16/11/2018

Royaume-Uni: le bateau ivre

Un jeune  couple sympathique rentre de Londres et me dit:  "ils se disputent dans les rues entre brexiteurs et antibrexiteurs"!!

Petite atmosphère de guerre civile verbale...

Hier, la session au Parlement fut la pire depuis 40 ans. Les députés s'écharpant comme des chiffonniers. Un éditorialiste titre "la droite la plus bête du monde".

Theresa May  totalement seule à prendre tous les coups, ne plie pas.

Femme politique courageuse.

May subit les balles de la mitraillette des politiciens mais résiste, bombe le torse. Ne démissionne  pas.

La PM s'adresse "par dessus les politiciens" au peuple, en direct.

Elle a hier  intelligemment posé le deal: mon accord avec l'UE (certes un début d'accord de 580 pages juste pour la période 2020)  ou pas d'accord avec l'UE (s'appliqueraient dès lors les règles de l'OMC).

Ou pas de brexit du  tout...

L'option "pas de brexit" cela sera sans elle. Il faudrait alors la démettre.

La livre sterling a dévissé ce jeudi 15 novembre. La City, tétanisée "wait and see". Industriels inquiets. La population elle....fait des stocks: ambiance de guerre, on vous dit !

 

                               BREXIT, UN CAUCHEMAR D'EMPIRE

 

Qui est responsable du cauchemar hystérisé actuel ?  (pro ET  anti... tous contre le Premier Ministre! ) 

La faute au rêve totalement surréaliste, passéiste du Royaume-Uni des brexiteurs qui pensaient quitter facilement l'Europe, tout en gardant les  avantages qui les intéressaient....Et ce faisant,   comptaient  recréer...  l'ancien Empire britannique.

La Grande-Bretagne, île autonome, vainqueur de la seconde guerre mondiale retrouvant son splendide isolement. 

Problème: on n'est pas en 1945 !

Le Royaume-Uni devient bateau ivre. A qui la faute ???

La faute aux menteurs (tel Boris Johnson) qui firent campagne pour quitter l'Union européenne sans mettre sur la table médiatique la complexité du départ (Irlande, aviation, Gibraltar, les douanes...) avec l'aide  sombre de  Cambridge Analytica.

Menteurs qui démolissent sans reconstruire.

Quitter l'UE  est une terrible régression. Les britanniques  comprennent un peu tard qu'il vaut mieux être dans l'UE qu'en sortir. D'autant que leur particularisme était respecté. Ils ne sont pas totalement intégrés. Ni dans Schengen ni dans la zone euro.

Les britanniques  se prennent  en pleine face les conséquences du  rêve de grandeur impérial qui se fracasse sur la réalité de 2018.

Un deal  que Theresa May est seule actuellement à gérer correctement.

Avec son extraordinaire alter ego : Michel Barnier et sa méthodologie transparente. 

Pourtant l'accord trouvé reste flou. Juste une première marche. Juste, la "fin du début" des négociations. L'accord du divorce.

Les Européens n'entendent pas renégocier ce premier accord. Réponse ferme de Angela Merkel.

L'Europe ne veut en aucun cas un nouveau paradis fiscal à ses portes.

 

                                                              Sylvie Neidinger

 


#brexit; theresa #may,michel barnier,transparence,déni,rêve impérialiste

La Reine Elisabeth a donné son avis pro-Europe avec beaucoup d'humour : chapeau 

18:21 Publié dans Pays-UK | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : #brexit; theresa #may, michel barnier, transparence, déni, rêve impérialiste | |  Facebook | | | |

22/09/2018

Brexit: la bulle du déni britannique explose à Salzburg

Theresa May est furax. La presse d'outre manche insulte, la dit humiliée par les 27.....

Tremblante, l'oeil noir, elle convoque le  vendredi 21 septembre une conférence de presse (noire) au  Downing Street.

Elle dit "tomber des nues" Elle tombe de haut effectivement..tellement sa position était..perchée !

Elle parle d'une impasse et réclame aux autres se joindre à son avis comme un ordre !

Bigre, diantre.

Encore une douche écossaise pour elle....

La crise de nerf est juste le résultat de ce que les européens observent depuis l'annonce du brexit : un Royaume-Uni en déni complet dans sa bulle et son splendide isolement.

Les oreilles britanniques sont fermées sur ce que les 27 leur signalent depuis le vote de sortie par Michel Barnier interposé.

1-L ' UE ne réclame pas leur départ. Ce sont eux qui décident de quitter un système complexe dont ils n' imaginaient probablement pas les implications.

2-L'UE est une construction juridique contraignante et solidaire pas seulement le plus grand marché du monde...

3-Theresa May entend picorer ce qui l'intéresse et nomme sa proposition le plan de Chequers. Elle demande le beurre et l'argent du beurre. Réclame l'accès au marché européen pour les marchandises mais sans en prendre les autres volets qui vont obligatoirement avec dont la circulation des personnes. Or, le "tout" est la base juridique du système... Pas de segmentation!

 Les cas de l'Irlande du Nord, de Gibraltar sont difficiles.Cameron et ceux qui ont réclamé de sortir n'y avait probablement pas songé.

                                      LE DENI  DU REVE NATIONALISTE

Depuis plusieurs mois on observe un débat interne....au parti conservateur en total déni des enjeux réels et de ce que les AUTRES, les continentaux leur disent.

Le Royaume-Uni, dans sa bulle se construit son film nationaliste. En quittant l'Europe, il rêve de  retrouver carrément la grandeur de son Empire coloniale.

Pensée magique.

Au réel tout s'écroule. La livre continue à chuter. L'immobilier tombe. La consommation se tasse. L'inquiétude de la population a surgi au lendemain du vote de juin 2016.

Le brexit sans accord annonce un chaos infini.

Le brexit avec accord ne peut QUE respecter le fonctionnement de l'Europe.

Insulter les européens ne sert strictement ...à rien.

Le Royaume-Uni voulant sortir   du système est juste  indécent à demander les avantages de ceux, les 27,  qui s'engagent dans le système avec toutes les contraintes.

La Reine, fine mouche a tout compris. Elle qui n'a pas le droit de s'exprimer  avait un jour par son vêtement signalé combien faire partie de l'Union Européenne était essentiel au Royaume.

Ils choisissent de quitter mais ne peuvent modifier les règles de l'édifice à leur profit.

Excellente analyse de Denys Mc Shane sur l'attitude déplacée de T May qui mène le pays au pied de la falaise selon lui . Il analyse les enjeux de la paix en Irlande.*

  Les britanniques sont désormais face à eux mêmes. Eux seuls; pas besoin d'insulter les autres....

Et en attendant la livre chute à l'image de la catastrophe annoncée en cas de brexit dur.

Lire cet excellent article sur la Grande-Bretagne et sa stratégie commerciale perdante.

 

 

                               Sylvie Neidinger

 

 * Mc Shane :

"Ce ne sont pas les Européens, c'est simplement Dublin qui ne peut pas accepter quelque chose qui va risquer la paix. Il y a des nationalistes extrêmes qui détestent Gerry Adams [dirigeant politique nord-irlandais] et qui pensent qu'ils sont tous des traîtres. Ils luttent pour unifier l'île. Toutes les forces de sécurité en Irlande du Nord sont terrifiées de l'agressivité de Theresa May sur cette question-là. Elle est prisonnière de protestants extrêmes, anti gay, anti avortement, qui ont presque le contrôle total du parti conservateur.

Les Européens ne contribuent-ils pas à fragiliser encore plus la Première ministre britannique ?

Madame May a écrit une tribune dans Die Welt, à Berlin, dans El Païs, à Madrid, insistant sur ce point : elle veut envoyer des ministres pour donner des leçons aux politiciens des 27. Et hier soir, elle a simplement lu le texte de son papier dans les journaux que tous les autres leaders ont déjà lu. Elle n'arrive pas avec des propositions concrètes. Monsieur Barnier a dit depuis le début des choses très claires. Oui, vous allez quitter [l'Union européenne]. On va organiser un accord basé sur trois principes qui n'ont pas changé depuis deux ans. Un, vous devez payer ce que vous devez payer. Deux, un traitement décent pour les ressortissants européens. Et trois, pas question de frontière avec Dublin. Theresa May a accepté, elle a engagé l'honneur de l'Angleterre. Et maintenant elle dit non.

L'absence d'accord est-il quasiment intégrée au Royaume-Uni ?

Non. Par exemple, il y a l'équivalent du Medef qui a fait l'annonce aujourd'hui que 80% de leurs firmes, s'il n'y a pas d'accord, ne savent pas quoi faire. Ils vont certainement fermer des usines. Il y a 1,4 million de jeunes qui n'étaient pas assez âgés pour voter. Et il y a des vieux, des Anglais, qui ne sont plus parmi nous. C'est l'avenir du pays qui est en jeu. Regardez la Suisse, le pays des référendums. Si les Suisses arrivent avec un résultat qui serait mauvais pour la Suisse, ils revotent. Toute la politique est bloquée. Le gouvernement ne fait rien. Les partis politiques sont bloqués. Il faut quelque chose pour couper le nœud gordien chez nous. Je ne suis pas fana des référendums. Mais je crois que le pays va aller sur l'abysse, sur les falaises si on continue avec le Brexit."

La posture de déni de Theresa May qui pensait imposer son plan de Chequers. La panade complète.

Et les britanniques de plus en plus inquiets.

 

En attendant ....Dessin de Ruben, Pays-Bas lu dans le Courrier international

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06:45 Publié dans Pays-UK, Politis International | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : brexit, déni, theresa may, insultes anglaises, chute de la livre | |  Facebook | | | |

22/12/2017

Le "brexit means brexit"...réaliste de Michel Barnier aux Anglais, en retour

Le Royaume-Uni a mis un temps fou, 18 mois, pour valider le premier volet des négociations avec l'UE.

Et finalement a tout accepté en deux jours face à l'ultimatum européen de décembre.

La PM May avait passé l'année à  prononcer une phrase sibylline quand on lui demandait ce qu'elle concoctait "brexit means brexit". Parole qui n'éclairait pas beaucoup de ses intentions...

Les observateurs étrangers  furent alors stupéfaits des débats internes du pays (parlement, presse, les europhobes type Johnson etc..) assez violents* et en total déni avec le réel de la situation.

Diatribes en complet déni de ce qu'un vote mal présenté à l'origine (les mensonges des brexiteurs)  allait entrainer pour le pays.

Le Royaume -Uni organisa, seul dans son coin pendant de longs mois, le contour de son DESIR de quitter l'UE.

Vouloir le  beurre et l'argent du beurre. Le retrait de l'UE pour ses inconvénients mais y rester pour ce qui intéresse (dont le passeport européen de la City)

...Ils ont même voté pour l'heure exacte de sortie !

Enfin en décembre cette première étape a été franchie après tout cette longue phase de dénégation. Theresa May a finalement accepté de monter  les trois premières marches de la porte de sortie. Elles se nomment Irlande+facture+ traitement des européens localement.

Désormais Michel Barnier que la presse anglais populiste  connue pour sa modération légendaire avait nommé un jour l'idiot des alpes (il est savoyard....) lance la phase deux.

Il porte la voix des 27 autres, contre le Royaume -Uni qui  demande  le divorce.

C'est juridiquement un processus de "dés-adhésion".

A ce stade le commissaire européen rappelle en fait ce que signifie exactement le brexit par eux engagés suite à  un vote populiste sans étude d'impact sérieuse, dans le plus grand amateurisme.

Barnier vient  rappeler:

-Remarque  basique de bon sens "être en dehors de l'UE signifiera  pour le Royaume-Uni moins d'avantages qu'être dedans".

-Que la période de transition va être courte, limitée au 31 décembre 2020. Contrairement aux britanniques qui pensaient prolonger sans date. Sinon, ils repassent à la caisse pour la contribution.  Les britanniques paient ici leur âpreté au gain autour du règlement de la facture de sortie. La philosophie européenne c'est désormais "ils trainent à sortir, ils paient". Chat échaudé..

-Que les règles de l'UE s'appliquent durant la période de transition (libre circulation et cour de justice européenne)

-Qu'il n'y a pas de choix à la carte d'une Angleterre qui ne garderait que  ce qui l'intéresse (pas de City de Londres qui commercerait comme avant avec l'UE)

-Que l'accord final dépendra aussi de  la  position de l'Espagne sur Gibraltar.

-Cerise sur le gâteau: que le retour en arrière éventuel  ne dépendra pas des anglais ! Les débats internes au Royaume-Uni genre " quand on voudra on reviendra en arrière" sont de facto surréalistes.

Tout retour en arrière ne peut venir que par acceptation des 27 parlements ! Et non du caprice anglais qui sortirait de l'UE et reviendrait comme dans un moulin. 

Michel Barnier remet juste les pendules à l'heure.

Cela souligne le contraste entre un désir nationaliste en complet refus de voir de la situation réelle du Royaume -Uni  et la  réalité JURIDIQUE d'un processus d'adhésion/dés-adhésion en cours et lancé.

Brexit means brexit !

Stupéfiant: la réaction de certains britanniques reste  toujours dans le déni à la petite semaine. 

Alors qu'ils chamboulent leur économie pour des lendemains largement  inconnus.

Alors qu'ils quittent l'UE qui est actuellement leur premier partenaire commercial (on rêve sur l'intérêt de cette démarche ...) certains britanniques  n 'oublient pas, petits boutiquiers matérialistes à réclamer leur part du ....vin des caves de l'UE.

Question:  pour se saoûler et   mieux ....oublier la galère dans laquelle ils ont volontairement plongé leur pays? 

 

                                                            Sylvie Neidinger

 

 

Débats violents : à savoir, des députés conservateurs anti- brexit viennent encore récemment de recevoir des menaces de mort! On se souvient de l'assassinat de la Député anti-brexit...