empoisonnement des relations sociales

  • Sophie Rainoldi aide-soignante stigmatisée par lettre anonyme

    Le personnel soignant vit un enfer. En plus du contact avec les malades -par principe, c'est le métier ! -  l'absence de protection pèse, avec des horaires sans nom, l'épuisement physique, moral....

    Il manquait au tableau noir la stigmatisation.... C'est fait. Voici la "lettre" d'un voisin, non signée qu'une soignante découvre sur  sa porte en rentrant du travail.

    La missive demande à Sophie Rainoldi de ne pas toucher les boutons d'ascenseur, vu son métier, d'aller promener son chien plus loin. Voire de loger...ailleurs!

    "Est-il possible pour notre sécurité de ne pas toucher les portes communes ou peut-être pour ces prochains jours d'essayer de loger ailleurs ?" "Et peut-être aussi de sortir votre chien plus loin ?" "Ne prenez pas ça contre vous mais je pense que moi-même et les voisins nous sentirons plus en sécurité"

    Précisément immonde.

    Une infirmière libérale qui soigne des patients Covid-19 est traité comme une pestiférée dans sa rue. Sa mère témoigne à une radio, en pleurs."Je voulais vous dire que la collègue de ma fille a trouvé sur le pare-brise de sa voiture un mot qui disait 'vous êtes infirmière donc vous avez plus de risque d'être contaminée par le virus. Donc, merci de ne pas vous garer proche des autres voitures'", a déclaré l'auditrice, en larmes. Elle a ensuite indiqué que sa fille a découvert sur la porte de son domicile un mot "qui demandait de faire attention dans les parties communes et de si possible habiter ailleurs, le temps que le virus passe". "La bêtise dans toute sa splendeur ! Les gens qui ont écrit ça, le jour où ils seront malades, ils vont les appeler de toute urgence (...) Ils ne sont pas tous à applaudir aux fenêtres [chaque soir à 20h]", a conclu Evelyne.

    Un proviseur italien, Domenico Squillace, avait  justement écrit une magnifique lettre à ses élèves demandant de ne pas donner corps à l'empoisonnement des relations sociales:  "Le professeur d'italien et de littérature voulait ramener un peu de raison dans l'alarmisme ambiant. Ainsi, dans ses lignes, il conjure ses élèves de « garder leur sang-froid, de ne pas se laisser emporter par le délire collectif, de continuer – avec les précautions nécessaires – à vivre une vie normale ». Et surtout, le proviseur les appelle à se méfier de «l'empoisonnement des relations sociales ».

    Les soignants peuvent parfaitement en plus de tomber malades, se mettre en retrait voire changer de métier...A juste titre.  Qui alors  soignera les stigmatiseurs-délateurs  anonymes planqués ?

    La crise sanitaire ne fait que commencer. Cela promet...

     

                                                                                     Sylvie Neidinger

    sophie rainoldi,personnel soignant,aide soignante,#stigmatisation,lettre anonyme

    RUBRIQUE #CORONAVIRUS 2020 Covid-19