne avec  la réouverture du musée Picasso [prise ici  sous l'angle de la respectable et malmenée Anne Baldassari] me fait repenser au peintre-sculpteur africain.

    Ce, à propos de Picasso et de sa tête de  taureau fabriquée en 1942 avec simplement une selle et un guidon de vélo.

    Deux objets basiques rapprochés. Idem pour le béninois qui associe un basique bidon et un ski par exemple.

    Dans les deux cas, même démarche de rapprocher deux rebuts de poubelle pour composer une oeuvre d'art. Subversion partagée.

    Dans les deux cas, un rendu saisissant. Mais au final un résultat  ... fort différent. Explications.

     

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    PICASSO dans sa démarche- ce que démontre la "Tête de taureau"-  se débarrasse de  l'histoire de l'art occidentale qu'il porte en lui  en passant de la peinture figurative à la ligne minimale. Un anti-académisme notoire. Son animal aurait une fonctionnalité, il serait classé dans la catégorie "design".

    Le célèbrissime "Minotaure espagnol" artiste démiurge  est en recherche de  la  ligne la plus épurée, simple, conceptuelle possible. Froide même. Le minimum qu'il  fallait pour construire un taureau. Processus de "dés-académisation" pour  toucher à un essentiel.

                                           ESSENTIELS BIDONS

    HAZOUME donne, lui  dans l'essence de l'essentiel et surtout, ses bidons ne sont pas silencieux.  Ses bidons "tamtament" et  clament. Ils s'agitent, ils bougent. A Genève, ils skient !

    -bidons par millions.

    -bidons masques qui abritent et bruissent des âmes des ancêtres (notamment Yoruba)

    -bidons de l'histoire culturelle de l'Afrique qui a complètement influencé le continent des surréalistes et autres Picasso. Avec eux, l'Europe  entre dans son art moderne.

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    -bidons ethnographiques, images des vrais masques africains anciens désormais collectés,  muséifiés, raréfiés, souvenirs d'une Afrique mythique.

    -bidons vaudous très puissants. Incantations. Sacrifice du sang du coq. Papa Legba, Ioa, Iwa. Rites. Inaccessible Mawu.

    -bidons ethno' comme les masques nouvellement montrés au nouveau MEG (Genève) cette semaine.

    -bidons masques exilés qui s'ennuient, loin de leurs foules adorées, archivés  dans les musées occidentaux, hygrométrisés, frisquets. Loin de leur Afrique natale. Le Musée Branly,  bien gentil, bien "architecté'" mais un peu juste côté température  ...comparé à Cotonou évidemment. 

    -bidons nostalgie des odeurs et couleurs, bruits de la place du marché au coeur d'AfriqueCity.

    -bidons issus du pétrole (Nigeria voisin...) en plastique.

    -bidons du trafic d'essence, notamment à Porto Novo, ville natale de l'artiste.


    -bidons explosifs si on jette son mégot  dans le carburant par inadvertance.

    -bidons déjà explosés, irrécupérables.romuald hazoumè,meg,anne baldassari,royaume du dahomey,vaudou,esclavage,traite négriere,art contemporain,genève,penthes,met,bénin,afrique,porto novo,essence,artiste africain,sculpteur,picasso,british museum,musée du quai branly,ong bpo,baldassari,ici l'afrique,here africa,art for the world

    -bidons masqués, en combi, inquiétants," ébolisés",ou Ebola'isés" microbisés, médicalisés. Diabolisés aussi, rejetés.

    -bidons anti-douanier, le métier du père de l'artiste qui aurait aimé  voir son fils chasser la fraude tout comme lui.

    -bidons poubelles qui hantent, inondent, salissent les rues, les champs. Problème majeur de pollution sur le continent.

    -bidons récup' et débrouille.

    -bidons logistiques qui vont de pair avec une bicyclette, une petite moto, une pirogue, un bus.

    -bidons musicaux si on leur tape dessus.

    -bidons contenants universels. De tout: du riz à l'essence. De l'air aussi.

    -bidons sociologiques: usités par les plus pauvres.romuald hazoumè,meg,anne baldassari,royaume du dahomey,vaudou,esclavage,traite négriere,art contemporain,genève,penthes,met,bénin,afrique,porto novo,essence,artiste africain,sculpteur,picasso,british museum,musée du quai branly,ong bpo,baldassari,ici l'afrique,here africa,art for the world

    -bidons bagages sur les camions, les embarcations et les toits des bus.

    -bidons politiques des revendications de justice.

    -bidons-ONG  de la Solidarité Béninoise pour l'Occident en Péril créé spécialement  par Hazoumè, le provocateur, pour venir en aide aux populations pauvres de France ou des USA, type Nouvelle-Orléans ! Bouches ouvertes pour de petits billets bienvenus à remettre par l'artiste aux Ambassades concernées. Rire.

    -bidons sculptures artistiques de Romuald Hazoumè.

    -bidons Art et ADN: aucun ne ressemble à l'autre dans les mains du créateur.

    -bidons transportés/ déportés. Trajet direct vodoun:  ancien Royaume Dahomey/Haïti. Aller simple sans billet retour. Estimation: 20% de la déportation liée à la Traite sont  en provenance du Dahomey,  terre "hazouméenne".

    -bidons vodoun: les Esprits participent aussi au voyage avec un billet aller simple.

    -bidons grisgris.

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    -bidons gris.  Prisonniers indifférenciés tous de couleur sombre. Utiles. Utilitaires. Marchandises humaines à forte valeur ajoutée si elles atteignent l'une des côtes de la longue Amérique.

    -bidons esclaves, prisonniers de cales naviguantes, rangés comme des sardines (304 exactement) comme dans l'oeuvre La bouche du  Roi.

    -bidons sans voix. Bouche cousue.

    -bidons en cours d'esclavagisation: plus de nom, plus de visage, plus de cheveux.

    -bidons  solides à toutes épreuves. Au transport. Aux coups. Aux privations. Aux maladies. Aux angoisses.

    -bidons en opération de dés-humanisation.

    -bidons de familles séparées jamais réunies.

    -bidons humains vendus au litre ou au mètre cube selon le négociant. Bon poids. Belles dents. Belle bête.


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    -bidons crânes  couleur ivoire, tous de même couleur une fois lessivés par la  grande nettoyeuse. Qu'elle se nomme mer (médit') ou océan (at').

    -bidons négoce. Du verbe négocier "discuter pour parvenir à un accord/monnayer un objet"

    -bidons pour  négrier. Sans "s" . Du verbe "négrier" , néologisme certes que j'invente ici. Mais je vous garantis, ce verbe existe depuis longtemps !  Tu négries, il négrie, nous négrions, vous négriez,  ils négrient. Ce terme est lié au précédent "négocier". Négoce d'os, de chairs et de sang, de force motrice.

    -bidons de l'humain rendu objet.

    -bidons de l'humain rendu carburant. Exploitation de sa force motrice mécanique. Mais pas dédiée au transport. Pour cela il y a les mulets et les baudets.

    -bidons JB: Jolies Bidonnes. Belles reproductrices. Belles bêtes. Belles formes. Egalement nommées bidonnes PP:  Plastique Parfaite.

    -bidons inutiles jetés par dessus bord.

    -bidons mourants qui étaient poussière et ne redeviennent pas poussière. Mais déchets plastiques  d'océan, bouffés par les requins.

    -bidons marrons. Pas la couleur. Le marronage, la fuite libératoire.

    -bidons Toussaint Louverture et Césaire. La révolte et le cri de la révolte.

    -bidons qui se font des cheveux.


    -bidons dits de "secours au secours" : le bidon nommé "t'es solide, tu survis" est optimiste, il flotte. Celui nommé. "T'es faible, tu crèves"est pessimiste, il coule. Phénomène de flottaison  valable encore en 2014.

    -bidons poussée d'Archimède.

    -bidons géométriques de l'Afrique d'Est à Ouest qui se précipite au Nord.

    -bidons  Méditerranée qui coulent au large de la Libye et près de Lampedusa, dans des embarcations trop petites que les sinistres passeurs  sabordent . Jeunes hommes dans leur plein avenir, femmes et enfants et bébés compris.

    -bidons des galeries d'art, cotés, à la valeur certaine, dispatchés aux quatre coins de la planète

    -bidons définitivement genevois installés au Musée de la Croix-Rouge.

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    -bidons-pierre philosophale, alchimie qui transforment le plastique en or, en livres sterling, euros ou dollars.

    -bidons magiques.

    -bidons sans papiers.

    -bidons en règle avec les papiers, les passeports, les visas. Ainsi ils voyagent partent prendre l'air en Europe, au Brésil...

    -bidons de l'injustice dans l'usage du vocabulaire. Il y a ceux qui sont autorisés à conjuguer le verbe "voyager", souvent en avion et destiné aux happy-few, ceux qui se contentent du verbe "quitter "ou "émigrer". En général, ce verbe  se décline avec le vocabulaire suivant: "galérer" "pour survivre" "pour tenter sa chance'. En réalité pour tenter sa malchance...

    -bidons-frustration de celui qui reste sur place en Afrique et croit avoir échappé à son destin miraculeux supposé hors sol natal. Alors que la Sagesse et le réalisme  dictent de ne pas perdre patrie. De savoir rester soi-même.

    -bidons chevelus, moustachus, paumés, fiers, bigleux, idiots, malins, rieurs, tristes, pas toujours polis, skieurs, hâbleurs...de  Hazoumè.romuald hazoumè,british museum,musée du quai branly,ong bpo,penthes,baldassari,sculpteur,ici l'afrique,here africa,art for the world

    -bidons futurs pas encore fabriqués et qui croiseront - pour leur bonheur- l'artiste béninois et finiront dans le luxe des galeries de New-york, Londres ou Rio.

    -bidons-cabotins   qui termineront leur carrière d'acteurs, retraite et vie éternelle dans les musées type  British Museum ou Branly ou MET.

    -bidons imbuvables à l'ego surdimensionné. Ils côtoient du beau linge qui leur rend visite dans les expos, les admirent sous toutes les coutures, un verre de champ' à la main. Ils  prennent la grosse tête, ces pauvres plastiques de Porto-Novo sauvés de leur déchéance certaine par un certain Romuald Hazoumè. Ils en  gonflent même d'orgueil. Boursoufflés.

    -bidons cultures du monde

    -bidons qui se bidonnent à voir toutes ces têtes humaines défiler devant leurs yeux lors des expos.

    -bidons-mains d'hommes ou de femmes. Organes de préhension  de ceux qui les touchent, les soulèvent. Un bidon sans une main, c'est comme Genève sans le lac ou l'artiste sans couvre-chef...

    -bidons emplis...d'Afrique en mouvement.

    -bidons de subversion.

    -bidons urbains de bidonvilles

    -bidons-bouche qui a beaucoup à dire. Bidons-bouches qui ont beaucoup à dire.

    ....

     

        LE  MAITRE D'ART CONTEMPORAIN  EN DISCOURS POLITIQUE

    romuald hazoumè,ong bpo,penthes,baldassari,sculpteur,ici l'afrique,here africa,art for the worldSa biographie trouvée dans un excellent  article de Pierre Cherruau (2008 modifié en  2010) montre combien Romuald Hazoumé possède un esprit de contradiction à la base.

    Quand tout le monde apprend l'anglais, il choisit l'allemand. Il quitte ses études pour parcourir au ras du sol, son pays de village en village avec deux amies allemandes...à bicyclette.

    "Mes parents me prenaient pour un malade. Ils ne comprenaient pas pourquoi je voulais me lancer dans l'art" a-t-il confié. Il a fait le bon choix.

    Sa carrière internationale  est lancée en 1989 lorsque un certain David Bowie achète trois masques bidons à 2000 dollars l'unité.

    Révolutionnaire "pour un africain" telle que le véhicule, alors  l'image un peu déniée  de l'artiste local. 

    Personne du grand continent n'avait  encore percé à ce niveau de chouchou des grandes galeries avant lui.

    SA LUTTE PAR LA VOIE ARTISTIQUE CONTRE l'AFRO-PESSIMISME

    L'art de transformer le plastique en création contemporaine certes. Et surtout, avec cet homme émerge une conscience artistique africaine très sûre d'elle.

    Il participe à l'ouverture en 2006 du Musée Branly avec son installation" la bouche du roi" (le British Museum achètera  cette oeuvre bateau)

    Sa bouche à lui n'hésite pas à une dénonciation  toujours contemporaine:

    " La bouche du roi, c’est l’estuaire du fleuve Mono. Là où les Portugais venaient acheter leurs esclaves. Si j’utilise des éléments modernes pour parler du thème de l’esclavage, c’est parce que je pense que cela reste un problème très actuel. Aujourd’hui, il y a des esclaves modernes avec la mondialisation sauvage. Pas simplement en Afrique. Quand je vais à Londres, je vois tous ces Polonais paumés qui ont dû  leur pays pour des raisons économiquesromuald hazoumè,penthes,baldassari,sculpteur,ici l'afrique,here africa,art for the world

    Toujours très politique et indigné, le personnage. A Genève lors de la conférence de presse, il s'est aventuré sur ce terrain: le comparatif entre les pays à bidon et ceux aux 4X4. La critique des dirigeants africains qui ne développement pas leurs pays et cachent leurs avoirs dans les zones à banques...


                  UN  JUDOKA EN ACTION POLITIQUE: SON ONG, BPO

     Ne pas oublier son côté combat version  judoka car il fut sélectionné aux jeux Olympiques pour ce sport. C'est à dire qu'il possède à la perfection l'art et la manière d'utiliser la force de l'autre à son profit. Ajimé. Maté.

    En l'occurrence, savoir  inverser l'image "négativée"de l'artiste africain. Confère :  l'ONG Solidarité Béninoise pour l'Occident en péril  qu'il fonde avec grand sourire pour récolter des  fonds au Bénin et les remettre aux ambassades de France et  des USA !

    Une façon de dire avec un humour redoutable combien l'image misérabiliste d'une Afrique pauvre le  dérange :

     “L’aide occidentale est souvent l’expression d’une forme d’arrogance vis-à-vis de l’Afrique. Comme si nous étions les seuls à avoir des pauvres. Les événements de la Nouvelle-Orléans ont montré au monde entier que la pauvreté pouvait être terrible aux États-Uniallons remettre l’argent aux ambassadeurs de France et des Etats-Unis”, propose-t-il, un sourire aux lèvres. Au-delà de la plaisanterie, alors qu’en Afrique, hors les situations de guerre, on ne vit pas si mal. L’ Africain a toujours un toit et une famille.”  Hazoumé veut rompre avec l’“afropessimisme” : “J’essaie de faire entendre ce message : si on reste chez nous, on peut réussir. J’y crois, mais je le fais aussi parce que je suis bien obligé de dire ça pour calmer la frustration des jeunes qui n’ont plus le droit de quitter le continent. Aujourd’hui, si tu n’es pas un artiste ou un sportif célèbre, tu ne peux plus sortir de ce continent.”(citation article  le Monde)


    Pour lutter contre l'arrogance, la condescendance toujours existantes Romuald Azoumè se devait d'être dans le système.

    La place d'Hazoumè dans l'Art Africain est unique et irremplaçable.

    Bouche des bouches, bouche du Roi Artiste.

    C'est bien parce qu'il est magnifiquement accueilli en Occident, qu'il se vend cher, parce qu'il "joue le jeu",  des codes, des cotations d'un artiste contemporain complètement "galérisé " que Romuald Azoumè peut se permettre de renvoyer ...le bidon.

     

                                                                                               Sylvie Neidinger

     

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    Ici masque visible Musée Quai Branly

     

                                                

     

     

     

     

    Blog Série n°8 "Ici l'Afrique"ou " Here Africa" sur #BlogNeidinger

    1-Ici l'Afrique sur Léman. Que reste-t-il après l'expo?

    2-Romuald Azoumè. Artiste africain vraiment bidon

    Pour info marché des masques anciens en Afrique pillée

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    Crédit images © Neidinger .  Tête de Taureau/Picasso : capture copie d'écran site web en lien.Pour images de bidons : capture sites web

     

     

     

     

  • David Douglas Duncan à mon bras gauche: Vietnam, Vietnam!

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     Dieu, que le hasard du destin est puissant !!

     En choisissant de visiter  l’expo « Picasso à l’œuvre dans l’objectif de David Douglas Duncan » ce vendredi 1er février à Genève (vite avant la clôture définitive du 3/02) j’avais sans le savoir, choisi de visiter le Musée d’art et d’histoire…en même temps que le célèbre photographe.

    P1060944.JPGdavid douglas duncan,picasso,musée des art et de l"histoire,geneve,marines us,neidingerUne inconnue dont le sourire illuminait encore son visage me dit spontanément en me croisant «Duncan est dans les locaux. Il a été applaudi à la cafèt  !»

    Je refais vite  un tour de piste muséal : trop tard à 5 mn près. Envolé, l'oiseau…Dommage.

    Sa présence à l'intérieur de l’expo fut certainement   du pur bonheur intellectuel pour ceux qui eurent la chance de l'accompagner. En effet, elle court-circuitait le Temps.

    Dans les années 50 (1956 exactement) il avait  photographié Picasso en acte de création des Baigneurs  à la Garoupe -entre autres -dans la première « maison » de ce tableau, la villa California à Cannes.

    Duncan se  retrouvait ce vendredi 1er février 2013 face à la même peinture hébergée  dans son actuel foyer: le Musée genevois où l'oeuvre est entrée par donation de Paloma.

    Face à  ses propres clichés. Des souvenirs pour lui. De l'Histoire de l'Art pour nous.

    Enchevêtrement de temporalités.

    La présence du photographe a certainement rendu sa visite  carrément ethnologique pour ceux l'accompagnant. Dommage d’avoir raté cela.

     IMMENSE FORCE DE LA DOUCEUR DE DUNCAN

     Quelle ne fut pas ma surprise, en sortant de le voir. Lui. Oui.  Accolé au mur d’accueil, à droite, direction sortie.Seul. Un mur bienvenu pour le soutenir  du haut de ses 97 ans  portés par deux béquilles.

    Je lui demande l’autorisation de le photographier. Il accepte.

    C’est tout naturellement que je lui tends mon bras  pour descendre le long escalier  en direction de son taxi.

    Fort heureusement, les marches du Musée genevois sont nombreuses...

    Très rapidement, je lui dis être impressionnée d’avoir à mon bras – côté gauche, côté cœur -une légende du siècle !

    Il fait une pause et me regarde très directement en toute simplicité, en toute bonté presque  amicale, déjà.

    Il me répond : « VIETNAM, VIETNAM » Pas de référence spontanée à Picasso.

    Je continue alors «  le monde est toujours en guerre malheureusement. L’amour n’a pas prévalu » On se comprend. Il sourit.

    Il était alors inutile de casser ce moment magique par une parole supplémentaire. La question que je comptais lui poser à savoir «  Picasso était-il un ami difficile ? »  devenant parfaitement superflue.

    D’autant que la réponse est largement prévisible :

    1) Ami avec  Picasso, il était impossible qu’il le critiquât car on ne critique pas un ami !

    2)  Picasso était évidemment un ami, un mari, un père, un amant …très difficile. Sans aucun doute.

    3) Mais l’épaisseur humaine de Duncan fut si forte qu’il a réussi à apprivoiser le Minotaure au point de le photographier jusque dans sa baignoire...

    P1060940.JPG

     Arrivés sur le parvis, il me vient un geste maternel. Filial serait plus exact. J’enferme sa main entre mes paumes, à plusieurs reprises. Emotion.

    Non je ne cherchais pas à capter une quelconque aura du type «  cette main que je tiens, a salué Picasso » Cela eut été parfaitement mégalo.  Et inexact. Car elle   n’appartient qu’à lui !

     La main enserrée était en fait celle qui a ...porté le boîtier de l'appareil photo et dont l’index a appuyé des centaines de fois  sur le déclic : reporter de guerre, aristocrate du métier ! Grand témoin de l’enfer rendu sous forme  humaine sur terre…

     David Douglas Duncan monte doucement dans son taxi. Omission de prendre l’ultime photo d’une scène intéressante: le taxi et le Musée dont les escaliers devenus  plus célèbres pour moi que ceux de Cannes !

     Une  fois le photographe  parti, je reste  sur place à réfléchir. VIETNAM, VIETNAM tourne en boucle.

     DUNCAN ET PICASSO, DEUX ETRES UNIS PAR CE QU’ILS DETESTAIENT : LA GUERRE

    Bien évidemment, les deux compères, monstres du XXème siècle étaient amis au point que Duncan a publié plusieurs ouvrages en mémoire de Picasso.

    Ces deux célébrités forment-elles un" couple"? Non !Ce terme intéressant pour la notion de complémentarité ne convient pas ici car  il évoque un masculin et un féminin qui n'a pas lieu d'être les concernant.

    La terminologie  que je choisis au final appartient au vocabulaire de l’archéologie: des PAREDRES!

    A y réfléchir, une parfaite "opposition symétrique  complémentaire" unit les deux artistes-témoins, quelque peu Janus et démiurges. Parfaits "alter ego".

    Du structuralisme pur:

    * Picasso créé dans un univers interne  protégé, entouré d’enfants, de femmes et d’amis. Atelier photographié, grand capharnaüm débordant de toutes oeuvres posées jusqu'au sol.

    Duncan créé en externe, en ambiance hostile, en se mettant en danger dans les pays les plus lointains.

    *Picasso extirpe l'acte  créatif  de sa main, de son intérieur, de sa vue, de sa mémoire, de sa sensibilité. Il peut recommencer la même courbe un jour et le lendemain.

    Duncan, s’il rate un cliché,   ne peut le recommencer car le monde vit et ne l’attend  pas.

    *Picasso agit avec   la matière, la couleur.

    Duncan finalise sur papier glacé.

    *Picasso est un démiurge du temps. En dessinant un visage à la fois de face et de profil, il intègre deux temporalités.

    Duncan capte le monde au centième de seconde d’ouverture et d'obturation de son objectif.

                                                                  **

    Complémentarités opposées : ils sont , en fait, les deux faces d'une même  feuille... plate. La feuille, support d'information visuelle autour d'une thématique majeure: le PACIFISME.

    *Picasso fit entrer la  3 D sur un espace plat (cubisme, Demoiselles d’Avignon) Le peintre réussit à faire cohabiter deux plans abstraits sur une même toile.

    Les photos présentées à  l'expo  de Genève sur "Picasso créant" montraient d'ailleurs combien l'artiste aimait à fabriquer des sculptures, en réel   au préalable du rendu plat  dans son processus créatif :femmes aux bras écartés par exemple, de tous matériaux, cartons, fer.

    3D  pour mieux  coucher leur représentation sur une toile plate comme finalité qui l'intéresse.

    *Duncan, lui, photographie le monde par définition en volume et le présente sur la feuille-cliché.

    DEUX PAREDRES UNIS PAR UN PACIFISME SINCERE

    Finalement, voici le moteur majeur de leur acte créatif. Chacun de ces Géants du Siècle avec le choix de ses propres armes....son art propre,  la photo ou le graphisme a exprimé   la même exécration  vitale de la guerre.david douglas duncan,picasso,musée des art et de l"histoire,geneve,marines us,neidinger

    Duncan s’introduit chez Picasso en 1956. Cinq ans avant, en 1951, il avait publié « This is war » livre de dénonciation dont les bénéfices sont donnés aux veuves et orphelins des Marines US.

    Né en 1916, au cœur de la première guerre mondiale,  reporter de guerre pour l’armée US, devenu reporter pour Life, Duncan sera un témoin de la seconde guerre mondiale, de  la guerre de Corée puis de celle du  Vietnam. Et du moyen-orient.

    Picasso lui,  peint Guernica en 1937, de colère et de rage face aux bombardements qui  tuent les innocents. Il conçoit  sa Colombe de la Paix en 1949  à l'occasion de son adhésion au Conseil Mondial de la Paix. Il reçoit à ce titre un prix international de la paix.

    Le message des deux  parèdres, Picasso et Duncan, profondément anti-guerre  n’ a pas encore été entendu. Ni appliqué.

    Mais il est toujours là pour ceux qui savent écouter, en avertissement lancinant prononcé de la voix la plus douce : Vietnam ! Vietnam!

                                                              Sylvie Neidinger

     

    Souscription publique pour les clichés originaux de Picasso en action

    Musée d'art et d'histoire de Genève,

    Crédit images photo   ©Neidinger Autres=captures d'écran (dont exhibition. University of Texas Austin)

     

     

     

  • Souscription publique pour des clichés de "Picasso à l'oeuvre"

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    Le Musée d'art et d'histoire de Genève lance un appel à don pour réunir les 200 000 CHF nécessaires à l'achat de tirages originaux de  David Douglas Duncan.

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    Cinquantes photos retracent visuellement le processus de création du tableau "Baigneurs à la Garoupe"offert par la petite fille de l'artiste,  Marina Picasso en 1984.

    picasso,musee d'art et d'histoire de geneve,ville de geneve,david douglas duncanLe photographe noué par l'amitié aux côtés du peintre, a donné à la postérité, en cette nuit du 11 juillet 195, villa La Californie   des instantanés inestimables en  vingt-et-un clics de l'action créative du Maître du XXème siècle.

    Un trajet intéressant: du haut à gauche au bas à droite.

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     Acquérir les clichés témoins pour les faire entrer dans les collections permanentes est le projet d'une Ville. La souscription est ouverte jusqu'au 28 février prochain.picasso,musee d'art et d'histoire de geneve,ville de geneve,david douglas duncan

     Musée d'Art et d'histoire de Genève

     L'occasion de rappeler l'existence du Pass des Musées d'art et d'histoire qui donne accès à toutes les expos pendant une année et qui est valable de janvier à janvier.picasso,musee d'art et d'histoire de geneve,ville de geneve,david douglas duncan

                                                                                                                        Sylvie Neidinger

     

    photo=capture d'écran

     RESULTAT DE SOUSCRIPTION  OK !  AVRIL 2013

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