16/10/2013

Le trajet huguenot... suite de l'enquête-blog

Après 1 et 2 ...3

Article n°1) - Visite du Fort-Barraux en Isère et la découverte du lien très fort de ce lieu  avec l'histoire du protestantisme par le passage des huguenots.http://duboutduborddulac.blog.tdg.ch/archive/2013/08/24/randos-huguenotes-245968.html

En Suisse : stiftung-via.ch/fort-barraux,isere,base kora,centre ionographique de geneve,rue fort-barreau,geneve

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Article n°2)- Lien établi avec la rue Fort Barreau à Genève  http://duboutduborddulac.blog.tdg.ch/tag/fort-barraux Le nom serait  lié à une auberge construite en 1663 et démolie en 1900.

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Article n°3)-Suite de l'enquête mémorielle autour de cette "auberge" dite le Fort de Barreau, lieu genevois que l'on va essayer d'analyser  en fonction du ...peu d'éléments dont on dispose.

En s'aidant du fonds du Centre iconographique de Genève par la base Kora.

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 a) La date de sa construction du lieu (1663) est légèrement antérieure à la révocation de l'Edit de Nantes (1685) Et correspond bien au   démarrage de l'exil huguenot.

b) Son usage dit d' "hôtel" signifie par définition un  lieu d'hébergement  pour gens de passage. Sur un trajet, en direction soit du nord vers l'Allemagne. Soit en entrant à Genève par la porte du Bastion Cornavin.

c) Son nom reprend bien celui du Fort-Barraux de France, distant de 110 à km. Logique. Ce fortin d'Isère correspond à une sorte de lieu de passage difficile. Une épreuve pour les huguenots. D'autres explications au choix du nom sont bien évidemment possibles.

Fort de Barreau. Le fait de porter le nom de la précédente étape permet de visualiser le trajet Fort-Barraux/Genève. Ce nom de lieu genevois  est fort ancien. Probablement dès sa construction. Il est déjà mentionné  sur un plan de 1715.fort-barraux,isere,rue fort-barreau,geneve

                                       Le Fort-Barreau de Genève :fort-barraux,isere,rue fort-barreau,geneve

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Observations: Fort de Barreau est une construction hors les murs. Unique bâtisse  dans un champ. Extraordinairement bien placée:

a) Pile face à la porte d'entrée de la ville de Genève  dite Cornavin

b) Et pile à la croisée de trois routes , celle qui vient du sud (Chambéry, Fort-Barraux) nommée "chemin de Peney à Genève." Celle nommée "chemin de France à Genève"(direction Gex, Jura)Enfin "chemin de Suisse à Genève"vers Lausanne.

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Les plans suivants montrent  que le nom de Fort de Barreau est hyper valorisé, comme un nom de quartier pratiquement.

1851
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et 1854
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Toute info complémentaire sur l'hôtel Fort de Barreau est toujours la bienvenue.         

                                                                                                                          Sylvie Neidinger

 

                                                                        Rubrique #Protestantisme

                                         

 

 

 

15/10/2013

InterroGe.ch fonctionne bien! Testé sur "rue Fort-Barreau"

Ce blog avait signalé le nouveau service offert par les Bibliothèques genevoises-donc par la Ville de Genève:  répondre aux Interrogations émises par le public, par le biais d'un site numérique : InterroGe.ch

Le test s'est effectué sur la base d'un commentaire bâtisseur. C'est ainsi que je nomme les commentaires qui apportent de la matière à un article, qui l'enrichissent.

L'article en question est publié sur ce blog Neidinger le 24 août à propos de Fort-Barraux, place forte  isèroise aux porte de la Savoie. Dont la basique visite touristique en août avait montré combien ce site était lié à la Suisse. Une garnison de Neufchatel  l'ayant  même gardé.ville de genève,gresivaudan,rue fort-barreau,fort-barraux,barraux,isère,interroge.ch,blog neidinger

Ce fortin est désormais inscrit dans le parcours huguenot composé par l'association surlespasdeshuguenots.

Cette frontière ultra précise entre France et Savoie est très symbolique pour les protestants. S'ils étaient attrapés par le Duc de Savoie en la franchissant, ils étaient renvoyés côté France à Fort-Barraux justement. D'où ils partaient en exil pour les galères. Une mort assurée.

A la lecture de cet article sur Fort-Barraux,  Jean d'Hôteaux émet son commentaire avisé:

"Merci pour ce billet et les liens qui y sont assortis. Le tout fort intéressant !En découvrant Fort-Barraux (Isère) par le biais de votre blog, j'ai immédiatement pensé à la rue du Fort-Barreau à Genève, en me demandant si il pouvait y avoir une relation entre les deux, ceci malgré une orthographe différente ?
Je me suis parfois demandé d'où cette rue, qui se trouve derrière la Gare Cornavin, tirait son nom. Serait-ce une trace des Huguenots de passage à Genève ? Cordialement !

Le lien entre le Fort-Barraux lié au protestantisme et une rue de Genève nommée était très judicieux de la part du commentateur. Ce malgré la différence d'orthographe.

Personne n'ayant pû ensuite donner la moindre information en commentaire, j'ai décidé de tester justement InterrGe sur le sujet.

Le thème  correspond d'ailleurs parfaitement à la typologie de question à proposer à un service de bibliothèques. On peut comprendre qu'une question trop large du genre  : "pourquoi les oiseaux volent ?" ne conviendrait  pas trop à leur offre de service. Car les réponses dans ce cas partiraient en multiples directions : de histoire des espèces à  la portance de l'air. Soit plusieurs thèses universitaires avec bibliographies fournies...

Retrouver le lien historique entre  Fort-Barraux et rue Fort-Barreau  est, lui,  à 100 % coeur de cible de cette recherche en ligne sur InterroGE. Car les bibliothèques genevoises possèdent effectivement  à la fois les ouvrages locaux et le savoir-faire des bibliothécaires qui connaissent leur fonds.

Voici leur réponse :

"Bonjour, Nous vous remercions d'avoir fait appel au service InterroGE, voici le résultat de nos recherches :

La rue du Fort-Barreau, située dans le quartier des Grottes à Genève, nous est décrite dans "Le Dictionnaire des rues de Genève" de Jean-Paul Galland,
http://data.rero.ch/01-1071672, à la page 62 :
"Une auberge de ce nom était située dans cette rue. Elle existait depuis 1663 et fut démolie en 1900."

Nous avons également consulté l'ouvrage d'Eugène-Louis Dumont "La Genève des Grottes" où la rue du Fort-Barreau est citée à deux reprises, mais sans plus d'explication, http://data.rero.ch/01-0983942.

C'est le récit de Jean-Michel Olivier "Notre-Dame du Fort-Barreau" qui nous apprendra toute l'histoire, lisez à la p. 31 :
http://bit.ly/1edmweN
"... la rue du Fort-Barreau : Le nom est une réminiscence de l'occupation française : de 1798 à 1813, Genève devient un département de l'Empire napoléonien. Mais alors Fort-Barreau ? C'est le duc de Savoie, Charles Emmanuel 1er, vaincu par Lesdiguières, qui fait construire dès août 1597 un fort à Barraux, petit village de l'Isère sur la route qui mène de Chambéry à Grenoble. (...) Le Fort Barreau (ou Barraux) apparaît aussi dans les fameux "Voyages dans les Alpes" d'Horace-Bénédict de Saussure."

Il y a donc bien un lien entre cette rue genevoise et le village de Barraux et son fort, situés dans la vallée du Grésivaudan en Isère.

L'histoire de ce fort peut se découvrir à travers plusieurs sites web : http://www.fort-barraux.fr/ et http://barraux.reseaudescommunes.fr/fr/information/19159/fo
rt-barraux
et http://www.isere-annuaire.com/chateau/fort_barraux.htm.


Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.  Cordialement,

La Bibliothèque de Genève pour InterroGE

http://www.ville-ge.ch/bge
http://www.interroge.ch"

Cette réponse nous apprend que le nom de la rue Fort-Barreau est lié à une auberge genevoise construite dans cette rue en 1663 et démolie en 1900.

L'information InterroGe n'est pas complète. Il manque le rapport avec la protestantisme, avec le parcours huguenots, la montée de la Drôme, des Cévennes en direction de la Rome protestante !

ville de genève,gresivaudan,rue fort-barreau,fort-barraux,barraux,isère,interroge.ch,blog neidingerIl manque la liaison  entre deux histoires transnationales, celle d'un bâtiment en France, gardien de la croisée des vallées dont celle du  Grésivaudan [qui voit la montée des protestants de la Drôme et de plus loin encore en direction de Genève] et celle de cette rue proche de Cornavin en Suisse.

Les deux sites semblent liés par...la trace du passage des huguenots.

Info extraordinairement significative:  l'existence d'une AUBERGE dans cette rue  signale justement une problématique de voyage, de déplacements.

Des huguenots?

Et cette découverte du lien entre Fort-Barraux et le protestantisme est justement celui décrit  dans  ....l'article du blog Neidinger daté du 24 août.

La boucle est bouclée: l'info part du blog, se booste par un commentateur actif (merci à lui)   passe par InterroGe et revient au blog pour conclusion provisoire sous réserve de recherches plus approfondies

La "petite note d'un simple blog" vient d'aider à remettre en actualité numérique Fort-Barraux, perdu dans sa somnolence depuis la magnifique vallée du Grésivaudan qu'il domine.

Le fortin  que des passionnés essaient de sauver de l'outrage du temps, s'avère être un site majeur dans l'histoire mémorielle  du protestantisme dans sa version douloureuse.

 Dont l'histoire précise  est très certainement à découvrir plus amplement encore.

Par des recherches aux archives et ... dans les bibliothèques. De France et de Suisse.

Et par les "Enquêtes-Blog" !

                                                                                                                                                                                            Sylvie Neidinger

                                                                                   

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Rubrique #Protestantisme

 

 

 

19/09/2013

Yéniches, peuple celte ?: merci pour le témoignage réel.

 L'article publié il y a 2 ans le 23 novembre 2012 est parmi les plus lus du blog Neidinger.

Sa genèse: alors que la fête de Halloween battait son plein commercial et surtout laissait croire médiatiquement que la  celtitude était ouest-européenne (Bretagne, Irlande, GB puis USA) j'ai voulu rappeler une vérité scientifique issue de l'archéologie: l'épicentre culturel celte est bien de Suisse, d'Allemagne, de Lorraine, d'Autriche, sud Belgique.

En travaillant le sujet, je découvre qu'un peuple européen, nomade, continue à se dire celte dans sa tradition orale: les Yéniches. Ils l'évoquent sur leurs forums. D'une manière têtue mais sans pouvoir donner de preuve.

Population souvent oubliée,  qui n'a pas souvent l'honneur de la Une.(Depuis quelques années, après une période noire, ils sont spécifiquement reconnus et officiellement inscrits en Suisse comme un des peuples du pays.)

D'où mon article "original"  alors que rien n'était écrit sur le sujet Yéniches/Celte !!

 Yéniche, ce petit peuple qui se dit Celte

Ma découverte: je compare les cartes de lieux de vie des Yéniches, celle du parler Yéniche (haut allemand)  et l'épicentre culturel celte: elles se superposent !

L'hypothèse est très intéressante mais comment continuer à accumuler des données en vue d'étayer la thèse puis la  valider???

Une des pistes: l l'ethno-génétique mais avec toutes les prudences scientifiques qui s'imposent.

Un appel à témoignages de tous ordres était lancé sur le blog en fin d'article, la blogosphère étant un parfait lieu pour réunir les preuves car les articles ne meurent pas. Et sont lus longtemps après.Des clics se produisent en permanence sur ce thème...

Comme une sorte de "recherche rationnelle" menée à plusieurs pour réunir tous  docs et infos sur le sujet.

Et ce matin  un commentaire de M Bony parvient.

Il est ici remercié car il donne des informations qui lui sont personnelles:

"Bonjour Mme Neidinger,

Merci pour votre article, très complet que je viens de découvrir.
Je suis la deuxième personne "yéniche" ayant fait des recherches génétiques que Romain cite dans son message.
Les résultats sont plutôt intéressants, je possède le marqueur I-L38, faisant de moi un I2B2 .. petit sous groupe génétique qui semblerait-il aurait vu le jour en Allemagne à l'époque dite de La Tène.
Plusieurs squelettes I2B2 ont été retrouvé dans une grotte allemande .. c'est la plus grande découverte concernant cet haplogroupe .. cela remonterait à l'urnenfelderkultur". Voici le lien, cela peut vous intéresser :

https://sites.google.com/site/haplogroupil38/summary/on-the-lichtenstein-cave"

Hyper Intéressant pour notre...enquête commune.

MERCI !               Sylvie Neidinger

01/06/2013

« Commerce d’esclaves depuis Genève ». Du 31 mai au 15 juin aux cinémas du Grütli

 Les cinémas du Grûtli revisitent de l’histoire de la Traite négrière à l’initiative de cooperaxion.org,  fondation bernoise qui « thématise le rôle des acteurs suisses dans le commerce triangulaire » selon son communiqué de presse du 16 mai.geneve,cinma du grütli,coopéraxion.orgtraite,esclavage,commerce triangulaire

 Est dressé un état des lieux :

« La Suisse, alors encore officiellement Confédération helvétique, n’était pas un empire colonial. Néanmoins, elle était totalement intégrée dans les réseaux financiers et commerciaux européens. Des entreprises et des particuliers de renom ont participé et profité directement et indirectement du commerce lié à la traite des esclaves.Des citoyens genevois furent également actifs, à différents niveaux, dans le commerce triangulaire transatlantique.»

Et de citer des ...noms de famille. Sur son site internet l'association  mentionne une base de données en langue allemande avec les noms des ...protagonistes. Comme pour un tribunal de l'histoire ? 

Cooperaxion   joue un rôle  militant de  réparation puisqu’elle organise également  des projets culturels en Afrique de l’Ouest et au Brésil, sur les routes du commerce triangulaire.

 Cette  démarche  historienne de retracer, retrouver partout les indices de la traite esclavagiste, notamment à Genève  est intéressante.

Mais affirmer comme une découverte majeure l’implication de la Suisse n’est pas un scoop à première vue...

Il semble évident que ce pays   n’était pas  une île à part. Et que le financement du commerce pouvait fortement  passer en partie par Genève, on s'en doute ! Le contraire eût été plutôt étonnant.

 Il y a un écueil à ne pas  sombrer dans le travers  de ce type de démarche mémorielle : l’amalgame rétro- historique.

Ce qui était ordinaire au XVIIème siècle ne l’est plus au XXIème siècle car le droit et les mentalités ont évolué. Fort heureusement.

Dans l’autre sens  quelle erreur  de morale  déplacée s’il s’agit de faire le  procès de mentalités et  personnes aujourd’hui disparues !   Et d’imposer  repentance ou mauvaise conscience.

ET LES ESCLAVES CONTEMPORAINS, DANS NOS RUES, SOUS NOS YEUX ??

 Très concrètement aujourd’hui 1er juin 2013 : la traite humaine se pratique sous nos yeux  à  Genève (et le Grand Genève) par les réseaux de mendicité organisés   au profit  des chefs mafieux  de Roumanie ( dont ceux de Barbulesti)

Que pouvons nous faire individuellement ? Donner une aumône, c’est entretenir le système esclavagiste en place…On sait par ailleurs que si ces esclaves contemporains ne ramènent pas le soir les sommes demandées, ils subissents des violences.

Concrètement, quelle action mener contre cet esclavage contemporain ?

Les polices sont impuissantes des deux côtés de la frontière à faire cesser un  système global, connu, suivi par les Services concernés  mais  qui se réalimente en permanence avec des individus esclaves renouvelés. Les filières sont identifiées.

Le commissaire principal Philippe  Guffon de Annemasse, Directeur -adjoint de la Sécurité publique de Haute-Savoie est en totale conscience du problème.

Mais la loi du silence règne chez les ...victimes.   (lire )

Si les autorités publiques administratives, juridiques  et policières des Etats Suisse et France ne peuvent pas -avec  tout l'arsenal juridique  qui existe!- faire cesser cette Traite issue des pays de l'Est, parce que les preuves juridiques tangibles, valorisables lors d'un procès,   sont difficiles à réunir, alors qui le pourra???

Cette Traite moderne, au coeur de l'Europe, ultra complexe à ramifications internationaleperdure.

Et semble utra difficile à faire cesser.

D’où le grand questionnement sur la démarche mémorielle pour une période lointaine allant du XVIIème au XIXème : informer oui. Porter un jugement a posteriori : certainement pas !

                                                                                                 Sylvie Neidinger

*Constat : que ce soit avec le commerce triangulaire hier ou aujourd'hui avec les pays de l'Est, la notion d'esclavage semble  toujours liée à ces deux faits: 1-un caractère international 2-des individus déplacés de leur espace d'origine.

                                                                       

Vendredi 31 maigeneve,cinma du grütli,coopéraxion.orgtraite,esclavage,commerce triangulaire

18h00 Film : Route de l’esclave : L’instinct de la résistance, UNESCO, 2012.

En partenariat avec la Commission suisse pour l’UNESCO. 34'

19h00 Conférence : De l’inégalité des peuples au temps de Rousseau

avec Danielle Buyssens, historienne, conservatrice au Musée d’ethnographie

de Genève

19h45 Conférence : Descendants d’esclaves – la question des Quilombos

au Brésil avec Izabel Barros de Siqueira, cooperaxion

21h00 Film : La legende de la terre d’or, BR/CH, 2007. Exploitations des terres et

des hommes brésiliens. 55'

Samedi 1 juin

19h00 Conférence : La littérature de « cordel » et la musique du nord-est

du Brésil avec Eduardo Machado, musicien

21h00 Film : Retour à Gorée, CH/LU, 2007. Youssou N’Dour sur les traces des

esclaves. 102'

Vendredi 14 juin

18h00 Film : Route de l’esclave : L’instinct de la résistance, UNESCO, 2012.

En partenariat avec la Commission suisse pour l’UNESCO. 34’

19h00 Conférence : La Suisse et l’esclavage avec Bouda Etemad, Prof. Histoire

économique, Université de Genève

19h45 Conférence : Genève à la périphérie du monde atlantique : quelques

exemples de ramifications genevoises avec l’économie de traite

avec Gilles Forster, historien, Haute école d’art et de design (HEAD-Genève)

21h00 Film : Rue Cases Negres, FR, 1983. Histoire d’une enfance au Martinique. 103'

Samedi 15 juin

14h00 Visite guidée : Le groupe de Coppet et le mouvement abolitionniste,

Château de Coppet (RDV : Gare de Genève-Cornavin au point de rencontre)

19h00 Conférence : Raízes distantes – la musique brésilienne avec

Eduardo Machado

21h00 Film : L’esclave libre, USA,1958. Elevée comme fille de planteur, Amantha

Starr est vendue comme esclave, après le mort de son père. 125'


www.cooperaxion.org

Cinémas du Grütli   rue du Général Dufour,16  Genève

Rétrolien : lire


                                                   rubrique GeneVie

15/04/2013

Syrie-Surya: Stalingrad ?

Rubrique Syrie-Surya sur blog Neidinger SIDERATION

deir zoor syrie.GIF

syrie-surya,sideration

Bataille de Stalingrad, parmi les batailles urbaines les plus violentes de l'Histoire

 photos=capture d'écran

                                      RUBRIQUE PROCHE-ORIENT SERIE SURYA

08:19 Publié dans H-Histoire avec un H, Pays-Surya | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : syrie-surya, sideration | |  Facebook | | | |

04/04/2013

Bérézina: vidéo de la reconstitution en Gruyère par les Cent-Suisses

Ils sont toujours 100 !

En mémoire, ils ont participé à la reconstitution historique de la bataille de la Bérézina le 25 novembre 2012 à Villars-sous-mont (château de Gruyère). 

Voir video de 20 minutes publiée par le Cercle des Cent-Suisses, l'organisateur,  VIDEO ICI

 Cette  institution est  déclarée "d'utilité publique cantonale et fédérale". Basée à Genève, elle  se propose de perpétuer l'histoire et la culture suisse. gruyère,berezina,villars-sous-mont,commémoration,cercle cent-suisses

100 ? Voir la chronique sur leur site

"Les Cent-Suisses ont été créé en 1481. La "Compagnie des Cent Hommes de guerre Suisses de la garde" fut la première troupe permanente de suisses engagés au service du Roi de France. Sous le nom de "Cent-Suisses", elle survécut jusqu'à la révolution. Parallèlement fut fondé en 1616 le régiment des Gardes-Suisses puis vers la fin du XVIIème siècle une dizaine d'autres régiments de même nationalité. Recrutés dans leurs cantons d'origine par des officiers suisses, ces soldats au service de l'étranger s'engagent pour 6 ans (...) à toutes les cérémonies de la monarchie, les Cent-Suisses assurait la "garde du dedans", intérieure au palais, le régiment des Gardes-Suisses celle du dehors."                                                                SN

                                                                                                      

03/04/2013

Bérézina 1812-2012. Plus de 7000 morts helvètes. Relecture Suisse avec les Editions Cabédita

L’interminable hiver 2012/2013 qui n’en finit pas avec ses froideurs inédites n’a-t-il pas tout simplement marqué le souvenir de l'hiver 1812 ? Celui qui vit l’enlisement des troupes napoléoniennes du côté de la Bérézina dans le cadre de la campagne de Russie ?berezina2012,editions cabédita

 Les Editions Cabédita ont marqué l’anniversaire de  cet épisode tragique de l’histoire ouest- européenne par une publication. « La Bérézina : Suisses et Français dans la tourmente de 1812 »  

Le document ajoute à historiographie générale la version de la  Suisse, ce pays  non pas   «guerrier » mais » « ce pays de guerriers » qui s’engageaient alors dans les combats des Autres.

On parle de quatre régiments helvètes carrément disparus...

Soldats capables de la « furie du désespoir », pontonniers et 2ème corps  qui ont permis le passage sur la rivière et évité humiliation de la Grande Armée.

A quel prix ? Rien que pour  les Helvètes,  une estimation à plus de 7000 pertes, 400 survivants, seul ce dernier chiffre étant certain. [selon les ouvrages de 5000 à... 10 000 morts suisses] Le chiffre global du retour dans l'Empire français fut de 5 %.

 Le livre qui décrit cette ancienne bataille biélorusse est publié dans la collection bien nommée  « Archives vivantes » L’ouvrage, très riche en informations est aussi un guide de voyage pour ceux qui par loisir pérégrinent in situ  sur les champs de bataille.

 Eric Caboussat a l’histoire active !

Il fonde sa maison d’édition en 1988  dans le petit village de Bière sur la base de ce slogan imparable: « connaitre son histoire aide à prendre les bonnes décisions. »

berezina2012,editions cabéditaCe véritable « militant de l’Histoire avec un grand H »  indique dans l'Introduction :« en tant qu’éditeur et délégué du Souvenir napoléonien pour la Suisse, je suis heureux d’être l’initiateur d’un projet de livre à double détente puisqu’il nous offre plusieurs grilles de lecture de cette tragique campagne. Il est étonnant d’ailleurs que cette expédition réunissant vingt nations et qui va entraîner le bouleversement de l’Europe toute entière n’ait jamais été perçue que sous l’angle russe  ou à travers le prisme français, les autres protagonistes étant relégués à de la simple figuration. Croates, Italiens, Suisses et Polonais font nombre mais restent des seconds rôles. C’est cette perspective que nous avons voulu rompre ici. »

Les troupes Suisses s’illustrent dans ces combats des 26 au 29 novembre 1812: un désastre humain. Hommes brûlés par les morsures du froid glacial à moins 28°, sans équipement, sans nourriture.

Intéressante relecture avec la loupe helvète,  à la fois par la méticuleuse description des évènements dans leur précision historique  et par le  regard contemporain re-posé sur  les faits :« Un silence de plomb  a pendant des mois entouré le sort des régiments suisses en Russie. Aucune nouvelle ne parvenait du septentrion de l’Europe. Et la censure se chargeait d’interdire toute mention  » (p135) «  Hôpitaux devenus épouvantables charnier » (p126)

Soldats tombés par milliers. Retour inimaginable de souffrances car « la sortie de la Russie ne signifiait pas la fin du calvaire. » p130.berezina2012,editions cabédita

 Mais le chapitre le plus surprenant est probablement celui consacré à la Confédération Suisse (1803-1813) Il peut étonner les nationalistes contemporains de tous poils avec ce titre de chapitre: « Napoléon Bonaparte refonde la Suisse»

Paradoxal, ce rôle de la France voisine autour de l'Ancienne confédération !

 « Nous partons de la petite Suisse pour mieux cerner le caractère exceptionnel de cette gigantesque campagne qu’il fallait appréhender dans sa globalité »

Oui, Eric Caboussat est un "hyper- suisse" ! Au sens où il part effectivement  de la dimension  locale (Bière-Vaud-Romandie) Mais  pour mieux se connecter à de complexes relations intra-européennes.

Ce, dans l' ouvrage en question. Egalement dans sa démarche entrepreneuriale d'éditeur romand.

Car son champ d’action s'étend particulièrement sur la région Rhône-Alpes, la Suisse romande, la Franche-Comté, la Bourgogne et l'Alsace, soit une  frange-Est de la francophonie.

En zone de diffusion, certes. Mais aussi en zone de création littéraire. Editeur bien installé sur deux jambes...

Originales, au final, ces connexions "interrégionales supranationales" d'un éditeur...étonnant.

                                                                                               Sylvie Neidinger

 « La Bérézina : Suisses et Français dans la tourmente de 1812 »par Thierry Choffat et Alain-Jacques Czouz-Tornare. Editions Cabédita 2012 Isbn 978-2-88295-629-3

 La maison d’édition CABEDITA, Bières. www.cabedita.ch

berezina2012,editions cabéditaUne philosophie soutend la démarche éditoriale. Cabédita publie chaque année une trentaine de livres (pas qu’historiques…) Soit une vente de 60 à 70 000 livres

Une  formidable usine à revisiter l’histoire, la littérature avec le  vocabulaire entrepreneurial voire de stratégie militaire: équipes organisationnelles, cohérence éditoriale, avec même une « task force": une force d’intervention rapide  sur un ...sujet précis !

 Il dit lui même  avoir  "investi un créneau" celui du " littéraire consacré à l’histoire, la mémoire, le patrimoine et les traditions."

 

Complément:

*Gruyère célèbre seule les 200 ans de la Bérézina Le Matin

*une bataille vieille de 200 ans unit et divise la Suisse swissinfo

*Dans le canton de Fribourg, la ville de Villars-sous-Mont, en Gruyère est la seule à rendre hommage aux morts suisses. La Gruyère et la Bérézina

*1812, la Bérézina des Suisses, victimes du  duel entre deux empereurs Les observateurs.ch

*Centre d'Etudes Napoléonniennes; Bérézina2012.

berezina2012,editions cabédita

 

07/03/2013

Bénédict de Tscharner: infolio sur Ulrich Ochsenbein

La Fondation pour l'histoire des Suisses dans le monde vient de changer de direction, début mars. L'Ambassadeur Imhoof va poursuivre l'action de son prédécesseur, l'Ambassadeur Bénédict de Tscharner qui lui, quitte en beauté ..intellectuelle.benedict de tscharner,etat de genève,schoop,holenstein,nidau,ulrich ochsenbein,musée de penthes,musée des suisses dans le monde

Il ajoute encore une petite pierre  à l'édifice de l'Histoire suisse. Car, en prenant ses fonction dès  2005, il avait initié, avec sa monographie  sur Johann Konrad Kern  une activité pédagogique  d 'éclairage du grand  public autour de thématiques historiques helvétiques.

Bénédict de Tscharner mettait alors à disposition du public romand la synthèse d' un ouvrage déjà épuisé de l'historien Albert Schoop rédigé en dialecte thurgovien.

Jeudi dernier, il présentait devant les  Amis de Penthes et autres invités dont le Cercle Général Dufour, des éditeurs, des  passionnés d'histoire.... le dernier-né de la série infolio sur Ochsenbein, brillant juriste, homme d'Etat bernois, père de la Constitution fédérale de 1848.

En suivant la même logique: celle de la mise à disposition d'un ouvrage uniquement disponible en langue allemande. Ce livre se fonde sur la biographie de Rolf Holenstein  (Ochesenbein, Erfinder der modernen Schweiz  publié chez Echtzeit Verlag. Bâle 2009)

La ville de Nidau qui a participé à la publication était également représentée lors de la  soirée.

A savoir.Les Editions de Penthes déclinent en livre de poche la collection infolio qui valorise les Suisses célèbres: Gallatin, Motta jusqu'au professeur de.... Lénine Jacques -Alexis Lambert etc. Le château et son magnifique parc, propriété de l'Etat de Genève accueille un Centre de ressources documentaires...qui laisse présager la parution de futures études helvétiques !

benedict de tscharner,etat de genève,schoop,holenstein,nidau,ulrich ochsenbein,musée de penthes,musée des suisses dans le mondeLa discussion qui a suivi fut des plus passionnantes : Ochsenbein fut même comparé à un Bismarck ...dans ses aspects positifs de celui qui "fait bouger" les lignes...

Un auditeur eut cette conclusion à propos de la Guerre de Sonderbung "Nous en Suisse, on se bat mais au final, on se retrouve autour d'une issue qui évite le pire. Dans la même situation, les français se seraient massacrés"      100% vrai!

Le plus mémorable   lors de cette soirée du 26 février à Penthes fut de réunir des passionnés, souvent fins  spécialistes  de l'histoire helvète qui n'ont en fait qu'une idée : mieux comprendre le présent voire le futur de la démocratie suisse!

( nota. Mon carnet de notes de cette soirée regorge d'éléments si intéressants qu'ils pourraient faire l'objet spécifiquement  d'un éventuel article sur justement la démocratie suisse.)

En réalité,   le Président ne quitte pas du tout les lieux. Il est un peu chez lui à Pregny. Définitivement. Car le Musée historique regorge de souvenirs du ...Régiment Bernois de Tscharner!

                                                                                       Sylvie Neidinger

 

 Bénédict de Tscharner, auteur de plusieurs ouvrages sur la diplomatie dont un - épais- sur son expérience d'Ambassadeur à Paris. Né à Trub (Berne) en 1937, il est docteur en droit, ancien Ambassadeur à Bruxelles UE, Vienne OSCE, Paris

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Editions  de Penthes



Cercle Dufour

 

 Ulrich Ochsenbein (1811-1890) homme d'Etat suisse général en France. Bénédict de Tscharner. infolio.ISBN978-2-88474-674-8

 

 

28/02/2013

Garde Suisse, plus vieille armée au monde -demi millénaire!- en action ce jour

Le cérémonial papal de ce jeudi 28 février pour  ouvrir le Conclave est marqué par les prestations de la Garde Suisse au service  particulier du souverain pontif. (actu)

La Garde Suisse  de fait est la plus ancien corps d'armée au monde : un demi millénaire !

L'anniversaire du 5 juillet 1512  est passé totalement inaperçu cet été. Ce blog Neidinger est un des rares à avoir traité l'information.

suisse.GIFIl y a pile 500 ans, le 5 juillet 1512 par la Bulle Etsi Romani Pontifices, Jules II confère aux Suisses le titre de "Defensores Ecclesiae liberatis" Corps créé par le même Jules II en 1506.

Lire le très intéressant  témoignage vécu de l'intérieur par un samourai du Pape: Stéphane Sapin.

Comprendre comment un jeune Suisse du XXIème siècle choisit de revêtir ces uniformes d'un autre âge pour servir la personne du chef de l'église catholique.

 

 Sylvie Neidinger

 

RubriquesHelvetia, Histoire avec un H

Le Pape, combien de divisions ? Une: la Garde Suisse ! Pile depuis 5 siècles ce 5 juillet 2012

Samourais du Pape

J'intègre les commentaires  à l'article :

Géo:"L'anniversaire du 5 juillet 1512  est passé totalement inaperçu cet été."
A Genève, Madame, à Genève...
Cela vous étonne ?"

La blogueuse :"A Genève, la Rome calviniste, franchement pas d'étonnement. Mais ce que je voulais dire est que cette Garde Suisse  appartient au patrimoine culturel commun helvétique. Et que l'info cet été n'a pas été donnée à ma connaissance du tout, globalement dans le pays. Alors qu'elle est majeure : avoir le plus vieux régiment constitué et en activité du monde, ce sur un demi millénaire: c'est énorme comme info historique et patrimoniale  ! "  Sylvie Neidinger



20/02/2013

Journée d'études napoléoniennes à Morges le 2 mars prochain

Intéressante réunion. Le 2 mars prochain, Eric Caboussat des Editions historiques Cabedita organise la 6ème journée d'études napoléonienne à Morges, hôtel la Longeraie. 

Thème : Napoléon III, " Suisse de l'étranger Empereur de France"

"Je vous rappelle, affirme l'organisateur, que cette année sera consacrée à Napoléon III. napoleon iii,musée des suisses dans le monde,études napoléoniennes,editions cabedité,eric caboussat,morgesPersonnage énigmatique pour ses contemporains et resté méconnu des générations postérieures, Napoléon III tient le rôle ambigu de premier président de la République française élu au suffrage universel et de dernier souverain de la France. Sa mémoire toujours marquée par la légende noire développée à partir du «Napoléon le Petit» de Victor Hugo, il est pourtant l’homme qui a fait passer ce pays  dans l’ère moderne et changé la vie quotidienne.

C’est ce que propose de développer par le biais de trois thèmes l’historien Jean Etèvenaux. Docteur en histoire et diplômé de l’Institut d’études politiques, il est secrétaire général du Souvenir napoléonien, chevalier des Palmes académiques et chevalier de l’ordre pontifical de Saint-Grégoire-le-Grand.

Il est entre autres l’auteur de biographies de Fouché (Bourg-en-Bresse, La Taillanderie, 1990, 208 pp.), de Jacquard (Lyon, Lugd, 1994, 104 pp.) et de Napoléon III (Paris, De Vecchi, 2006, 192 pp.) ainsi que d’un Napoléon face à Dieu (Paris, Osmondes, 2007, 180 pp.)."

Alors en quoi Napoléon III intéresse-t-il la Suisse?

Réponse à la troisème conférence programmée à 15h30 intitulée : Napoléon III n'a jamais oublié la Suisse !

"Sa jeunesse à Arenenberg, les difficultés de sa situation lorsque la France de la Monarchie de Juillet réclamait son expulsion et les tensions nées lors de l’annexion de la Savoie rendaient le fils de la reine Hortense conscient de ce qu’il devait à la Confédération — sans oublier son aide à Henry Dunant pour la Croix-Rouge."  Dixit.

Sylvie Neidinger

                                                                         Inscription à prendre Repas compris

Par ailleurs  Le Souvenir napoléonien de Suisse sous le patronage de M. Eric Caboussat, qui en est le délégué commémore le bicentenaire de la bataille de la Bérézina au cours de laquelle 12 000 soldats Suisses furent tués.

A noter une page sur la Berezina.
Facebook: http://www.facebook.com/pages/B%C3%A9r%C3%A9zina-2012-ch/...

 

18/02/2013

Salève: conférence gratuite sur l'ethnologue Marcel Griaule

Le célèbre ethnologue Marcel Griaule, spécialiste des Dogons, a habité aux pieds sur Salève. Ses travaux sont régulièrement exposés au musée du Quai Branly .

L'association d'histoire locale La Salévienne  organise une conférence en sa mémoire. marcel griaule,dogons,musée du quai branly,ethnologue,salève,collonges -sous-salève,la salévienne

Aux bons soins de son petit-fils, Luc Franzoni, lui  même docteur en droit, ancien haut fonctionnaire de l'ONU.


La manifestation  se tiendra samedi prochain le 23 février, à 14h30 salle du fer à cheval à Collonges-sous-Salève.

 Regards sur l’œuvre de Marcel Griaule, Collongeois et ethnologue.

"l'occasion de valoriser le patrimoine humain" du Bas-Salève" indique l'association au service de la Mémoire locale.

Sylvie Neidinger

 

Société historique  http://la-salevienne.org

Marcel Griaule (1898-1956)

12/02/2013

Ratzinger, Pape finalement moderne

Benoît XVI créé une véritable révolution. Par son geste, ce gardien pourtant  intransigeant du dogme catholique (son rôle doctrinaire)  engage par son départ l'église dans la modernité !

Un esprit chagin remarquait, à propos de la décision récente du Pape: "au moins  sera-t-il célèbre par ...sa sortie spectaculaire".

Effectivement et il y a de quoi ! Mais l'ironie semble mal venue. L'évènement est bien... historique puisque le dernier titulaire de la fonction pétrinienne à avoir renoncé à l'exercice pontifical   le fit au ...XVème siècle.

Jean-Paul II n'avait pas quitté son"activité" malgré la maladie et l'âge avancé :"à qui dois-je envoyer ma démission?" plaisantait le Polonais. De facto, il inscrivait la nomination du Pape dans un mystère théologique issu du Conclave, du type "Dieu en a décidé ainsi, personne n'y peut rien"

Benoît XVI en quittant de son plein gré, fait entrer l'Eglise romaine dans la réalité du XXIème siècle.

L'humain Ratzinger en a décidé ainsi. La charge est lourde. Quelques affaires dont celle du majordome italien,Vatileaks, les dossier trop nombreux de la pédophilie  ont dû agacer le bavarois et peut-être accélérer le processus décisionnel ?

Le catholicisme à tout à y gagner. Dans le monde médiatique contemporain, l'image de Papes veillissants presques séniles n'est ni dynamique ni motivante.

Diriger l'église catholique et son milliard 7 de fidèles nécessite une santé de fer liée à  une énergie hors du commun.

Le Pape allemand laisse le Saint Siège (encore chaud ) à plus jeune et plus motivé que lui. C'est une décision purement managériale, en fait. Il surprend.

Personne n'imaginait cette décision de sa part.

Cela se nomme la "Révolution Ratzinger" ! Auf wiedersehen.

Sylvie Neidinger

19/01/2013

Spéléologie:découverte en Salévienne. Conférence gratuite sur la Grotte des Crânes à Beaumont

La Société d'histoire La Salèvienne et la municipalité de Beaumont  invitent samedi 26 janvier à une conférence gratuite donnée par André et Agnès Collin à 14h30 Salle communale du Chable.

DECOUVERTE DE 2,5 km DE GALERIES AU PIED DU SALEVE

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Ils présenteront la synthèse des travaux de la Société spéléologique de Genève (SSG) réalisés depuis 1999 dans le réseau souterrain des Crânes au Salève avec la découverte de 2 km 500 de galeries localisées entre l’alpage de La Thuile et le pied du Salève, sur la commune de Beaumont.

L'aventure, la découverte sont encore possibles dans...notre sous-sol. Terra incognita, sous le Salève!

Les intervenants évoqueront les études géologiques réalisées, sensibiliserons à la protection du massif du Salève et évoqueront la circulation des eaux en zone karstique.
"Cette nouvelle conférence, illustrée de magnifiques photos, fait suite à celle de Monnetier le 15 octobre 2011 « De Bellevue aux Eaux-Belles » qui avait passionné 240 auditeurs "affirment-on à la Salévienne.

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Et de poursuivre: "André et Agnès Collin, spéléologues passionnés, domiciliés à Monnetier, sont membres de la Société spéléologique de Genève et du Groupe spéléologique de Gaillard.André, ancien accompagnateur de montagne au Salève, a su faire partager sa passion avec Agnès pour la botanique et les mystères des sous-sols saléviens. Ils aiment à partager leurs découvertes et connaissances du monde souterrain avec la population au travers de conférences."

 Sylvie Neidinger

 

 SSG : Société Spéléologique de Genève

Salévienne:4, ancienne route d'Annecy.F-74160 Saint-Julien-en-genevois

Téléphone : 04.50.52.25.59 - Site internet : http://la-salevienne.org
Email : la-salevienne@wanadoo.fr (président) - nadine.cusin@sfr.fr (secrétariat)

Mairie de Beaumont

11/01/2013

Nouveau billet d'euro: Europe est phénicienne, sémite et non grecque !

Quand la  numismatique pose des questions d'identité culturelle  européenne !!!!

 La Déesse Europe a été choisie pour illustrer les nouveaux billets d'euros- dont ceux de 5 -qui vont entrer en circulation le 2 mai prochain.

Problème majeur, les  médias dans les premiers articles (dont malheureusement je n'ai pas fait copie)par manque évident de connaissance ont présenté Europe comme étant une déesse grecque.

Ce qui est faux, évidemment. Elle est phénicienne ! Elle eut une telle importance fondatrice que les Grecs l'ont racontée...billet d'euro,numismatique,déesse europe,désinformaton,grèce,phénicie,sémite,maison orient et méditerranée

Or  la dépêche de l'AFP du 10/01/13 rédigée  suite à l'intervention médiatique de Jean-Michel Grimal de la BCE reprise, corrigée,  reste muette sur l'origine  d'Europe ! 

Pas inexacte mais incomplète en signalant uniquement que cette princesse appartient à la mythologie grecque.

Seule la Tribune évoque cette déesse phénicienne avec exactitude"le nouveau visage du nouveau billet de 5 euros enfin dévoilé" "

Et précise " Le billet  vient d'être dévoilé par la Banque Centrale Européenne (BCE) à l'occasion de l'inauguration de l'exposition "Le nouveau visage de l'euro", ouverte jusqu'au 10 mars 2013 au musée archéologique de Francfort. Le dévoilement des autres nouveaux billets se fera par ordre croissant, et s'étalera sur plusieurs années"

Les autres articles du jour sur le thème  restent sur la base de la dépêche AFP:

l'Expansion : La BCE dévoile le nouveau billet de 5 euros premier de la série Europe 

Le Télégramme :Euro les billets changeront bientôt de visage"

 Extrait :"Une nouvelle série de billets, la toute première depuis l'apparition de l'euro en janvier 2002, commencera à être mise en circulation, à partir de mai prochain. La coupure de cinq euros inaugure ce renouvellement.La Grèce revient au premier plan. Sur les billets de banque. En effet, le doux visage d'Europe, cette princesse de la mythologie grecque séduite et enlevée par le dieu Zeus métamorphosé en taureau et qui a par la suite donné son nom au continent, figurera dans le filigrane et l'hologramme des nouvelles coupures. Histoire de donner «une touche d'humanité aux billets», indique la Banque centrale européenne. Le portrait choisi provient d'un vase antique en céramique datant du IVesiècle avant notre ère et faisant partie de la collection du musée du Louvre à Paris. «Le choix d'Europe s'est assez rapidement imposé après des discussions préliminaires», a expliqué Jean-Michel Grimal, responsable de la division du développement fiduciaire au sein de la BCE. Le choix de personnalités européennes ayant réellement existé aurait pu, à l'inverse, heurter des «sensibilités nationales», selon lui."

 Jean-Pierre Grimal, responsable de la division du développement fiduciaire à la Banque Centrale Européenne exprime que faute d'entente sur une personnalité européenne issue d'un pays de la zone euro, le choix s'est porté sur celle qui a donné son nom au continent.

Logique. Essentiel. Encore faut-il mettre toute l'histoire sur la table ! Affronter le réel.

A fortiori quand l'expo inaugurale se déroule dans un musée archéologique, celui de Francfort en l'occurrence.

HOMMAGE A LA PRINCESSE PHENICIENNE EUROPE, UR'P, FILLE D'AGENOR, ROI DE TYR

 La mythologie est au monde antique ce que le document imprimé et internet sont à notre vie moderne: un moyen de raconter l'Histoire, un média.

Les grecs antiques ont tenu par ce cycle légendaire thébain a affirmer combien leur savoir puise ses racines dans la rive orientale de la méditerranée. Cela vaut pour Kadmos (ou Cadmus) et l'importation de l'alphabet phénicien de Tyr (Liban actuel) alphabet   lui même découvert légèrement au nord à Ugarit (Syrie actuelle, ancienne côte syro-cannano-phénicienne)

Le mythe : la jeune Europe est enlevée par Zeus déguisé en  taureau blanc  sur une plage phénicienne pour partir en  Crête. A la demande de son  père Agenor, ses frères (dont Kadmus) ont ordre de  partir à sa rechercher dans toute l'actuelle Grèce. Et de ne jamais rentrer sans elle. Devant l'impossibilité de  la retrouver, il consultera l'oracle de Delphes et fondera une ville "là où il rencontrera une génisse blanche" . Kadmus fondera Thèbes en Béotie. Le cycle ovidien des Métamorphoses est essentiel: les textes sur Oedipe en seront issus.

Les écrits de Thèbes présentent un fort caractère généalogique, à la fois sur les descendants donc la fusion avec les peuples locaux mais aussi sur les ascendants. Passion généalogique...tout comme dans l'univers sémitique...

 Les Grecs antiques ont par la voie mythologique mentionnés combien l'expansion de leurs cultures s'inscrit dans un contexte méditerranéen très large qui a véritablement façonné l'histoire avant eux   : Sumer, Mésopotamie, Phénicie, Hittites etc.

Je signale l'excellent pôle de recherche sur le Proche-Orient ancien ( de niveau mondial)  à la Maison de l'Orient et de  la Méditerrannée, MOM Lyon 2, qui met à disposition de l'internaute une base de donnée accessible et gratuite (podcast ou autres) Plusieurs laboratoires de Recherche  dont Hisoma (textes et langues anciennes) et Archéorient

Les sources de la civilisation grecque puisent dans les apports venus de la côte orientale.

Le rapport entre l'Europe et le Proche-orient est des plus complexes !

Si l'on change le curseur de la période historique pour s'intéresser à la période néolithique (premières néolithisations proche-orientales à la fin du 9ème millénaire avant JC) on constate pareillement  que l'élevage et les techniques d'agriculture sont importées dans nos contrées  par des bergers orientaux venus essaimer en Europe et dans les Alpes...

Oui, même si la chose déplait à ceux qui tracent "l'identité culturelle" comme unique et  enfermée dans des frontières,  l'identité européenne comme l'identité grecque dans leurs racines et   structures sont totalement sur la base de sources Est  Proche-orientales , celles du fameux croissant fertile, géographiquement au coeur de l'Asie, l'Afrique et l'Europe.

Ah si les archéologues se mêlaient de quitter leurs chers tessons et autres ostracons pour venir par des articles simples diffuser leurs précieuses informations !

L'AFP alors rédigerait mieux sa dépêche sur la déesse/princesse EUROPE, celle dont le   nom a baptisé notre  continent !

                                                              Sylvie Neidinger

 

 Rétrolien: Blog latinistes Suisses Félix Tuscher

 

 

 

23/11/2012

Yéniche, ce petit peuple qui se dit Celte

Il est un tout petit peuple au coeur de l'Europe qui se dit celte: les Yéniches.

Il faut écouter sa drôle de musique. Nous avons vu dans le précédent billet " Halloween et les squelettes en goguette"  combien la culture celte a pris médiatiquement l'image erronée d'être ouest-européo-insulaire (Irlande, Bretagne, Royaume Uni)

Alors qu'en réalité la celtitude était d'une diffusion globale dans toute l'Europe jusqu'au Portugal.

Et que son épicentre se situe dans nos contrées : Suisse, Bavière,Lorraine, Alsace, Bade Wurtenberg, Hongrie,  Autriche...Où la  culture celte a fleuri à l'âge du fer. Nommée par les archéologues: culture des champs d'urnes, culture du Halstatt, culture de la Tène à Neuchâtel

Rien ne préjuge toutefois que les Celtes ne viennent... d'ailleurs eux aussi. La reconstitution de l'Histoire des populations, de leurs déplacements, de leurs influences réciproques est infiniment complexe. Prudence !

Les Yéniches, actuel  peuple semi-nomade du cœur de l’Europe (plus de 200 000 en Europe, 50 000 en Suisse environ) ont pu être qualifiés de  « tziganes blancs  » au physique totalement local avec les yeux verts ou bleu éventuellement. Ils parlent un idiome germanique.yenich,oberdeutsch,confédération suisse,la tene,haut allemand,alsace,welsch,langue suisse

Eux-même se refusent souvent à se voir décrits comme  Gitans ou Roms ...Non pas qu'il faille sur-stigmatiser ces derniers au point de refuser la comparaison avec eux.

Mais dans l'autre sens, les Yéniches ont parfaitement le droit de dire que s'ils partagent avec gitans etc... le mode de vie nomade, ils ont en revanche  beaucoup, beaucoup en commun avec les populations sédentaires des pays dans lesquels ils vivent depuis...toujours!


La comparaison systématique avec les Roms peut même excéder le 5ème peuple de Suisse.

Comme cet article universitaire (écrit au titre des études tziganes) qui  mêle  dans le même panier Roms et Yéniches avec cette  terrible désignation "d' endo-étrangers européens" !!! Une comparaison d'origine exogène  que les Yéniches réfutent. Ils en ont le droit !

Peut-on entendre  ce que les Yéniches disent d'eux-mêmes, avant tout discours extérieur même universitaire (supposé neutre...) qui leur impose une vision sur ce qu'ils sont supposés être ? Certainement pas des" étrangers"en tous cas  Juste un mode de vie différent: ce n'est pas pareil !

Comme une erreur de l'histoire qu'ils veulent rectifier. Mais dont ils n'ont pas les moyens ni  les arguments de la rectification. Il faut alors  les écouter!yenich,oberdeutsch,confédération suisse,la tene,haut allemand,alsace,welsch,langue suisse

Ils portent potentiellement  en eux une incroyable tradition orale: ils se revendiquent comme...descendants directs des Celtes, peuple antique et disparu ! Revendication inouïe.

Les Européens possèdent  tous une part celte ou gauloise au fond de leurs gènes.  Pourquoi ce petit peuple l'affirme-t-il avec une telle insistance? Comme si lui seul en avait gardé la mémoire?

Analyse.

Cette hypothèse ne peut en aucun cas être validée scientifiquement par...manque de preuve.

Toutefois  cet article mène  une enquête qui met en exergue des indications allant dans le sens de cette affirmation.

1-      Yéniches à structure familiale et sociale  clanique, voire matriarcale. Celtes claniques.

2-      Yéniches qui ont conservé les fonctions liées au métal ferrailleurs, remouleurs-étameurs. Ils se vivent comme les maîtres du métal. Ces nomades ne sont pas colporteurs de marchandises. Ils commercialisent leur savoir-faire. En l'occurrence un savoir fer (+ vannerie) Les Celtes, ces grand maîtres du métal...

3-      Parler de « physique » n’est pas ma tasse de thé en réalité... Mais les Yéniches sont totalement du cœur de l’Europe de ce point de vue. Largement différents des autres nomades. Ce qui est logique. Des études précises sur les gens du voyage   montrent combien Gitans d’Espagne, Sinti d'Italie, Tziganes seraient eux,  issus de l’Inde. Des Intouchables (classes défavorisées)  ayant massivement quitté le pays qui les rejetait au moyen-âge, voire  avant. Le culte des Vierges noires des Saintes-Maries-de-la-Mer que l’on va plonger dans l’eau de mer fait effectivement penser à un culte du bord du Gange…Les historiens peuvent  affirmer ces sources avec certitude car les langues parlées (sinti etc) appartiennent à l’aire géographique indienne. Or les Yéniches n’entrent absolument pas dans ce schéma d’origine.

4-      La langue Yéniche (lire) malgré sa quantité de vocabulaire exogène  appartient aux dialectes de l’oberdeutsch ou haut allemand (lire) Le « Jenische Sprache »  a pu s’apparenter par la marginalisation sociale du groupe (yéniches nomades) au rotwelsch  cet argot  connoté comme « langue de marginaux » Avant tout- et en dehors de sa désignation   négative- il appartient à un groupe linguistique dit Welsch, celui du germanique à connotation romane.La langue Welsch correspond à cet idiome. Note intéressante:Welsch est aussi le terme germanique pour désigner les celtes, ces gaulois. (Les Suisses alémaniques  utilisent  ce terme pour désigner les Suisses Romands ). Le Yéniche serait donc une langue spécifique germanique du groupe Haut allemand  à connexion romane. Il reste complexe car il possède aussi du vocabulaire exogène comme du Yiddisch ( autre langue, autre population spécifique de la zone également nomade à l’époque et fervente de musique) Que c’est compliqué !

5-      Aucune aide n'est à attendre à court terme de l’ethnogénétique qui par l’ analyse du sang  semble intéressante pour des recherches d’origine.  Méthode toutefois dangereuse idéologiquement par des conclusions éventuellement hâtives. Tout travail en ce sens doit être bordé de précautions  méthodologiques absolues. D’autant-gag- qu’aux Usa une personne ayant envoyé son prélèvement à trois laboratoires de tests génétiques a obtenu trois analyses différentes ! Rappel: les théories raciales ont adoré usiter d'arguments supposés biologiques. Et les Tziganes subirent massivement la déportation...  Le recours à l'ADN peut aider dans la mesure uniquement où le test  complète d'autres données comme la langue. Les tests génétiques comparatifs de populations contemporaines gitanes/indiennes peuvent éventuellement valider l’hypothèse par les correspondances ADN. Mais cette analyse est  strictement impossible à réaliser pour valider l’hypothèse Yéniche/Celte. Tout d’abord parce que les Celtes sont un peuple antique -par définition disparu-  et que même en extrayant de l’ADN d’une tombe princière celte, scientifiquement rien ne dit que l’individu ne  l’était vraiment. Ensuite, Celte correspond à  un véritable fond de la population européenne. De fait,  le marqueur celte -à condition de l'identifier- se retrouvera  finalement  chez tous les européens dont les Yéniches. Tout comme au proche-orient le substrat canano-phénicien est majoritaire. Peu d’espoir donc du côté ADN en l‘état actuel des connaissances pour valider le couple hypothétique historique Celte/Yéniche. Toutefois la comparaison génétique  reste possible entre ces  populations contemporaines vivant dans la même aire géographique  :  entre les Yéniches (nomades) et les non -nomades de leur zone de vie commune  pour mesurer les points communs.  La question suivante étant : "quelle est la part d'héritage génétique celte pour toutes les populations - pas simplement les Yéniches- c'est à dire  pour tous les Suisses, tous les Alsaciens, Lorrains,  Hongrois etc?  Or, aucune réponse n'est   possible sans identification du-dit marqueur  celte ou  gaulois. A suivre...

6-      Ce billet me donne l’occasion toutefois  d’une observation hyper intéressante: si on superpose la carte du haut allemand (donc du parler Yéniche ) dont le Welsch (= ce mélange d'allemand et de langue romane) à la carte  de la zone de vie des Yéniches et celle de l’épicentre archéologique de la culture celte dite de la Tène, on est à l’identique, les trois sont équivalentes  !!! Aucune conclusion directe  d’historien ne peut en être tirée mais la douce musique de ce peuple yéniche  qui se vit comme celte commence à avoir non pas une validation mais une indication très sérieuse par cette observation.

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en jaune : épicentre culture celte de la Tène (capture d'écran)

+Carte de la zone de vie des Yéniches: identique ( Alsace, Bade-Württemberg, Autriche, Suisse, Lorraine...

7-      Le problème de la distance temporelle n'en est pas un en réalité. Le fait que plus de deux millénaires séparent la civilisation celte, gauloise de la Tène et la revendication contemporaine Yéniche n’est absolument pas un obstacle intellectuel, contrairement  à ce que on pourrait penser. Le Proche-orient contemporain perpétue des cérémonies datant de cinq millénaires au minimum (de source sûre: du vécu !)

8-      Les Yéniches portent des tatouages spécifiques. Un travail ethnographique devrait être mené sur le thème. Sur leurs mythes aussi.

9-      Le chariot, la roue. Les Yéniches ont tenu bon jusqu’au XX ème siècle à vivre dans leurs roulottes, chariots. Une revendication identitaire, symbolique forte. Un âge d’or perdu pour les sédentarisés.  Or, la culture celte, gauloise est  forte de sa métallurgie sophistiquée, du travail de la roue, du tonneau . Le  chariot est un élément majeur de la pratique cultuelle funéraire puisque les princes sont enterrés avec  leur  chariot. Ceci dit, rien ne prouve non plus que les celtes étaient tous des non sédentaires évidemment!!! (comme c'est complexe!)  Voir les photos de chariot sur ce blog d'une famille yéniche. De nombreux chariots celtes ont été découverts par les archéologues.

10- Les Yéniches majoritairement catholiques (religion du culte marial ) semblent ne pas avoir été touchés par la Réforme. Nombreux sites du culte marial comme à Saxe-Sion en Lorraine sont en réalité  installés dans la continuité d'anciens  lieux de culte celtes liés à une déesse femme +symbolique de l'oiseau. On n'entrera pas ici dans le thème complexe des sources religieuses. On juxtapose juste deux remarques : celtes antiques=un culte féminin majeur. Yéniches toujours catholiques donc liés au culte marial. Sous réserve car ils sont  tentés aujourd'hui par l'évangélisme. Et le lien de filiation religieuse entre deux périodes historiques si fortement éloignées est hyper fragile. On note toutefois cette remarque...

 

LA SUISSE ET LES YENICHES, CES SUISSES.... AUTANT QUE LES AUTRES !

Il  reste difficile de confirmer l'origine celte des  Yéniches. Il est certain en revanche que les 50000 yéniches suisses sont bien ...suisses ! Bien de la Confédération Helvétique où 90% des gens du voyage sont Yéniches  dont 10% de semi-nomades. Ils voyagent une partie de l'année  (car les enfants sont scolarisés) toujours en structures sociales  claniques, ces «familles» jusqu’à 20 personnes dans 2 à 8 caravanes maximum.

Ils peuvent encore exercer  leurs métiers traditionnels de forains, rémouleurs, vanniers et colporteurs etc.

Leur mode de vie des gens dits "du voyage" reste mal accepté par les  sédentaires. Le non accueil semble s'aggraver. Plus en zone romande qu'en suisse alémanique semble-t-il? (voir en bas le témoignage de l' article swissinfo.ch)

Les terrains ancestraux qui leur étaient dédiés dans les villages disparaissent.

De plus les néo-nomades roms, récemment arrivés qui ne respectent pas les règles (détritus, destructions) tendent à opacifier les relations historiques entre les citoyens suisses sédentaires et les citoyens suisses nomades: les Yéniches.

En résumé, ce peuple semble depuis "la nuit des temps" se promener dans l'aire germanique spécifique où l'on parle le haut allemand, aire culturelle celte  de la Tène. Ils sont des milliers  à vivre  en Alsace, au sud de l'Allemagne, en Suisse, Autriche principalement à porter des noms germaniques.

Même de bonne foi, les traiter d'étranger , voire d'endo-étrangers participe de la stigmatisation!

Ils soulignent leurs difficultés spécifiques  de vie. Lire l'article de Swissinfo.ch " Nous les Yeniches sommes des citoyens à part entière"ou blog article Heimatlos

Ils  vécurent  une histoire douloureuse de 1926 à 1973. La fondation Pro Juventus  avait enlevé les enfants à leurs parents pour les acculturer via l'opération "Enfants de la grande route". Sur ce dossier, le Président de la Confédération Alphons Egli a présenté les excuses officielles en 1987.

La Suisse est le seul pays à les avoir reconnus officiellement comme minorité nationale.  Une fondation "Assurer l' avenir pour les gens du voyage suisses"(1997) s'occupe de ces suisses ..mobiles.  La langue  Yéniche est acceptée  comme langue officielle de la Confédération.

Le grand drame de leur histoire contemporaine reste évidemment les persécutions nazies.

Depuis 1998, les Yéniches, ces gens du voyage du coeur de l'Europe sont protégés par la Convention du Conseil de l’Europe sur les minorités nationales.

La Suisse officielle  a largement ouvert le travail de reconnaissance de ce peuple dont on devrait ouvrir désormais le travail de meilleure ...connaissance. Les Yéniches seuls, ne peuvent y parvenir.

                                                                                           Sylvie Neidinger

 

*Lire de Chritian Bader :"Les Yéniches les derniers nomades d'Europe"

*article Chasse aux Tziganes en Suisse

http://duboutduborddulac.blog.tdg.ch/archive/2013/12/13/zigeuner-l-extermination-tzigane-250871.html

*Il se lit qu'un citoyen suisse célèbre est d'ascendance Yéniche. Il ne  le revendique pas, ne le nie  pas. Le  chanteur  Stephane Eicher  dans les interviews, montre son attachement à sa musique sans note, à Berne et sa langue germanique.

*Manouche : Tout linguiste trouvera une similitude phonétique du  terme Ye/n/ch et Ma/n/ch D'où vient le terme manouche? S'applique t-il au groupe de gens du voyage qui vient de l'Inde  ou celui qui nait au coeur de l'Europe? Etablir l'histoire des peuples à mémoire orale est bien difficile. 

*Groupe Jazz manouche Winterstein St Etienne

*Winterstein Quintet Alsace

Même longtemps après, que ceux qui veulent donner un témoignage, une info, une idée (comme le commentaire de Romain infra) peuvent le faire soit par les commentaires soit par courriel à la blogueuse.

Dossier ouvert !

Nota: Je n'appartiens aucunement au monde Yéniche. Et ne peux renseigner plus avant ceux qui veulent des infos plus précises... L'intérêt au départ est venu dans la ligne d'un article sur Haloween et des Celtes. Puis la découverte de ce peuple "qui se dit celte" l'un des "peuples suisses"en plus. Nota: cet article sur le thème Yéniches  devient l'un des plus lus du blog. Il y a un absolu besoin de comprendre l'histoire de ce peuple!

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14/05/2012

Le dollar, ce thaler

gallatin dollar 001.jpgLe billet de 500 US dollars émis le 10 mars 1862 par le Trésor américain  portait l'effigie du genevois Albert Gallatin.

Ce dernier militait pour une monnaie stable garantie par de réelles réserves en métaux précieux des banques émettrices. Il justifiera sa position en publiant dès 1830 un essai intitulé «  Considérations of the Currency and Banking System of the United States. »

Le premier dollar est mis en circulation en 1794, introduit par Alexandre Hamilton suite au Mint Act de 1792 -Coinage Act of 1792 : création d'un Hôtel des Monnaies baptisé United States Mint.

Le terme provient du «  dollar espagnol » largement diffusé sur le continent nord américain au 18ème siècle) issu lui-même d'une vieille appellation européenne :  le thaler ou taler.

L'Espagne, puissance majeure  colonisatrice du continent américain frappe largement monnaie en puisant dans les mines locales. Une de ses pièces argentées valait 8 reals, d'où, également l'origine historique probable  du  sigle de l'USD « $ » : un 8 !

La dénomination dollar est de souche européenne. Le joachimsthaler  ou jochenthaler fut une pièce de monnaie d'argent allemande fondue  sur la base d'un métal tiré des mines de Sankt-Joachimsthal en Bohème- argent usité  dès la fin du moyen-âge dans ce qui est devenu aujourd'hui  la République Tchèque.

Plusieurs versions équipent les circuits monétaires  des divers Etats allemands. Le thaler   va devenir "la" monnaie d'échanges par excellence (thal signifie vallée en français.)

Le célèbre thaler Marie-Thérèse 1er frappé en Autriche dès 1780 circulera jusqu' 1960...au Yémen et dans les souks orientaux !

Dans certains  cantons suisses, les deux orthographes se retrouvent: taler et thaler pour nommer certaines  pièces   antérieures au franc ( avant 1850)

En installant le Suisse Gallatin  sur un dollar américain, lequel vient du dollar espagnol, lequel provient du thaler germanique, lequel  dénommait également les monnaies de certains cantons helvètes (entre autres batzen, kreutzer etc.) la boucle se boucle.

Le dollar  part de l'Europe et l'on s'en souvient.

                                                                                    Sylvie Neidinger

 

lire article Gallatin sur ce blog

visiter le Musée des Suisses dans le Monde, Pregny qui publie la collection spécialisée du même nom.(Editions de Penthes)

 

Tags : dollar,dollar US, dollar espagnol, monnaie, Albert Gallatin, musée des Suisses dans le Monde

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09/05/2012

Gallatin, l'autre genevois célèbre, technocrate avant l'heure

gallatin 001.jpgEn cette année  Rousseau, un autre genevois, Albert Gallatin reste d'actualité... bancaire.

Il fut Secrétaire au  Trésor américain  de 1801 à 1813 sous Jefferson.

Sa « philosophie de réduction de la dette publique » introduisait dans la gestion du budget le système des appropriations : « chaque dépense  devant être liée à une attribution préalable spécifique de fonds ». Une discipline difficile à suivre à l'époque par l'Armée et la Marine peu enclines à cette ferme tutelle du Trésor. Et encore plus difficile à suivre dans nos temps contemporains !

Albert Gallatin n'est pas un Père fondateur de l'Amérique.

Mais  reconnu pour avoir professionnalisé sa fonction de gestionnaire de la finance publique  à une époque où Washington commençait à peine à accueillir l'exécutif fédéral sur des terrains marécageux et malsains. Un village plutôt qu'une ville, avec quelques pensions de famille pour loger les politiciens, des rues de terre non pavées autour de la colline du Capitole.

Bénédict de Tscharner, président de la Fondation pour l'histoire des Suisses dans le Monde a rédigé en 2008  une intéressante monographie synthétique.

L'ouvrage  éclaire mieux la carrière de celui qui choisit de quitter la Rome protestante alors trop étriquée pour une incroyable vie de pionnier, créateur  de New Geneva en Pennsylvanie, bûcheron, négociant  agriculteur, prof de français,  député, Secrétaire au Trésor, fondateur de l'Université de New-York,  ethnologue, « ratificateur »  de traités internationaux et diplomate.

Albert de Gallatin sera en quelque sorte le prototype du technocrate aux compétences pointues.

Pourtant la cité calviniste  mit un temps certain avant de louer son grand homme puis le reconnaitre. Le premier colloque qui eut lieu sur l'héritage de Gallatin fut organisé par le Sénat... français !  Probablement parce que le Suisse s'était de lui -même détaché de sa ville natale (24 000 habitants alors) en la quittant très jeune ?

B. de Tscharner ancien ambassadeur helvète,  trouve toutefois  un malin plaisir à démontrer  combien  les qualités exceptionnelles recherchées chez cet homme sont...hyper genevoises. Il montrera comment dans les premières années de la République américaine, Albert Gallatin  se situe dans le camp des Anti-Fédéralistes. Tendance qui deviendra le « parti démocrate républicain » puis le Parti démocrate. Le bord de ceux qui  acceptent mal la centralisation et exigent du   pouvoir central de respecter la liberté des citoyens comme celle des Etats.

Dans la même veine, le secrétaire au Trésor  sera souvent- réalistiquement - pacifiste, un anti-guerre, cette activité si coûteuse...

En résumé : Gallatin prône la plus grande fermeté pour contrôler le porte-monnaie alliée à  la plus grande indépendance politique et au pragmatisme. Là est peut-être l'écume de l'esprit genevois intemporel ?

Détail lu « il n'est pas Genevois pour rien, loin d'être riche il sait parfaitement gérer ses finances personnelles (... ) sa gestion ne se réduit pas à de la pingrerie ; quand il découvre qu'acheter ses cigares par boîte lui fait consommer plus, il renonce à l'avantage du prix de gros et en revient à l'achat à l'unité »

En réalité, cet homme est  profondément européen !  Louis Necker  dira de lui « Il apparaît très clairement même après une cinquantaine d'années passées loin de sa ville natale, que Gallatin continuera à subi l'influence de sa formation genevoise. Ses écrits anthropologiques notamment leur cadre évolutionniste et ses études linguistiques sont marqués de manière évidente par les valeurs des Lumières : raison, progrès, avancement de la science, liberté, unité de l'humanité ».

Il est vrai que le chantre de la rigueur budgétaire avait   rencontré à plusieurs reprises Voltaire dans son enfance, en pays de Gex en accompagnant sa grand-mère  au Château de Tournay. Quelle vie !

Sylvie Neidinger

 

Albert Gallatin (1761-1849) Genevois au service des Etats-Unis d'Amérique par Bénédict de Tscharner Isbn 978-2-88474-086-9 (existe en français et en allemand)  Infolio/Editions des Penthes.  Collection des Suisses dans le monde.

Pour compléter la documentation sur... l'américano-genevois, le  Musée du domaine de Penthes propose  aux visiteurs des documents originaux Gallatin:

Chateau de Penthes

18, rue de l'Impératrice

CH-1292 Pregny-Chambésy

Institut des Suisses dans  le Monde.

Musée.

 

Tags : Albert Gallatin, Jefferson, Secrétaire au Trésor Américain, Benedict de Tscharner, Genève, Voltaire, Washington

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