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31/01/2013

La Fabrique de l'intime

 L’ouvrage publié en ce mois de janvier  chez Robert Laffont  par l’universitaire Catriona Seth tient du féminisme de bon aloi : il donne à lire les textes de douze dames   nées entre 1675 et 1777.

 Le livre évoque  des femmes,  chères  bavardes…

 Pas  celles évoquées dans la maxime  «  derrière le grand homme cherchez la femme » cet être  pygmalion caché derrière  le masculin . Caché où ?  Dans l’alcôve   évidemment…comme épouse ou maîtresse.

 Sous- titré «  Mémoires et journaux de femmes du XVIIIème »  le corpus ici  réuni présente le grand intérêt d’avoir donné la parole  à quelques unes de  classes sociales et nationalités  différentes.fbrique intime 001.jpg

Celles qui ont aimé   lire, écrire, tenir un salon littéraire ou simplement fréquenter un « cabinet de lecture » cette première bibliothèque.

Qui en fait, ont utilisé  leur « temps de cerveau disponible » à produire-chose insensée pour les écervelées du deuxième sexe !- du sens.

 Aristocrates telles Isabelle de Bourbon-Parme, femmes du peuple comme  Victoire Monnard petite employée sous la révolution ou actrices telle  Mistriss Robinson qualifiée de « plus belle femme de son époque » 

Toutes écrivains de talent.

LA SUISSE EN FORCE DANS CE LIVRE

L’Helvétie est citée à multiples reprises évidemment par l' entrée- clef du Siècle des Lumières : Rousseau que ces dames se plaisent à lire ou critiquer.

Mais aussi les Necker ces  protestants lémaniques  qui font  carrière  à Paris dans la finance  ou ...oeuvre littéraire côté femme: la mère et  la fille -unique.

Louise-Suzanne  Curchod, fille d’un pasteur vaudois et de son épouse huguenote «très  instruite , élégante et jolie la jeune femme fait les délices de la bonne société lausannoise » (p255) Devenue   Necker, elle va tenir l’un des salons parisiens les plus courus.

Sa fille Anne-Louise Germaine Necker,  baronne de Staël-Holstein, publie, elle, « Mon journal » non sans raillerie de la part de son banquier de Papa lequel  la qualifie de « Monsieur de Saint-Ecritoire » ! Drôle de masculin…

Un auteur présenté par  Catriona Seth intéresse particulièrement: la versaillaise Aimée Guichelin, fille de gens modeste exceptionnellement précoce (poête)

Un aristocrate suisse, M Steck (p 994) éperdu d'amour fera tout pour épouser en 1797 celle qui, socialement si lointaine devient  la femme de sa vie.

Les écrits de Aimée  Guichelin-Steck interpellent par la modernité des thématiques abordées. Comme rédiger combien  en tant que femme il est difficile  d' écrire et d'assumer toutes les tâches !

A l'époque, déjà...

 "Berne 24 février 1799. Depuis que j’ai écrit les pages précédentes, quelques évènements de ma vie ont eu lieu Une petite révolution politique  nous a rendus à nos foyers  et au bonheur, je suis devenue mère » Le gouvernement de la République helvétique pour lequel son mari est Secrétaire déménage en effet de  Aarbourg à Berne, chez eux.

Devenue veuve d’un mari aimé, elle  saura taire cette douleur. Elle doit travailler. Mais, grande âme, se refusera à rédiger de la poésie sur commande  « ce qui équivaudrait pour elle à se promener dans la rue en sous-vêtements » Parole...concrète. Opinion ferme.

Elle n’a pas consacré tout le temps nécessaire à sa compétence d’écrivain. Maîtrisant plusieurs langues dont excellemment l’allemand elle pratiqua la traduction sans que son nom n'apparaisse toujours.

La versaillaise devenue suissesse fera connaître Jean de Müller, Bonstetten, Boutewek...Elle deviendra de ce fait un « passeur de culture"

 Aimée Steck-Guichelin ne se donne en apparence d’autre destination qu’elle-même. C'est la définition des écrits intimes ! Or les conseils de cette Grande dame, ses observations sur le genre humain n’ont pas pris...  une ride.

                                                                          Sylvie Neidinger

 

 "La fabrique de l'intime" par Catriona Seth Robert Laffont Bouquins ISBN 9782221109717

Catriona Seth , spécialiste des idées au siècle des lumières offre un ouvrage documenté sur 1200 pages, avec index, bibliographie.seth.GIF

Elle est professeur de littérature française à l’Université de Lorraine (après Rouen)et professeur associé  au département d’histoire de l’Université Laval Québec      .   

 Complément de lecture suggéré:

-« Une singulière famille Jacques Necker, Suzanne Necker et Germaine de Stael », Paris, Fayard,1999 par Jean-Denis Bredin.

-Article "Les Réseaux franco-helvétiques de Mme Steck-Guichelin »Catriona Seth

-« Les Ecrivains suisses alémaniques et la culture francophone au XVIIIème siècle » actes du Colloque de Berne 24-26 novembre 2004, Genève, Slatkine 2008 p.371-380

30/01/2013

Sumo en lutte signalé rue de la Corraterie. Contre qui?

"Puissant". Massif pourrait-on dire. Comme un sumotori, un vrai. Surprise au détour d'une rue genevoise de croiser une telle masse musculaire humaine de plus de deux mètres !sumo

Street Art ??? Pas vraiment. Oui, l'oeuvre appartient bien  au domaine de l'Art. Oui, elle est localisée dans la" Street Corraterie". Oui, elle est exposée  d'une manière éphèmère. Trois critères majeurs du Street Art.

 En réalité, en s'approchant, on découvre la plaque de l'artiste Alexandra Gestin.véritable groupie de la thématique japonisante. Et adepte de l'hyper volume.sumo

Ce sumo albinos 3D  appartient bien  à l'univers des galeristes.

Mais en expo " total open space"


Renseignement pris, la galerie Bel Air Fine Art est invitée tout à fait officiellement à exposer régulièrement  sur le large trottoir  de sa devanture, au 7.sumo

Excellente idée car le promeneur s'offre une réelle  expérience de rencontre créative en tournant autour du  lutteur japonais de résine toute blanche et brillante.

Objet à physionomie humaine mais hors norme visité sous toutes ses coutures... Cuisses et fessiers bovins. Corps déformé. Comme les vrais sumotori. Ceux que dans la vraie vie personne n'a jamais rencontré.sumo

Mais qui est le challenger du terrifiant asiatique prêt à la bagarre rituelle  imminente ?

De quel passant  le lutteur japonais est-il en attente dans cette rue de la Corraterie? Vous ou moi? ( je préfère d'ailleurs vous que moi )

Il est tapi. Prêt à bondir. A détendre son ressort. Inquiétant.

sumo

Au fait, le combat est inégal puisqu'en regardant bien, ce  Japonais traditionnel et naté  est déjà plaqué au sol, immobilisé à mort par des fers.

-Certes pour éviter le vol.

 Les voies  de Genève recèlent de bonne surprises.

Insolites et volumineuses. Sayonara.

                                                  Sylvie Neidinger

sumosumo

sumo

sumo

sumo

15:21 Publié dans A-GeneVie, Art-Design, Galeries | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : sumo, geneve, alexandra gestin, galerie bel air fine art | |  Facebook | | | |

29/01/2013

Souscription publique pour des clichés de "Picasso à l'oeuvre"

Le Musée d'art et d'histoire de Genève lance un appel à don pour réunir les 200 000 CHF nécessaires à l'achat de tirages originaux de  David Douglas Duncan.

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Cinquantes photos retracent visuellement le processus de création du tableau "Baigneurs à la Garoupe"offert par la petite fille de l'artiste,  Marina Picasso en 1984.

picasso,musee d'art et d'histoire de geneve,ville de geneve,david douglas duncanLe photographe noué par l'amitié aux côtés du peintre, a donné à la postérité, en cette nuit du 11 juillet 195, villa La Californie   des instantanés inestimables en  vingt-et-un clics de l'action créative du Maître du XXème siècle.

Un trajet intéressant: du haut à gauche au bas à droite.

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 Acquérir les clichés témoins pour les faire entrer dans les collections permanentes est le projet d'une Ville. La souscription est ouverte jusqu'au 28 février prochain.picasso,musee d'art et d'histoire de geneve,ville de geneve,david douglas duncan

 Musée d'Art et d'histoire de Genève

 L'occasion de rappeler l'existence du Pass des Musées d'art et d'histoire qui donne accès à toutes les expos pendant une année et qui est valable de janvier à janvier.picasso,musee d'art et d'histoire de geneve,ville de geneve,david douglas duncan

                                                                                                                    Sylvie Neidinger

 

photo=capture d'écran

 RESULTAT DE SOUSCRIPTION  OK !  AVRIL 2013

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23/01/2013

Street Art: l'Appel de Genève. Rue Savoises.

Rubrique Graph'Urbain. N°3. Rue des Savoises, au coeur de Genève, zone Plainpalais. Datation lue: 2006.  Catégorie: expression militante.

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Ici contre les mines antipersonnel. Convention d'Ottawa. L'Appel de Genève. Geneva Call Remarque:  le graph, vieux de 6 ans n'est pas sur-tagué.Il a été respecté sur une durée  importante....En raison de la nature (pacifiste) du message politique exprimé? SN

(nota : "antipersonnel" est un  invariable)


 

 

 






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street art,rue des savoises,genève









"des bombes contre les mines. Un projet  de la campagne suisse contre les mines antipersonnel de l'Appel de Genève et de la Fondation Suisse d'aide aux victimes  des mines avec le soutien de la Confédération Suisse.street art,appel de genève,convention d'ottawamines antipersonnelles,jazy,jag,seral,22 septembre 2006,rue des savoises,genève Une fresque réalisée par Jag, Jazy et Seral dans le cadre de la 7ème conférence des Etats,  parties de la convention d'Ottawa pour l'interdiction de l'usage des mines antipersonnel.      Genève, le 22 septembre 2006."

 

 

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19/01/2013

Spéléologie:découverte en Salévienne. Conférence gratuite sur la Grotte des Crânes à Beaumont

La Société d'histoire La Salèvienne et la municipalité de Beaumont  invitent samedi 26 janvier à une conférence gratuite donnée par André et Agnès Collin à 14h30 Salle communale du Chable.

DECOUVERTE DE 2,5 km DE GALERIES AU PIED DU SALEVE

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Ils présenteront la synthèse des travaux de la Société spéléologique de Genève (SSG) réalisés depuis 1999 dans le réseau souterrain des Crânes au Salève avec la découverte de 2 km 500 de galeries localisées entre l’alpage de La Thuile et le pied du Salève, sur la commune de Beaumont.

L'aventure, la découverte sont encore possibles dans...notre sous-sol. Terra incognita, sous le Salève!

Les intervenants évoqueront les études géologiques réalisées, sensibiliserons à la protection du massif du Salève et évoqueront la circulation des eaux en zone karstique.
"Cette nouvelle conférence, illustrée de magnifiques photos, fait suite à celle de Monnetier le 15 octobre 2011 « De Bellevue aux Eaux-Belles » qui avait passionné 240 auditeurs "affirment-on à la Salévienne.

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Et de poursuivre: "André et Agnès Collin, spéléologues passionnés, domiciliés à Monnetier, sont membres de la Société spéléologique de Genève et du Groupe spéléologique de Gaillard.André, ancien accompagnateur de montagne au Salève, a su faire partager sa passion avec Agnès pour la botanique et les mystères des sous-sols saléviens. Ils aiment à partager leurs découvertes et connaissances du monde souterrain avec la population au travers de conférences."

 Sylvie Neidinger

 

 SSG : Société Spéléologique de Genève

Salévienne:4, ancienne route d'Annecy.F-74160 Saint-Julien-en-genevois

Téléphone : 04.50.52.25.59 - Site internet : http://la-salevienne.org
Email : la-salevienne@wanadoo.fr (président) - nadine.cusin@sfr.fr (secrétariat)

Mairie de Beaumont

03/01/2013

Une médium genevoise chez Victor Hugo : Catherine Elise Müller

 La Maison Victor Hugo accueille cette médium suisse dans le cadre de l’expo « Entrée des médiums - Spiritisme et art d’Hugo à Breton» visible  jusqu’au 20 janvier.

(Musée Hugo, place des Vosges à Paris à une seule station de métro de la gare de Lyon, terminus du TGV de Genève…)

Catherine Élise Müller dite Hélène Smith (née le 9/12/1861 à Martigny et décédée le 10 juin 1929 à Genève) est présente sur une demi-salle. Les documents la concernant prêtés principalement par la Bibliothèque de Genève et la Collection Flournoy.maison victor hugo,geneve,psychanalyse,andré breton,theodore flournoy,helene müller,daumier

Cette Entrée des médiums  se bâtit sur deux dates extrêmes. Elle démarre par les caricatures de Daumier consacrées au spiritisme en vogue au XIXème siècle. Le dessinateur croque  ces tables qui tournent. Mais chez les Hugo, l’exercice était des plus sérieux. Vital même. Il ne s’agissait pas moins que d’entrer en contact par tous moyens imaginables  avec la fille chérie trop tôt disparue. Traumatisme familial inconsolable. Le romancier, poête, dramaturge à terre. Léopoldine devenue mythe littéraire.

 La date de fin est l’année 1933. André Breton publie alors  dans la revue Minotaure « Le Message automatique » qui va faire entrer  les médiums sur la scène artistique par la grande porte. En les connectant avec le monde artistique  de la création.

Par sa présence dans l'univers hugolien, Catherine Müller apporte indirectement  un vent spécifique lémanique. La Psychanalyse genevoise entre avec elle dans l'écrin  qu'est l' Hôtel des Rohan-Guéménée. Théodore Flournoy son mentor psychologue était  connu pour ses travaux sur le spiritisme et les pouvoirs parapsychiques. Il la rendit célèbre sous le pseudo de "Hélène Smith". A l'époque,  elle eut contact direct avec Victor Hugo. maison victor hugo,geneve,psychanalyse,andré breton,theodore flournoy,helene müller,daumier

LA PRISE DE CONSCIENCE DE... L'INCONSCIENT

La perspective historique de la révélation de l’Inconscient en partant de tables qui tournent pour arriver à l’écriture automatique- certaines  pages griffonnées sont exposées, de même que le Manifeste du Message automatique  - rend cette visite plus qu’intéressante.

Essentielle pour relier au départ un  spiritisme XIXème de goguette sinon de foire.. à  la naissance de la psychanalyse puis à  un mouvement artistique  plus global.

 L’inconscient, cette « terra incognita » enfin défrichée. Et cela passa par l’écriture !

Nota   Hélène Müller  écrivait entre autres en martien, disait-elle...( curieux alphabet qui fait songer plutôt à l'écriture arménienne !) cv.GIF

Rien ne manque dans cette riche synthèse exposée, pas même le …..folklore " Grand n'importe quoi" du spiritisme. Celui  que Daumier ne manquait pas de moquer : de la caricature aux impressionnantes photos de séances folles de spiritisme échevelé. Beaucoup de cinéma tout de même pour entrer en contact avec les forces cachées !

Drôle d' exercice finalement que de conctater l'au-delà pour mieux finalement rencontrer l'en-delà psychanalytique.

Le tout démarre au coeur du fameux XIXème siècle qui voit naître le dessin de presse, la photo, la peinture de masse. Naissance du mass-média en fait, sous toutes ses formes.

La communication moderne en fait.

Observation du paradoxe relevé plus haut . Il fallait probablement  la naissance de  ces outils….publics de com' pour que l’on entrât dans les frontières intérieures de la psychanalyse ???? Au coeur intime de l'individu?

Surprise de découvrir pareille entreprise liée à « l’histoire moderne des mentalités » en la demeure d'un  Victor Hugo visiblement toujours d'actualité.

Pour ceux qui ne peuvent physiquement faire un petit tour place des Vosges. Et bien évidemment après la clôture du 20 janvier: un ouvrage, précis et exhaustif   édité relate cette véritable épopée. Tout y est parfaitement résumé et illustré.

Sylvie Neidinger

 

Maison Hugo Hôtel de Rohan-Guéménée
6, place des Vosges
75004 Paris
Tél. : 01 42 72 10 16

Métro: Bastille, Saint-Paul ou Chemin-vert

Collection Paris Musée Maison de Victor-Hugo  "Entrée des médiums Spiritisme et Art, de Hugo à Breton Isbn 978-2-7596-0186-8 (35 euros)

 

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28/12/2012

Blogs de presse et démocratie : la Suisse bat la France à plate couture!

  Bloguer participe du pur bonheur. Mais les conditions de l’exercice ne sont pas partout identiques. En Suisse, l’inscription est simplissime. Il suffit sur la Tribune de Genève d’une adresse courriel, physique, un numéro de téléphone. C’est déclaratif, non vérifié(jusqu'à ce jour). Et hop le tour est joué….Confiance accordée a priori.tribune de geneve,blogosphère,rue 89,l'express,nouvel observateur,le monde,democratie suisse

Ensuite, place à la liberté  d’expression  avec comme seules frontières les limites légales : ne pas  diffamer, pas d’arrière-plan commercial caché.

Ces règles évidentes étant respectées, le blogueur ensuite cuisine sa sauce comme il l’entend !

La technologie moderne le rend carrément démiurge. Il fait tout. Choix du sujet, de la documentation, prise d’infos, mise en pages : à la fois journaliste, rédac’chef, photographe, secrétaire de rédaction etc. Pour coller à l’actu ou non, de la photo, du son et les essentiels liens hyperweb. En version blog.

Il joue au commercial aussi: désormais, le blogeur va devoir pratiquer le « pushing » d’article pour démultiplier sa visibilité par Facebook et Twitter.

« Version blog » signifie que  la personnalité du blogueur  s’expose à la Lumière, au scanner de la blogosphère. Il entre alors dans ce nouveau web-media  massif avec ses choix, ses goûts, ses humeurs, ses noirceurs, ses luminosités, ses scoops, sa sensibilité, ses combats intellectuels, ses esthétiques, ses retenues, ses non-dits.

Lectorat désormais embarqué dans son équation de réussite. Laquelle se mesure par les statistiques quotidiennes.

Ce blog Neidinger fait depuis ces derniers mois un bond quantitatif (en visiteurs et nombre de lectures) Bon signe.

Normal. Car tout est cousu main. Du cuisiné maison. Des plats élaborés en fonction de ce qui a mûri au jardin. Au jardin secret, en fait.

Le choix des thèmes reste varié. Mais avec un socle évident : rechercher de l’info ….genevoise. Par déontologie : aucun commentaire sur la politique suisse. (Ils sont si nombreux sur TDG à vivre cette passion avec compétence...)

 De Genève, ce blog adore l’info sociale ou culturelle :  galerie d’art (Red Zone par exemple) expo photo Marco d’Anna au Musée des Suisses dans le Monde à Penthes,  Barbara Polla pour la littérature et globalement la rubrique bien suivie nommée Lire… Sans oublier  la  lettre à Jean-Jacques Rousseau l'indigné- il fallait oser- le jour du tricentenaire.

 Au-delà, sur ce blog : analyse politique hexagonale, ou internationale dont une série avec un angle original sur… le printemps/hiver  islamiste. Un point de vue de « l’intérieur » de la Syrie, différent  de ce que les médias  servent depuis le début. A  propos de cette Série Surya, une dizaine d’articles sont pré-rédigés en tête depuis trois mois. Mais ils ne « sortent » pas. Blocage. En raison de la guerre de religion qui fait rage dans ce pays avec l’aide occidentale, turque  et des pays du Golfe.

[A Genève, on sait ce que signifie une guerre de religion. Voir ses biens réquisitionnés en raison de sa foi, s'exiler en raison de sa foi. Etre égorgé pour sa foi...Ce, en 2012-13! Syrie en processus d'irakisation. Blocage. Larmes de sang. Encore mieux dit dans la langue adéquate, celle  de la tauromachie: lagrimas de sangre]

Le plus surprenant de ce blog Neidinger est davoir sans honte  osé démarrer la caricature. Dommage que les talents de dessinateur ne soient pas au rendez-vous!

Avec un vrai coup de crayon, une  vocation de redoutable caricaturiste de presse aurait émergé. Car très souvent, je me réveille avec en tête  un dessin d’actu qui malheureusement ne peut se concrétiser par inaptitude au dessin.Tant pis. Je ris toute seule. Pas grave. Mes caricatures, celles qui ont tout de même franchi la barre de la réalisation physique sont bien  trop   naïves. Mais elles ont le mérite…d’exister. Et strictement grâce au blog. Nées du blog. Oui c’est bien lui qui a généré ces quelques sourires de presse. Fantastique blogosphère.

*BLOGS DE PRESSE COMPARES ENTRE FRANCE ET SUISSE

Esprit concret, jamais impressionnée par « ce qui se dit » toujours attentive à gratter le réel au scalpel- le vrai, le quotidien, le vécu, ce qui est masqué par les discours, la réalité du terrain- j’ai mené un petit exercice journalistique hautement significatif.

 Tout simplement aller tester le processus de création d’un blog de presse, côté France. Je précise bien blog de presse, associé à un média reconnu, existant. Pas un blog ordinaire (celui  qui s’ouvre comme on créé une adresse mail et qui peut rester sans aucune visibilité)

1- Côté blogs de presse Francevéritable choc suite à la tournée des popottes : aucun  d'accueil pour monsieur ou madame tout le monde !

L’Express ne répond carrément pas à ma demande. Observation : les blogs Express sont en fait des blogs de journalistes et de spécialistes avec  même un usage de marketing interne. Une blogueuse y donnait ce jour là  une recette de cuisine. En cliquant, le lecteur se retrouvait dirigé vers  les pages féminines, déco de la rédaction web !!!tribune de geneve,blogosphère,rue 89,l'express,nouvel observateur,le monde,democratie suisse Lire ici les conditions sur Express Yourself " "les meilleures contributions sont vérifiées, retitrées etc..."

 En France, une majorité de  titres de presse  suivent ce schéma d’ouvrir les blogs en premier lieu à leurs…. journalistes. Comme l’éditorialiste pour Figaro, Yvan  Rioufol. Ces plumes, ces noms de caractère  génèrent du trafic assuré. Aucun risque.

A ces pros de l’écriture sont associés en second lieu des « Experts »  ces blogueurs invités non rémunérés comme pour Huffington Post version française.

Remarque : en terme de vocabulaire, on parle souvent de note, de post comme si ce qui était publié sur blog n’était pas un article... Ne mélangeons surtout pas les torchons et les serviettes! La "grande presse" adore faire venir les contributeurs, gratuitement. Mais de là à ce qu'ils se voient positionner en égalité avec le monde du journalisme, ne serait-ce que par le vocabulaire qui les désigne, certainement pas ! Pourtant cela  se nomme...espace de débat!

 Sur Nouvel Obs, le travail du "chroniqueur associé" est tellement digéré que le temps de lecture de la note de blog est calculé !!tribune de geneve,blogosphère,rue 89,l'express,nouvel observateur,le monde,democratie suisse

 Il y a sélection du blogueur par le média. On observe donc dans l'hexagone une différentiation politique entre une blogosphère de gauche et une de droite suivant le positionnement idéologique du ....média qui héberge.Lire cet article du Monde daté du 26/12/12

 Rue 89 a eu l’amabilité de me répondre. Le modèle économique de ce « pur player » basé sur la pub n’a pas bien fonctionné. Ils ont été rachetés par le Nouvel Obs et ne décollent toujours pas.(Seul Médiapart avec son système d'abonnement semble avoir trouvé la voie économique.)

 Rue 89 repose sur la trilogie «  journalistes/experts/ blogueurs acceptés  » Blogueur associé ne signifie pas l’acceptation du tout venant, de vous et moi, comme sur la Tribune de Genève. Ici "associé" signifie clairement :  sélectionné, invité, coopté...

Ce n'est pas spécifique à Rue 89: cela fonctionne ainsi  en France, visiblement-sous réserve d'un contre-exemple, non produit à ce jour.

En réalité, le « blogueur associé » que ce soit chez  rue 89, Nouvel Obs, le Monde  etc.  n’est en fait PAS LIBRE. Pas au sens « Tribune-de-genevien » du terme ! La présence du blogueur est systématiquement validée en amont. Tout le monde ne peut bloguer! Il doit dire qui il est et en quoi il va intéresser le média. Ensuite chaque article sera  obligatoirement soumis à relecture par la rédaction avec acceptation ou non. La rédaction du média valide ou non.

Idem lire les conditions du Lab.  Toujours une rédaction qui ...sélectionne jusqu'aux commentaires :

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 Une méthodologie française  à faire frémir les blogueurs TDG  qui  s’étripent, ferraillent joyeusement sur la Tribune, quotidiennement et  en toute liberté !!!!!!

Le contrôle de contenu français certes garantit un contenu rédactionnellement normalisé ( orthographe etc...)

2-Côté blog de presse en Suisse, n’importe qui peut s’inscrire (à date de rédaction de l'article) Pour preuve l’avertissement actuellement posté sur site TDG : tous les blogueurs ne sont même pas encore  identifiés (5% encore inconnus!) Lire : 

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 En tous cas, les blogs TDG bruissent de la  passion suisse pour le fait politique. Campagne électorale quasi permanente. Cette véritable « addiction » locale  génère une effervescence entre  hommes politiques, partis,  citoyens qui  les provoquent, les questionnent sur blog, par  commentaires. Libres jusqu’au bout. Aucun modérateur officiel de contenu sur TDG car le blogueur est tenu responsable des commentaires qu’il publie. Comme c’est vivant !

 La liberté genevoise fait que les extrêmes existent et se répondent. Car pour se répondre, les idées doivent s'exprimer !!! Le plus pro-israélien côtoie le plus pro-palestinien. Toutes les idées s’exposent pour mieux se confronter en joutes verbales. Là où le média français prédigère c'est-à-dire décrète ce qui doit se lire et s’écrire. Et trie en amont. Laisse passer ou non. Censure, en fait.

Il y a du tirage quelquefois sur la Tribune de Genève. Les esprits s’échauffent grave... 

Le responsable des blogs entre alors dans le jeu,  fronce  sa moustache. Rappelle les règles. Menace de supprimer les comptes de ceux qui dépassent les bornes. Les commentateurs, les blogueurs  s’en mêlent en réponse. Ils  apportent leur grain de sel, leur acidité, leurs ignorances, leurs erreurs, leurs préjugés, leurs compétences, leurs éclairages, leurs compléments. Ils soutiennent ou vilipendent.

Cela bataille sec. Et puis finalement tout  s’autogère. Sublime en termes de démocratie !

La prise de risque de la Tribune de Genève n’accorde permet à cette blogosphère là de vivre en Liberté c'est-à-dire au final  de générer des articles que nous n’aurions jamais pu lire ailleurs.

 

*SUISSE FRANCE : SYSTEMES POLITIQUES COMPARES :

De cette petite observation de blogosphères comparées, je tire des conséquences sur la nature différente des types de démocraties.En sémiologie un détail peut expliquer tout un système. Tout comme en psychanalyse, un simple lapsus linguae porte  signification, révèlateur d’un global.

 1- Côté France, le slogan national «  liberté, égalité, fraternité » se conjugue bien mais… à sa manière.

La blogosphère révèle que le citoyen  peut difficilement s’exprimer en direct. La parole de base est hyper "médatisée" au sens de "représentée". En premier lieu par les médias  bien nommés ces " médiateurs"  traditionnels qui offrent le prêt à penser. Ils trient l'info et la prédigère, notamment pour les choix de ce qui va faire la Une.

Pour "garantir la démocratie" en amont (toujours en amont!) la France tient à ce que tout le nuancier des pensées politiques soit offert au public par son intermédiaire. C’est la raison pour laquelle l’Etat (donc le contribuable) subventionne, finance la presse de tout bord, d’une façon massive. Presse nourrie par l'Etat à hauteur de 1 milliard par an au titre du fonds de soutien! Financements publics uniques dans le monde occidental  qui choquent.Lire article de Pierre Chappaz sur économiematin.fr ( intéressante comparaison  presse Suisse/France)

Autre article  du même Chappaz intitulé "la presse française doit sortir de l'assistanat"qui fait un intéressant comparatif avec la presse helvète :
"La presse romande se porte bien mieux que la française. Il y a pas loin d'une dizaine de quotidiens en Suisse Romande pour seulement un million et demi d'habitants ! Des deux côtés de la frontière, la presse subit la concurrence d'Internet. Alors, pourquoi la presse est-elle dans ce triste état en France, et va-t-elle mieux en Suisse ?La première différence qui saute aux yeux, c'est que la presse française est sous perfusion de l'Etat. Et si c'était là la cause de sa déchéance ? Pour s'attirer les bonnes grâces des journaux, les gouvernements français successifs accumulent depuis 1945 les aides directes ou indirectes. Les subventions et autres fonds de soutien représentent au total plus de 10% du chiffre d'affaires des medias, soit plus d'un milliard d'euros par an. Sans compter la très controversée niche fiscale des journalistes, qui peuvent déduire 7.650 euros de leur revenu imposable. Un tel niveau d'ingérence étatique dans la presse est unique dans le monde occidental."

A propos , la rédaction de ce web media (economiematin) m'indique que les blogueurs sont les bienvenus et que "le filtre y est mince".

Résumé du paradoxe: l'Etat français entend garantir les conditions de la démocratie en organisant lui-même, centre du pouvoir,les viabilités économiques des supports de presse.

 La presse française est une  presse d'opinion (différente en cela du média anglo-saxon)  comme  intermédiaire qui explique l'actualité et le réel au bon peuple. Une profession se pose en médiateur et décide du contenu.

Observation..... la  blogosphère de presse reste en fait  sur le même schéma!

Ce mode de faire est typiquement hexagonal. Un spécialiste comparait la France au Japon comme étant deux sociétés de caste sous une apparence républicaine, avec les malaises induits (taux de suicide élevé, consommation de calmants élevée) Pas faux! Et cela explique les explosions sociales typiques de ce pays. La France élit tous les 5 ans son monarque républicain qui prend la tête d’une pyramide de commandement. Comme sous l’ancien régime. Problème : le fonctionnement réel de cette société différe bien de l’image qu’elle donne d'elle-même! L’Education Nationale en pratiquant l’élitisme républicain  entretient le système. Echec total : des milliers de jeunes quittent l'école sans diplômes alors que quelques- uns vont intégrer les cursus hyper sélectifs. Pour mettre en place, ensuite  ces corps intermédiaires administratifs qui décident pour les autres, au nom des autres. L'ENA, une école d'administration étant présentée comme le top en France.  Symptomatique.

 2- Côté Suisse, cette liberté d'expression  sur les bords du lac pourrait avoir comme première explication le protestantisme. Vrai en partie. En partie seulement. Car la liberté d’agir en tolérance peut aussi se rencontrer chez les bouddhistes, les catholiques etc.

Il faut creuser l’explication. Suggestion: liberté et tolérance existent tout simplement  car Genève est …en Suisse !

 Le protestantisme serait venu s'installer sur ces rives ( Valdo puis Calvin) parce que le terrain d’accueil d’origine était lui-même tolérant.

Le canton, selon moi, explique….tout. Un peu comme un blog, unité basique différenciée au sein d' une communauté de blogs?

Le centralisme jacobin réducteur des différences locales n’a pas sévi en Helvétie. Chaque canton adore cultiver sa différence( au sein de la même langue parlée, le romand,  des nuances  de parlers s'expriment entre deux cantons distants de 50 km …)

La Suisse, démocratie parmi les plus anciennes d’Europe  a très tôt développé son«  vivre ensemble  politique"

Une comparaison du corps social helvète s’impose avec le corps au sens médical. Chaque canton  est une unité de base que la différence ne gène pas. Tout comme les cellules différenciées: cellules osseuses, hépatiques, sanguines….Chacune dans sa spécialisation a pour mission de  faire fonctionner le corps global en   développant   des contacts communs, au-delà. Cela passe par des messages chimiques, hormonaux, électriques de communication.

 En politique cela se nomme « consensus »  et aboutit à la  « neutralité »

Chaque canton suisse  cultive sa différence et  sait en même temps communiquer avec les autres si différents pour un résultat global positif. Là se situe exactement la notion de "confiance" accordée à un tiers.

Tout  passe par la palabre. D’où l’immense attrait  pour le fait politique observé sur les blogs de la Tribune de Genève. Un  temps immense consacré à la parlotte. Mais pour quel résultat ! L’ordre ne vient pas d’en haut. Ou s’il vient d’en haut (instances fédérales)  il doit subir la longue validation horizontale.  La décision finale résulte du consensus. Même  après des mois de blocage éventuellement. Le système présente  ses inconvénvients de lenteur évidemment.

Les étrangers ne comprennent rien à la Suisse s’ils n’ont observé cette passion locale.

Décréter rapidement que la neutralité suisse serait une "absence de positionnement de la part de gens incapables de prendre une décision" est une erreur totale. La neutralité  résulte de  discussions politiques les plus affirmées, les plus rudes, les plus longues, les plus paralysantes. Elle se base sur la tolérance  par  l’intégration consensuelle  d’idées a priori différentes.

Pour cela,simplissime: en amont les idées diverses doivent en premier lieu s’exprimer en toute démocratie.

Vive la blogosphère suisse !

Sylvie Neidinger

 

Merci à l’hébergeur TDG. Bonne année 2013 à tous


POST de février 2013  !!!!!TDG désormais demande à tout nouveau candidat blogueur d 'expliciter son projet de blog et de bien signifier qui il est, à la rédaction. Ceci dit dans le fonctionnement ultérieur, le blogueur garde toujours sa liberté d'expression écrite telle que citée plus haut.

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13/12/2012

Femen, seins, guerre de religions et...franche rigolade !

La bourde n'a pas échappé à la sagacité du  "bousingot , souriant bonhomme du gratuit de Carouge, "Tout l'immobilier"qui la signale dans son édition n°657 du 3 décembre 2012, sur le registre de l'humour.

Il souligne un commentaire "mal calibré  "rédigé sur la Tribune de cette bonne ville calviniste  à propos de la photo des Femen en action à Paris  parue le 19.11.2012 sur TDG version papier.

Un rédacteur  y nomme "groupe de féministes catholiques françaises"...ces Femen,  des activistes du sein en l'air  affublées pour l'occasion de  coiffes de nonnes.

Bigre ! De quoi rallumer une petite guerre de derrière les fagots...

Explication: le pauvre  plumitif a dû avoir la berlue, hyper troublé par les excroissances mammaires soumises aux intempéries dont la bise, froide mais caressante?

Bousingot rappelle que ces "agit'prop'  sont bien urkrainiennes et non hexagonales.

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 Les Femen sont d'ailleurs au féminisme ce que le Nord Coréen  Kim-Jong-Un serait à la démocratie....Ces jeunes femmes instrumentalisent  leur plastique avantageuse et leurs appendices frontaux dénudés comme outil de propagande.

De jolis corps  exposés, dynamiques. Un usage visuel commercialisé du corps féminin à vocation de médiatisation ... Exactement comme dans les pubs justement dénoncées par les féministes "traditionnelles" -Pour la peine, j'ai volontairement masqué les dites mamelles lactifères de la photo des grivoises de Kiev sur le blog !

Pire. En rédigeant, le journaliste de la Tribune  n' a pas pris conscience du grand danger qu'induisait sa légende maladroite  du cliché. A savoir, le  risque  majeur de conversions massives masculines chez les... lecteurs-protestants si les femmes...catholiques françaises  adoptaient désormais  ce   nouveau look"total  sexy" avec les poitrines si généreuses et mobiles !!!

 Ne pas oublier -nous sommes encore dans l'année Rousseau-que ce grand genevois n'avait pas hésité une seconde à parjurer sa foi calviniste afin de  mieux batifoler du côté de Chambéry. Pour ensuite réintégrér le berceau religieux lorsque Madame de Warens l'a laissé tomber !

Pour rigoler plus encore,  j'ai voulu chercher une réaction ...en  France voisine.

Un responsable de la com' d'un diocèse  catholique d'un département rhône-alpin que je ne nommerai pas a bien éclaté de rire, hier, lorsque qu'il a vu  la photo et son commentaire.

Et lui de me rappeler une...-sacrée !- bévue commise dans le quotidien Dauphiné Libéré par une certaine Alexandra dans son article du 2 juin 2002.

Envoyée à  l'Assemblée synodale des Diocèses Catholiques  de Savoie où de nécessaires réformes étaient évoquées dans l'actu de l'époque, la rédactrice- en manque évident  de culture - avait  titré son papier qui avait fait la Une : ...."l'Eglise savoyarde réformée" !

Ah, ces journalistes...

Sylvie Neidinger

suite : Femen, seins et guerre chaude

28/11/2012

Littérature et web 2.0 à la Muse

 L’espace genevois de « co-working »  rue de la Muse, Plainpalais, accueillait mardi 20 novembre dernier  la remise du prix littéraire Webstory.ch.

 La plateforme d’écriture sur internet, lancée lors du  dernier Salon du livre de Genève a réussi son pari. Plusieurs  « webwriters » bien inspirés ont envoyé leurs textes .14 au total. Ecrits  lisibles en ligne.;

« Requiem pour Sandy » Aydan, a reçu  le 1er prix Ont été également honorés : Thierry Villon, Camille et Carmen Chamorel.

webstory.ch; helene zanelli,barbara polla,nicoals couchepin,lettres suisses,aydan,ecriture web,réferencement,neidingerHelèna Zanelli, la fondatrice du site a  réussi, en chef d'orchestre, à mobiliser un jury  d’exception des Lettres suisses romandes avec l’écrivain Nicolas Couchepin (pas très web mais très très lettres) Barbara Polla en pool avec  Michka Comtesse, artiste peintre et Fanny Arminjon opticienne et grande lectrice.

 Après la lecture d’extraits  par une souriante Mazala Tajmouati, Barbara Polla,  que l’on ne présente plus s’est exprimée (galeriste, médecin,écrivain, chroniqueuse pour de nombreux magazines, notamment sur Les quotidiennes. Elle vient de publier son dernier  livre «Tout à fait femme» aux éditions Odile Jacob)

 La grande dame genevoise a affirmé combien le texte primé qui traite de l' agonie était puissant.  

Elle s’est ensuite livrée. En effet, elle a évoqué son propre processus littéraire et par là a balisé les pôles de la différence entre un texte de témoignage et une œuvre d’art.webstory.ch; helene zanelli,barbara polla,nicoals couchepin,lettres suisses,aydan,ecriture web,réferencement,neidinger

Un jour, sa propre mère lui demanda de l’aider à coucher sur papier ses souvenirs. Et l’auteur-médecin-galeriste-féministe-ancienne politique  de nous décrire comment la relation de travail,  personnelle entre les deux a évolué. Comment au final de banales  anecdotes se sont transcendées en texte littéraire (son premier ouvrage)  qui a sublimé la banale mémoire familiale. Par l’écriture.

Elle a partagé –et découvert- les instants de vie de  sa propre mère normalement enfouis dans la mémoire. Une porte normalement fermée entre générations fut entre ouverte. Souvenirs de ce Friedrich Dürrenmatt, ami –peintre autant que littérateur- de sa maman elle-même peintre.

 Moment fort de sincérité, d’exception. Applaudissements de la salle. Jamais je n’ai entendu si bien énoncé le …processus de création artistique. Reste-il un enregistrement ? Les 10 mn de son intervention furent magistrales.

 Problème : après de telles confidences,  il était impensable de prendre la parole...C’est donc sur le blog  que je termine de ce que voulais dire ce soir là !

J'ai noté que la cérémonie fut classiquement littéraire. Or, n’oublions pas qu’il s’agit d’écriture…sur site web ! La Muse qui met  ses locaux à disposition à l'un de ses membres est un espace "net up"dédié aux nouvelles technologies/ nouvelles entreprises. Tout de même.

REFERENCE LITTERAIRE PAPIER PAS MORTE !

Là n’est pas le moindre des paradoxes. Et fort  intéressant comme enseignement. Webstory.ch  s'annonce comme générant une « écriture d’un genre nouveau » Or, les références culturelles de la soirée sont restées tout a fait classiquement... livresques.

Le papier reste un référent incontournable. a ce propos, les Japonais, ce peuple technologique sont en train d'inventer un futuriste ...papier numérique à énergie intégrée en remplacement des tablettes....

Lors du petit raout, les auteurs étaient d’ailleurs tous  identifiés par un stylo offert. Un stylo à encre, qui tache éventuellement. Pas une souris à impulsion électrique. Hélèna Zanelli est volontaire. Elle investit en pionnière  l’espace technologique numérique. Avec son site d’écriture en ligne, elle  a fondé une  maison... digitale d’accueil des écrivains.

C’est d'ailleurs ce qui m‘avait intéressé lors de notre première rencontre au Salon du Livre de Palexpo.

webstory.ch : histoire d'écrire

Rédigez en ligne votre roman de l'été 

Nota. D'autres sites dont le grenoblois Short Edition, tentent l’aventure de l’édition en ligne.Webstory est formaté pour accueillir des écrits de dizaines de pages. Short Edition a décidé lui de rester dans le court propre à la lecture web. Deux approches différentes du travail "d'auteur littéraire numérique"  Court mais bon, Short Edition

La question fondamentale reste la suivante: est-ce que le fait d’écrire sur site web a modifié chez l’auteur son type d’écriture ??? Existe-il une web-écriture littéraire ?

 Les auteurs que j'ai pu  interrroger à la Muse ce soir là, n’allaient pas dans ce sens. Selon   « Carmen » le net  lui a permis de faire revivre et partager des écrits papier  cachés dans un tiroir et connus de ses proches seulement. Alors dans ce cas Webstory aura servi….d’éditeur ! Ce qui est énorme de toutes façons.

Carmen me disait aussi participer à un atelier d’écriture à Carouge où elle lit ses textes devant public réel. Sur le site web, elle trouve un autre type de groupe de contact. Les deux démarches lui sont totalement complémentaires pour un écrivain néophyte ou non.

Alors si l’écriture littéraire sur web ne modifie pas intrinsèquement l’acte d’écriture artistique…qu’apporte internet ? Ceci dit, cette affirmation de "non transformation du mode d'écrire"sera à vérifier avec le temps….. Concernant l’écriture journalistique sur web, on s’oriente déjà   vers de nouveaux codes de rédaction avec surtout l'uage des liens hypertexte.

 A y réfléchir, on peut affirmer que le web est un redoutable instrument. Un "scanner du réel en quantité et en  temps immédiat". Avec des instruments hyper puissants tels  Google Analytics

Un éditeur classique, lui, va publier sur papier couverture carton   un titre en 1000, voire 10 000 exemplaires. Ces livres vont ensuite se volatiliser dans la nature. Combien de fois l’acte de lire sera commis? Impossible de le savoir, de le définir.

Alors que la web littérature, comme tout domaine numérique, sera multi-scrutée en "Temps réel". Donc en permanence!  Ce temps orwellien, fiction littéraire devenue réalité de notre quotidien voire de notre intime...Combien de personnes connectées à cette heure ci, combien de pages lues en direct, combien de pages... écrites en direct, combien de secondes sur une page, combien de clics et de "jaime"?

Redoutable instrument de mesure de nos petites vies...

 La fondatrice de Webstory  affirme que le site va prochainement  être optimisé pour une meilleure ergonomie. Il devrait (éventuellement ? car il ne l’est pas actuellement... ) se faire référencer sur le grand portail littéraire du monde francophone : Babelio , 700 000 connexions par mois au minimum

L’univers web -même  dédié à la littérature-   est une donnée ultra contemporaine  informative. Comme un instant brut de vie, tranché, scanné dans toutes ses mensurations qualitatives, économiques et quantitatives.                   

         Sylvie Neidinger

(photos Neidinger)

 

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25/11/2012

Genève, antidépresseur hydraulique local...

  caricature ok 2 001.jpg

                                             LE JET  D'EAU DE GENEVE??

L’Employée  des Services Industriels (Sig) :« le jet ? Une nécessaire régulation des pressions en sous-sol »

Le Psychanalyste :« force souterraine qui jaillit en Conscience visible »

Le Banquier : «modèle mathématique de  flux puissants »

L’Emir et  son trader, fins  connaisseurs du brut noir :« joli puits d’or… blanc »

L’Horloger : « métaphore du temps qui passe »

Le Traducteur : « Geneva Lakefront  »

L’Ingénieur :«mécanique des fluides, Qualité Suisse »

L’Observatoire Technologique de Genève et le Sitg (Sytème d’information du Territoire Genevois) : «colonne 3D… humide ! »

Le Suisse non romand : « Genferei ? »

Le Fonctionnaire de l’ONU depuis son palais en surplomb: «un rêve de  bombe bio …inoffensive »

Le brasseur de bière Calvinius «elle semble  goûteuse, cette Pression sans mousse ! »

Verdict du  Service de la Mensuration Officielle Genevois : « 140 mètres »

Le Chocolatier: « Et si la fontaine coulait en cacao ?

Jean-Jacques Rousseau : «objet philosophique non répertorié qui m’est inconnu !»

Le Touriste Marcel à sa tendre  moitié : « un peu cliché non, le jet d’eau à Genève? »

Réponse « Ne serait-il  pas  un petit antidépresseur… hydraulique…local ? »

Sylvie Neidinger

 

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16/11/2012

Céramique de pointe à l'atelier Dethurens,Carouge

Françoise Kindler exposait  cet été en haute-provence à Simiane*. L’artiste genevoise s’installe dès aujourd’hui (vernissage à 17h30 ! ) aux bords de l’Arve chez l’incontournable figure locale du monde de la céramique : Michelle Dethurens.

Une expo accueillie du 16 novembre au 7 décembre 2012.

Françoise Kindler malaxe la terre depuis 1978. Comme beaucoup, elle commence par  produire de l’utilitaire, soucoupes, jolis bols et tasses à café.

 Juste assez pour se familiariser aux techniques complexes du ceramique.pngcéramiste,  chimiste en réalité voire alchimiste avec la phase cruciale de la  cuisson…Tellement essentielle au rendu final du produit fini: valable ou jetable, cruel verdict !

L’artiste présente ce jour une vingtaine de  sculptures presque  en voisine. Car son propre atelier, le bien nommé "Terre", se situe à quelques coulées de fleuve rue des Pêcheries  à la Jonction.

Ses œuvres témoignent d’une recherche  de design autour de la « tension »  « la pointe » « l’arrête »079.JPG

Il ne s’agit en aucune manière de naturo-morphisme ou de zoo-morphisme. Mais une fois créé, l’objet a quelque chose à voir avec la nature, les animaux. L’auteur  dénomme elle-même sa série plate  les « raies »  

Le rapport a priori  lointain, entretenu avec le monde animal se confirme avec l’usage détourné de véritables cornes de capridés retrouvées dans une grange.céramique 2.png

Elle les a ré-interpétées. Terminées serait le terme le plus exact. Comme pour rendre à l’objet sa courbe la plus significative, la plus épurée. Réparatrice? Optimisatrice? Perfectionniste?

D’autant que la matière cornée avec ses rayures naturelles grisées lui convient parfaitement (curieux, d'ailleurs,  combien  keratine ressemble à l’étymologie grecque du terme keramik= argile…)

La céramiste apprécie plus que tout la technique du raku, l’enfumage, ces  grès chamotés qui nécessitent des cuissons à réduction de carbone ( sans oxygène) Ainsi, elle invente  des dégradés de noir et de  gris que la Nature ne renierait pas…

 Michelle Dethurens (cv)  propose deux à trois fois par an son espace vitrine à des artistes professionnels  «  je cède au coup de cœur  en créant un lien vivant  avec ceux dont j’aime le travail » 

L'enthousiame de cette professionnelle genevoise reste intacte. Elle se souvient. Il fallut une certaine dose de ferveur  à cette pionnière des années 70 (atelier ouvert en 1980)  pour démarrer  à une époque où la céramique n’était pas un art du feu…féminin. Les fournaux oui mais culinaires ! Les plus difficiles à convaincre étant au départ très certainement les proches.

Une génération de femmes a entrouvert les portes d'une profession devenue bien féminisée.

Michelle Dethurens et Françoise Kindler tiennent le même langage.

Elles parlent avec la même …flamme de leur nécessaire présence chacune en son  atelier.

Toutes les deux enseignent.

Toutes les deux évoquent avec la même passion cette magie de transformer une terre molle en objet structuré  (d’art ou utilitaire)

Les gestes  techniques sont précis, dangereux, avec ces cuissons raku, et tout l’attirail du forgeron, des pinces, des gants, des masques etc.

A vrai dire, les artistes de l'Art céramique sont encore plus forts encore qu’ Hephaistos !

Ils  ne partent pas d’une matière noble,  le métal mais de basiques argiles informes, de  boues, de  glaises, de terres,  de « poussières d’humanité » ... transformées en sculptures esthétiques, froides et cassantes.

Toutes  empreintes d’émotions humaines: magique !

Sylvie Neidinger

 

Atelier Michelle DethurensP1050527.JPG


 

 

18, avenue Cardinal Mermillod

CH-1227 Carouge

www.ceramiquedethurens.ch

 

 Atelier Terre Kindler

rue de la Pêcherie 2

1205 Jonction-GE  sur rendez-vous

Le 13e Parcours Céramique Carougeois aura lieu
du 28 septembre au 6 octobre 2013 . Biennale internationale de céramique contemporaine depuis 1989

Fondation Bruckner pour la promotion de la céramique.

* On citera la Maison de Brian pour dire combien l'Esthétique en génaral -donc nous tous!-doit à ce genre d'initiative: avoir créé un lieu d'expo d'Art contemporain dans un village de moins de 600 habitants en zone de mi-montagne. Ici , les Alpes de haute provence à Simiane-la-Rotonde.

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15:07 Publié dans A-GeneVie, Art-Design, Galeries | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

12/07/2012

La passerelle se meurt. Vive le pont Hans-Wilsdorf. Un ...tunnel aérien plutôt !

La passerelle qui relie Les Vernets à Plainpalais va être démolie  à partir du 16 juillet  après de longs services rendus. Au profit d'une nouvelle structure.La concomitance de l'ancien et du moderne est très émotionnelle pour qui visite le site. Comme un père qui a attendu patiemment  la maturité de son fils pour mourir de sa belle mort, épuisé.IMGP0213.JPG

Tout pont créé évidemment du   lien.

La construction unit les rives de l'Arve. Mais aussi relie le XXème au  XXIème siècle.

La visualisation des deux ouvrages côte à côte- rare cas de figure en génie civil - interpelle.

Dans les deux cas, la matière constitutive est le métal mais architecturalement traité différemment suivant l'époque.

L'ancienne "passerelle"  utilitaire, sans charme, raide, était dévolue au "passage" dans le prolongement de la rue de l'Ecole-de-médecine.

Suivant une conception de type mécaniste, elle  s'appuyait sur plusieurs  piliers plongés dans l'eau.  Des pieds  qui n'hésitaient pas à envahir les fonds de la rivière.

A l'époque, l'activité humaine est invasive pour les éco-systèmes, au profit de la « sainte- voiture »

Au désavantage des piliers en danger  car en cas de crues, les arbres pouvaient les heurter !

Ces bases  ont  mal vieilli et rouillé.

L'ouvrage   n'étaient d'ailleurs  pas prévu pour durer. Il est construit en 1952  par l'armée suisse lors d'un exercice.

On se le disait bien: il semble effectivement plus proche d'une structure  militaire construite  en hâte après bombardement qu'à une structure civile. Un peu anachronique , comme style au coeur de la Cité des banques...

Le nouveau pont livré en 2012 est autoportant, légèrement incurvé. Il laisse l'Arve s'écouler tranquillement sans entrave.

A son propos on ne parle plus d'un pont mais bien d'un ...tunnel aérien qui a choisi délibérément de cacher son usage réel !! Il masque la circulation automobile. Il est superbe.

pont.png

Pont Hans-Wildorf : porte ouverte en direction d'un urbanisme plus ostentatoire à Genève ?

La Fondation  Hans-Wildorf  finance en majeure partie l'opération qui prolonge la rue du même nom. Monsieur  Hans Wilsdorf (1881-1960) pour ceux qui ne le sauraient, avait fondé à Genève son  entreprise baptisée « horlogerie exquise »  devenue la célèbre Rolex.

On cherche à quoi ressemble ce pont traité en tunnel, quel  lien symbolique   le relie-t-il à la Ville ?

On pense à  un bras lancé sur l'Arve. Finalement « bras »  n'est pas précis. Oui : on peut parler  d'un...bracelet !

Cet ouvrage n'est -il pas un bracelet de joncs entrecroisés ?  Un bijou offert à la ville. Mais plus que cela probablement : un déclic culturel. Un pas vers une évolution urbanistique plus osée.

La Cité Calviniste se transforme...prudemment. Le plus grand luxe peut se découvrir ...derrière des façades austères. "Austérité" : là est bien  le souci !

De nombreuses entraves administratives avaient d'ailleurs  freiné le projet du nouveau Pont. Une longue attente, quitte à interdire quelquefois l'usage de  l'ancienne passerelle en coma dépassé, devenue dangereuse !

Aujourd'hui, une magnifique  structure métallique  visible, design, élégante,  relie deux quartiers de Genève.

N'est -elle pas symboliquement comme un pas que les Genevois viennent de  franchir  ensemble pour un nouvel essor architectural ?

IMGP0223.JPGOn est encore loin de comparer Genève à Dubai. D'autant que ce type de modernité  n'est pas du tout la tasse de thé calviniste. Voire son opposé.

La comparaison semble plus probante avec le nouveau  quartier Confluence de Lyon  plus proche de l'évolution urbanistique possible  de la néo- Genève en gestation. Une partie de la ville serait traitée en hauteur et design, d'une manière artistique mais  unitaire car limitée géographiquement.

Le Pont Hans-Wilsford plus qu'un pont, aura été le lien entre une conception utilitaire et le choix de la création urbanistique. Le lien, c'est-à-dire....l'acceptation par les Genevois?

Adieu, vieille passerelle âgée de 60 ans,  qui n'a pas démérité. Et bonjour à ce magnifique...TUNNEL !

Sylvie Neidinger

 

Fondation Hans-Wilsdorf Rolex

Construction métallique design (Aigle, canton de Vaud)  par Zwahlen & Mayr SA

 

 

Tag :Ville de  Genève, Fondation Hans-Wilsdorf, Rolex, Zwahlen& Mayr, plainpalais, les vernets, confluence Lyon,

suite : article sur le développement difficile des partariats publics-privés

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05/07/2012

Banquet républicain à Genève. Lettre à Rousseau, premier Indigné.

Monsieur  Jean-Jacques Rousseau,

Je vous  remercie d'être né  le 28 juin 1712.  Car cela m'a permis de passer une bonne soirée  jeudi dernier   28 juin 2012, au parc La Grange  avec la douce ondée vespérale qui montait des rives du Léman et caressait les esprits.Captureule recadré.PNG

Genève organisait un banquet républicain en l'honneur du  Tricentenaire de son célèbre citoyen: vous-même.
Célèbre  est trop faible, un mythe, une aura, un halo...

Luc Ferry est venu philosopher de France pour rappeler à juste titre que vous êtes assurément  Suisse. Ce que la machine hexagonale à panthéoniser, franciser, parisianiser tout ce qui brille du monde francophone oublie régulièrement ! Seul votre lointain ancêtre Denis Rousseau venu trouver refuge protestant  à Genève en 1549  était parisien, comme vous le savez.

Helvètes et genevois eux,  ne doutent pas de vos origines.

Vous avez été encensé ce soir là par les voix du Maire de Genève Rémy Pagani, de Mme Micheline Calmy-Rey, personnalité politique féminine de premier plan, du Conseiller d'Etat Charles Beer, de M. Sami Kanaan,  philosophes, artistes, invités....

Et tout ce beau monde de scruter votre « modernité ». Bizarre car le terme n'existait probablement pas au XVIIIème siècle ?

Vous concernant, je préfère largement parler d'Ombre des Lumières, l'intitulé du spectacle original qui a suivi le banquet, avec le  son  produit en direct par le Big Bang Orkhestrâ. Bel hommage à votre activité de musicien.

Oui, Monsieur Rousseau, vous êtes hyper contemporain  par le souffle lancé au-delà des siècles  qui agite encore nos consciences.

Qualifié de Premier Philosophe politique, vous avez effectivement défini les bases de nos Droits de l'homme -et de la femme !- de  citoyen, droits éducatifs etc. Votre lien majeur avec la nature se nomme aujourd'hui l'écologie.

ROUSEAU, L'INDIGNé PARADOXAL ISSU D'UNE TRAGEDIE SANS NOM !!!!!

Vous avez effectivement ouvert la renaissance idéologique du siècle des Lumières. Mais ....à votre corps défendant !

Cette magnifique date de naissance dignement célébrée est en réalité celle d'une tragédie. Vous naissez. Votre mère meurt.

La vie, la venue au monde, c'est habituellement 1+1=2.

Votre équation personnelle c'est (+1-1) = 0.

Une naissance pour une mort. Une naissance contre une mort.P1040151.JPG

Dame nature a cassé votre contrat social initial au premier jour de votre existence.

Le pacte que chaque être vivant reçoit en cadeau de la Vie, celui de naître d'une mère et d'en être aimé, vous a été refusé au départ.

Vous ne pourrez dans votre petite enfance vous fondre en elle pour ensuite mieux vous en séparer et construire votre individualité.

Durant toute votre existence, vous  rechercherez cette mère perdue  en vous étourdissant de relations avec les femmes,  trompant votre épouse Marie-Thérèse à ne plus va.

Pour mieux les séduire toutes et détecter en elles ce que chacune peut raconter de votre chère disparue.

En  grand séducteur  que vous êtes, vous passerez votre temps à les rassurer, à réparer. A tenter de réparer l'irréparable.

Il vous a été interdit d'être fils par cette perte originelle. Vous ne réussirez jamais à être père. Vous abandonnerez vos cinq enfants.

Votre lien social naturel étant rompu au départ,  vous considérez qu'il faut le fabriquer mais ...autrement. Vos véritables enfants seront en réalité...vos livres !

La bibliothèque de votre mère constituait votre unique lien physique, visuel  avec Elle. En plus des soupirs de votre Père face à cette délicieuse épouse perdue... Paradis perdu.

Votre reconstruction personnelle -thérapeutique ?-passera par  une impressionnante  élaboration intellectuelle philosophique associée  à une  recherche éperdue,  irrépressible  de sensualité.

En composant la Nouvelle Héloise, vous ouvrez les portes du romantisme  et de l'expression individualiste si forte aujourd'hui. Du sentiment amoureux. De l'intime. De l'intimité perturbée, matière à psychanalyse (si genevoise...)

Votre système de  pensée reste plus que paradoxal. Donc hyper moderne ! Vous allez démontrer  comment tout citoyen en votant librement pour telle option politique, met en place le système légal des lois  qui va le contraindre et auquel il devra s'assujettir.

Votre tragédie initiale vous a probablement rendu le premier Indigné de l'histoire comme homme en tension et du malheur ?

Indépendant, aussi. Vous vous autorisez à vous affranchir allègrement des règles sociales qui vous pèsent  en totale liberté. Que cela soit  accepté ou non par les autres, peu vous importe !

HOMME DE PARADOXES PLUTÔT QUE DE PREJUGES

"Pragmatique idéaliste ", vous avez une singulière manière de mettre en pratique vos idées. Vous allez jusqu'à parjurer votre foi calviniste pour mieux goûter aux charmes de Madame de Warens à Chambéry «  votre miel, votre pervenche » la première fleur que vous faites entrer à l7 ans dans votre herbier personnel.

Problème : elle est une mère de substitution puisque vous la nommez  « maman » Et elle de vous répondre « petit » !! (l'histoire dit peu que  cette dame était une  vaudoise d'origine ayant abjuré, elle aussi.)P1040115.JPG

Lorsqu'elle vous quitte, vous quittez la foi catholique pour revenir au bercail par mouvement pendulaire !

En assumant l'évidente contradiction, sans crainte, vous,  esprit si  libre !

Et de continuer à herboriser les femmes pour goûter de chacune  son parfum...portable.PNG

D'ailleurs, jeudi dernier, Jean- Jacques, j'ai cru vous apercevoir à côté d'une charmante, en pleine cueillette...

Non ! Il s'agissait en réalité d'un acteur moderne puisqu'il  a finalement sorti de sa poche son ...téléphone!

 ANTIQUE CHOEUR FEMININ LEMANIQUE

Jean-Jacques, cette confidence....

Il n'y avait plus de place assise au banquet en raison de son succès populaire. Je me suis donc installée sur les bancs externes, me retrouvant en compagnie de quatre charmantes genevoises très âgées qui, ne pratiquant pas internet,  ne s'étaient inscrites non plus au repas.

Vous auriez tellement adoré, tout comme moi, avoir passé la soirée en si charmante compagnie !

Brillantes, spirituelles, toutes confessions représentées, elles connaissaient  leur monde local sur le bout des doigts. Tel  monsieur qui passait devant nous fut qualifié de  « très très vieille famille genevoise » tel autre de  «  brillant historien »  L'une d'elles  avouait, malicieuse, regard pétillant   avoir été le professeur d'un Conseiller d'état présent au banquet...alors âgé de  12 ans.

Finalement, je suis intimement convaincue que jeudi dernier,  Jean Jacques, vous assistiez bien à ce  banquet républicain. Mais formellement placé.... parmi ce chœur antique de délicieuses dames mémorables, si fatiguées car  appuyées sur leurs cannes  et si vives d'Esprit de Genève.

Tout comme vous !

Sylvie Neidinger.

ville de Genève culture

château de penthes,rousseau,geneve,indignés,28 juin 1712Centre de recherche rousseauiste

Nota cet article visiblement a "séduit"! . Il est cité dans le compte rendu de l'année Rousseau MRL page 11

Tags : rousseau, genève, philosophie des lumières,micheline calmy-rey, charles beer,sami kanaan, luc ferry,MRL

 

crédit images photos Neidinger

 

28/06/2012

Marco D'Anna en escale à Penthes avec Corto Maltese

Le Musée des Suisses dans le monde vient de hisser les voiles. Un souffle de vent maritime entre dans la vénérable demeure et décoiffe  le célèbre ...Corto Maltese.

La brise  agite  sa  boucle d'oreille avec l'exposition « Le marin et le photographe »210620123464.jpg

Le maltais que l'on ne s'attendait pas a priori à rencontrer au Château de  Penthes à Pregny !

Le bédéiste vénitien prend toute sa place dans cet univers suissophile, lui qui a choisi Grandvaux (Vaud)  pour installer sa Fondation et... comme dernière demeure. Son  hommage aux Cantons par la magnifique série nommée« les Helvétiques » 26 planches est d'ailleurs visible  sur les lieux parmi les  70 œuvres  à disposition.

De toutes façons, la  BD est  systématiquement d'actualité à Genève ! Un genevois, Rodolphe  Töpffer (1799-1846)  n'est -il pas le  créateur théoricien mondial des  « images en séquence, texte et dessins interactifs »?

Le photographe Tessinois Marco D'Anna, tout en émotion avec Hugo Pratt -qu'il n'a pas connu - a posé ses pas dans ceux du dessinateur. Et son appareil photo dans les mêmes contrées lointaines  en 16  voyages de 2004 à 2010.

Un travail original de longue haleine initié avec la Fondation  et Patrizia Zanotti, commissaire de l'expo, mémoire vivante de l'héritage du dessinateur dont elle fut la collaboratrice .

La rencontre D'Anna/Pratt   témoigne d'une grande complexité intellectuelle. Car prendre des clichés dans les lieux de la bande dessinée  par mécanisme de  « photocopie » n'avait aucun sens. Les paysages n'existent même  plus, mangés par la modernité !

210620123469.jpgMarco D'Anna a dû plonger dans le « voyage intérieur » en interaction. Pour mieux comprendre, avec humilité. Et par tous moyens, jusqu'à relire James Joyce à propos des Celtiques. Qui est l'autre ? En retour, qui suis-je ?

Le processus créatif s'est établi en trois temps : la prise d'informations de tous ordres sur le terrain prattien  puis une annulation, un reset, un  départ à zéro qui laissera  place à la troisième phase, la propre vision du photographe.

«  Ces années ont bouleversé ma vie » affirme Marco D'Anna. On le croit ! L'œuvre d'Hugo Pratt  peut effectivement transporter très loin  avec ses messages ésotériques...

Le photographe a trouvé sa propre réponse esthétique « conjointe » par des originalités techniques.

Pour rendre hommage, l'artiste a choisi de déposer sur papier "fabriano"  cher aux aquarellistes ses « Polaroïd transferts »  Et l'encre colorée de la photo de se diffuser par imprégnation, tout comme les aquarelles du vénitien...

Quant à ses clichés en noir et blanc  hyper contrastés, ils  mettent de évidence  de gros grains. Sa  magnifique lagune de Venise par exemple  fait immédiatement  penser à deux périodes, avec son pointillisme exacerbé .

A la fois  aux petites touches des Impressionnistes du début 20ème....pile  la  période de jeunesse voyageuse d'Hugo Pratt et de sa créature maltésienne ! Et, en même temps  aux pixels numériques du XXIème siècle, le siècle de Marco D'Anna.

Pont entre peinture et photographie.Pont entre le pointilllé posé au pinceau et le point digital minimal.

Comme un Temps retrouvé, réconcilié, relié...

Musée toujours vivant.

Lors de la conférence de presse, Bénédict de Tscharner, le  Président de la Fondation pour l'histoire des Suisses dans le monde -accompagné du Directeur Anselm Zurfluh- faisait avec satisfaction  le constat  d'un musée bien vivant «  alive and kicking »

Le Conseil d'Etat de Genève qui a des projets d'aménagement du Domaine de Penthes semble avoir  intégré cette Institution  dans la future configuration.

Sylvie Neidinger

 

*Expo du 23 juin au 19 décembre 2012marco d anna 001.jpg

Musée des Suisses dans le Monde, Château de Penthes

18, chemin de l'Impératrice

1292 Pregny-Chambésy

www.penthes.ch

*Cong SA www.cortomaltese.com/hugopratt.com

*Livre « le marin et le photographe » de Marco d'Anna avec  le scénariste Marco  Steiner

 

Tags: Corto Maltese, Hugo Pratt, Cong sa, Musée des suisses dans le monde, Bénédict de Tscharner, Anselm Zurfluh,  Chateau de penthes, Patrizia Zanotti, Rudolphe Töpffer

 

 PHOTOGRAPHES A LA UNE

1-MARCO D'ANNA

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20/06/2012

L'université suisse comme modèle, contremodèle français

"L'enseignement supérieur  français est schizophrénique" titre le Point aujourd'hui ( 20 juin)  pour illustrer une interview de l'historien François Garçon, propos recueillis par Victoria Gairin que l'on cite :

universit 001.jpg

(extraits)

"Quels sont les modèles à suivre en Europe ?

Si un jour la France se décide à ouvrir les yeux sur ses voisins, vous voulez dire ? D'un côté, la Suisse, qui délivre un enseignement supérieur à la fois gratuit, public et libre d'accès, fondé sur l'idée d'autonomie des universités. Et d'autre part, la Grande-Bretagne, dont l'enseignement est, certes onéreux, mais d'excellence et restructuré il y a peu. Le système anglais accorde une place fondamentale à la compétition. C'est-à-dire que si Cambridge prend une année le pas sur Oxford dans un domaine particulier, l'année suivante, Oxford tentera de compter dans ses équipes un ponte en la matière. Jamais vous ne verrez ça en France.

Vous prônez aussi une évaluation des enseignants "à la suisse". Qu'apporte-t-elle ?

Elle a déjà le mérite d'exister ! Je suis arrivé à Paris-I en 1999, et depuis, on ne m'a quasiment jamais demandé ce que j'y faisais. En Suisse, il y a des critères de notation extrêmement précis. Sont prises en compte les publications (avec un ensemble très complexe de sous-critères), les invitations aux colloques, la participation aux activités de l'établissement..." (...)

Lire  la suite par le lien

 

Nota : actuellement moins disponible pour rédiger mes propres articles, j'alimente le blog en signalant des documents à thématique franco-suisse intéressante dont cet article du Point.  SN

SN

 

Unige :web

Tags : Université Suisse,Unige, Université française,Garçon, Le Point, , classement de Shangai

17:58 Publié dans A-GeneVie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : hebdomadaire le point, unige, université suisse, clssement de shangai ena | |  Facebook | | | |

15/06/2012

XIIème siècle, diocèse de Genève, carrière de molasse en Chablais

Deux archéologues médiévistes ont déposé récemment sur le site de  la Maison de l'Orient et de la Méditerranée,  Université  Lumière Lyon un article qui semble totalement rédigé pour nos contrées lémaniques !

Capture molasse mom2.PNGLes scientifiques Anne Baud et Anne Schmitt révèlent une page historique locale, photos et texte à retrouver sur le site directement :

« Gisement et transport de la molasse en Chablais au moyen-âge » webCapture molasse lyon.PNG

« Dès la deuxième moitié du XIIe siècle, les territoires correspondant à l'ancien diocèse de Genève, principalement soumis aux comtes et aux évêques de Genève, voient la formation de deux grandes seigneuries (Gex sur la rive droite du Rhône et Faucigny sur le cours de l'Arve) puis l'installation au nord-ouest du Petit-Lac des comtes de Savoie. Aux côtés de divers ordres religieux - chartreux, cisterciens, clunisiens et augustiniens - établis pour les premiers dès la fin du XIe siècle, de nouvelles fortifications contrôlent les cols, les vallées étroites et les avant-péages. Au XIIIe siècle, Annecy est capital des comtes de Genève.
(...)

La molasse permet un travail que l'on ne pourrait obtenir au cours du Moyen Age avec d'autres roches locales tels les très durs calcaires alpins. En revanche, lorsque la molasse est absente, c'est-à-dire dans le massif du chablais et les vallées alpines, les édifices sont construits en tuf, exceptés certains édifices comme l'église de Viuz-Faverges et l'abbaye d'Abondance pour lesquels le décor architectural nécessitait cette roche plus tendre.
Les comptes de châtellenie donnent parfois des informations sur l'origine des carrières. Sur la rive du lac Léman (château de Ripaille, abbaye du Lieu), les carrières se situent à proximité de Genève, sur le rivage opposé ou dans le lac ; le transport se fait par bateaux sur le lac. Au château de Bonneville, elles se trouvent à une distance de deux lieux du chantier et l'approvisionnement est par voie de terre. Seuls les bois sont transportés par radeaux sur l'Arve
. »

 

Maison de l'Orient et de la Méditerranée web

SN

Tags : molasse, MOM, université Lyon 2, chablais, genève, arve, archéologie médiévale, Anne Baud, Anne Schmitt, Haute-Savoie, Gex, Faucigny,Lausanne

14/05/2012

Le dollar, ce thaler

gallatin dollar 001.jpgLe billet de 500 US dollars émis le 10 mars 1862 par le Trésor américain  portait l'effigie du genevois Albert Gallatin.

Ce dernier militait pour une monnaie stable garantie par de réelles réserves en métaux précieux des banques émettrices. Il justifiera sa position en publiant dès 1830 un essai intitulé «  Considérations of the Currency and Banking System of the United States. »

Le premier dollar est mis en circulation en 1794, introduit par Alexandre Hamilton suite au Mint Act de 1792 -Coinage Act of 1792 : création d'un Hôtel des Monnaies baptisé United States Mint.

Le terme provient du «  dollar espagnol » largement diffusé sur le continent nord américain au 18ème siècle) issu lui-même d'une vieille appellation européenne :  le thaler ou taler.

L'Espagne, puissance majeure  colonisatrice du continent américain frappe largement monnaie en puisant dans les mines locales. Une de ses pièces argentées valait 8 reals, d'où, également l'origine historique probable  du  sigle de l'USD « $ » : un 8 !

La dénomination dollar est de souche européenne. Le joachimsthaler  ou jochenthaler fut une pièce de monnaie d'argent allemande fondue  sur la base d'un métal tiré des mines de Sankt-Joachimsthal en Bohème- argent usité  dès la fin du moyen-âge dans ce qui est devenu aujourd'hui  la République Tchèque.

Plusieurs versions équipent les circuits monétaires  des divers Etats allemands. Le thaler   va devenir "la" monnaie d'échanges par excellence (thal signifie vallée en français.)

Le célèbre thaler Marie-Thérèse 1er frappé en Autriche dès 1780 circulera jusqu' 1960...au Yémen et dans les souks orientaux !

Dans certains  cantons suissses, les deux orthographes se retrouvent: taler et thaler pour nommer certaines  pièces   antérieures au franc ( avant 1850)

En installant le Suisse Gallatin  sur un dollar américain, lequel vient du dollar espagnol, lequel provient du thaler germanique, lequel  dénommait également les monnaies de certains cantons helvètes ( entre autres batzen, kreutzer etc.) la boucle se boucle.

Le dollar  part de l'Europe et l'on s'en souvient.

Sylvie Neidinger

 

lire article Gallatin sur ce blog

visiter le Musée des Suisses dans le Monde, Pregny qui publie la collection spécialisée du même nom.(Editions de Penthes)

 

Tags : dollar,dollar US, dollar espagnol, monnaie, Albert Gallatin, musée des Suisses dans le Monde

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09/05/2012

Gallatin, l'autre genevois célèbre, technocrate avant l'heure

gallatin 001.jpgEn cette année  Rousseau, un autre genevois, Albert Gallatin reste d'actualité... bancaire.

Il fut Secrétaire au  Trésor américain  de 1801 à 1813 sous Jefferson.

Sa « philosophie de réduction de la dette publique » introduisait dans la gestion du budget le système des appropriations : « chaque dépense  devant être liée à une attribution préalable spécifique de fonds ». Une discipline difficile à suivre à l'époque par l'Armée et la Marine peu enclines à cette ferme tutelle du Trésor. Et encore plus difficile à suivre dans nos temps contemporains !

Albert Gallatin n'est pas un Père fondateur de l'Amérique.

Mais  reconnu pour avoir professionnalisé sa fonction de gestionnaire de la finance publique  à une époque où Washington commençait à peine à accueillir l'exécutif fédéral sur des terrains marécageux et malsains. Un village plutôt qu'une ville, avec quelques pensions de famille pour loger les politiciens, des rues de terre non pavées autour de la colline du Capitole.

Bénédict de Tscharner, président de la Fondation pour l'histoire des Suisses dans le Monde a rédigé en 2008  une intéressante monographie synthétique.

L'ouvrage  éclaire mieux la carrière de celui qui choisit de quitter la Rome protestante alors trop étriquée pour une incroyable vie de pionnier, créateur  de New Geneva en Pennsylvanie, bûcheron, négociant  agriculteur, prof de français,  député, Secrétaire au Trésor, fondateur de l'Université de New-York,  ethnologue, « ratificateur »  de traités internationaux et diplomate.

Albert de Gallatin sera en quelque sorte le prototype du technocrate aux compétences pointues.

Pourtant la cité calviniste  mit un temps certain avant de louer son grand homme puis le reconnaitre. Le premier colloque qui eut lieu sur l'héritage de Gallatin fut organisé par le Sénat... français !  Probablement parce que le Suisse s'était de lui -même détaché de sa ville natale (24 000 habitants alors) en la quittant très jeune ?

B. de Tscharner ancien ambassadeur helvète,  trouve toutefois  un malin plaisir à démontrer  combien  les qualités exceptionnelles recherchées chez cet homme sont...hyper genevoises. Il montrera comment dans les premières années de la République américaine, Albert Gallatin  se situe dans le camp des Anti-Fédéralistes. Tendance qui deviendra le « parti démocrate républicain » puis le Parti démocrate. Le bord de ceux qui  acceptent mal la centralisation et exigent du   pouvoir central de respecter la liberté des citoyens comme celle des Etats.

Dans la même veine, le secrétaire au Trésor  sera souvent- réalistiquement - pacifiste, un anti-guerre, cette activité si coûteuse...

En résumé : Gallatin prône la plus grande fermeté pour contrôler le porte-monnaie alliée à  la plus grande indépendance politique et au pragmatisme. Là est peut-être l'écume de l'esprit genevois intemporel ?

Détail lu « il n'est pas Genevois pour rien, loin d'être riche il sait parfaitement gérer ses finances personnelles (... ) sa gestion ne se réduit pas à de la pingrerie ; quand il découvre qu'acheter ses cigares par boîte lui fait consommer plus, il renonce à l'avantage du prix de gros et en revient à l'achat à l'unité »

En réalité, cet homme est  profondément européen !  Louis Necker  dira de lui « Il apparaît très clairement même après une cinquantaine d'années passées loin de sa ville natale, que Gallatin continuera à subi l'influence de sa formation genevoise. Ses écrits anthropologiques notamment leur cadre évolutionniste et ses études linguistiques sont marqués de manière évidente par les valeurs des Lumières : raison, progrès, avancement de la science, liberté, unité de l'humanité ».

Il est vrai que le chantre de la rigueur budgétaire avait   rencontré à plusieurs reprises Voltaire dans son enfance, en pays de Gex en accompagnant sa grand-mère  au Château de Tournay. Quelle vie !

Sylvie Neidinger

 

Albert Gallatin (1761-1849) Genevois au service des Etats-Unis d'Amérique par Bénédict de Tscharner Isbn 978-2-88474-086-9 (existe en français et en allemand)  Infolio/Editions des Penthes.  Collection des Suisses dans le monde.

Pour compléter la documentation sur... l'américano-genevois, le  Musée du domaine de Penthes propose  aux visiteurs des documents originaux Gallatin:

Chateau de Penthes

18, rue de l'Impératrice

CH-1292 Pregny-Chambésy

Institut des Suisses dans  le Monde.

Musée.

 

Tags : Albert Gallatin, Jefferson, Secrétaire au Trésor Américain, Benedict de Tscharner, Genève, Voltaire, Washington

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03/05/2012

Rappel: pérégriner ce soir, Nuit des Bains, Genève

L'Association du Quartier des Bains unit les galeries d'art contemporain de ce coin de la ville dans une démarche de communication active.

En fait les portes sont ouvertes ce soir 3 mai pour les vernissages. Cette démarche de visibilité commune  confère à Genève sa place incontournable sur  le marché de l'Art.IMGP0190.JPG

Deux institutions locales  participent aux agapes  : le Mamco (Musée d'art moderne) et le Centre l'Art contemporain.

La récente galerie asiatique Red Zone, rue des Bains, 40, que nous avions découverte lors de la dernière Nuit expose cette fois, en collaboration avec Artbongard une artiste de père coréen et de mère japonais : Tsuyu.

PETITS PAPIERS-PAPILLONS DE REVE,  PLIES ET VIREVOLTANTS...

Cette jeune dame applique la technique  orientale  hyper traditionnelle  de l'origami à ses créations d'essaims bruissants de ...papillons.

Des milliers de plis peuvent voir se réaliser les rêves les plus secrets dans la culture japonaise.

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Pour Tsuyu qui a choisi de vivre à Paris après New-York, le rêve éveillé consiste à  se demander si on est bien  homme ou papillon ?

Conclusion: ce soir, lors des libres pérégrinations nocturnes, ne pas oublier de visualiser, écouter ?  les essaims de petits papiers-papillons pliés et virevoltants.

Sylvie Neidinger

Tags : Association quartier des Bains, Mamco, Centre d'Art contemporain de Genève, Red zone , Tsuyu, Artbongard

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28/04/2012

La ceinture verte de Genève est-elle sa muraille de Chine?

Le logement est primordial en politique. Comme incarnation du « vivre ensemble »P1030865.JPG

En matière de construction, élus français et suisses s'interpellent quelquefois avec vigueur  -ou évitent soigneusement le débat...

Il y a peu, Antoine Vielliard (web) commentait   positivement la stratégie de Anne-Emery Torracinta,  candidate PS au Conseil d'Etat. Elle pose l'urbanisation comme préoccupation principale.

Le Canton suit un programme de construction de 1000 unités annuelles environ (web )  dénoncé régulièrement par les politiciens hexagonaux comme insuffisant par rapport à la nécessité.

Une photo vaut mieux que tous les discours. Elle est prise  cette semaine pile sur la zone frontière, aux pieds de Saint-Julien-en- Genevois.

P1030877.JPG

Côté France, pas moins de 8 grues sont visibles, 10 en tout. Le cliché n'a pas pu toutes les intégrer. Côté Suisse, le regard se perd  vers une magnifique nature agricole préservée.P1030886.JPG

Le dossier est ...chaud car il touche à la vision franco-suisse de l'organisation commune.

Chaud car les temps idéologiques sont de couleur brune (couleur partagée des deux côtés de la frontière vues les thématiques électorales hexagonales !)

Certains populistes suisses lancent des brûlots pour mieux...brûler les maisons des frontaliers   (cf article du Point-web)

 

EXPLOSION DEMOGRAPHIQUE COMMUNE AU GRAND SUD EST

Ils se trompent en visualisant Genève comme «  envahie » par ces cohortes de français éventuellement  crève-la-faim qui compteraient sur la Suisse pour leur unique  subsistance. Non.

Tout le quart sud-est est impacté par des soldes migratoires quelquefois à 1% par an : Rhône-Alpes, Paca, Languedoc Roussillon. Le littoral plus  encore. Prévisions Insee :"Croissance à l'horizon 2031"(web)

Cette problématique de l'accroissement massif des villes en population  est parfaitement connue étudiée, mesurée par  les démographes.

Genève n'échappe pas à cette logique supranationale à l'échelon européen. Elle n'est donc pas la seule ville lumière qui attire les lucioles !

Grenoble, universitaire et cité des nanotechnologies est  très intéressante à comparer à la capitale calviniste. Comme son homologue suisse, elle est coincée géographiquement -par les montagnes. Elle aussi tient à préserver sa verdure et ne pas sacrifier sa vallée du Grésivaudan.

Les deux agglomérations portent  une population sensiblement  égale intramuros ( entre 150 et 200 000 habitants) idem en global (entre 400 et 450 000 habitants)

Population Grenoble

Ville :156 107          (2007)

Agglo :  404   196

Population Genève

Ville : 187 500          (2010)

Canton : 430  638

Grenoble

2750 neufs

5150 réhabilités

Genève

1000 constructions par an

 

*attention : chiffres  à ne prendre que comme indicatifs. Les statistiques varient suivant les sources et données précises qu'elles intègrent.Grenoble :sources de la  Metro

Pour un niveau similaire, des prospectives d'afflux de même échelle,  Grenoble construit trois fois plus de logements neufs que Genève en prévision d'apports de population estimés en milliers dans les années futures.

Sans parler du nombre des réhabilitations. Avec un résultat positif :densification et requalification présentent l'immense avantage d'un changement de physionomie de la ville. Verrues urbaines, vieux entrepôts laissent place à des programmes immobiliers visuellement agréables et aux dernières normes du développement durable.

A Lyon la rénovation urbaine va également bon train. Avec même  des choix architecturaux audacieux  tel le nouveau quartier  Confluence (web) qui prend des airs de Dubaï. Certes la mégapole Rhône-alpine (plus d'un million d'habitants, deuxième ville de France) joue dans la catégorie supérieure par sa taille et ses  projets urbains.

La ceinture verte de Genève est-elle juste ? Oui. Opinion personnelle: sanctuariser la verte campagne se justifie. Rien de pire que le mitage de paysage.

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Mais attention :  pas aux dépends d'un tiers,  les terres agricoles du genevois français en l'occurrence ! Les terres agricoles de ce coté ayant tout autant à profiter de la même logique de protection.

Densifier Genève un peu plus rapidement  semble de bon sens, tout comme l'amélioration des transports collectifs internes et transfrontaliers.

Actuellement, la muraille  se construit ...en France au grand dam les élus locaux qui eux aussi entendent  sanctuariser les terres agricoles proches de la frontière en réponse.

La muraille de Chine genevoise  côté  France : vous avez dit immeubles ou gratte-ciels ?

                                                                         Sylvie Neidinger

Crédit photos sylvie neidinger

 

 

Tags : ceinture verte, transfrontalier, muraille de Chine, densification urbaine, Genève, Grenoble, Lyon, démographie , Confluence, accroissement de population, grand Sud-est, populisme, , Torracinta, Conseil d'Etat, la Metro de Grenoble, Saint-Julien-en-Genevois

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