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20/04/2018

N'est pas CHIRAC qui veut

La France reste membre du Conseil de sécurité, tout  comme le Royaume-Uni,  plus au titre de ce qu'elle fut que ce qu'elle est.

Ces anciennes puissances coloniales devenues puissances moyennes  gardent toute leur place au sein des instances internationales en raison d'un passé d'expérience.

Mais à trop en faire elles se dévalorisent.

France et Royaume-Uni  viennent de se distinguer par une sortie hors du droit international: les récents bombardements type "cow-boy-gendarme du far-west" sur la Syrie.

Theresa May et Emmanuel Macron en tapant ainsi hors des résolutions de l'ONU et en médiatisant à outrance ce coup d'épée dans l'eau  fragilisent la crédibilité juridique de leurs pays sur la scène internationale. 

Macron n'est pas CHIRAC, loin s'en faut.

Jacques Chirac fut le dernier véritable héritier de Charles de Gaulle. Lequel, après guerre a gentiment demandé aux américains de démanteler leurs bases installées dans l'hexagone. Et pris en compte la réalité multilatérale.

L'époque était aux Indépendances. Syrie....premier  pays à clamer son indépendance juste après la 2ème guerre mondiale en 1945.

Durant les années Chirac, la France a compté. Lorsque la France se place à égale distance entre tous, USA, Russie, Chine, elle compte dans le monde.

Le discours de Villepin à l'ONU contre la guerre en Irak, brillant et applaudi était en fait la traduction des positions du Président Chirac.

La vieille Europe ne voulait entrer dans cette prise de possession du moyen-orient par les américains, camouflée sous le casus belli fallacieux d'armes chimiques au supposé kurdistan irakien (se rappeler le ridicule de la fiole agitée à l'Onu par le général Powell comme preuve...)

 Bis repetita en Syrie. Même scénario, kurdes compris.

Depuis l'invasion en Irak par les troupes US, le  proche-orient est à feu et à sang.

Et l'Irak n'a pas suffi.

Nicolas Sarkozy a plongé la Libye avec la même Bande des trois (USA+GB+France) dans un chaos anarchique, en outrepassant une résolution de l'ONU juste destinée à une exclusion aérienne. Modèle d'instrumentalisation déviante du droit.

Bis repetita en Syrie avec les incidents qui démarrent en 2011 dans deux villes frontières..... François Hollande  envoya très tôt ses services secrets sur place et armé les jihadistes locaux (dont al nosra  soutenu à Marrakech par les célèbres paroles de Laurent Fabius en défense de ce groupe jihadiste "qaïdiste" , tous rebelles financés par Qatar, Arabie Saoudite pays amis de Sarkozy, Hollande etc.)

Plus récent encore la protection dont a bénéficié Daesh à Rakka dont les troupes furent autorisées à ...évacuer par les occidentaux en double jeu.

Macron vient de participer à des frappes illégales. Frappes de communication surtout...Il semble que les armements français aient eu du mal à envoyer les missiles ! Un raté à l'allumage.

Le président  français fait plaisir à Donald Trump qui va le recevoir bientôt.

L' ego démesuré d'Emmanuel Macron s'en trouve honoré.

Et la place de la France dans le monde...diplomatique un peu plus ternie.

N'est pas Chirac qui veut.

                                                         Sylvie Neidinger

 

 

Rappel: l'existence de la Fondation CHIRAC  pour la PAIX

 

14/04/2018

Syrie: violation du droit international par les anciennes puissances coloniales

Les anciennes puissances coloniales et la nouvelle (dite  néo-cons pour  néo-conservateurs avec le faucon John Bolton qui arrive à la Maison Blanche) vexées de voir les zones rebelles islamistes reprises viennent de frapper la Syrie.

Pays de Sham qui  échappe  à leur  scénario dit de "prise de possession du pays" par le biais  des  groupes islamistes radicaux  liés à l'Arabie Saoudite, au Qatar, à la Turquie.

Groupes rebelles dont Jaich el Islam, celui qui met en cage les individus femmes et enfants sur les places publiques.

Les occidentaux ont  perdu la main sur le destin de la région. La persistance étant une donnée qu'ils n'avait pas intégré à leur scénario de départ en 2011.

Les acteurs  du bombardement  du jour  se nomment "coalition internationale". Ils sont trois en fait. Dont deux , la France et le Royaume-Uni nostalgiques de leur période coloniale. Et les USA nostalgiques d'une Pax Americana mondiale qui ne fonctionne pas.

Bis repetita. Aucune preuve n'a été apportée comme pour l'invasion de l'Irak par le président Bush, toujours  illégale au plan juridique.

Du coup, les acteurs  commettent un acte de guerre  illégal au plan du droit  en dehors de l'ONU. Ils  viennent de procéder à des bombardements  comme un acte de communication. "Communication"pour peu de résultats selon Frédéric Pichon, géopolitologue spécialiste de la Syrie.

Une goutte d'eau dans l'ensemble du conflit et dont plusieurs missiles semblent avoir été interceptés mais goutte d'eau qui se tient en dehors du droit international et a statut de facto d'acte de guerre.

Rien n'a donc changé depuis le début du conflit. Voir  cet article de ...2011, 2013, 2014.

Le printemps néo-colonial arabe

La France a l'habitude de bombarder Damas

Le printemps n'est pas arabe (2014)

Très tôt, au démarrage du conflit, ce blog avait signalé le processus de prédation-découpage pour le gaz et le pétrole  de la Syrie et la captation territoriale par les occidentaux et leurs alliés islamistes.

. Les russes prennent cet acte de ce  casus belli.

 Macron qui vantait le multilatéralisme apparaît versatile (en même temps) et fait entrer son pays dans la guerre. 

Macron fait entrer la France dans le suivisme unilatéral qui est une rupture avec toute la politique française indépendante depuis De Gaulle. Quel intérêt?

Certes la France est le troisième vendeur d'armes au monde  après les #USA et la #Russie. Armes qui tuent des milliers de civils. Au Yémen notamment.

 

                                                            Sylvie Neidinger

 

  Bombardement 1925

La Syrie sous mandat français

Incendie  de  Damas (photo d'époque collection particulière) .

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