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05/01/2018

Syrie, position illégale du gouvernement Macron sur le procès des jihadistes: pour éviter quoi?

Que faire des jihadistes actuellement  arrêtés sur le terrain en Syrie?

La France ne souhaite pas le retour d'individus français ayant choisi le combat pour l'EI.

Ils ont commis le pire mais sont porteurs de la nationalité. Le cas aigu concerne des femmes avec enfants*.

En l'espèce, la décision ne devrait pas découler d'un choix politique mais du droit. Et devrait  respecter le droit international, ce qui n'est pas le cas ici.

La réponse actuelle dans la bouche du porte-parole Griveaux est la suivante:

"il a estimé jeudi qu'elles seraient jugées sur le lieu de leur capture «si les droits de la défense» étaient respectés lors d'un «procès équitable». Si "dans la partie kurde de la Syrie, dans le Kurdistan syrien", "il y a des institutions judiciaires qui sont en capacité d'assurer un procès équitable avec des droits de la défense assurés, elles seront jugées la bas"

Marie Dosé, avocate d'une femme réclame un rapatriement en France pour faire face à la justice et évoque l'amateurisme du gouvernement Macron.

"Je veux bien que les ressortissants français soient jugés par des Kurdes mais l'état kurde n'existe pas, le Kurdistan syrien n'existe pas", martèle l'avocate. "Je suis un peu surprise par cette improvisation. Emmanuel Macron avait décidé de faire du cas par cas, et je pense que le nom d'Émilie K. a fait peur et qu'on s'est dit 'marche arrière, elles seront jugées là où elles sont'. Mais on ne peut pas dire n'importe quoi", explique celle qui a écrit au président de la République pour demander le jugement de sa cliente sur le territoire français."

Sur une radio, elle indique vouloir que la France organise le procès de ses concitoyens car c'est son histoire et ses échecs.

Au delà du traitement judiciaire individuel se pose un problème majeur d'illégalité en droit international.

Le gouvernement Macron évoque un "procès équitable local" qui est strictement impossible puisque la zone dont on parle, le nord est de la Syrie est occupé par les kurdes, soit par une chimère fabriquée par l'occident, un supposé kurdistan fruit de leur désir et intérêts, le  "rojava".

Cette chimère dévoile au passage un des buts réels de la guerre en Syrie autour des ressources...

La Syrie gouvernementale, celle qui est membre de l'ONU a officiellement demandé fin 2017 aux pays étrangers qui occupent son territoire, la Turquie, les Etats-Unis et alliés de quitter son territoire et de rendre ces territoires syriens.

Son nord-est comme par hasard gazier, pétrolier et agricole est actuellement capté par une entité kurde que le gouvernement légal juridiquement parlant, ne reconnait évidemment pas.

De facto, strictement aucun procès légal ne peut se tenir dans cette zone litigieuse!

Dès lors la phrase de Griveaux et derrière, la position de la France lorsqu'elle suppose la possibilité d'un procès local la fait entrer dans une zone de non droit inhabituelle pour elle.

Mais il ne s'agit pas que d' amateurisme. La France a un grand intérêt à une absence de procès sur son sol.

         QUE VEUT CACHER  LA FRANCE EN EVITANT LES PROCES ?

Sa position floue laisse à penser que la France fait tout pour éviter les  procès de membres de Daech-Isis  sur son territoire.

Pourquoi ?

On peut dés lors légitimement se poser la question.

Un procès va probablement décrypter au millimètre près  les années 2012/13 quand le gouvernement Hollande-Fabius a envoyé des armes en Syrie qui sont passées à l'état islamique, quand il a autorisé la sortie des mineurs du territoires sans autorisation parentale, les financements publics et surtout privés de Daech par les alliés du Golfe, les facilités de passage par la Turquie, les services secrets français et autres (britanniques ) sur place dès 2011 etc. Puis la  phase 2014/17.

La Turquie et les USA ont également fourni des armes  aux groupes armés type EI et autres.

Il a fallu  pour elle dans cet acte de  déstabilisation de la Syrie   soutenir sur le terrain tous ceux qui tapaient contre le gouvernement en place.

Sans trop regarder de qui il s'agissait.

Les médias se pressaient alors à Alep toujours dans le camp des rebelles islamistes alliés. Le monde  était repu de multiples  reportages où le cri jihadiste " allah akbar" était scandé en permanence. Sans que cela ne dérange personne ! Les snipers , ces lâches qui tirent dans le dos devenaient  alors des héros dans les reportages jiste parcequ'ils étaient classés "rebelles islamistes"....

Ce, jusqu'aux premières paniques des assassinats de journalistes...

Tout était fait à l'époque par le couple Hollande-Fabius pour faire sauter le dirigeant syrien Bachar el-Assad, quitte  pour la France à manger avec les terroristes coupeurs de têtes voire ce chef rebelle (donc ami...) mangeur de coeur foie humain frais en mai 2013 (oui véridique !)  mais avec une cuillère à très long manche juste pour que cela ne se remarque pas trop...

Les procès des jihadistes français  actuellement arrêtés dans le territoire syrien illégitimement occupé par les kurdes seront des  procès pour l'Histoire. Histoire de l'occident qui tape fort sur la Syrie dès 2011 pour démembrer ce pays, sous couvert du prétexte du "printemps arabe".

Les procès des français jihadistes, si ils se tiennent en France et respectent les droits de la défense vont éclairer sur  l'ambiguïté de la France très à la pointe  dans sa volonté de faire "sauter "la Libye puis la Syrie,  de complaire aux riches alliés du Golfe.

Libye, Syrie, u hasard, deux  pays arabes nationalistes  laïcs et surtout pétro-gaziers.

 Ces procès vont éclairer  le rôle joué par la France ( et ses alliés..) en Syrie  dans l'installation de Daech-EI-ISIS  au delà de ses "amis rebelles islamistes" car la frontière des amitiés pro-jihadistes était alors  fort poreuse.

La France fait tout actuellement pour éviter cet éclairage de l'Histoire sur une page qui va se révéler SOMBRE.

Même après 2014 avec l'opération Chemmal pour officiellement contrer l'état islamique, les liens avec les combattants de Daesh par moment ont existé.

  LA COALITION A RAQQA PERMET EN OCTOBRE AUX TERRORISTES DE DAESH-ISIS DE FUIR EN COLONNE AVEC ARMES...POUR EVITER ARRESTATIONS ET PROCES.

 

Pour éviter ce genre de procès qui allaient forcément  éclairer les accointances entre les occidentaux+alliés et les jihadistes de Daesh-Isis, les américains et la coalition  ont scandaleusement laisser filer de Raqqa une colonne  qui est partie s'évanouir "dans la nature".

L'évacuation en octobre  d'une colonne avec de 500 combattants radicaux coupeurs de têtes environ avec leurs familles par accord avec la coalition a été bien documentée par la BBC.

Cela fut ...époustouflant.

Ceux la ne seront jamais jugés.

Certains se retrouvent en Afghanistan.

Mais pas seulement il se dit que d'autres viennent d'être incorporés par les  américains  dans  "l'armée syrienne nouvelle "crée il y a deux mois par les USA, après la prise de Raqqa. Force destinée à continuer à diviser la Syrie pour mieux la "prédater".

L'info n'est pas hyper diffusée sur les médias occidentaux. Mais confirmée sur les médias russes et arabes.

Toutefois le gouvernement Macron va un peu vite!

"L'état kurdistan syrien" juridiquement et judiciairement conforme n'est encore que le fruit de son imagination, certes fertile.

 

                                                                         Sylvie Neidinger

 

Autre position d'avocat stupéfait du flou juridique gouvernemental français

*Concernant les enfants, les mineurs,  la Russie par exemple agit différemment. Elle  fait  actuellement  un  travail sur le terrain en Irak et en Syrie de recherche et identification (orphelinats, étude des pistes des signalements des familles,  réseaux sociaux) récupération et rapatriement. C'est une position totalement inverse.

                                                    

21/12/2017

Trump, selon les ambassades: "comme un pigeon se pavanant sur un jeu d'échec"

La dernière blague à la mode dans les ambassades qui synthétise finalement  une année de relations internationales trumpesques:

"La diplomatie à la Trump, c’est comme jouer aux échecs contre un pigeon. Quel que soit votre niveau, le volatile arrive, renverse les pièces, défèque sur l’échiquier, et repart en se pavanant comme s’il avait gagné" (source : L'obs)

Aujourd'hui, en grande solitude, lui et son pays, sur le dossier de Jérusalem [dossier que soit dit en passant, il a ré-animé, lui ] le président américain menace le monde pour influencer le prochain vote de  l'Assemblée Générale de l'ONU.

C'est de  l'anti-diplomatie. La sortie du colt du shérif.

Mais le monde n'est ni le far-west ni le jardin personnel de Donald Trump.

Il est évidemment MULTILATERAL. Et pas simplement de couleur orangée.

                                                                               Sylvie Neidinger

 

Amérique d'abord. Mais de plus en plus seule.

18/12/2016

Syrie : les occidentaux pyromanes pompiers

La France a lancé un  projet de résolution sur Alep pour l'envoi d'observateurs. Une action qui a très peu de possibilité d'aboutir en l'état.

Incroyable Hollande qui continue à soutenir le camp des "rebelles " islamistes syriens d'Alep  alors que des attentats islamistes terroristes ont été commis sur son territoire.

Lui  et les médias vendent le mythe des "gentils rebelles". Ils sont  en réalité ahrar el cham, et autres proches d'Al Qaida. Ces "amis" appartiennent clairement à la mouvance jihadiste.

François hollande continue à soutenir les groupes islamistes tels Noureddine El-Zenki, Abou Amara , Jabhat Fatah Al-Cham (Front de la conquête du Cham, ex-Front Al-Nosra) et toute la nébuleuse "noire".

...Puisque le président français pleure avec sa voix enfantine leur démobilisation ou évacuation !

Ils sont aujourd'hui réduits dans les quartiers Est de Alep, avec  une population civile prise en tenaille voire en otage dans certains cas (soit a priori 40 000  civils de ces quartiers sur les presque 2 millions d'habitants de cette mégapole, certes avant conflit) 

Les rebelles NON MODERES sont  financés directement ou indirectement par  les USA  (qui avaient carrément entraîné un groupe), le Qatar, l'Arabie Saoudite, la Turquie, la France, le Royaume-Uni...

Rebelles armés par les occidentaux qui pensaient benoîtement occuper la Syrie en deux coups de cuillère à pot en 2011 dans la foulée de...." l'hiver arabe".

Des groupes qui veulent étendre la couleur noire sur la Syrie multiconfessionnelle et laïque.

Ce pays  où les femmes peuvent encore sortir en jean et non voilées jusqu'à cette irruption du fondamentalisme islamique radical. L'EI et pas seulement...

Les rebelles, amis des occidentaux, sont de cette obédience là!

Les minoritaires syriens le savent eux. Chrétiens, druzes, alaouites  et autres continuent à soutenir depuis 2011 le gouvernement en place. Les sunnites non islamistes aussi.

Tous n'ont pas basculé dans le camp noir  soutenu lui par l'occident.

 

  NEO-COLONIALISME OCCIDENTAL EN SYRIE CONTRé PAR    LA RUSSIE

 L' Otan est  impliqué à Alep : des rebelles avaient  en 2013 méthodiquement  pillé  et vidé ces quartiers industriels, machines et ordinateurs prenant la direction de la ....Turquie. Des rumeurs syriennes font état actuellement d'officiers de l'Otan retrouvés dans un bunker des quartiers rebelles de l'est. Info non encore vérifiée. 

Les occidentaux ont mis le moyen-orient à feu et à sang. A commencer par cette invasion US  en Irak fondamentalement destructrice du corps social local.

Et depuis 2011: cette guerre en Syrie pour des questions de gazoduc et de géopolitique est/ ouest ( article à suivre) sans oublier le Yémen, conflit saoudien dont on parle peu.

Le projet occidental de reconfiguration du proche-orient à son profit est carrément néocolonial.

            COMMUNICATION EN TEMPS DE GUERRE

Malheureusement, l'hypocrisie médiatique occidentale génère une absence  d'enquête sur les causes du conflit.

A partir du moment où les occidentaux sont impliqués, leur info devient information de propagande elle aussi.

Ils  reprochent à l'autre camp sa propagande. Le problème est qu'ils se parent eux des vertus "d'une information exacte" au sens de la démocratie.. Ce qui est une vue de leur esprit.

Ceux qui connaissent la Syrie réelle peuvent témoigner de ces distorsions d'informations.

                               INSTRUMENTALISATION

Les médias occidentaux sensibilisent depuis l'origine du conflit  l'opinion sur la cause (évidente) des enfants en temps de guerre. Or, tous souffrent en temps de guerre: hommes, femmes, vieillards, enfants et dans toutes les zones.

L'instrumentalisation en communication sur ce thème a commencé tôt : dès 2012 les jeunes européens sont partis en Syrie pour le jihad en disant   partir pour "sauver les enfants" La  manipulation des esprits  sur ce thème passait alors par les réseaux sociaux spécialisés islamistes. Puis l'image du petit kurde Aylan sur la plage. Puis les autres.

Pas d'info dans nos pays occidentaux sur les villages otages des rebelles,  chrétiens, alaouites, sunnites. Sur les églises détruites ou repeintes en noir.

                          VENDRE UN PRET A PENSER

 Pierre Servent, colonel de réserve/journaliste intervient régulièrement en France dans plusieurs émissions dont C dans l'air pour donner, sinon "vendre" un prêt à penser. Car ses analyses sont systématiquement proches de la stratégie pro-rebelles   de l'Otan.

Le peuple syrien souffre.

On entendait cet été sur place en Syrie  cette phrase lancinante "ce n'est pas notre guerre" avec cette internationale du crime qui s'est donné rendez-vous au pays de Cham.

Le peuple syrien dans toutes ses composantes paie le prix lourd de ce conflit, avec son pays partiellement détruit et l'exil pour certains.

François Hollande petit père la morale immoral, qui a mis de l'huile sur le feu dès 2012 en fournissant de l'armement lourd aux rebelles islamistes (payé par les impôts..), en voulant bombarder Damas, joue aujourd'hui à bon compte  les... vierges effarouchées.

 

                                                                                 Sylvie Neidinger

19/09/2015

Droits de l'homme: les intouchables

La session d'automne du Conseil des droits de l'homme est en cours à Genève.

Cette institution pose problème.

La justice internationale est basée sur le Droit, normalement.

Or un listing "politique " fait échapper de  cette justice plusieurs pays dits "intouchables".

On lit sur la Tribune le 9/9/2015 "les clivages persistent entre le Nord et le Sud. La liste des «intouchables» est toujours aussi longue, du Pakistan à l'Arabie Saoudite..."

http://www.tdg.ch/news/standard/clivages-persistent-conseil-droits-homme/story/18924150

http://www.tdg.ch/monde/proche-orient/israel-interdit-venue-enqueteur-lonu/story/19594230

Un peu comme le Tribunal de La Haye qui ne coince que des leaders... africains en indélicatesse, au grand dam de ces pays qui protestent contre cette focalisation.

Pourquoi un tel et pas l'autre?

Celui qui est l'ami des occidentaux, qui mènent la danse mondiale actuellement, peut donc aisément échapper ?

De facto, toute la démarche de l'action de la Commission des droits de l'homme,  politisée à la base-bien qu'elle s'en défende- perd son sens, sa logique interne.

Comment désigner le Droit en étant soit même bancal ou à géométrie variable?

Le risque de cette attitude : devenir plus " droit de l'hommiste" (position politique) que "justicier juriste neutre".

Pas étonnant que de graves clivages type nord/sud affectent frontalement cet organisme onusien. C'est un problème carrément structurel.

                                                                                    Sylvie Neidinger

 

Décapitation et crucifixion !

La concomitance actuelle de la nomination de l'Arabie Saoudite à la tête d'une instance du Conseil des Droits de l'homme de l'ONU à Genève et la volonté dudit pays de décapiter un xième citoyen,  fait réagir.

Citoyens en colère ....le système onusien perdure mais...100% .décrédibilisé.

http://info.arte.tv/fr/larabie-saoudite-ce-pays-qui-decapite-les-droits-de-lhomme

 http://www.lexpress.fr/actualite/arabie-saoudite-onu-le-triomphe-moderne-du-simulacre-remplace-la-realite-elle-meme-par-la-simulation-du-reel_1718256.html*

http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20150923.OBS6391/comment-l-arabie-saoudite-instrumentalise-les-droits-de-l-homme.html

Les Anonymous réagissent !

http://www.directmatin.fr/monde/2015-09-28/condamnation-la-crucifixion-anonymous-attaque-larabie-saoudite-712039

 

 

                                       

 

16/08/2014

ONU contre les jihadistes: ENFIN ! Et pourquoi ce RETARD?

Vendredi 15 août l'ONU ENFIN adopte des mesures contre les jihadistes !


http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20140816.AFP3927/irak-l-onu-adopte-des-mesures-contre-les-jihadistes.html

"La résolution du Conseil de sécurité, adoptée peu après que le Premier ministre sortant Nouri al-Maliki a accepté de céder le pouvoir, réclame le désarmement et la dissolution immédiats de l'Etat islamique (EI) ainsi que du Front al-Nosra en Syrie, et des autres formations liées à al-Qaïda.

Il s'agit de la mesure la plus concrète et la plus étendue prise à ce jour par le Conseil face à l'avancée de l'EI. Le texte est placé sous le chapitre VII de la Charte des Nations unies, ce qui permet de recourir à des sanctions, voire à la force, pour le faire appliquer mais n'autorise pas pour l'instant d'opération militaire".


Savoir enfin quels hommes d'affaires, quels Etats (alliés) les financent en sous-main à qui ils vendent le pétrole par eux détourné, qui leur vend leurs uniformes tout neuf...

Ces mouvements islamistes datant de 2003 montent  en puissance depuis  trois ans en Syrie et en Irak  sans que personne n'ait levé le petit doigt. Ils furent aidés même....

Au minimum l'OTAN et ses alliés islamistes de la région ont laissé faire voire installé pour une raison évidente: ces groupes combattaient l'Etat syrien laïc et pro-russe que eux-mêmes veulent voir disparaitre pour des  raisons géostratégiques est-ouest + gaz+pétrole.cf de l'article des Echos cité ici :

"La prise de conscience internationale du danger représenté par l’EI, soutenu jadis par les monarchies du Golfe, s’est traduite par l’adoption à l’unanimité, vendredi soir, d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, qui préconise le désarmement et la dissolution de l’EI."


"Jadis" c'est à dire il y a 3 jours...

Les services secrets occidentaux depuis 2011 fournissent directement leur assistance et  matériels à l'opposition syrienne dite rebelle et indirectement à  tout le spectre de ses composantes. Le militaire Arhour de la composante rebelle parlait de califat, ce, dès le départ.

Tous les moyens de communication et du renseignement mondiaux sont concentrés dans la zone. Dire que les Occidentaux (et donc l'ONU ...) ne savaient pas ce que font les jihadistes sur place  est une ineptie.


Depuis 2011, les Services savent  quels jeunes partent faire le jihad. Les trajets sont connus. Ils passent basiquement par la Turquie généralement.

Une internationale intégriste, violente, ne comprenant rien aux rapports interconfessionnels locaux ancestraux s'est abattue sur la région. Jusqu'à ce que cela en soit devenu gênant pour les opinion publiques. Très tardivement en France-2014- M Valls a nommé "terroristes" ces individus que la Syrie nommait terroristes depuis l'origine .

Et depuis ...cette semaine l'Occident semble "médiatiquement" découvrir les exactions ignobles.

Ce dont les proche-orientaux  sur place de toutes confessions ne doutaient  pas une seconde. Aucun doute sur l'issue  du scénario tragique qui allait se jouer.... Et qui se déroule désormais.

Ce blog a depuis son origine évoqué ce problème de l'intégrisme qui s'abat sur le Proche-orient marqué sous les faux-nez d'un très artificiel "printemps" très très religieux. Avec l'impression pendant de longs mois durant d'écrire dans le désert.

Remarque: c'est juste quand les jihadistes coupeurs de têtes s'approchent du pétrole du Kurdistan irakien que l'ONU et l'OTAN réagissent !

Jusqu'à ce mois d'août 2014  les peuples irakien et syrien de ce Proche-orient à feu et à sang, des  chrétiens (à Maaloula par exemple) des yazidis,des  chiites, sunnites (ceux non intégristes ex cette semaine 700 membres de la tribu al Chaitat) eux aussi victimes (ex des "tribunaux" d'Alep qui exécutent pour le moindre prétexte)  et autres communautés ..tombaient, exécutés sans que cela n'émeuve personne.

Le président français vient hier à l'occasion de la parade navale de Toulon de parader devant les médias pour dire combien il fait pour les chrétiens orientaux.

Oui...depuis 3 jours.

OUI, réellement depuis le début cette ...2ème semaine d'août 2014 !Aider d'ailleurs ... en livrant des armes à une zone en guerre, livraisons que la Suède ne s'autorise pas.

Un peu fort de café tout de même cette récupération politique après une longue période fort peu claire quand aux aides données localement ou par les Etats "amis".

Rappel: les évènements syriens ont démarré en 2011 par ces slogans de l'opposition " chrétiens à Beyrouth, alaouites au cimetière" La dimension de guerre religieuse était dans les prémices d'une déportation et d'un appel au meurtre de masse de communautés bien identifiées.

Cet appel est exactement celui exécuté en Irak cette semaine avec un exode/tuerie ici avecdes Yazidis kurdes à l'antique religion et des Assyro-chaldéens.

Aujourd'hui toutes les communautés de Syrie et d'Irak  doivent être aidées à se débarrasser de cette monstruosité.

Surtout pas en évacuant les seuls chrétiens du Proche-orient ce qui, au passage, finaliserait les objectifs des jihadistes. Et pourrait laisser supposer que ces objectifs-entre autres objectifs-  d'élimination des chrétiens de leurs terres originelles d'Irak et de Syrie sont bien partagés par les puissances occidentales officieusement..

Il vaut mieux tard que jamais...Enfin savoir, par l'ONU, avec quel argent et à qui sont achetées les armes, les uniformes  des jihadistes, quels Etats les aident en sous main est une bonne chose !

                                                                        Sylvie Neidinger


Lu dans  le Novelliste, média  suisse : le jihadiste qui participe à un massacre à Homs parle allemand ! http://www.lenouvelliste.ch/fr/nosdossiers/conflit-en-syrie/articles/quelque-270-personnes-massacrees-a-homs-par-des-jihadistes-2756-1322518

Dans d'autres videos ,on écoute du hollandais, du français, de l'anglais ( australien) avec la récente video scandaleuse de l'enfant qui porte une tête coupée

...et autres langues dont le tchétchène.



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09/10/2013

Twitter réagit par le rire à B. Netanyahou mal informé sur le... jeans iranien !

Pas de jeans en Iran selon B Netanyahou ? Résultat: un buzz de la blogosphère.

Comment une prise de parole publique, médiatique du premier ministre israélien (mais  mal informé car son assertion se  base sur des préjugés très réducteurs) .

Donc comment une parole rapide, simpliste  mène à une réaction humoristique  en retour sur Twitter et Facebook :

http://www.courrierinternational.com/article/2013/10/08/r...

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-orient/iran...

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/10/07/97001-201310...

http://www.lesoir.be/334878/article/actualite/monde/2013-...

http://www.lapresse.ca/international/moyen-orient/201310/...

Multiple  autres dizaines articles...

Il est étonnant -voire un peu  orgueilleux- effectivement en terme d'intérêt, pour un homme politique de premier plan, d'aller faire des commentaires sur les tenues vestimentaires de populations. La sienne ou ici, celle des autres. En se trompant en plus !netanyahou,iran,twitter,geo-stratégie du rire,blogosphère,facebook,onu,assemblée générale,jeans,mode

C'est un peu :"de quoi je me mêle?"

Cette vision à gros sabots   s'ajoute, en plus, à l'affaire du schéma  qui avait déjà  écorné l'image du responsable israélien  à New-York en septembre 2012 avec son dessin là encore simpliste présenté   à  l'Assemblée générale de l'ONU, cette tribune de la représentation mondiale.

Image comme sortie d'une Bd pour moins de 8 ans, un peu Bibi Fricotin bricoleur.

Ce croquis pour école maternelle avait vivement fait réagir les membres de l'Assemblée pris un peu pour des.... idiots ce jour là.netanyahou,iran,twitter,jeans,mode

http://www.bfmtv.com/international/dessiner-une-bombe-ira...

Les politiciens internationaux, responsables de premier plan n'avaient pas tweeté, eux,  en retour.

Silence gêné plutôt, dans ces assemblées de politiciens professionnels.

  En revanche, les dommages collatéraux sont directement visibles l'année qui suit: B Netanyahou vient de tenir son discours le 1er octobre  2013 à la Tribune de l'Assemblée Générale devant une salle..très  clairsemée.

"L'assistance clairsemée présente dans l'hémicycle a montré éloquemment que, pour la plupart des Etats membres de l'ONU, la tonalité belliciste – sans surprise – du discours de M. Nétanyahou n'était pas, pour cette année au moins, pertinent" (le Monde)

GEO-STRATEGIE DU RIRE DE LA BLOGOSPHERE

Vue l'éminence de sa position politique,  M. Netanyahou  pose surtout problème  par ce genre de sortie  médiatique mal informée...à ses services secrets.

L'attitude du responsable  montre surtout qu' il y a du pain sur la planche au Proche-orient pour une meilleure inter-connaissance. L'ignorance de l'Autre est abyssale. Inquiétante. 

Visiblement, elle n'empêche pas  de prendre  la parole. Quitte à  se ridiculiser car en 2013, la monnaie de la pièce arrive immédiatement en boomerang d'humour par voie de  la ....géo-stratégie du rire de la blogosphère.

Ceci dit,  il n'est pas si banal en ce moment, de rire au Proche-Orient, en dangereuse surchauffe...

                                                                                                         Sylvie Neidinger

 

 

 

 

01/10/2013

Syndrome de "Suez": pragmatisme intelligent de Obama, amateurisme français

Syrie-On peut nommer syndrome "suez" cette propension d'un Etat à s'autoriser à intervenir  dans un confit externe. Puis à se faire taper sur les doigts par "plus fort" que lui.

Dans l'affaire Suez réelle, deux anciennes puissances coloniales: la France et l'Angleterre, accompagnées d'Israel étaient intervenues unilatéralement autour du Canal de Suez. Pour ensuite s'en retirer immédiatement  lorsque "Plus grand" c'est à dire USA et URSS l'avaient demandé.

Le même syndrome de Suez était lisible dans le projet d'attaque franco-américaine punitive programmée le 31 août 2013 dernier de la Syrie. Hors de tout mandat de l'ONU et en très grande solitude.

 "Plus grand" est intervenu,comme dans l'épisode Suez initial.

Le respect du droit international a prévalu."Plus grand" a été cette fois l'ONU, la Russie+Chine+GB (son Parlement) l'opinion publique internationale largement défavorable aux attaques (énorme pression) + ... Barack Obama lui même donc les Etats-Unis.

                       LES USA EN SORTENT PARADOXALEMENT GRANDIS

Le Président US a eu l'intelligence pragmatique d'une immense volte-face, comprenant que les conditions du succès n'étaient pas réunies. Il a refusé d'ouvrir seul en Syrie   une porte destructive  dont il ne savait pas ce qui se trouvait derrière. Il a refusé une position de lonesone cowboy même avec la France, partenaire non cité, quantité négligeable pour l'Amérique. Il s'en sort "par le haut" Même si son intention profonde restait l'option martiale.

Obama a tout gagné sur cette gestion ponctuelle. Puisque qu'il est revenu dans la cour des décideurs écoutés, au lieu de faire entrer l'Amérique dans une problématique type Suez où une fois les bombes punitives lâchées par la première puissance militaire mondiale, des comptes politiques, juridiques, allaient être demandés par des supra- instances internationales, par  l'opinion externe, interne, avec  un service après vente probablement pénible à justifier. Surtout après le grave échec complet  de la politique Us en Irak.

Les USA et la Russie se sont donc réunis à Genève pour discuter de l'élimination des armes chimiques syriennes aboutissant  une résolution onusienne votée dans la foulée. Premier consensus depuis longtemps.

Certes la résolution non contraignante est favorable à la vision Russe et modère les éventuelles velléités impérialistes US.

L'erreur magistrale de départ des occidentaux dans l'affaire syrienne est d'avoir négligé à quel point ce pays  est lié stratégiquement  à la Russie (à la Chine, etc.) Dans l'euphorie des mal nommés Printemps Arabes, les occidentaux  très sûrs d'eux, aveuglés par leur propre désir de prédation  géo-stratégique  ont prononcé un "dégage" aux dirigeants syriens alors que le pays vit dans la sphère russe. Pour mieux visualiser, c'est comme si Russes et Chinois avaient intimé aux dirigeants d'Israël de dégager alors que cet Etat est évidemment  intrinsèquement lié aux USA.

Ce qui est inimaginable dans un cas l'était tout autant  dans l'autre! Les Russes ont des bases maritimes dont Tartous, forment les militaires depuis des dizaines d'années. Ce "dégage", avec cette méthode là, était surréaliste. Il a duré 2 ans et demi. Les Russes n'ont jamais cédé.

Barack Obama vient d' entériner par sa volte-face la complexité du conflit.

Un certain impérialisme américain a  certes perdu de son arrogance dans ce renoncement.

Mais  un certain réalisme américain a prévalu, démontrant une Amérique qui reprend sa place négociatrice en chef, capable de s'ouvrir à d'autres arguments que ses désirs belliqueux.

Le Président Obama a bien joué d'autant que les informations d'aujourd'hui 1er octobre  sur la paralysie des financements fédéraux bloqués par les républicains auraient gravement entaché la gestion du dossier syrien. En effet comment un Etat qui peine à financer la protection sociale de ses propres habitants, qui prend le risque de bloquer son propre système fédéral se  mèle-t-il à l'international de dégager par les bombardements hors du droit international un régime politique tiers?

  LA FRANCE EN SORT AFFAIBLIE,  TOUJOURS ENGLUEEE DANS SON SYNDROME SUEZ

La France continue à se croire si importante.

L.Fabius voulait une résolution hyper contraignante sur la Syrie. Elle ne l'est pas.

F Hollande propose même à New-York de changer les règles du jeu international!   Une modification des règles de fonctionnement du Conseil de Sécurité de l'ONU, pas moinns ! Avec des moments où "on" ( qui?)  pourrait agir en se passant du veto sur la seule idée d'un belligérant. Raisonnement inaudible évidemment car le droit international est Droit. Si les exceptions démarrent, il n'y a plus....de Droit.

Chacun ferait alors selon son bon vouloir. "J'aime pas ce pays; tient, il m'intéresse, il a des ressources. Tient, j'y lâche ma petite bombinette"

Grâce à un média,  une information a été essentielle pour la lecture des évènements récents : avoir accès aux élément historiques de la journée du 31 août donnés en toute inconscience  par l'Elysée. Inconscience car au lieu de grandir l'action du président Hollande, l'amateurisme le plus total se lit entre les lignes.

Une exclusivité du Nouvel Observateur. Texte essentiel pour comprendre les faits que l'Histoire retiendra:

http://tempsreel.nouvelobs.com/guerre-en-syrie/20130927.OBS8824/exclusif-comment-hollande-avait-prevu-de-frapper-la-syrie.html

Je l'avais cité hier dans la précédente note. J'y reviens in extenso tellement c'est choquant.

"Les frappes sont pour ce soir." Le samedi 31 août, au matin, les plus hauts responsables français, civils et militaires, sont convaincus que le président de la République va déclencher le bombardement punitif de la Syrie la nuit suivante. Plus étonnant encore : François Hollande lui-même le croit aussi. Et cette incroyable méprise va durer jusqu'à la fin de l'après-midi. Entre-temps, pendant une dizaine d'heures, la machine de l'Etat aura été mise en branle pour effectuer ces frappes franco-américaines, les "vendre" à l'opinion et en gérer les conséquences diplomatiques.

Cette folle journée débute à 3 heures du matin, ce samedi 31 août, lorsque l'officier de permanence chargé des communications du président de la République reçoit un appel de son homologue américain. Ce dernier le prévient que Barack Obama va téléphoner à François Hollande sur la ligne directe et sécurisée qui relie l'Elysée à la Maison-Blanche. Quand ? Le jour même à 18h15, heure de Paris. Le malentendu transatlantique commence - un quiproquo risible s'il ne s'agissait de guerre.

Conseil de guerre

Décalage horaire oblige, le conseiller diplomatique de François Hollande, Paul Jean-Ortiz, découvre le message de la Maison-Blanche à 8 heures, dès qu'il arrive à son bureau, rue de l'Elysée. Il prévient illico François Hollande, qui décide de convoquer un conseil restreint juste après le coup de fil de Barack Obama. Devront être présents les ministres de la Défense, de l'Intérieur et des Affaires étrangères, ainsi que les "grands subordonnés" : le chef d'état-major, les patrons de la DGSE et du Renseignement militaire... Un conseil de guerre à l'issue duquel le chef de l'Etat va donner l'ordre formel du début des frappes françaises en Syrie. C'est du moins ce que croit François Hollande et, avec lui, toutes les personnalités convoquées.

Ce 31 août au matin, l'Elysée demande donc aux militaires de se tenir prêts à exécuter cet ordre supposé imminent.

Le plan était de bombarder pendant une nuit, en commençant vers 3 heures du matin au moment où les gens sont profondément endormis, dit un haut responsable français. Il s'agissait de détruire notamment des batteries de missiles et des centres de commandement de la quatrième armée, la chimique."

Les frappes doivent être réalisées par plusieurs Rafale volant en Méditerranée, au-dessus des eaux internationales. "Nous ne voulions pas tirer à partir du ciel turc, raconte un autre. Nous redoutions qu'Assad n'invoque la légitime défense et ne bombarde son voisin, ce qui risquait d'impliquer l'Otan."

Il y a un hic : les missiles de croisière Scalp prévus pour l'opération ayant une portée maximale de 250 kilomètres, les bombardements français ne pourront atteindre que des points situés dans l'ouest de la Syrie, Damas compris. Les Américains se chargeront de tout le reste. "Mais nous ne dépendions pas d'eux pour nos tirs et notre ravitaillement en vol, tient-on à préciser à la Défense. Il y a une seule chose que nous ne maîtrisions pas : le calendrier. C'est Obama qui devait donner le top départ."

Des preuves "déclassifiées"

Pour prouver à l'opinion que François Hollande n'agit pas à la remorque des Etats-Unis, façon Tony Blair pendant la guerre en Irak, l'Elysée décide aussi, ce samedi 31 août, de "déclassifier" certaines preuves françaises de l'attaque chimique. "Nous avons appelé ce document 'Synthèse nationale de renseignement déclassifié' et nous avons mis un drapeau bleu, blanc, rouge sur chaque page", raconte un officiel. Et, en prévision des frappes du soir, le ministère de la Défense fait fuiter ce texte dans le "Journal du Dimanche" à paraître le lendemain.

L'ensemble du plan de communication de l'opération est établi au cours d'une réunion à 14h30 ce même samedi dans le bureau de Paul Jean-Ortiz, avec les directeurs de cabinet des principaux ministères concernés. "Nous avons discuté des images à fournir aux journaux télévisés, celles de la montée en puissance de l'opération qui étaient déjà prêtes, et celles des premières frappes que pourrions livrer très rapidement", explique un officiel. "Nous avons aussi débattu du moment où il faudrait informer certaines personnalités étrangères, raconte l'un des participants. Il a semblé évident que François Hollande préviendrait lui-même Angela Merkel, juste après le coup de fil d'Obama."

"Le jour J était arrivé"

D'où vient cette certitude que le président américain va donner le top départ ce samedi ? "Tout nous conduisait à penser que le jour J était arrivé", dit un responsable français. Cela faisait une semaine que la perspective d'une action militaire franco-américaine contre la Syrie apparaissait inéluctable.

Tout a commencé le dimanche précédent, c'est-à-dire quatre jours après l'attaque chimique contre les populations civiles, quand Barack Obama et François Hollande ont discuté de plusieurs types de "punitions", y compris militaires. "Dès le lendemain, les états-majors des deux pays ont commencé à travailler à un plan de frappe commun", dit-on au ministère de la Défense.

Certes, les jours suivants auraient pu tout faire dérailler. Le mercredi, à Londres, la Chambre des Communes a voté contre une participation britannique à ces frappes. Et, on le sait moins, le jeudi, les Français et leurs alliés ont raté leur "blitz" diplomatique visant à conférer, si ce n'est une légalité, du moins une certaine légitimité internationale à une action militaire contre la Syrie. Ils espéraient recueillir une majorité des voix au Conseil de Sécurité, et ainsi contraindre Pékin et Moscou à opposer leur veto. Malgré les efforts de Laurent Fabius, Paris, Londres et Washington ne sont pas parvenus, selon nos informations, à rallier un nombre suffisant (six) de suffrages des pays membres non permanents du dit Conseil. Si bien que l'idée de passer par l'ONU a été abandonnée.

Pourtant, en fin de semaine, les Américains sont toujours aussi déterminés. Le jeudi, la conseillère de Barack Obama pour la sécurité, Susan Rice, fait savoir à Paul Jean-Ortiz que, malgré la défection britannique et le revers onusien, son patron est "tout près d'y aller". Et le lendemain, le vendredi 30, plusieurs indicateurs en provenance de Washington font penser aux Français que des frappes américaines sont imminentes. "Ce jour-là, John Kerry s'est entretenu plusieurs fois avec Laurent Fabius, assure un officiel. Il lui a dit que Barack Obama lui avait demandé de 'préparer l'opinion publique à des frappes.'" Au cours de cette même journée, dit un autre, "la Maison-Blanche a publié ses preuves sur le massacre chimique".
Et toujours ce vendredi, François Hollande et Barack Obama ont de nouveau discuté longuement. Le président américain dit qu'il n'a pas encore pris sa décision définitive mais que celle-ci ne saurait tarder. Il ajoute que les frappes pourraient avoir lieu bientôt, "avant ou après le G20", précise-t-il. "Rappelons-nous demain ou après-demain", conclut-il.

Le revirement d'Obama

Si bien qu'à l'annonce d'un nouveau coup de fil de la Maison-Blanche les conseillers de François Hollande sont persuadés ce samedi 31 août que le président américain a tranché dans la nuit et qu'il déclenchera l'opération le soir même ou au plus tard dans la nuit du dimanche (hypothèse peu probable puisqu'il part en Europe le lendemain). Personne à l'Elysée n'imagine qu'après avoir reçu une lettre de 186 parlementaires lui demandant de faire voter le Congrès Barack Obama a décidé in extremis de leur donner raison et encore moins que les principaux responsables de la Chambre des Représentants et du Sénat sont déjà au courant - plusieurs heures donc avant François Hollande...

"J'ai décidé d'y aller, dit le chef de la Maison-Blanche à son homologue français ce samedi à 18h15, mais je vais d'abord demander l'aval du Congrès." François Hollande est abasourdi. Il essaie de convaincre le président américain de revenir sur sa décision - en vain. Le chef de l'Etat rejoint alors les hommes qu'il a convoqués dans le salon vert pour un conseil restreint. Il ordonne aux militaires de rappeler les Rafale et évoque les prochaines fenêtres de tirs. De l'avis général, il n'en reste plus qu'une : aux alentours du 15 septembre, entre le vote des parlementaires américains et l'ouverture de l'Assemblée générale des Nations unies. "Après ce sera très difficile, voire impossible", convient-on. Cette ultime fenêtre sera refermée la semaine suivante par une manoeuvre diplomatique astucieuse de Vladimir Poutine.

Analyse de texte, noter la tonalité incertaine du vocabulaire employé: François Hollande "croit" "les hauts responsables sont "convaincus", la "méprise" va durer toute la"folle" journée;"malentendu transatlantique "quiproquo risible s'il ne s'agissait d'une guerre";"nous ne maitrisions pas le calendrier, Obama devait donner le top départ"

Amateurisme absolu: les français ont cru que le coup de fil attendu de Obama dans l'après-midi  signifiait le top départ. Mettant en branle la folle journée française qui lance le timing. L'article dit "quiproquo risible s'il ne s'agissait d'une guerre".Obama a annoncé au  public américain son... non engagement dans l'après midi.

AMATEURISME HALLUCINANT DE HOLLANDE ET SES EQUIPES, PIEGEES PAR LEUR ENVIE D'EN DECOUDRE !

Sommum du texte :  "pour prouver à l'opinion que François Hollande n'est pas à la remorque des Etats-Unis version Tony Blair nous avons mis un drapeau bleu blanc rouge sur les pages du communiqué qui allait fuiter à la presse".....!!!!!!!!!!!!!!!

Plus incompétent, tu meurs!

Suite "tout nous conduisait à penser que le jour J était arrivé"; " la perspective d'une action militaire franco-américaine apparaissait inéluctable"

 Toujours le vocabulaire du putatif : "personne à l'Elysée n'imagine"; "les conseillers sont persuadés" "

On apprend dans ce texte que les principaux responsables de la chambre des représentants furent informés plusieurs heures avant Hollande ! On apprend que Barack Obama avait pourtant  demandé aux français de préparer leur opinion publique.

Fin. On lit que François Hollande, abasourdi, rappelle ses rafales. Sans commentaire. Le texte se suffit à lui-même.

                                              **

Si on peut résumer l'épisode géostratégiques du 31 août en d'autres termes :

François Hollande a péché par immense orgueil. Depuis que les anglais ont dit non, il s'est retrouvé en couple durant  une semaine avec l'Amérique  -  vanté comme le couple franco-américain  par les médias hexagonaux tout aussi orgueilleux- 

N'en croyant pas ses yeux, il a voulu épouser sa promise de rêve.

Mais la belle Américaine, plus puissante, plus riche  plus jeune, plus jolie a trompé tous  ses espoirs en se retirant brutalement  du lit de noces au dernier moment. Par un magistral volte-face.

Conclusion. Se mettre en ménage  avec plus grand que  soi quitte à y perdre son âme était un pari risqué. Ici l'âme évaporée étant la  souveraineté de  la France, son indépendance, les dizaines d'années de diplomatie sérieuse.

Le pari personnel du Président de la République est complètement perdu. Très inquiétant en tous cas  pour l'image donnée de la France devenue à la fois  ultra va-t-en-guerriste et  basiquement  suiviste. C'est contradictoire.

Cette contradiction  est induite dans ce que j'ai nommé le "Syndrome de Suez".

 

                                                                      Sylvie Neidinger


Ce blog a ouvert une nouvelle rubrique politique à l'occasion de ces évènements intitulée  Grenouillade...: quand la France surjoue.

10/09/2013

L'affaire syrienne aura été un "SUEZ Bis"

L'affaire de Suez date de 1956. A l'époque, France, Grande-Bretagne et Israël avaient lancé leur expédition sur l'Egypte pour contrer Nasser. Ils ont réellement occupé le terrain, bombardé.affaire de suez,usa,france israel,egypte,syrie

 Jusqu'à ce que "plus fort  " que la France, et le Royaume -Uni, ces anciennes puissances coloniales  (+Israël ) ne leur tape sur les doigts pour leur dire de cesser cette expédition punitive.

"Plus fort" se nommait alors Union Soviétique et USA. Les deux pôles de l'équilibre mondial de l'époque.

Les deux puissances moyennes qui voulaient jouer dans la cour des grands  se sont retirées. Le Canal a été nationalisé et chacun renvoyé à son ....niveau stratégique.

En  septembre 2013 la crise syrienne est similaire mais avec d'autres acteurs et l'attaque +occupation réelle en moins.

RUSSIE ET ONU PLUS FORT QUE USA ET FRANCE

Dans le rôle de la France de 1956... la France de François Hollande  de 2013 qui remet le couvert mais dans un inquiétant état  de vassalité vis à vis de l'Amérique, au point de décider en fonction de  la décision du Congrès US et non de son propre parlement !

Dans le rôle d'Israël de 1956 ...personne a priori. Ce pays est officiellement en retrait de tout ce qui se passe au proche-orient actuellement. Mais en façade seulement car  hyper présent en off. L'Eat hébreu a procède à des tirs de missiles réels au plus fort de la crise la semaine dernière.

Dans le rôle de l'Angleterre de 1956.... les USA! Barack Obama entend mener une expédition punitive par bombardements aériens sans but martial annoncé sinon de "punir".

"Punir" ! Bizarre. Cette notion étant plutôt liée au monde de l'éducation ( on punit un enfant!) qu'au langage structuré de la géo-politique internationale.

Le tout sans aucun mandat de l'ONU. Pire,  en disant "agir parce que l'ONU n'agissait pas." Initiative solitaire.Décriée.

Le Président US  allait vers une cuisante défaite devant son Congrès , le Sénat. Et devant le monde. Ridiculiser son pays. Il a donc immédiatement  saisi l'option diplomatique mise en place par la Russie de Poutine : le démantèlement de l'arsenal chimique syrien.

Ceci marque clairement  l' échec de l'épopée solitaire américano- française, de cette tactique de vouloir " punir Bachar El Assad un peu mais pas trop pour laisser tout de même le système en place face au chaos annoncé."

En réalité ils avaient l'intention de tester les systèmes de défense anti-aériens syriens voire russo-syriens... C'était d'ailleurs la raison du tir "pour entraînement" d'Israël en Méditerranée, immédiatement détecté par les Russes. Ils n'ont pas pu.

UN SUEZ BIS POUR CONCLUSION DE CETTE DIPLOMATIE GUERRIERE

Le scénario était bien monté par la diplomatie offensive de  Obama+ Kerry, Hollande+  Fabius le faucon français.

Sauf qu'ils avaient oublié un détail. L'immense réprobation mondiale de taper sans but, sans solution pour 'après" avec le risque de commettre un Irak bis.

Les opinions publiques étaient fortement négatives,  le vote anti-conflit au parlement britannique fut magistral.

L'idée russe  de sortie de crise vient donc à propos pour sauver le soldat Obama d'une gifle magistrale du vote négatif au Sénat et au Congrès qui aurait encore plus entaché l'image de l'Amérique ! Il se tire à "moindre mal" d'une idée mal conçue au départ.

Mais la conclusion de tout ceci est majeure: la "CRISE DE SUEZ SYRIENNE " aura validé Vladimire Poutine dans le rôle d'une diplomatie du réel.

LA LIGNE FAUCON BAT DE L'AILE !

USA et France auront été confronté à plus "grands"  qu'eux, sur ce dossier en tous cas : le tandem Russie +...ONU et très certainement de la Chine sur la même ligne que la Russie.

Plus bloquant en tous cas, comme dans l'affaire du canal.

Il semble que la légalité des décisions  internationales ait prévalu. L'unilatéralisme  a vécu.

La puissante Amérique n'a pas frappé comme un  "lonesome Etat cow-boy".

L'option diplomatie a prévalu.

Ce retour vers un réalisme pragmatique de la part de la nation état-unienne et une bonne nouvelle pour la crédibilité de l'Organisation des Nations Unies.

                                      Sylvie Neidinger

 

Nota Le 2 septembre 2013, j'avais fait le pari sur ce blog Neidinger d'une issue à la Suez. "Je prends personnellement le pari que cette expédition est une affaire expédition Suez bis.(non pas GB plus France ) mais USA et France face à une réprobation internationale"

CQFD !

http://duboutduborddulac.blog.tdg.ch/archive/2013/09/02/v...

 

 

                                  RUBRIQUE PROCHE-ORIENT SERIE SURYA

02/09/2013

Vers la fin des pleins pouvoirs présidentiels carrément anti-démocratiques ?

Enfin la classe politique française sort de sa torpeur sur ce sujet: la faculté  totalement antidémocratique du Président de la république d'engager un conflit quand bon lui semble et sans en rendre compte à personne ! La Constitution le lui permet effectivement.

 La perfide albion cette vieille cousine, vient de donner une leçon magistrale au monde -et au passage aux français-en votant le refus de l'engagement en Syrie, épopée de cow-boy en dehors de toute voie légale.

François Hollande lance de la manière la pire qui soit deux conflits en moins de 9 mois!

Avec des relents de néo-colonialisme. Les deux nations en question sont d'anciens pays colonisés par la France: Mali et Syrie. Le tout sans l'aval de l'ONU.

NAPOLEON PAS MORT

Effectivement, il peut  venir l'envie, à ce Président, à l'heure du petit déjeuner, d'attaquer un pays. Et alors, rien dans le système politique hexagonale ne peut s'opposer à ce caprice !!!!

L'article 35 de la Constitution  prévoit que "le gouvernement informe le Parlement de sa décision de faire intervenir les forces armées à l'étranger, au plus tard trois jours après le début de l'intervention", un simple débat qui "n'est suivi d'aucun vote".

Ne récrivons pas ce qui a été bien expliqué :

Syrie: de gauche à droite, ils demandent un vote au parlement français

Des réactions à droite lues dans les Dernières Nouvelles d'Alsace :
Pour le député UMP Jacques Myard, qui fustige « l’amateurisme » et « l’aventurisme » de François Hollande, « il n’y a qu’une issue : demander au Parlement de rejeter par un vote toute intervention militaire. La démocratie reste la meilleure solution ! »

« La « politique de la canonnière de François Hollande est aventureuse », renchérit Philippe Meunier, député UMP du Rhône. Christophe Guilloteau, également élu dans le département, ajoute : « Si on met le doigt dans l’engrenage, jusqu’où cela va aller ? »

Mais aussi à gauche:

 Mélanchon veut un vote et dénonce l'atlantisme de la France

Excellente synthèse dans Le Parisien Qui décide des interventions militaires française mode d'emploi  Extrait :
"En , où le chef de l'Etat est aussi le «chef des armées» (article 15 de la Constitution) et le seul «garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire et du respect des traités» (article 5), et où le Premier ministre est «responsable de la Défense nationale» (article 21), c'est l'exécutif qui décide en matière d'intervention militaire et les législateurs n'ont par définition pas vraiment leur mot à dire... sauf en cas d'urgence.

Lorsque le pays fait face à une menace «grave et immédiate» (ce qui n'est pas le cas dans le cadre de la crise en Syrie), le président a en effet le droit de s'octroyer des «pouvoirs exceptionnels» et de prendre toutes les «mesures exigées par ces circonstances», à condition seulement d'avoir consulté au préalable le Premier ministre, les Présidents des assemblées et le Conseil constitutionnel (article 16). Au bout de trente jours de pouvoirs exceptionnels, les parlementaires ont le droit de saisir le Conseil constitutionnel pour décider de prolonger ces pouvoirs d'un mois supplémentaire, ou de les suspendre. Mais ce genre de situation d'urgence ne s'est pas présenté depuis... 1961, après le putsch d'Alger visant à renverser le général de Gaulle."

Lorsque la France veut frontalement déclarer la guerre à un Etat ennemi, là aussi, le Parlement doit être consulté. «La déclaration de guerre est autorisée par le Parlement», stipule l'article 35 de la Constitution. Mais là encore, cette situation ne s'est pas présentée depuis... 1940.

Pour toute autre forme d'intervention militaire, c'est à dire hors cas d'urgence et hors déclaration de guerre à un Etat, les représentants du peuple français sont simplement tenus informés de l'évolution des événements. Les entrées en guerre au XXIème siècle se faisant principalement au sein de coalitions internationales sous mandat de l'ONU ou de l'OTAN, le chef de l'Etat prend sa décision en amont, en vertu de chartes internationales, de résolutions du Conseil de sécurité onusien, et de discussions avec ses alliés. Le président n'est même pas obligé de consulter le Parlement avant d'envoyer ses troupes "

LA DOCTRINE CHIRAC PRO- LEGALITE NON RESPECTEE PAR HOLLANDE

Etonnant : ces pleins pouvoirs du numéro 1 sont  habituellement le fait de régimes dictatoriaux  ! De plus l'expédition punitive de François hollande  vient rompre la DOCTRINE CHIRAC DE 2003.

A noter l'argument de l'ancien Président de l'Assemblée Nationale: selon Bernard Accoyer (UMP), «si François Hollande choisit de rompre avec la doctrine Chirac de 2003 sur l'Irak, c'est-à-dire que les forces françaises ne peuvent être engagées à l'extérieur que dans le cadre d'une opération de l'ONU, alors il doit y avoir un vote parlementaire à l'issue du débat annoncé». Selon l'ancien président de l'Assemblée nationale, ce vote peut désormais se faire grâce à l'article 50-1 de la Constitution introduit par la réforme constitutionnelle de 2008, qui prévoit que le gouvernement peut accepter un vote à l'issue d'un débat, vote qui n'engage pas sa responsabilité."

Le responsable du PS répond de la pire des façons en traitant de munichois *ceux qui veulent une clarté dans un engagement du pays hors de la  légalité internationale.

Et les Ministres M Touraine, Sapin etc..de venir ramer devant les médias pour justifier l'injustifiable mais légale position de guerroyer.

Il serait peut-être temps de modifier la Constitution française pour la rendre démocratique, non?

                                                                               Sylvie Neidinger


Extrait de mon commentaire posté le 2 septembre "Au XXIème siècle un homme ne peut décider seul d'une telle politique ( du pire en plus)
Je prends personnellement le pari que cette expédition est une affaire expédition Suez bis.(non pas GB plus France ) mais USA et France face à une réprobation internationale ...."Sylvie Neidinger

*Parler d'esprit munichois est scandaleux (Borloo)

François Hollande seul et piégé

29/04/2013

WECF à la Une lors de l’inauguration de la Cité de la Solidarité Internationale

 Women in Europe for a Common Future (ONU) fut  sans le vouloir la vedette en ce jour wecf france,onu,cité de la solidarité internationale,ong,charles beerd’inauguration des nouveaux locaux de la Cité de la Solidarité Internationale sis à Annemasse au 13, avenue Zola (rappel : 16/04/13)

 Les femmes étant pragmatiques et concrètes, le  gâteau n'a pas été oublié,  illuminé de ses cinq bougies !

 Raout pas si ordinaire... vue la nature extrêmement institutionnelle des personnalités politiques qui se sont déplacées : Charles Beer, Président du Conseil d’Etat de Genève, Sally Fegan-Wyles (Unitar, Nations Unies) l’Ambassadeur français à l’ONU Génève, Nicolas Niemtchinow, Sylvie Gillet de Thorey du Conseil Régional Rhône-Alpes,  G.F.Leclerc, Préfet de Haute-Savoie, Georges Deléaval et  Christian Dupessey, d’Annemasse Agglo entre autres.

wecf france,onu,cité de la solidarité internationale,ong,charles beer WECF France  par sa présidente Anne Barre était en fait la véritable  puissance invitante.

Normal: elle fut pionnière en s'installant côté France,en 2008. C'est à dire côté législation  européenne. Ensuite rejointe par d’autres ONG.

 LA VOIX DES FEMMES POUR UNE TRANSITION ECOLOGIQUE

 Appel : WECF, ce  réseau de 150 organisations féminines environnementales est toujours en recrutement de bénévoles !

Ses Pôles d’action : eau+assainissement, énergie+climat, agriculture+biodiversité, santé+environnement, droits+genre.

 Femmes et hommes politiques de premier plan ont donc tenu à inaugurer la Cité de la Solidarité Internationale, signe de l'importance des enjeux.wecf france,onu,annemasse,grand genevecité de la solidarité internationale,ong,charles beer

Et l’air ce jour là, à Annemasse, à quelques mètres de l’arrivée du futur CEVA ( 20 mn de Cornavin prévus en 2014) respirait le Grand Genève, cet indéfinissable consensus franco-suisse qui regarde l'avenir dans le même sens.

 Ce nouvel "esprit de Genève" qui intègre  les données cantonales, municipales  régionales, internationales.

La dualité franco-suisse promeut les ONG genevoises dans le monde désormais   sous deux versants : le côté suisse et le  français.

(L'atmosphère  ne sentait pas les miasmes du célèbre "Robert le frontalier" !)

 Les responsables présents ont évoqué à la tribune, chacun à son tour, la place grandissante que les ONG civiles vont prendre à l’avenir dans la gouvernance mondiale.

 Ils appellent de leurs vœux la plus grande intégration entre la place internationale de Genève et son arrière base hexagonale aux portes de la ville.

 Le discours de Charles Beer évoquait la bonne « articulation » entre les territoires. Il usitait du  terme de « trait d’union » . Union de deux diplomaties, au sens où l’union fait la force, 1+1=3.

 wecf france,onu,annemasse,grand genevecité de la solidarité internationale,ong,charles beerPour revenir aux actions de WECF, rappelons que le 25 avril dernier était célébré « Equal Pay Day »

OUI. Encore  en 2013, les femmes gagnent moins que les hommes à travail égal. Un pourcentage allant quelquefois au-delà d’I/3.

Du travail en perspective pour changer les mentalités.

Courage, Anne et son équipe évidemment ...masculino –féminine !

                                               Sylvie Neidinger

                                                                                       

22/04/2013

Le Prix Pulitzer à un sniper! Reporter de guerre sale.

La photo est magnifique.  Elle vient de  recevoir le 15 avril dernier la distinction américaine la plus pulitzer.GIFvalorisante du monde de la Presse: le prix Pulitzer 2013 catégorie photo, l'une des 14 sections du Journalisme, par l'université de Columbia.

Il a été attribué à Javier Manzano, un  indépendant d'origine mexicaine pour un  cliché issu du siège d'Alep, sa première pige AFP, en plus.

Info issue du terrain. Le courage de se rendre sur place, sa prise de risque individuelle.

Le  directeur adjoint du service photo de l'Agence France Presse  pour le Moyen-Orient et le Maghreb, Hassan Mroue, affirme avoir reçu du free-lance  ce cliché au premier jour de sa collaboration. Il se rappelle de l'avoir immédiatement qualifiée de "chef d'oeuvre"

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La photo est esthétiquement intéressante, très construite avec les raies de lumière entrant qui contrastent avec la kalash en "rayon"sortant.

Elle pose pour autant un énorme problème moral puisqu'elle valorise le sniper, le tireur de l'ombre, celui qui, bien caché et protégé par son mur, tire dans le dos ou en traître !

Curieusement aucun commentateur  n'a signalé la chose.

Parce que les snipers en question sont des rebelles syriens, ceux que  l'Otan et les pays du Golfe  installent, soutiennent, financent et arment ???

Le "canardeur" qui snipe n'avait jamais été positionné   médiatiquement avant cela en tant que vedette à la Une de toute la presse internationale ! Il semble que cela soit une première.

La chose  démarre  avec le conflit syrien. Car effectivent en plus de ce  cliché et prix accordé à   Javier Manzano,  quelques reportages tv sur les snipers d'Alep  sont passés récemment à l'heure de grande écoute  tournés.. derrière les murs !

Ils valorisaient ces individus cachés fiers de compter leurs trophées de chasse  [note de la blogueuse: hyper surprise par  cette nouveauté en matière d'information, j'avais à chaque fois bondi de 20 cm de ma chaise et noté les identifications de  chaînes TV, la date et l'heure mais ne retrouve plus ma note papier pour les citer ici. Complément d'info à venir]

revelles 2.GIF

Le tireur de l'ombre avait jusqu'alors mauvaise réputation. Les médias ne le valorisaient pas.

Désolée de le faire remarquer dans cet article, mais à peu de choses près,  la  définition du sniper (oui, inventons le terme de  "sniprisme ") correspond exactement  à celle du terrorisme. L'un fait exploser des bombes globales, l'autre par tir de précision. Dans les deux cas par surprise. Et  terrorisant les populations civiles concernées.

                                      HISTOIRE DU SNIPER

*Le sniper dans l'univers du  conflit militaire: Comme à Beyrouth dans les années 80, il a symbolisé les  problèmes des combats modernes de type "guerilla urbaine". Avec une terminologie négative. On a parlé de "libanisation"comme prototype de guerre civile où votre rue, celle de votre  boulanger et de votre  boucher devient un  abattoir du hasard.  Mort par surprise.

Ensuite, historiquement, le  conflit yougoslave ( avec le siège de Sarajevo)  a continué à véhiculer cette problématique du tireur embusqué (film Tirs de snipers à Sarajevo sur Sniper Alley).

*Le sniper dans l'univers civil L'évènement majeur le plus récent est celui  qui a traumatisé toute une ville en octobre 2002. John Allen Muhammad, le tireur fou  exécuta depuis son véhicule 10 personnes à Washington DC. Un film a été tiré en 2003 de ces 23 jours de terreur sur la ville : D.C. Sniper: 23 Days of Fear  (Sniper : 23 jours de terreur sur Washington en français.) 

Sans oublier le célèbre précédent, l'assassinat du président américain John Fitzgerald Kennedy le 22 novembre 1963 lors d'une visite officielle à Dallas, où il fut abattu par le sniper  Lee Harvey Oswald.

                   

 *Globalement dans l'univers strictement  militaire, la présence du sniper comme outil de combat n'est pas une surprise.  Il y a bien longtemps que le code d'honneur en matière de destruction de l'Autre a disparu. Les politesses de la chevalerie du Moyen-âge sont rangées aux oubliettes.

Point n'est besoin d'invoquer Machiavel et son Prince, ni le Chinois  Sun Tsu et son Art de la guerre (1er traité historique, du VIème av Jc. 孙子兵法, pinyin : sūn zǐ bīng fǎ, littéralement : « Stratégie militaire de maître Sun »)

On fait confiance à l'être humain pour avoir tout inventé pour détruire son ennemi. Jusqu'à le manger dans certaines tribus traditionnelles ! 

Dans  le monde moderne, un conflit se multi-décline par:  de la bataille lourde, du renseignement, de la bataille de l'ombre, de la guerre économique, psychologique , de l'usage de snipers, de la torture etc. 

Sans oublier le contrôle des infos militaires  par  médias interposés, les orientations des  opinions publiques civiles.... Tout ce que l'on peut nommer la " sphère médiatique militaro-civile"

                                                        IMMORAL

*Or, l'univers médiatique civil est dit lui, "grand public" Toute la famille, les enfants sont réunis devant le petit écran qui normalement suit des normes de déontologie.

Bien évidemment tout le monde apeut avoir accès par internet au pire du pire (tortures etc.)  Mais normalement pas sur les médias traditionnels,  ceux pour qui le Prix Pulitzer est attribué.

Selon moi, cette année,  en valorisant le tireur traître on passe un cap (im)moral.  Une nouvelle  frontière s'installe sous nos yeux  dans notre "morale collective "

Analyse : Elle tient de la notion du  commanditaire et de la responsabilité du"donneur d'ordre", de la chaîne de commandement et de la nature de l'acte.

Oui, un bombardement militaire qui lâche des obus sur des populations civiles totalement impuissantes n'ayant même pas le temps de courir  à un abri est   un acte  tout aussi lâche que celui du sniper. Par l'effet de surprise, par  la disproportion et l'impuissance à pouvoir réagir.

Mais l'espace aérien reste un espace obligatoirement contrôlé par les grandes puissances et leurs systèmes d'écoutes, leurs radars, drônes.... Les Lois internationales de la Guerre vont alors entrer en jeu : les autorisations ou non ...Les conflits vont  se régler devant une instance supra-nationale : l'ONU et son Conseil de Sécurité.

Par exemple récent,  les Russes ont peu apprécié les bombardements Otan massifs en Libye. Ils l'ont fait savoir. La chose est publique, la  source des tirs identifiable. Avec l'aérien ou le sous-marin, les grandes oreilles militaires de tous bords -les dites oreilles d'or...- sont à l'écoute permanente. Pas si aisé dans les contexte urbains de villes: Alep : plus de 1,5 millions d'habitants.

Dans une ville, n'importe quel illuminé peut prendre un kalash et tirer en cachette sur les passants. Qui est en responsabilité de ce tireur dans un  contexte dégradé de guerre où la population désorientée ne sait plus trop qui fait quoi ?

Une Libanaise me racontait récemment comment, adolescente à Beyrouth, elle fut prise dans le viseur d'un sniper au milieu d'une voie. Il l'a ratée,  sa chance. Pour elle avancer ou reculer était aussi dangereux. Intelligente, elle a joué au chat et à la souris en mettant deux heures pour traverser en passant d'un obstacle à l'autre ( carcasse, béton cassé...) dans des laps de temps différents. Quelle chance elle a eu,  sachant la devise des snipers : "un tir, un mort"!

                             JOURNALISME TRASH QUI VALORISE LE SNIPER

Horreur au pied de son immeuble : avec  les snipers,  on entre dans l'anarchie sur le terrain, dans la sale guerre civile au coeur des cités, anonyme.

Quel statut du  sniper camouflé ? Un militaire qui tire dans le dos ou un délinquant de droit commun ? Sur qui le sniper tire ?

Jusqu'où va son critère de sélection de la cible  ? Ici, la jeune fille beyrouthine qui va acheter son pain.Pourquoi ? Parce qu'elle est d'une  communauté qui ne plait pas au sniper?

Parce qu'elle n'est pas du bon côté du trottoir? Un trottoir serait pro-sniper et le trottoir d'en face anti ??? Quel enfer pour les populations civiles ???

Facilité pour se venger d'un voisin qui dérangeait par un  assassinat de l'ombre sans responsabilité du tireur. Processus  de désintégration sociétal. Sans ONU. Sans contrôle.

OUI une limite morale est franchie à mettre en vedette ceux qui pratiquent le "tir caché  dans le dos"

De quelque bord que ce  soit.  Il n'y pas un cas où c'est bien et l'autre où cela ne l'est pas.

Le prix Pulitzer 2013 valorise les snipers cachés. Le prix Pultizer 2014 va-t-il valoriser la torture?

Une limite déontologique du Reportage de guerre a été franchie cette année avec le conflit syrien et les snipers.

Elle n'est pas la seule.

Ce conflit est vendu comme pro-démocratie par les occidentaux qui en réalité installent un islamisme radical wahhabite. Pour mieux contrôler les réserves énergétiques déjà connues ( celle de l'Est ) et les immenses réserves de pétrole qui viennent d'être détectées sur la Côte méditerranéenne  syrienne.

Observation : nos médias ici,  suivent ces orientations géo-stratégiques militaires.

OUI, on peut parler de Journalisme trash, ou de reporter de guerre sale.

Pourquoi le sniper est-il effectivement immoral, immonde ( car il l'est effectivment !!!!!) lorsqu'il terrorise Washington ou tout autre lieu. Mais  moral à Alep? 

Incompréhensible. Non pas le phénomène sniper, l'homme ayant toujours inventé à la fois  le meilleur et le pire. Incompréhensible : le néo-journalisme trash grand public.

                                                                      Sylvie Neidinger

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

28/09/2012

Elimination progressive, systématique des leaders nationalistes arabes

 Observation. Depuis la doctrine Bush énoncée le 20 septembre 2002 et ses prolongements par le « printemps arabe » (2011/Tunisie) les grands leaders nationalistes souvent militaires et laïcs (certes d’une laïcité toute orientale car toujours basée sur un système confessionnel) sont systématiquement  éliminés.

Ces régimes autocrates  issus des Indépendances présentaient la faiblesse pour les occidentaux d’être non alignés, moins démocratiques, d’entretenir des armées équipées, entrainées face à Israël. Surtout, ils  décidaient comme bon leur semblait de l’usage des ressources gazo-pétrolières éventuellement nationalisées. Cela ne plaisait pas.

Exemple. En 1987, lors de la visite en France de M. Khadafi, Nicolas Sarkozy va jouer une curieuse danse du ventre  en  accédant au caprice du colonel  d’installer une…  tente dans la résidence officielle. Cela ne suffira pas : l’ impoli ne signera finalement…aucun contrat. Aujourd’hui avec la prise de possession  semi-directe de la Libye par les forces de l’Otan- dont la France-les immenses  ressources de ce gigantesque pays africain leur sont désormais directement accessibles.photokeffieh arafat.PNG

 Depuis l’invasion de l’Irak en 2003 par la coalition américano-britannique, les vieux leaders arabes dont le nom collait tellement à celui du pays qu’ils géraient,  disparaissent  les après les autres : exécutés, emprisonnés, extraits, démissionés.

Les têtes des Etats sont démolies en "coupant" celles des dirigeants historiques. Les premiers à "passer à la casserole" de l'élimination physique ou de l'éloignement seront les dirigeants palestiniens en 2004 puis S.Hussein (2006),  Z. Ben Ali, M. Khadhafi, M. Moubarak,Ali Saleh…

 Et eux seulement. Les « leaders dynastiques » des monarchies arabes confessionnelles - visiblement inamovibles- ne sont pas du tout touchés par le mouvement d'élimination. Au contraire. Explications à venir.

Sylvie Neidinger

 

Nota sur la Palestine/Territoire occupé, au coeur initial du conflit proche-oriental  :

L'Autorité palestinienne bicéphale  représentée par  Arafat (laic/cisjordanie) et Yacine( chef religieux/Gaza) est la première décapitée. Les deux leaders arabes sont physiquement éliminés la même année en 2004.  La photo de Yasser  Arafat illustre cet article car aucun nationaliste arabe n'a autant  personnifié son Etat (certes potentiel)  et les aspirations de son peuple  que ce leader. Il a expliqué un jour  pourquoi il porte son keffieh d'une manière si spéciale. " Le Vieux"  indiqua  à son caricaturiste préféré, Plantu, qu'il "redessinait"  ainsi la carte de la Palestine...sur lui-même.

Le problème est que Yasser Arafat était le chef d'un ...non-Etat. D'ailleurs, l'absence de règlement du conflit israélo-palestinien perdure ...sur la place publique et onusienne, paralysée. Hier soir à New-York, Mahmoud Abbas devant l'Assemblée Générale de l'ONU réclamait encore et encore la reconnaissance de son Etat face à une communauté internationale bien sourde...en raison  du refus americano-israelien.

Une demande pour devenir Etat non membre de l'ONU avant la fin de l'année est prévue.

Nota : La Suisse est concernée par l'enquête initiée en France sur l'empoisonnement du Prix Nobel.L'Institut de Radio- physique de Lausanne (CHUV)  a effectué les mesures de polonium significatives.

                                                     

Pays

Date

Leader éliminé

Par

Mode

Durée

Irak

13/12/2003

Saddam Hussein

Usa

Arrestation

-

Irak

30/12/2006

Saddam Hussein

Vice président  1968 Président en 1979

Usa tribunal local

Décès par pendaison (video)

27 ans

1979/2006

 Palestine :

Territoires occupés

 

22/03/2004

CheikhYassineExécutif bicéphale palestinien/Gaza/religieux »Il n'est pas laic mais avait des fonctions politiques et a été éliminé la même année.

Israël

 

Décès par attaque

aérienne

bombe

17 ans

1987/2004

 Palestine :

Territoires occupés

 

11/11/2004

Yasser Arafat

Exécutif bicéphale palestinien/Cisjordanie/partie laïque : Autorité Palestinienne

Fonde Fatah 1959

Prix Nobel Paix

Israël ? Pays soupçonné. Aucune preuve à ce jour. La plainte est récente (août 2012)

Décès par poison

(polonium) sous réserve de lenquête judicaire en cours

 

45 ans

1959/2004

Tunisie

14/01/2011

Zinedine Ben Ali

1987

Printemps

tunisien

Exfiltration en Arabie saoudite

24 ans

1987/2011

Egypte

11/02/2011

Hosni Moubarak

1981

Printemps

égyptien

Démission contrainte

Prison-hopital

procés

30 ans

1981/2011

Libye

20/10/2011

Moammar Kadhafi

1969

Otan , monarchies et rebelles de Misrata

Décès par exécution extra-judiciaire.Lynchage*

Exposition hors norme juridique internationale de corps décédé, dénudé, exhibé plusieurs jours.

42 ans

1969/2011

Yemen

27/02/2012

Ali Saleh

1978

Monarchies du golfe et Otan

Démission contrainte et négociée avec les monarchies

34 ans

1978/2012

Syrie: projet Otan et monarchies d’élimination. Très clairement énoncé hors de tout langage diplomatique (Usa, France etc) Occidentaux et monarchies participent activement sur le terrain : services secrets, fourniture de conseils, de moyens logistiques (armes, communications) aux rebelles et aux jihadistes extrémistes importés. Forte opposition des Russes, de la Chine et de nombreux non-alignés dont les Brics.

La Syrie est une ligne de fracture géographique, diplomatique, géostratégique. Un front de la néo-guerre froide et de la confrontation sunnite-chiite.

 * Par déontologie, je n'illustre pas cet article par les videos des exécutions  violentes( Hussein-Khadafi) Elles existent sur la toile dont certaines avec des données potentiellement intéressantes au plan journalistique comme le cas de S Hussein. Les tv occcidentales n'ont pas laissé passer l'enregistrement complet où on le  voit défier verbalement ses exécuteurs. SN

*Le 1er octobre, les informations font état de la présence d'un agent de la France lors de l'execution de Khadafi avec l'argument que le leader libyen avait "beaucoup à dire sur la présidence Sarkozy":"Khadafi executé par la France? "L'Express 1er octobre 2012 web

* L'exécution  hors norme juridique du leader libyen continue à alimenter ce qui va devenir un feuilleton de l'Histoire. web


Série Surya sur blog TDG "neidinger" :

Article 1-Baal Hadad lance ses foudres en Syrie.

Article 2-Le printemps néo-colonial arabe

Article 3- Clinton-Israël en "intelligence amie". Les Etats Arabes le sont-ils?

Article 4- Michel Aflak est mort trois fois

Article 5- Elimination progressive, systématique des leaders nationalistes panarabes

Abstract/résumé de :  Elimination  progressive, systématique des leaders nationalistes panarabes :Elimination par Usa, Israël, indignés ou rebelles, Otan, Monarchies. Ce, dès 2003 dans le cadre de la doctrine Bush. Puis dans celui du « Printemps arabe », sa prolongation. Tableau.

 

 

                                      RUBRIQUE PROCHE-ORIENT SERIE SURYA

 

 

 

 

 

 

 

02/12/2011

La 3ème guerre mondiale: dans le monde arabe?

Le mal nommé « printemps » est une équation explosive à cinq entrées car traversé par les guerres suivantes : numérique, verte, énergétique, coloniale enfin par la guerre froide.  Analyse des conflits sous-jacents qui se croisent.

 

Historiquement, 2011 sera l’année du premier usage des réseaux sociaux dans un cadre de conflit armé. Cela s’est passé dans le monde arabe, à  la plus grande surprise du monde occidental- qui véhicule tellement de préjugés notamment celui d’omettre imaginer que l’on pouvait  être arabe et cliquer comme tout le monde sur la Toile.

 

LA GUERRE NUMERIQUE et la propagande font rage sur les réseaux, dans chaque camp autour d’un « réel » inondé d’images pas toujours garanties et vérifiées, journalistiquement parlant.

La couverture tunisienne par le web 2.0 a démarré comme une sorte de  jeu vidéo, un conflit kleenex où il fallait appuyer sur le bouton « eject » pour changer les gouvernants. A ce jeu, Khadafi fit de la résistance. Il s’accrochait au pouvoir face à l’injonction de virer « out » Il restait « on » Il est désormais « off ».

 

Les bons vieux médias grand public (tv, radio…) ne sont pas en reste, toujours dans les logiques idéologiques propres à chaque bord. En France (pays promoteur de l’attaque militaire en soutien à ceux de Misrata, ville de l’Est libyen) la discrétion a été de mise sur le bilan humain final suite aux 8000 raids aériens de l’Otan (60 000 morts estimés, nombre infiniment supérieur aux morts kadhafistes) aux destructions des villes et infrastructures.

 

Al Jazeera, la télévision qatarie aux moyens et nombre d'auditeurs colossaux soutient activement le mouvement de contestation. Elle a choisi son camp...

En 2011, la CNN orientale ne se fait plus remarquer pour ses points de vue variés dans un océan médiatique arabe inféodé aux pouvoirs en place. C’était avant.

 

Une mue radicale s’est opérée en direction de la promotion en direct d’un islam sunnite rigoriste « du désert »

Le 20 septembre dernier, son  directeur W Khanfar a démissionné face à la reprise en main idéologique par la famille régnante Al Thani. Qatar dont l’émir est également hyper actif au sein de Ligue Arabe. « Son » média d’information en continu est devenu un fer de lance puissant qui accompagne les évènements dans une vision toute wahabite. Anecdote du mois d’août à Tartous (Syrie) : toutes les poubelles de la ville furent recouvertes par la flamme,  logo désormais célèbre de la chaîne pour exprimer le désaccord sur le traitement médiatique de ce pays par cette chaîne.

 

 

LA GUERRE VERT SOMBRE. Un puissant mouvement religieux enflamme le monde musulman avec plusieurs clivages:

D’une part entre l’islam à clergé  chiite et l’islam sans clergé, sunnite.

D'autre part entre la pratique ordinaire et la pratique intégriste.

 

Les régimes politiques qui se mettent en place dans la foulée dudit « printemps arabe démocratique » tiennent de la radicalité.

Or, si vous ajoutez «  isme »  la  différence devient majeure !! Cette nuance est mal perçue dans nos pays occidentaux.

La religion musulmane n’est pas extrême. C’est un des trois monothéismes. Elle respecte les prophètes antérieurs dont Issa (Jésus).

Mais déclinée dans sa version dure en « isme » sont évacués le féminin du champ public, ,les non musulmans, ou ceux qui pratiquent différemment, intolérés.

 

Politiquement, deux pôles d'influence diplomatico-religieuse cherchent à accompagner ce mouvement : celui des Monarchies du Golfe et celui de la Turquie, chacun des deux tirant la couverture à lui. Mais ils sont en réalité ...complémentaires!


Les partis conservateurs qui prennent les rênes suite au Printemps érigent souvent  la Turquie d’Erdogan (non arabe) en modèle d'action car la démarche est hyper moderne. C'est une prise de pouvoir par les moyens de la démocratie contemporaine du bulletin de vote, de facebook pour appliquer les règles de vie instaurées il y a une dizaine de siècles.

Quant au Qatar et à l'Arabie Saoudite (GCC) ils fournissent les nécessaires moyens logistiques.

Résultat: la charia est prônée en Libye. Le PJD, Parti islamiste marocain dit modéré (parfait oxymore!) vient de gagner les élections. Les Frères Musulmans en Egypte sont devenus majoritaires. Salafistes et Frères en Syrie manifestent le vendredi à la sortie de la prière.

Le sunnisme version wahabite s’installe progressivement dans chaque Etat touché par les révoltes indignées, laissant poindre les plus vives inquiétudes. (cf: églises coptes brûlées)

 

Un Etat préfigue ce qui va se passer :  l'Irak dont la  « démocratie importée » est un échec absolu, un contre-modèle repoussoir. Certes, l’ancien régime fort a disparu mais sa laicité a sombré avec lui au profit de découpages territoriaux (kurdistan pétrolier) et du religieux comme gouvernance. Les communautarismes exacerbés se mesurent en attentats mortels quotidiens des années après le changement de régime. Les arabes chrétiens menacés quittent.  Toutes les communautés non musulmanes se fragilisent. La voix politique de l'Irak à l'international a disparu.

 

La vieille religion chrétienne (proche-orientale et non occidentale à la source ) dans ses multiples composantes (assyro-chaldéens, coptes, syriaques etc.) s'exile hors du Proche-Orient. Ils vivaient jusqu'alors en bonne entente avec leurs frères musulmans. Une hémorragie comme conséquence collatérale des bouleversements en cours.

Un exode totalement avalisé par nos décideurs occidentaux dont les consciences bizarrement ne souffrent pas.

 

Pourquoi un tel succès de la pratique extrême musulmane ? Parmi plusieurs analyses, on peut retenir les suivantes:

- Les difficultés économiques

- Ce mouvement de retour à des pratiques rigoristes s’explique très certainement par un contrecoup des ( tristes !) évènements américains de septembre 2001.Des accusations  médiatiques islamophobes (généralisantes) s’ensuivirent.

Les musulmans, à force de se voir pointés du doigt  globalement, en tant que tels, de tous les maux de la terre (de terroristes… jusqu’aux repas d’avions  qui sont surveillés pour voir qui consomme quoi) à force de se voir caricaturés, multi surveillés, se sont repliés sur leurs valeurs?  Aujourd’hui, les bulletins de vote prennent la couleur vert sombre.

- Focus complémentaire: les mosquées jouent le rôle d’aide sociale, de soins, d’éducation pour les plus pauvres, des missions régaliennes que les Etats gangrenés par la corruption et le clientéliste n’ont pas pu tenir. Ces deux dernières années ont connu des émeutes liées au prix du pain en Egypte et en Jordanie.

- Enfin, autre frustration majeure pour le « cœur arabe » : l’éternelle absence de création de l’Etat palestinien viable, dans le jeu de façade des discours onusiens (cf : les frontières de 1967 ...encore récemment  dans la bouche de B Obama !) et de promesses jamais tenues. Comme une grande moquerie internationale.

 

 

POSITION AMBIGUE DES OCCIDENTAUX : LA PUREE IDEOLOGIQUE.

 

 

Les pays occidentaux entretiennent une purée idéologique sur le thème de l’islamisme en acceptant ici ce qui est refusé là. Ils ont vendu à leurs populations respectives « au nom de la démocratie -qui a bon dos ! » une guerre en Afghanistan ( gazoducs…) pour soit disant contrer les intégristes locaux nommés talibans.

Talibans évidemment aux idéologie inacceptables.

 

Américains, Union Européenne ont refusé le dialogue avec le Hamas car islamiste. L’Iran qui attaque l’ambassade GB est qualifié aujourd’hui à la radio d’islamiste par un responsable britannique. C’est vrai. Sauf que…les mêmes occidentaux  participent actuellement à la mise en place active des régimes confessionnels islamistes qui sortent des urnes !

BHL, le ministre des affaires étrangères d’opérette de la France a écrit récemment dans une tribune sur la Libye "qu’il y a charia et …charia." 

Les véritables raisons sont donc à chercher ailleurs : le monde arabe intéresse évidemment pour son gaz et son pétrole. Ce "printemps" devient une super opportunité pour la reconfiguration du monde arabe telle que G. Bush la rêvait.

 

LA GUERRE ENERGETIQUE. Deux pays attisent les papilles occidentales : la Libye et la Syrie. Les médias font peu de cas de la révolte yeménite qui  n’a ni ressource énergétique, ni intérêt géographique !

Le cas libyen -pays immense qui regorge de pétrole- a été géré par une intervention militaire massive de l’Otan. Kadhafi est mort. Place désormais à la gestion du cas syrien. Pays dont  la position géostratégique centrale et son Est pétro-gazier sont dans l’œil du viseur. Alain Juppé annonce la nécessité de « zones tampon humanitaires » ...prélude aux futures partitions ?

 

LA GUERRE NEO-COLONIALE : les frontières du monde arabe furent tracées dans la première moitié du XXème siècle à l’époque des colonialismes occidentaux. Or, ce mouvement de partage des territoires sous influence n’est visiblement  pas terminé. Il était intéressant de constater le  4 octobre dernier la nature des Etats ayant décrié le veto russo-chinois en faveur  de la Syrie : exactement tous les anciens pays coloniaux  de la zone !

La Turquie du vieil Empire Ottoman, la France (la mémoire populaire française a oublié qu’elle eut mandat sur la Syrie) la Grande-Bretagne (en Irak) l’Allemagne (certaines frontières furent tracées le long du Bagdad Bahn) enfin les Américains actuels maîtres du monde et de l’Irak.

Les mêmes Cinq toujours à la manœuvre active en connexion évidente de fourniture d’armement et de renseignements  formation à l’ALS Armée de libération de Syrie -même s’ils se refusent à le dire officiellement.

 

 

LA GUERRE FROIDE : La Russie a donné un doigt pour autoriser à l’ONU l’intervention libyenne mais son bras entier a été avalé. La mission de l’Otan a semblé dépasser les instructions de départ. De ce fait,  la Russie  va  poursuivre son attitude de veto et de refus à toute intervention en Syrie, pays de son aire d’influence ( laique socialiste )  actuellement  dans la fenêtre de tir otanesque. Elle donne actuellement  de la voix et  menace d’envoyer ses bateaux de guerre à Tartous.

La Chine va-t-elle suivre cette démarche de veto ?

Le sur-armement nucléaire israelien est sans contrôle international de l'AIEA qui ne réclame aucun compte.

Le nucléaire iranien lui  ne se laisse pas  contrôler.


Comment vont réagir les émergents les Brics dont l'Afrique du Sud, Inde, Brésil qui s’étaient abstenus de voter un engagement militaire en Syrie en octobre? Le scénario part en tous sens.

 

 

L’enfer arabe

Les Occidentaux reconfigurent le monde arabe à leur guise en coordination avec la Ligue  ( dont on n’ a jamais autant entendu la voix alors que nombre de  ses membres sont en transition gouvernementale )

Ils  accompagnent d’une manière impérative  les indignations légitimes de peuples. Mais en axant les évènements suivant leurs intérêts géo-stratégiques énergétiques.

 

La poudrière est  désormais en place avec la crise économique mondiale (qui touche les pays arabes non  pétroliers) les exaspérations religieuses,  les pétrodollars (ressource inépuisable qui finance les résistances) l’armement et  la logistique des pays de l’Otan (les dernières générations de drônes  américains sans pilotes sont testées)

 

Chaque jour, une allumette est grattée. C’est attesté. Le mouvement d’indignation syrien a démarré à Deraa avec la torture intolérable d’adolescents. Mais rapidement des bandes armées - certains de  ceux que nos médias vantent comme des héros!-  mènent une lutte sanglante. Sanglante signifie des corps civils et militaires découpés à la hache.

La guerre... civile semble désormais poindre dans ce pays  fragile car multi-confessionnel et multi communautaire .

Syrie où tous les arabes ne sont pas musulmans ( maronites, orthodoxes, syriaques, ismaélites etc.) et où tous les musulmans ne sont pas arabes (tcherkess, druzes, arméniens,  kurdes etc.)


En septembre, le Patriarche maronite Al Rai ( Libanais)  de passage en France,  plus qu’inquiet de la tournure des évènements,  a diplomatiquement  fustigé  les velléités de reconfiguration. du monde arabe –celles qui agitent les chancelleries occidentales.

 

Diviser pour régner est  vieux comme le monde. En langage moderne cela se traduit par  une mentalité de type bantoustan "un territoire = une communauté" .

Tout comme la droite israelienne qui prône la reconnaissance internationale  d'un "Etat juif," chacun serait rangé uniformément dans "son" fief ethno-religieux .(druzes au Golan, kurdes dans l'Est syrien) D'ailleurs, les mots d’ordre des contestataires syriens   lus dans les toutes premières manifestations allaient  dans le sens des partitions et élimination « chrétiens au Liban, alaouites au cimetière » !

 

L’allumette de la guerre civile est malheureusement lancée. Le conflit peut d’un instant à l’autre enflammer  les voisins : Liban, Turquie, Israel, Jordanie, Irak. 


Monseigneur Al Rai  eut le courage dans  sa sagesse  d’évoquer  l’hiver arabe. Moi, je parle de l’enfer arabe. J’espère juste …me tromper !

Sylvie Neidinger

 

 

 

 

 

11:30 Publié dans P-Politis International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : al rai, neidinger, russie, arabe, musulmans, chrétiens, onu, otan, printemps, libye, syrie, al jezira | |  Facebook | | | |