23/02/2018

Le chef de service, son fils et les mots doux...

 "Ma petite boîte genevoise RH 2.0" est une nouvelle chronique d'anecdotes REELLES recueillies en entreprise à Genève.

Chronique inscrite au sein de la rubrique RH du blog. Entreprises non citées.

 Quand certains évoquent les ressources humaines 2.0, on a la surprise de constater ici en Suisse, en 2018  des pratiques gratinées d'un autre âge.

...C'est ici l'histoire d'un chef de service qui, ayant des problèmes de nourrice visiblement menait régulièrement son jeune enfant carrément à son boulot un jour par semaine.

Surprise pour tout le monde sur place d'autant que ce responsable est  d'une exigence extrême avec les autres. Surtout hiérarchiquement inférieurs.

Il se permet lui, tout et n'importe quoi en revanche. Sa hiérarchie étant  non informée, évidemment.

Les employés ne caftent pas à la direction au dessus, un peu lointaine (suisse alémanique)

 La venue de l'enfant se passe sur place dans la gentillesse évidemment.

Mais l'histoire ne s'arrête pas là.

Anecdote. Le petit bonhomme qui est présenté aux salariés écorche le nom de l'un d'entre eux. Ce qui a donné un sobriquet assez insultant. Rire général. Rire du salarié en question. Un peu jaune tout de même.

La bonne humeur règne toutefois. Rire gras surtout  du père de la  progéniture, le dit  chef de service.

L'anecdote banale serait déjà oubliée de tous.

Sauf que le responsable va dès lors continuer  à  nommer ce salarié par le sobriquet en question et devant tout le monde. C'est tellement spirituel...

On entre ici dans une phase qui peut alors  se nommer "insulte  à employé devant témoins". La nature du problème s'épaissit.

L'employé  va attendre trop longtemps... plusieurs semaines avant de remettre en place son responsable précisément sur ce point de la manière insultante avec laquelle il s'adresse à lui.

 

                      LES VANNES SONT LACHEES

En tout état de cause, à Genève, les vannes de l'insulte semblent être lâchées.

Sur le ton de la plaisanterie,  ce même chef de service, après avoir cessé le fameux sobriquet lié à son fils, continue à animer les conversations de couloirs et de machines à café puis celles des  réunions formelles de travail en se jouant des identités, thème ô combien sensible. Sans filet.

Toujours sur le ton de la semi plaisanterie, il annonce tout de go "j'aime pas les vaudois", "j'aime pas les français"'j'aime pas les frontaliers" "j'aime pas..."x et y.

(il s'aime beaucoup lui...)

A peine aime-t-il les genevois. Il n'est pas genevois d'origine.

Ses parents viennent d'ailleurs et paradoxalement, l'individu passe son temps à jouer des identités du personnel qu'il a sous sa coupe.

 

   QUAND LES VALEURS PRONEES PAR L'ENTREPRISE NE SONT PAS SES VALEURS REELLES

 

La direction cette fois a eu vent de ces paroles là. Et, surprise...n'en a rien dit!

En Suisse, on n'aime pas celui qui organise une certaine rupture de consensus.

Ici,  selon la hiérarchie, celui qui aurait   organisé la rupture de consensus n'est pas du tout.... le chef de service qui insulte les identités des employés mais bien le ou les salariés qui ont rapporté les paroles d'exclusion !...

Le monde tourne à l'envers au bord du lac.

A Genève, un chef de service peut donc  agir ainsi  sans retour de bâton....Cela se passe ainsi dans le meilleur des mondes.

Dans une entreprise   qui prône évidemment toutes les valeurs de tolérance et de respect mutuel.... comme il se doit.

L'hypocrisie, le différentiel  de la confrontation entre les valeurs morales respectées par cette entreprise   et son attitude réelle vis à vis du réel vécu est aussi importante que le débit du Rhône au Pont de la Machine.

                                                    Sylvie Neidinger

 

(Blog Série n°15)

Ma petite boîte genevoise RH 2.0"

Dérive RH sur Genève: question de Röstigraben ou...autres explications?

Le chef de service, son fils et les mots doux

Quand le chef de service exerce en cachette un second job

Quand le chien du chef mord les pantalons d'employés

Suisse à l'heure des RH de Grand-mère Eugénie

LES RH suisses, le licenciement "guillotine" et l’entreprise… «guillotineuse»

                             RUBRIQUE RH

14/06/2016

TOUT A FAIT HOMME. Le bonheur, c'est le désir !

Barbara Polla a rédigé deux ouvrages depuis celui-ci publié en 2014. Un par an, quel tonus….

Mais c’est bien de TOUT A FAIT HOMME  que je désire parler aujourd’hui.

 Cet ouvrage  est l’alter ego du livre  TOUT A FAIT FEMME de 2012 (aux Editions Jacob)

Soit, le  copain du premier bouquin, son mari, son amant, sa tendre moitié, son p’ti gars. Son Jules, son Julo, son fidèle ou son infidèle.

Son mec quoi.

 L’auteur  rêvait d’entrer dans la peau d’un homme. Juste pour ressentir. Et donner à ressentir.tout à fait homme,barbara polla,rubrique genevoise,genève,genre

 Elle le fait par écriture interposée. Et sur la base apparemment sérieuse d’un questionnaire (p 228)

 Durant une période de huit mois environ,  la guêpe a capturé dans son escarcelle un vivier de 200 individus du sexe masculin, de différents milieux sociaux, en Suisse, France, Italie et aux USA.

 Questionnés, auscultés dans leur âmes et  petits secrets,  jusqu’au bar du TGV Lyria Genève-Paris!

 Normal chez cette genevoise originale et inclassable.

Vous la croyez médecin, homme politique ? N’oubliez pas la galeriste (Analix Forever, à Genève), la business woman, la « féministe anti conformiste», l’écrivain, la chercheuse CNRS en sciences médicales, la mère de ….quatre filles et des nombreux fils qu’elle n’a jamais eus.

 Une grande dame, au fond. Bien que le terme de  « dame » ne lui aille pas du tout au teint…

Dans sa grande curiosité militante, elle cherche à comprendre la part de l’autre genre que chacun porte en lui.

                 CONFIDENCES MASCULINES

 Les hommes  lui ont laissé leurs confidences à l’oreille. Même leur politiquement incorrect, "socialement" incorrect plutôt.

A savoir: le masculin dissocierait nettement le plaisir de la chair, du sentiment.

Dans le fond, "il"  lui dit (avoue…) pouvoir tromper  sa femme sans  avoir nullement le sentiment de la  trahir. Car  désir n’est pas amour.

 Elle les écoute attentivement (p 7) « Ces dernières années, on a beaucoup écrit sur les hommes. Des pères manquants aux fils manqués, du divin fripon à Homo eroticus, des mythes aux études sociologiques, des hommes en crise aux hommes-femmes, aucune analyse, aucune théorie ne semblent leur avoir été épargnées. Et pourtant leur mystère perdure. »

 

IMPROBABLE COUPLE, VRAIMENT ?

 Une planète noire  du non-dit des hommes  qu’elle tente de décoder par le biais de leurs confidences.

 L’écriture de B. Polla est franche. Toujours cette page 7 :

« l’homme ce partenaire, celui que je ne comprends pas, celui qui depuis toujours excite ma curiosité, le père de mes enfants, mon amant-mes amants- mon père, mes frères, mes amis très chers, mes modèles parfois, mes adversaires aussi, mes fils que je n’ai jamais eus, tous ces jeunes gens que je me plais à observer,tous ces hommes avec qui j’ai travaillé, construit réalisé des projets, des livres ;

tous ces hommes que j’ai rencontrés et passionnément observés à l’école, au collège déjà, à l’université, dans les amphithéâtres et les salles de cours puis en tant que médecin et chercheur, (…)en politique et dans la rue, dans mon lit et devant leur miroir, aux côtés de leur mère et à son chevet en désir, en séduction, en tendresse, tous ces pères amoureux de leurs enfants et parfois excédés par eux, tous ces hommes qui m’ont parlé parce qu’ils aiment être écoutés(aucun n’a refusé) cet homme singulier donc aujourd’hui qu’est-il ?que veut-il ?

 Et qu’attend-il de nous femmes, interlocutrices, maîtresses, partenaires. Nous femmes avec lui dans un couple, ce couple improbable »

                           PRO- HOMMES

 Son constat à elle: leur soif de liberté.

Un  livre... « pour » les hommes plutôt que « sur » les hommes !

Pour les comprendre, elle parle aussi…d’elle… qui adore tout autant qu’eux son immense LIBERTE (plus libre que Barbara tu meures…)

 

 

                 FEMME, FEMME, FEMME

Je vais juste  pointer ici   les trois éléments  de léger  désaccord (désolée Barbara) classés sous le titre  FEMME FEMME FEMME…

 

 

1-Peu apprécié le titre du chapitre 6 « Homo erectus ».

Barbara Polla cède ici  à une facilité de « communication » Elle  quitte sa peau  de scientifique  (médecin chercheur).

 Car, l’argumentaire de son chapitre évoque l’homme erectus, en "érection"(vir-ale, sociale, architecturale, phallique au citrate de sildénafil-viagra etc..)

Précision: tout anthropologue, historien dira  que la période de l’humanité liée à l’homo erectus n’est pas une spécificité masculine ! Il n’y avait pas un homme "en érection" en recherche de la position  verticale et une femme couchée au paléolithique inférieur il y a 1,5 millions d’années…

Le genre humain nommé  "homo erectus" était mâle et femelle, évidemment. Toute la logique érectile  du chapitre tombe de facto. Flapie.

2- Les étoiles...anecdote. L'auteur rapporte la question, mignonne, poétique de l’enfant qui demande d’où il vient, des étoiles ? Belle manière de nommer selon elle les testicules.

Mais à y réfléchir on "vient" à la fois d’un spermatozoïde de fabrication récente et d’une « vieille »  ovule qui porte l’âge de la mère !

Le féminin nait avec son capital d’ovules. L'âge réel du bébé en fait c'est Naissance + Age de la mère (par cette cellule initiale antérieure.)

 Le coffre-fort naturel, précieux patrimoine de l'humanité,  c’est  donc les testicules stellaires et le ventre maternel, tout aussi poétique.

 

 3-CONTRACEPTION Barbara, un peu négative  sur le couple tradi, monogame (cf horrible terme de « s’encoupler ») relaie en fin d’ouvrage l’exaspération  du pt’it gars dont la copine a décidé de garder l’enfant par lui fabriqué accidentellement.

Voire, l'auteur prend sa défense.

Pas d’accord....Bien évidemment la naissance de l’enfant désiré par sa mère et son père unis semble  le schéma idéal.

Mais si la femme « tombe » enceinte (aïe elle tombe!) il semble évident qu’elle est libre de son corps notamment en vue de procréer. Donner la vie. Elan vital. Tout du moins dans nos  sociétés démocratiques post contraception.

Le géniteur non consentant n’a  alors que ses yeux pour pleurer.    Game over !

 Sinon cela reviendrait à dire, Barbara, que la contraception cette  invention « libératrice de la femme » n’est pas au service de la femme et de ses choix mais devenue au service de ...l’homme qui ne veut pas engendrer.

Derrière la libération de la femme, il y avait la libération de l'homme.  Mais pas sur tous les  plans, ni  à 100%.

 Elle met au monde si bon lui semble, non ?

Il n’est pas d’accord le chéri ? Depuis  des millions d’années, l’homme a transmis sa semence.

Il continue…même à  son corps défendant.

OUI, il "risque"toujours d'être père...

Dame nature.

                          CONFIDENTE

                                                                         

 Pour finir, Barbara Polla a  dialogué avec l’homme qui est en elle. Avec les hommes, aussi.  Avec  tous ses fils préférés. Avec son père, peut-être, ce "premier homme". 

L'écrivain  a relayé dans cet ouvrage  les petits secrets et récriminations de ce petit monde testostéroné.

Ils aiment les femmes plus jeunes, le risque, la moto, quelquefois le polyamour, leur impossible monogamie soit-disant  anti-biologique.

Ils en ont marre de se faire critiquer et  lui ont bien exprimé leurs griefs (p.207)

 L'auteur a relayé l'info.

Elle a  défendu dans son  ouvrage  le beefsteack de ces homos erectus devenus  sapiens dans la version du genre masculin.

En bonne copine.

Ouvrage fort intéressant qui donne à réagir.

 Surtout,  Barbara Polla se délecte ici  à désirer…le désir.

Triangulation du sentiment.

Ainsi, elle les scrute dans son chapitre nommé  « le désir des hommes »

 Son livre (je viens d’écrire par erreur  "son "libre" et corriger!) regorge d’éléments de discussion dont il est impossible ici  de tous commenter. Il faut vraiment le lire.

                       Sylvie Neidinger

 

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15/12/2015

« Beyrouth mon Amour" ...si durablement détruit ! Duo d’artistes chez Analix Forever, Genève

Jeudi dernier avait lieu le vernissage chez Analix Forever au 2 rue de Hesse de l’expo consacrée à la capitale libanaise autour de deux regards plutôt complémentaires que duels.

Emmanuel Régent, ce français invité  sur la goélette scientifique Tara y accosta enbeyrouth,wadi abou jamil,barbara polla,analix,said baalbaki,emmanuel régent,gregory buchakjian,g m masucci,reconstruction,dessin,lithographie 2014. Il présente aujourd’hui les dessins liés à ce périple, tous en noir et blanc.

Ici, les ruines de Beyrouth soit le volet 2 après le premier volet nommé Les Nuits de Meltèm.

 Said Baalbaki originaire du pays vit à Berlin. Il expose pour la première fois à Genève  ses lithographies en noir et blanc. Elles sont structurées autour d’un Livre nommé « Wadi Abou Jmil » du nom de son quartier d’enfance.beyrouth,wadi abou jamil,barbara polla,analix,said baalbaki,emmanuel régent,gregory buchakjian,g m masucci,reconstruction,dessin,lithographie

 On devrait parler de quator en fait puisque deux autres invités  interviennent  autour de la galériste Barbara Polla sur le projet. 

Le napolitain Gianluigi Maria Masucci  fait flotter ses "draps  de fenêtres" sur le mur en face de Analix avec sa vidéo nommée « déclaration d’amour ».

Enfin, Grégory Buchakjian, photographe, historien d’art qui accompagne, par ses textes, le travail de Baalbaki.

Un véritable lamento:

« La Méditerranée.

Une femme était assise dans un fauteuil métallique sous le porche.

« Je vis ici » disait-elle.

beyrouth,wadi abou jamil,barbara polla,analix,said baalbaki,emmanuel régent,gregory buchakjian,g m masucci,reconstruction,dessin,lithographie« Ceci est ma maison. Je suis partie pendant la guerre, je suis revenue.”

...

Ils ont effacé le littoral.

Ils ont effacé les cafés d’autrefois.

Ils ont même effacé les traces de la guerre.beyrouth,wadi abou jamil,barbara polla,analix,said baalbaki,emmanuel régent,gregory buchakjian,g m masucci,reconstruction,dessin,lithographie

...

Expulsé de sa maison, un gamin arriva dans la Vallée avec sa famille.

Il grandit ici.

Il fut témoin de la guerre.

Il fut témoin des ruines.

Il fut témoin de la reconstruction.

...

À la fin, il ne reste plus rien – tout disparaît à la fin."

....Si, un quartier ultra sécurisé pour happy fews!

 

        VILLE, GUERRE, RUINE, RECONSTRUCTION, TEMOIGNAGE

 

beyrouth,wadi abou jamil,barbara polla,analix,said baalbaki,emmanuel régent,gregory buchakjian,g m masucci,reconstruction,dessin,lithographieRégent et Baalbaki, l’un local et l’autre venu quelques jours seulement humer l'air beyrouthin; l'un produisant sur pierre l'autre sur papier, se rejoignent en fait  dans leur démarche!

Ils ont en commun dans leur regard toute absence d être humain dans ce rendu d’après-guerre.

Une façon en creux de dire combien l’ancien monde a disparu.

Ce alors que Emmanuel Régent est hyper connu pour ses oeuvres  emplies d'humains avec ses "personnages en files d’attente"...

Ici règne le silence du  béton, du métal et de la poussière.

 Un message hyper lancinant, voire angoissant  lancé par ces artistes avec leurs structures d’archi vides de tout habitant. 

Cruel urbanisme de l'apocalypse dans ce  proche-orient victime de bouleversements majeurs: Palestine, Liban, Irak, Egypte.

Aujourd'hui la Syrie  aux villes ruinées, coeur de l'actualité chaude.

 beyrouth,wadi abou jamil,barbara polla,analix,said baalbaki,emmanuel régent,gregory buchakjian,g m masucci,reconstruction,dessin,lithographieUn quartier tel que Wadi Abu Jamil se voit détruit et c’est tout l’ univers cosmopolite proche-oriental de communautés si diverses et vivant côte à côte qui s'évapore. Avec ses mosquées, églises et synagogues, ses arméniens, assyro-chaldéens etc...

 « Ils » ont effacé le littoral, les cafés d’autrefois et même les traces de la guerre…regrette Buchakjian.

Oui,  l’urbanisme de la reconstruction remodèle la société avec une déperdition de la diversité culturelle.

Monde englouti.

Précisément dans ce quartier Wadi Abu Jamil poussent aujourd’hui des résidences de luxe sécurisées repliées sur elles-mêmes. L’anti-thèse de ce que signifie le vivre ensemble de cette façade Est Méditerranéen.

Un blog évoque ces destructions silencieuses bien postérieures aux combats violents.

                                       DUO SAUTE FRONTIERE

 

Barbara Polla ne sait pas combien elle est elle même en duo-duel; puisque à quelques encablures rhodaniennes aval, à Lyon, le paysage beyrouthin est l'objet de conférences et expositions à la Maison de l'Orient et de la Méditerranée.

En fait , le "coeur de métier" de la MOM !

Ici le podcast de l'intervention  de Nicolas Jacob-Rousseau, maître de conférences à l’université Lumière Lyon 2, laboratoire Archéorient
  De la terre à la ville. Crises et trajectoires paysagères au Liban vues par la photographie. XIXe - XXIe siècles"
http://www.univ-lyon2.fr/culture-savoirs/podcasts/cycle-j...

 Encore visible, l'expo à la MOM L'homme et le paysage au Liban"uniquement sur RV en raison de vigipirate.

 

Beyrouth, notre amour...

                                                          Sylvie Neidinger

 

Analix Forever

2, rue de Hesse

CH 1204 Genève

 

crédit images photos Neidinger+1capture d'écran

 

dont                                          RUBRIQUE BARBARA #POLLA

29/03/2015

TOUT A FAIT FEMME

 Cette Blog-Série n°10 sur le thème  Pulsion de Genevie: la FEMME  a "bizarrement" démarré, coté féminisme s’entend.

 Je m'aperçois avoir choisi dans les premiers articles  des représentations féminines toutes   issues de …l’imaginaire  masculin. Du très classique  normé, normalisé !

Exemples avec  Gen'Eve de Henri König,   l'avenir de Genève selon  Peter Knapp et les mystérieuses oniriques aux cheveux rouges de Bruno Toffano....

 Il est donc  urgent à ce stade d’évoquer l’ouvrage publié en avril 2012 par Barbara Polla Tout à fait femme et ses questionnements sur le thème.tout a fait femme,feminisme,barbara polla,axel kahn

Parallèlement à la conquête par les femmes d'espaces masculins - comme elle le fit elle même, lire ici sa biographie- la célèbre genevoise milite  entre autres,  pour une meilleure visibilité du corps masculin.

Voire de sa nudité érectile, face à la pléthore de représentations féminines par des hommes.

Elle milite pour cette égalité là, celle de l'image, fondamentale à ses yeux.

Changer le regard pour mieux changer le monde...

Pleine d’humour, la dame ne cache pas le grand intérêt qu'elle portait à    la statuaire gréco-romaine dans ses années  scolaires ni pour l’art contemporain aujourd’hui.

Elle a  déjà exposé l'homme en gloire dans sa propre galerie. Entre autres happenings.

  Avec Barbara Polla l'homme n'est pas un ennemi !

Il est bien l'autre pôle du GPS, ce Grand Plan Social génétique. Quand Dame nature  "ordonne" de nous aimer pour perpétuer l'espèce...

 Le GPS qu'Axel Kahn -son préfacier- tente justement de défricher  comme généticien.

De facto, nous sommes conviés fermement à  nous désirer !

L'auteur le rappelle. Elle nomme « étoiles » les testicules  (p 59) ou encore en page 78 « il faut reconnaitre à l’homme sa magie qui nous comble, la beauté de l’érection, la magnificence du lait de vie » 

Comme cela est bien dit.

                    CETTE INCLASSABLE,  FONDAMENTALEMENT... MEDECIN

Barbara Polla est  une intellectuelle genevoise qui compte.Totalement inclassable. Et c’est fort heureux. Qui peut la  ranger dans une case ? Qui ose ranger les êtres humains dans des cases ?

Vous la croyez chercheur en médecine à l’Inserm, Paris ? Elle est  galeriste, écrivain, un  peu business woman sur les bords sans oublier les années de  Députation à Berne, conférencière aussi.

Toujours en mouvement.  Parfaite insaisissable.

Un don certain pour l’ubiquité. Une pluri spatio-temporelle qui a trouvé comment  vivre plusieurs vies.

[Attention !   Dire "qu'elle peut se le permettre, son   univers étant privilégié" n'a aucun sens car toutes les femmes même socialement favorisées  ne sont  pas à la fois chercheuse, galeriste, femme politique etc.]

La "BP" du "GPS" est bien la  créative de son devenir en réflexion perpétuelle sur le vivre ensemble des deux piliers de l’espèce humaine. Tout à fait femme et puis Tout à fait homme.

 En fait une réflexion pure du médecin qu’elle est fondamentalement.

Une chercheuse de nos accointances avec l’autre sexe qu’elle n’apprécie pas d’opposer mais de rapprocher si possible !

Tout en suggérant à la femme de s'éloigner des  notions conjointes de "protection" et de "possession" (protection d'un mari, protection de posséder son logement, principal, secondaire, possession de l'Autre par la fidélité qu'elle fait exploser... à coups de traits de plumes)

ELLE DENONCE LES EFFETS PERVERS DES BONNES INTENTIONS POLITIQUES

 La genevoise  ne parle pas  le  « politiquement correct hypocrite » 

Elle a  la dent dure contre les lois sociales qui surprotègent la femme, qui,  de fait,  la privent de toutes ses libertés (p 116)

Protection contre autonomie. En Suisse comme en France où «  les lois de protection pullulent » et coûtent tout simplement  le prix de la liberté de la femme selon elle.

On valide à 100% ! Car bizarrement, pour ne plus voir un mari "imposer sa loi" impérativement, les services des Etats  agissent ...en son nom à elle.

Telle cette loi votée au Parlement Suisse de poursuite conjugale systématique que Barbara apprécie peu. La société estime que si la femme ne porte pas plainte contre une violence, c’est juste parce qu’elle a peur ou pas le courage. "On" porte alors plainte à sa place ! De fait « on » se substitue  à elle.

Barbara Polla dénonce tout autant les stéréotypes du nouveau féminisme, les excès de celles qui là encore enferment  la femme dans un  process victimaire.

Elle ne partage pas toutes les lubies du féminisme dit "post-porno"

Ni les combats de la tendance artistique "trasho-féministe" qui présente systématiquement  la femme  en "victime"  avec  des corps violés, ensanglantés, prostitués, dépecés (p108)

                             UNE GENEVOISE QUI COMPTE

 La pensée de Barbara Polla  compte, comptera pour l’histoire du féminisme.

Mais  sur ses chemins à elle, pas forcément ceux du "féministement correct".

Elle suggère et invite la femme à prendre à bras le corps  sa créativité, sa liberté.

[Précision déontologique importante: elle dit évoquer la femme de sa culture, celle qu'elle connait]

Elle donne à réfléchir. Ses  ouvrages fourmillent de références et s’accompagnent des bibliographies fournies.

 Le #BlogNeidinger avait depuis longtemps ouvert une rubrique Barbara Polla -sans lui demander son avis d’ailleurs-tellement son approche complexe semble pertinente.

Complexe tout comme la réalité du monde est plurielle, nuancée, compliquée...

 Madame Polla porte ses paradoxes avec un "tant pis" ultra   pragmatique. Par exemple, cette anti-mariage viscérale (car le mariage serait anti séductif et possessif)  a pourtant cédé sur ce point et même volontairement pris le nom de son époux "pour que ses filles portent toutes le même nom" .

Intéressante réflexion à suivre: la genevoise se positionne sur les identités des deux  genres sans  être a priori la blackbloks d’un féminisme violemment premier degré. Celui  qui balance des pavés dans les vitrines masculines au point de faire dire à Michel Audiard ( p65) « Ah vous les femmes… vous voulez un lion et quand vous l’avez-vous en faites une descente de li»  … !

                        HORS CASE, HORS CAGE, HORS NORME... ELLE MEME!

 Révolutionnaire à sa manière, elle repousse les murs…. de l’intérieur, avec  douceur, féminité, son sourire désarmant et une  volonté impérative.

 Tous les murs.  Ceux de la science pour mieux comprendre ce qui nous allergise de l'intérieur, les  murs des prisons, ceux de "l’appartement du couple marié"(visiblement sa hantise!) ceux de sa maison d'enfance aussi. A l’âge de trois ans elle fut retrouvée in extremis  par une amie de sa mère en ville, hors des grilles de la propriété familiale de Chêne-Bougerie.  Elle partait déjà tester d’autres univers.

Révolutionnaire du visuel comme galeriste. C’est par le regard, le graphisme, les œuvres d’arts qu’elle bouscule aujourd’hui. Avec les parois de sa galerie d’art, souvent expérimentales, elle pousse le bouchon toujours plus loin...

Par son exemple de vie aussi, puisqu’elle a confié à son mari le soin d’élever sa progéniture (quatre filles tout de même) pour pouvoir suivre sa carrière de chercheuse expatriée. Un choix pas si évident qui suppose sacrifice: avoir sacrifié sa quotidienneté de mère.

                      HOMMES INTIMIDES SELON AXEL KAHN !

 Elle semble laisser pantois les hommes qui  peuvent ne pas comprendre le bonheur de l’enfantement, de  l’allaitement;

Ce qui fait dire au généticien Axel Kahn dans sa préface amicale combien la femme de Barbara est intimidante et surprenante pour ses semblables masculins…

Son réalisme cru peut en effet  gêner l'autre sexe. Exemple en page 75,  Barbara Polla à propos de l'acte sexuel: " L'homme pénètre par effraction avec son arme à feu et de plaisir. La femme elle, absorbe, prend, dérobe et dévore et laisse son partenaire (et non adversaire)  pantois sans munition. Quelle est la plus grand violence, celle de la pénétration ou celle de l'absoption ??"

Un peu mante religieuse sur les bords, la dame...Du grec "mantis= prophétesse": religion de l'amour-combat.  Femelle vorace qui croque l'amant alors parfaitement absorbé !

La  "Tout à fait Femme Barbarapollienne "  est surtout une super héritière (p23) en lignée... mitochondriale: « nous héritons à la naissance, nous autres filles du privilège futur d’être mère. De mère en fille depuis la nuit des temps » 

"De mère en fille":  le fil conducteur des ressorts les plus cachés de l’auteur !

                                     TOUT A FAIT FILLE !

Le lien à sa génitrice transparait clairement dans son ouvrage avec beaucoup de tendresse. Au point de se demander si Barbara ne s'est pas débarrassée des déterminismes classiques qui lui pesaient ( éducation des enfants, ménage...) sur la base d'un hyper- supra déterminisme...maternel qui la pilote paradoxalement en direction de la libération féministe.

Que répare Barbara, quelle cicatrice familiale soigne-t-elle donc?

Page 57 " ma mère  qui avait pourtant obtenu une bourse pour aller peindre à Paris avait renoncé à l'époque parce qu'il fallait faire une petite soeur pour moi grand frère, moi donc".

En allant vivre seule à Paris pour ne pas renoncer à sa carrière malgré ses charges de familles, Barbara, génération suivante,  a réparé en partie le destin contrarié d'artiste de sa Maman, Anne-Marie Imhoof, peintre (p103).

Barbara de facto est totalement engluée dans le déterminisme d'Amour de celle qui la fit naître et qui lui a inculqué les valeurs de la liberté de la femme !

Elle a finalement porté le.... désir personnel de sa mère.

Certes par choix de correspondre au choix qui lui est doucement intimé.

Avec Barbara Polla pour devenir TOUT A FAIT FEMME il faut commencer par être ...TOUT A FAIT FILLE !

                                                                                    Sylvie Neidinger

 

 

 

Blog-Série n°10 Pulsion de Genevie la FEMME du #BlogNeidinger

1-Femme à Genève

2-Gen'Eve

3-Anecdote sur les rayures de "L'Avenir de Genève"

4-Bruno Toffano, photographe de la Femme Onirique

5-Robert Montgomery pour la Saint Valentin de Barbara

6-Genève: 10 000 roses pour une Valentine

7-Madame le Sautier du Grand Conseil

8- Something Devine:  femme rock flamboyante

9-Je suis nombreuse

10-Margy Kinmonth révèle son film sur le célébrissime Ermitage

11-Henriette d'Angeville, pionnière du Mont Blanc, première alpiniste

12-Tout à fait femme

13-Où sont les femmes...en musique?

 

 

et aussi la                     RUBRIQUE BARBARA #POLLA

 

 

 

 

 

 

03/12/2014

"La Belle Echappée" Culture en prison avec Barbara Polla à Montélimar

 Prisonniers artistes.

Barbara Polla, la célèbre genevoise a l'ART DE POUSSER LES MURS.

C'est son ADN. Son GPS perso...

Les murs de la science comme médecin chercheur en physiologie respiratoire.

Les murs artistiques dans sa galerie Analix Forever.

Lebarbara polla,geneve,medecine penitentiaire,analix forever,montelimar,prison adhémars murs des prisons, en soutenant un projet créatif artistique à l'intérieur du Château des Adhémar qui fut longtemps prison.

 Elle est allergique à tout ce qui coupe le souffle, cet élan vital. Et met tout en oeuvre sur le terrain pour AGIR. Pas que la parole,  des actes.

Un incroyable activisme de sa liberté perso et de notre liberté à tous.

Vous la croyez à Genève ou à Paris ? Elle est à Montélimar.barbara polla,geneve,analix forever,montelimar,prison adhémar

Demain le jeudi 4 décembre  notamment. Autour de l'expo La Belle Echappée

Laissons le programme de cette journée spéciale Art&Prison parler pour lui. Dont l'intervention du professeur Bruno Gravier spécialiste pénitentiaire de Lausanne qui réfléchira sur le thème de la douleur de l'incarcération.

Mais pas seulement: présence de philosophes, metteurs en scène, artistes, écrivains dont Franck Smith ayant rédigé "comment écrire Guantanamo ?" Seuil 2010.

 L'art carcéral comme médicament ou comme élan créateur? Les deux certainement...

Quand un prisonnier devient artiste: quelle poussée de murs et de portes!

                         Sylvie Neidinger

 

ART & PRISON
La Prison : Lieu pour souffrir – lieu pour créer ?
Journée de réflexion, de conférences et d’art

 

Le jeudi 4 décembre à Montélimar, Château des Adhémarbarbara polla,centre d'art contemporain adhémar,paul ardenne,jhafis quintero,jean-michel pancin,bruno gravier,franck smith,jean-françois marguerin,nicolas daubanne,judith depaulegeneve,medecine penitentiaire,analix forever,montelimar,prison adhémar
Coordination : Hélène Lallier, Directrice du Centre d’Art Contemporain du Château des Adhémar

Visite de l’exposition “La Belle Échappée” avec les artistes (dès 9h30)

Conférences : modération, Barbara Polla

 

 

Matin (dès 11h15) : Le corps en prison

Bruno Gravier, Professeur de médecine et psychiatrie pénitentiaires, Lausanne, CH : « La douleur de l’incarcération »
Jhafis Quintero, artiste : « Mon corps en prison »
Jean-Michel Pancin, artiste : « Mon expérience de plasticien à Sainte-Anne »
Paul Ardenne, philosophe de l’art, historien et écrivain : « Les ennemis intérieurs et la création »

 

Après-midi (dès 14h) : La culture en prison

 

Judith Depaule, metteur en scène : « La santé au prisme du théâtre »
Nicolas Daubanes, artiste : « La prison, lieu d’art et de culture ? »
Frank Smith, écrivain-poète, producteur radio ; auteur, entre autres, de Guantanamo (Seuil, 2010) : « Comment écrire Guantanamo »
Jean-François Marguerin, Directeur régional des Affaires Culturelles Rhône Alpes ; enseignant en QHS dans les années 90 : « L’art en prison : une évidence ? »

Métamodération (15h45), Professeur Bruno Gravier

« VIDEO FOREVER » (16h30) : projections de vidéos sur le thème “Art & Prison”, par Paul Ardenne et Barbara Polla

rens barbara.polla@vtx.ch ou h.lallier@yahoo.fr

Château des Adhémar Drôme

 

http://duboutduborddulac.blog.tdg.ch/archive/2014/10/09/art-et-prison-art-en-prison-conference-aujourd-hui-de-barbar-260581.html

                                                           RUBRIQUE BARBARA #POLLA

09/10/2014

Art et prison, art en prison: conférence de Barbara Polla

Pour exister en prison, il faut en sortir ! Et commencer par s'évader en passant par.... la créativité.

Art Jonction accueille aujourd'hui Barbara Polla, à 19h  pour sa conférenceBarbra polla , art et prison , art jonction sur l'Art et /en prison.

 

 

 

 

 

 

http://barbarapolla.wordpress.com/2014/10/07/art-et-prison-art-en-prison/


Le  Centre d’Art du Château des Adhémar, à Montélimar, accueille le 18 octobre prochain en collaboration avec Hélène Lallier, directrice une exposition  de Barbara Polla  sur le thème de l’enfermement – et comment en sortir , surtout: ce sera “La Belle Echappée”.

Quand le contenant valorise le contenu puisque ce lieu fut prison de 1791 à 1926.barbra polla,art et prison,jhafis quintero,chateau des adhémar,art jonction

 "Le but ? Poser des questions. Des questions qui dans toute la mesure du possible, selon les termes du réalisateur Charles Brabant “permettent de déplacer les choses.”

A Genève, pour Art Jonction, Barbara Polla présente les travaux d’artistes particulièrement intéressés par le thème" prison".

Jhafis Quintero y a lui-même passé dix ans. Il y est devenu artiste !

Egalement "Jean-Michel Pancin, qui a travaillé activement dans la Prison Saint Anne en Avignon où son travail est  présenté actuellement dans le cadre de la grande exposition d’Yvon Lambert “La disparition des lucioles”, Ali Kazma, Jackie Sumell, Mat Collishaw et beaucoup d’autres.

Pour exister en prison, il faut en sortir. La créativité, selon Jahfis Quintero, est indispensable à la survie dans ce lieu clos"

Belle échappée, échappée belle ou se faire la belle: la beauté   est d'autant plus palpable..qu'il y a ou qu'il y  eut enfermement. Le vocabulaire en témoigne.

Alors , fuir ou simplement sortir des quatre murs  par l'ART, pour se reconstruire quel programme...

                                                              Sylvie Neidinger

 

 

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