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06/01/2018

Les Carmen et Eléonor tempètent contre l'usage météo de leur prénom !

Je connais des Carmen qui ne furent pas à la fête en cette période de réveillon.

Des Eleanor aussi.

Deux tempêtes majeures s'abattent sur l'Europe et se voient baptisées par un prénom. Humain par définition.

Les femmes concernées ont pu subir de l'humour un peu gras en cette période.

Et trouver choquant l'association entre leur prénom à des cataclysmes qui entraînent la mort.

 

                                                     RAPPEL HISTORIQUE

 

Un évènement cyclonique partage avec un humain le fait d'être historiquement  unique car daté dans le temps et dans l'espace.

Il est important de le nommer.

On pouvait choisir un banal numéro. (genre A 6709  ou B2375)

Des noms ont été utilisés puis des prénoms, selon cet historique:

"Dès le début du XXe siècle, on a commencé à baptiser les phénomènes météorologiques. C’est le météorologue australien Clement Lindley Wragge qui a, le premier, nommé les cyclones après des personnes. Il choisissait à l’époque des noms issus de la mythologie polynésienne ou des noms de politiciens.

Attribuer ces noms permettait alors une meilleure communication avec le public et entre les experts eux-mêmes.

Par la suite, pendant la seconde guerre mondiale, ce sont les militaires américains qui ont pris l’habitude d’appeler les tempêtes selon les prénoms de leurs femmes. À partir de 1950, le bureau météorologique américain a commencé à nommer systématiquement les cyclones selon l’alphabet phonétique, puis dès 1953 selon des prénoms féminins, soit disant pour refléter la croyance populaire que les humeurs des femmes sont aussi imprévisibles que les ouragans.

Il faudra attendre 1979 pour les mouvements féministes, mécontents de cette association négative, obtiennent gain de cause et une alternance dans le genre des prénoms attribués aux tempêtes.

Aujourd’hui, l’Atlantique Nord utilise 6 listes annuelles réutilisées tous les six ans. Elles ont été définies par le Centre nationale des Ouragans (National Hurricane Center) de Miami, en Floride et comprennent chacune 21 prénoms, le premier commençant par la première lettre de l’alphabet, et ainsi de suite. Seules Q, U, X, Y et Z ont été exclues à cause du manque de prénoms commençant par ces lettres.

Par ailleurs, les noms des ouragans les plus fatals ne sont pas réutilisés. Il n’y aura donc pas un deuxième système appelé Katrina. Les cyclones féminins sont les plus meurtriers.

Mais ce changement a donné place à l'interprétations des statistiques. Des chercheurs en sciences de la communication et en statistiques on publié en juin 2014, dans la revue américaine Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), une étude démontrant que les cyclones du genre féminin sont les plus meurtriers.

Loin d'être une blague, l'article s'appuie sur les données de 94 cyclones tropicaux ayant frappé les États-Unis entre 1950 et 2012, en excluant cependant Katrina (2005) et Audrey (1957) tant leur caractère hors norme auraient pu altérer les résultats

 Selon l'étude, le bilan humain serait plus lourd lorsque l'Ouragan porte un nom de femme. «Un ouragan avec un nom à consonance masculine cause en moyenne 15,15 morts tandis qu'un ouragan avec un nom féminin tue environ 41,84 personnes», peut-on lire dans l'article.

Selon l'auteur, ce constat s'expliquera par le report des préjugés de genre. Ainsi, une tempête appelée Victoria ferait moins peur qu'une tempête appelée Victor, et donc la perception du risque (et de sa prévention) en serait différente. 

Conclusion ? Selon l'auteur, il faudrait « inventer un nouveau système d'appellation pour réduire l'influence des préjugés sur l'évaluation des ouragans et permettre une amélioration de la préparation».

      PRENOMS FEMININS AUX VOITURES AUSSI ...

 Comme indiqué, les féministes ont commencé à juste titre à s'offusquer de cette association systématique et négative. Les humeurs des femmes étant supposées tempétueuses...

Elles ont obtenu gain de cause avec usage d'un prénom féminin puis masculin.

Alors pourquoi Eleanor succède-t-elle à Carmen ?? Les Eleanor n'ont pas changé de genre ! La tempête devait se nommer David dans le système de coopération météo français-portugais-espagnol.

Mais comme elle a touché la côte irlandaise, c'est le système irlandais-anglais qui a choisi. D'où la succession de deux prénoms féminins.

 Dans le même registre du détournement des prénoms, on peut également s'offusquer de voir les fabricants de voitures nommer ces objets commercialisés par des prénoms féminin (zoé, mégane etc..) les prénoms devenant carrément des marques commerciales.

Et pour revenir aux Carmen, se souvenir que déjà elles se font trucider à l'opéra !(rire..)

 

Pourquoi nommer les tempêtes par des prénoms qu'ils soient masculins ou féminins???

On peut suggérer des noms de ...fleurs ou autres objets.

                                                                                 Sylvie Neidinger

 

 Suite. Force est de constater avec les commentateurs que l'idée de changer la fin de l'opéra Carmen est un non sens culturel.

En revanche  donner des prénoms à des phénomènes  météos graves est une pratique récente confuse.

L'individu qui par exemple reçoit à la naissance le prénom d'Antigone reçoit de facto autour de cette dénomination une histoire longue, antique mais elle tient  du registre de" l'humain"  et pas d'un phénomène physique ou une voiture.