Art-Design, Galeries - Page 2

  • Joli SAC CABAS en rideau d'air d'OPERA !

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    RIDEAU  ! Et ensuite...BOBINE !

    Une collaboration inédite entre le Grand Théâtre, place de Neuve  et l'association de réinsertion Label Bobine aboutit à la création  d'accessoires de mode.

    [Nota-Tout à fait d'accord avec le leitmotiv de la saison 2013/2014: "emmène moi à l'opéra"!]

    Deux planètes se sont bien rencontrées.

    Chaque saison, l'Opéra de Genève  "consomme" environ 700 mètres carrés de bâches et oriflammes publicitaires...

    CLabel Bobine, geneve, opéra, cas cabas, Grand théatre.ette matière première est recyclée avec élégance aux bons soin de celles qui vont laver, découper, assembler, coudre  et soigner les finitions.

    Pour un produit totalement original. Vendu  à l'accueil du  Grand Théâtre exclusivement, en édition limitée, production 100 % genevoise .

    UN OPERA SOUS LE BRAS !

    Label Bobine, geneve, opéra, cas cabas, Grand théatre.Cette toile recyclée est toute emprunte des ut, des trémolos, des émotions,  des clés de sol, des pas de deux, des froufrous de costumes de la saison finie. En toute légèreté concrétisée en un joli sac : bonne idée maestro !

    Excellente ouverture d'esprit que ce co-branding entre  deux  univers si éloignés qui partagent un projet commun.

     Dans cet échange de bons procédés,  les  couturières en réinsertion sociale ont-elles un jour  franchi la porte de l'Opéra pour assister à une séquence  musicale  ?

    On le souhaite. EMMENE LES A L'OPERA !    Sylvie Neidinger

     

    GTG. Grand Théâtre de Genève 5, place de Neuve. G.

    Label Bobine aux Eaux Vives  27, rue du Nant  1207 Genève. Autres produits inventifs de l'atelier visibles en  boutique autour du recyclage créatif original "made in Geneva"Tél. 022 700 00 27

     *Ce blog est strictement non commercial. Cette note est rédigée autour d'un produit volontairement en toute indépendance  car liée à une info intéressante: cette  action sociale inédite dans un lieu nommé Opéra. Qui au départ est"vu" comme  art privilégié. Intérêt que la découverte d'une association, Label Bobine, qui concrétise sa démarche de réinsertion par des produits finis ultra valorisés car carrément  tendance !  SN

    Label Bobine, geneve, opéra, cas cabas, Grand théatre.

                                                                                               

  • Quand le talon d'Achille présente la fragilité de la coquille d'oeuf

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    Belle idée de Designer, un professionnel qui a toujours  l'oeil.

    Il a détecté et amplifié une forme ovale parfaite  là où on ne l'attendait pas.

    Mais où là où on l'attendait tout de même un peu ... Puisque l'oeuf semble niché là depuis toujours comme finition naturelle de la chaussure !

    design oeuf 001.jpg

    Cette pub date un peu: du printemps 2013.

    Créée pour vanter l'existence d'un nouveau master dit "marketing du luxe" creageneve.com, sawi.com.

    Devise sympa trouvée sur le site  "L'esprit tel un parachute ne fonctionne que s'il est ouvert " (H Ford)

    Le visuel est une réalisation de la directrice artistique Gwendolyn Muller et du photographe Olivier Pasqual.

    Créa+Sawi 

    On comprend  alors la qualité de l'idée de la photo liée au thème.

     "  le Luxe avait besoin de trouver une chaussure à son pied".

    Et l'oeuf qui va avec...

    L'expression "marcher sur des oeufs" conviendra aussi !

                                                                                                                   Sylvie Neidinger

  • Shan Sa chez Red Zone

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    " Et la lune descend sur le temple qui fut "

    La surprise fut, en poussant la porte de Red Zone  au 40, rshan sa bnbnb.GIFue des Bains  le 12 septembre dernier pour la-dite  Nuit des Bains - et les vernissages- de rencontrer directement, en toute simplicité Shan Sa, l'artiste-peintre  invitée, cette jeune femme chinoise  avenante et  si féminine.

    Dont on a senti immédiatement le caractère bien trempé, la suite dans les idées. Le ton juste. Entre ciel et terre, comme ses végétaux ligneux, elle incarne si bien son nom de plume, au vent de la brise qui caresse la montagne...

    Shan Sa est en fait multi-créatrice: écrivain au départ, poétesse, peintre, musicienne. Tout s'enchaîne. Née à Pékin en Chine, issue d'une famille traditionnelle et lettrée, elle se fait littérairement remarquer dès son plus jeune âge, comme le souligne sa biographie :

    " Elle a commencé à écrire et à publier des poèmes dès l'âge de 7 ans et aussi commencé à étudier la calligraphie chinoise et la peinture traditionnelle chinoise. Son premier recueil de poèmes a été publié à son âge de 10 ans et a été largement salué par des écrivains chinois les plus éminents du 20ème siècle, y compris le poète Ai Qing, le romancier Liu Xinwu, Yan Wenjin, et le critique littéraire Xie Mian. Quand elle avait 14 ans, elle est devenue la plus jeune membre de l'Association des écrivains de Pékin."

    Pas moins....red zone,blog neidinger,chine,pékin,geneve,shan sa,fondation balthus

    Elle vient étudier à Paris mais la Suisse intervient aussi dans son parcours

    "En 1994, elle a rencontré le peintre Balthus et sa femme japonaise Setsuko en Suisse. Shan Sa est devenue leur assistante. Durant ces deux années, Shan Sa écrit son premier roman en français,  observe le travail du dernier grand maître de la peinture figurative du 20ème siècle. Pendant ce temps, elle participé également à l'organisation des expositions rétrospectives de Balthus à Taiwan, Hong Kong et Pékin"

    Poète, musicienne, écrivain, peintre, elle  tire  plusieurs cordes de son arc de vie. Pour chanter son unique musique.

    Perchée sur un socle solide: ce peintre contemporain part d'un savoir chinois traditionnel certain. Petite, elle s'exerçait à illustrer des poèmes chinois anciens classiques.

    Surprise : lorsqu'elle se met à écrire en langue française, c'est tout de suite...bingo.

    Sa Joueuse de go ( Folio) : roman paru en 2003  qui mêle Japon et Chine connait un succès littéraire immédiat (Prix de  lycéen).

    Extrait:" La légende dit que le Japon est une île flottante posée sur e dos d'un poisson-chat dont le mouvement provoque des tremblements de terre"....

    Une chose certaine, Shan Sa, solide comme la montagne, forte et souple comme la branche d'arbre posée entre ciel et terre, est bien une joueuse de go impérialement chinoise.

    Impérieuse aussi  de sa stratégie....artistique personnelle.

    "Sa silhouette s'incruste dans le ciel. Le vent effleure les branches chargées d'oiseaux particulièrement joyeuses..."                                                                

                                                                                   Sylvie Neidinger


    La galerie genevoise Red Zone continue son travail spécialisé de meilleure connaissance des artistes liés à l'Asie. Shan Sa est visible jusqu'au 31 octobre.

    Quartier des Bains, Genève

    Nuit des Bains, Genève.

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  • Design d'objet: une clef USB tentacule qui remue!

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    La pieuvre s'introduit dans vos  données personnelles.design,usb-pieuvre,thinkgeek,réseaux sociaux

    Non, je ne parle pas de la mafia. Mais d'un objet traité "design" au résultat si rigolo, si  surprenant que je le propose ici.

    Un produit ThinKGeek [la marque est citée  alors que mon blog n'est strictement pas commercial car c' est réellement novateur et tendance] le usb Squirming Tentacle.

    Bon produit pour les geeks que nous sommes devenus !

     Attention cela ne va pas plaire au chef ( du bureau) si nous nous amusons au travail avec cet objet parfaitement inutile.

    Lorsqu'il est connecté le tentacule de pieuvre bouge!

    L'art et la manière de rendre un inanimé animé.

    La photo publicitaire qui met en scène une femme nous laisse ajouter le son: beurk.

    Forte réaction féminine qui puise dans l'inconscient devant cette tentacule mobile....

    On va s'amuser dans les bureaux les lundi matin ou free-friday !

     A noter, cet intéressant trajet de l'info. Elle m'arrive par Twitter [@sylvieneidinger]

    Issue d'un blog Nouvelles Technologies et retwittée par d'autres.

    Je la "redistribue" par le "blog Neidinger"

    Logique de réseaux sociaux et de nouveau médias. 

     Tendance geek jusqu'au bout des ventouses cette clef USB vivante !     SN

    design,usb-pieuvre,réseaux sociaux

     

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  • Caméra 3D

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     Vous avez déjà approché une caméra 3 D, vous ? Pour moi, c'était la première fois...P1070661.JPG

    L'instrument est exposé à la Biennale du Design Saint-Etienne par 3D live project. Pour des évènements stéréoscopiques.

    P1070663.JPGVous dire que j'ai compris ce système d'optiques et les principes de cette technologie en relief serait mentir ! Difficile sans explication.

    On observe deux caméras  en angle droit autour d'une sorte de miroir complexe.

    Un matériel de pros*, surprenant et surtout rare à rencontrer de visu.

    Sylvie Neidinger

    *Toute info sur son principe sera la bienvenue.

    camera3d,3dlive project,design saint-etienne

     

    P1070662.JPG

  • DESIGN Saint-Etienne, 8ème biennale internationale

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    61 expos, 650 projets de 450 designers, 42 délégations internationales, 80 lieux d’expos : grand raout Rhône-Alpin jusqu’au 31 mars.design saint-etienne,8ème biennale internationale,orange

    Le design ? Il se mêle de tout et s’introduit dans nos vies quotidiennes.

    Normal: le dessein de tracer le plus joli dessin – la Ligne Idéale- génère une dualité. 

    Une forme s’applique à un fond. A un  usage en fait. Donc à nos vies.

     Les industriels l’ont bien compris qui valorisent leurs offres par une réflexion incontournable, des investissements conséquents  en  R&D et ...leur présence massive à la Biennale.

     Design est un terme introduit pour la première fois en 1849  dans une revue anglaise, le  Journal of  Design and Manufacturing, par un certain Henry Coles.

     Un terme francophone en fait… la langue anglaise étant évidemment  fabriquée sur une large base d’ancien français.

    * « Design » suppose  la notion de « forme appliquée » donc à vocation sociale et collective autour de l’ « objet » cet artefact. Avec le projet récurrent de transformer tout  prototype en série.

    *« Art » présente la connotation d’individualité en création.

     Au final, les deux étymologies  se rejoignent autour d'un art du travail bien fait. Elles diffèrent juste dans la temporalité : Art/isan évoque les corporations  du moyen âge, les maîtres. Alors  que Design  ouvre les portes du futur.design saint-etienne,8ème biennale internationale,orange

    EMPATHIE: thématique choisie pour l’édition 2013.design saint-etienne,8ème biennale internationale,orange

    Selon Elsa Francès,  Directrice  de la Biennale de Saint-Etienne, ce  choix  fut collectif:«  Dans une période où nous sommes en mal d’utopie(…)  l’empathie pourrait être porteuse de l’espoir d’une société plus sensible et plus attentive. »

     A Saint-Etienne, quelques prototypes  pouvaient  largement se retrouver au Salon de l’automobile de Genève: une curieuse petite voiture pliable (35 kg tout de même) un véhicule à ouverture complètement latérale et une  voiture électrique Renault toute en recherche phonique.

    design saint-etienne,8ème biennale internationale,orange

     Il ne s’agit que de quelques exemples parmi les centaines de propositions visibles sur place.

    Humour toujours présent car toujours compagnon des designers, avec cette pédale de vélo conçue pour ...talon aiguille !

     TENDANCE SILENCE

     Quelle tendance 2013 j’observe à ce salon ? Probablement les recherches autour du silence.

    Elles peuvent être paroxystiques puisque Yamaha (sv100)présente des prototypes de ...violons silencieux. Le piano silencieux existe déjà. Bonne idée que d’enfermer le grincement de celui qui commence à étudier le violon, instrument difficile, dans le casque du musicien !

     Voilà un exemple parfait d’objet "designé" autour de la passion personnelle d’un instrumentiste : recherche esthétique, technologique et fonctionnelle pour un usage social (pouvoir jouer du violon dans un immeuble sans gêner les voisins) commercial, industriel. Donc favorisant l’emploi,  celui  de la création,  fabrication, commercialisation, de la banque qui prête, de la réparation, de la pub jusqu’à  de la valorisation du déchet en fin de cycle etc.

    En fait le design, c’est la vie. La vraie. Pas une fiction. Enjeux industriels et financiers majeurs.

     Cette  Tendance silence m’intéresse au plus haut point. Car l’humain, ce  supra-animal communiquant fait taire les machines...  pour mieux s’écouter, lui !design saint-etienne,rhône-alpes,8ème biennale internationale,orange

    D’accord, cela fait quelques milliers d’années que l'intelligence organisationnelle humaine liée aux informations échangées l’a positionné en prédateur-organisateur en chef de la planète.

    Mais depuis quelques temps, l'homme développe les échanges numériques  à vitesse V par la @-communication, internet, les mobiles, les tablettes.

    De fait, la prospective  industrialo-design est la plus redoutable qu'il soit. Il s'agit d'humer l'air du temps pour se positionner avant la concurrence sur un produit innovant réclamant de nombreuses recherches. Recherches qui peuvent s'avérer entre-temps vaines, désuètes, obsolètes avant d'avoir vécu !

    DESIGN NUMERIQUE

     La partie de l’expo qui m’a le plus attirée fut justement celle dédiée au Design Numérique. Car il pose de sérieuses questions théoriques. Notre environnement quotidien est en constante interraction  avec ces objets communicants.design saint-etienne,8ème biennale internationale,orange

    Ceci créé-t-il des relations de plus en plus étroites entre les êtres ?

    Ou entre les êtres et les machines ?????

    Question posée  à la Biennale: jusqu’où est-il souhaitable d’engager une liaison empathique avec les machines ???

    Réponse hyper passionnante avec Orange et son  tatouage fonctionnel protot' qui fait passer le son par l’os du crâne !

    Ce nouveau rapport à l’artefact nous rapproche de la relation que nous entretenons avec le vivant.

    Et nous nous  interrogeons avec quelques objets phares.

    L'industriel Orange est   partenaire de la manifestation. L'innovation reste au centre de ses préoccupations puisqu'il dispose en interne d'équipes Design&Use Expérience.

     Depuis 2 ans, 2011-2012, il organise avec les écoles de design un concours autour de son coeur de métier. Résultat visible à Saint-Etienne. Impressionant:

     design saint-etienne,8ème biennale internationale,orangeOS 2.0 : un patch sonore qui se porte comme un tatouage sur la peau (conduction du son par les os) (ESAA Duperré, Théo Mongourdin)
    - Zest qui permet de téléphoner sans toucher l’appareil grâce à la technologie de captation de mouvement (ENSCI- Kim Shinhyung)
    - Switch : un système de production holographique en 3D (ISD – Simon Lauwerier, Sandrine Danho, Jean-Pierre Hu, Adrian Borsoi er Han Dinh)
    - BlahBlah : un procédé pour enregistrer des messages vocaux et les graver sur des stickers (CSM- Szu Wen Wang)

     Ok, va pour le bijoux-téléphone en cuir !

    Mais le patch sonore tatouage porté à même la peau est-il  empathique, sympathique ou antipathique ???design saint-etienne,8ème biennale internationale,orange

    A quand la machine intégrée en interne au corps humain ??

    Après tout, le pace-maker est déjà en place.

    La science-fiction, avec les techno-designers, est toujours derrière ...carrément dépassée.

     Sylvie Neidinger

                                            Rubrique: Design,style,création,galeries

  • David Douglas Duncan à mon bras gauche: Vietnam, Vietnam!

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     Dieu, que le hasard du destin est puissant !!

     En choisissant de visiter  l’expo « Picasso à l’œuvre dans l’objectif de David Douglas Duncan » ce vendredi 1er février à Genève (vite avant la clôture définitive du 3/02) j’avais sans le savoir, choisi de visiter le Musée d’art et d’histoire…en même temps que le célèbre photographe.

    P1060944.JPGdavid douglas duncan,picasso,musée des art et de l"histoire,geneve,marines us,neidingerUne inconnue dont le sourire illuminait encore son visage me dit spontanément en me croisant «Duncan est dans les locaux. Il a été applaudi à la cafèt  !»

    Je refais vite  un tour de piste muséal : trop tard à 5 mn près. Envolé, l'oiseau…Dommage.

    Sa présence à l'intérieur de l’expo fut certainement   du pur bonheur intellectuel pour ceux qui eurent la chance de l'accompagner. En effet, elle court-circuitait le Temps.

    Dans les années 50 (1956 exactement) il avait  photographié Picasso en acte de création des Baigneurs  à la Garoupe -entre autres -dans la première « maison » de ce tableau, la villa California à Cannes.

    Duncan se  retrouvait ce vendredi 1er février 2013 face à la même peinture hébergée  dans son actuel foyer: le Musée genevois où l'oeuvre est entrée par donation de Paloma.

    Face à  ses propres clichés. Des souvenirs pour lui. De l'Histoire de l'Art pour nous.

    Enchevêtrement de temporalités.

    La présence du photographe a certainement rendu sa visite  carrément ethnologique pour ceux l'accompagnant. Dommage d’avoir raté cela.

     IMMENSE FORCE DE LA DOUCEUR DE DUNCAN

     Quelle ne fut pas ma surprise, en sortant de le voir. Lui. Oui.  Accolé au mur d’accueil, à droite, direction sortie.Seul. Un mur bienvenu pour le soutenir  du haut de ses 97 ans  portés par deux béquilles.

    Je lui demande l’autorisation de le photographier. Il accepte.

    C’est tout naturellement que je lui tends mon bras  pour descendre le long escalier  en direction de son taxi.

    Fort heureusement, les marches du Musée genevois sont nombreuses...

    Très rapidement, je lui dis être impressionnée d’avoir à mon bras – côté gauche, côté cœur -une légende du siècle !

    Il fait une pause et me regarde très directement en toute simplicité, en toute bonté presque  amicale, déjà.

    Il me répond : « VIETNAM, VIETNAM » Pas de référence spontanée à Picasso.

    Je continue alors «  le monde est toujours en guerre malheureusement. L’amour n’a pas prévalu » On se comprend. Il sourit.

    Il était alors inutile de casser ce moment magique par une parole supplémentaire. La question que je comptais lui poser à savoir «  Picasso était-il un ami difficile ? »  devenant parfaitement superflue.

    D’autant que la réponse est largement prévisible :

    1) Ami avec  Picasso, il était impossible qu’il le critiquât car on ne critique pas un ami !

    2)  Picasso était évidemment un ami, un mari, un père, un amant …très difficile. Sans aucun doute.

    3) Mais l’épaisseur humaine de Duncan fut si forte qu’il a réussi à apprivoiser le Minotaure au point de le photographier jusque dans sa baignoire...

    P1060940.JPG

     Arrivés sur le parvis, il me vient un geste maternel. Filial serait plus exact. J’enferme sa main entre mes paumes, à plusieurs reprises. Emotion.

    Non je ne cherchais pas à capter une quelconque aura du type «  cette main que je tiens, a salué Picasso » Cela eut été parfaitement mégalo.  Et inexact. Car elle   n’appartient qu’à lui !

     La main enserrée était en fait celle qui a ...porté le boîtier de l'appareil photo et dont l’index a appuyé des centaines de fois  sur le déclic : reporter de guerre, aristocrate du métier ! Grand témoin de l’enfer rendu sous forme  humaine sur terre…

     David Douglas Duncan monte doucement dans son taxi. Omission de prendre l’ultime photo d’une scène intéressante: le taxi et le Musée dont les escaliers devenus  plus célèbres pour moi que ceux de Cannes !

     Une  fois le photographe  parti, je reste  sur place à réfléchir. VIETNAM, VIETNAM tourne en boucle.

     DUNCAN ET PICASSO, DEUX ETRES UNIS PAR CE QU’ILS DETESTAIENT : LA GUERRE

    Bien évidemment, les deux compères, monstres du XXème siècle étaient amis au point que Duncan a publié plusieurs ouvrages en mémoire de Picasso.

    Ces deux célébrités forment-elles un" couple"? Non !Ce terme intéressant pour la notion de complémentarité ne convient pas ici car  il évoque un masculin et un féminin qui n'a pas lieu d'être les concernant.

    La terminologie  que je choisis au final appartient au vocabulaire de l’archéologie: des PAREDRES!

    A y réfléchir, une parfaite "opposition symétrique  complémentaire" unit les deux artistes-témoins, quelque peu Janus et démiurges. Parfaits "alter ego".

    Du structuralisme pur:

    * Picasso créé dans un univers interne  protégé, entouré d’enfants, de femmes et d’amis. Atelier photographié, grand capharnaüm débordant de toutes oeuvres posées jusqu'au sol.

    Duncan créé en externe, en ambiance hostile, en se mettant en danger dans les pays les plus lointains.

    *Picasso extirpe l'acte  créatif  de sa main, de son intérieur, de sa vue, de sa mémoire, de sa sensibilité. Il peut recommencer la même courbe un jour et le lendemain.

    Duncan, s’il rate un cliché,   ne peut le recommencer car le monde vit et ne l’attend  pas.

    *Picasso agit avec   la matière, la couleur.

    Duncan finalise sur papier glacé.

    *Picasso est un démiurge du temps. En dessinant un visage à la fois de face et de profil, il intègre deux temporalités.

    Duncan capte le monde au centième de seconde d’ouverture et d'obturation de son objectif.

                                                                  **

    Complémentarités opposées : ils sont , en fait, les deux faces d'une même  feuille... plate. La feuille, support d'information visuelle autour d'une thématique majeure: le PACIFISME.

    *Picasso fit entrer la  3 D sur un espace plat (cubisme, Demoiselles d’Avignon) Le peintre réussit à faire cohabiter deux plans abstraits sur une même toile.

    Les photos présentées à  l'expo  de Genève sur "Picasso créant" montraient d'ailleurs combien l'artiste aimait à fabriquer des sculptures, en réel   au préalable du rendu plat  dans son processus créatif :femmes aux bras écartés par exemple, de tous matériaux, cartons, fer.

    3D  pour mieux  coucher leur représentation sur une toile plate comme finalité qui l'intéresse.

    *Duncan, lui, photographie le monde par définition en volume et le présente sur la feuille-cliché.

    DEUX PAREDRES UNIS PAR UN PACIFISME SINCERE

    Finalement, voici le moteur majeur de leur acte créatif. Chacun de ces Géants du Siècle avec le choix de ses propres armes....son art propre,  la photo ou le graphisme a exprimé   la même exécration  vitale de la guerre.david douglas duncan,picasso,musée des art et de l"histoire,geneve,marines us,neidinger

    Duncan s’introduit chez Picasso en 1956. Cinq ans avant, en 1951, il avait publié « This is war » livre de dénonciation dont les bénéfices sont donnés aux veuves et orphelins des Marines US.

    Né en 1916, au cœur de la première guerre mondiale,  reporter de guerre pour l’armée US, devenu reporter pour Life, Duncan sera un témoin de la seconde guerre mondiale, de  la guerre de Corée puis de celle du  Vietnam. Et du moyen-orient.

    Picasso lui,  peint Guernica en 1937, de colère et de rage face aux bombardements qui  tuent les innocents. Il conçoit  sa Colombe de la Paix en 1949  à l'occasion de son adhésion au Conseil Mondial de la Paix. Il reçoit à ce titre un prix international de la paix.

    Le message des deux  parèdres, Picasso et Duncan, profondément anti-guerre  n’ a pas encore été entendu. Ni appliqué.

    Mais il est toujours là pour ceux qui savent écouter, en avertissement lancinant prononcé de la voix la plus douce : Vietnam ! Vietnam!

                                                              Sylvie Neidinger

     

    Souscription publique pour les clichés originaux de Picasso en action

    Musée d'art et d'histoire de Genève,

    Crédit images photo   ©Neidinger Autres=captures d'écran (dont exhibition. University of Texas Austin)

     

     

     

  • Sumo en lutte signalé rue de la Corraterie. Contre qui?

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    "Puissant". Massif pourrait-on dire. Comme un sumotori, un vrai. Surprise au détour d'une rue genevoise de croiser une telle masse musculaire humaine de plus de deux mètres !sumo

    Street Art ??? Pas vraiment. Oui, l'oeuvre appartient bien  au domaine de l'Art. Oui, elle est localisée dans la" Street Corraterie". Oui, elle est exposée  d'une manière éphèmère. Trois critères majeurs du Street Art.

     En réalité, en s'approchant, on découvre la plaque de l'artiste Alexandra Gestin.véritable groupie de la thématique japonisante. Et adepte de l'hyper volume.sumo

    Ce sumo albinos 3D  appartient bien  à l'univers des galeristes.

    Mais en expo " total open space"

     

    Renseignement pris, la galerie Bel Air Fine Art est invitée tout à fait officiellement à exposer régulièrement  sur le large trottoir  de sa devanture, au 7.sumo

    Excellente idée car le promeneur s'offre une réelle  expérience de rencontre créative en tournant autour du  lutteur japonais de résine toute blanche et brillante.

    Objet à physionomie humaine mais hors norme visité sous toutes ses coutures... Cuisses et fessiers bovins. Corps déformé. Comme les vrais sumotori. Ceux que dans la vraie vie personne n'a jamais rencontré.sumo

    Mais qui est le challenger du terrifiant asiatique prêt à la bagarre rituelle  imminente ?

    De quel passant  le lutteur japonais est-il en attente dans cette rue de la Corraterie? Vous ou moi? ( je préfère d'ailleurs vous que moi )

    Il est tapi. Prêt à bondir. A détendre son ressort. Inquiétant.

    sumo

    Au fait, le combat est inégal puisqu'en regardant bien, ce  Japonais traditionnel et naté  est déjà plaqué au sol, immobilisé à mort par des fers.

    -Certes pour éviter le vol.

     Les voies  de Genève recèlent de bonne surprises.

    Insolites et volumineuses. Sayonara.

                                                      Sylvie Neidinger

    sumosumo

    sumo

    sumo

    sumo

  • Coulures de sang. Konny Steding, Paris

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    La rubrique Graph'Urbain-Street Art ouverte récemment était supposée ne s'intéresser qu'aux visuels de  Genève. Cela n'a pas été tenable. Il  est des "rencontres de rue"  chocs à faire...partout. Ici , Impasse Guéménée, Paris. Rue calme, chic. Et pourtant...frisson.

    Art éphémère. Précisément Street Art avec Konny Steding.

    Galerie Moretti Moretti

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    La galerie Moretti Moretti - 700 mètres carrés dans un espace historique parisien, fondations du château des Tournelles entre Bastille et Place des Vosges.

    En surface, une artiste s'en donne à coeur joie!  Librement. Konny Steding avait commencé à 14 ans en envoyant directement des pots de peinture sur le mur de Berlin.

    Activiste, toujours rebelle  elle n'hésite pas à perturber la FIAC avec ses projections intempestives! Par principe l'artiste du Street Art ne demande pas les autorisations nécessaires. Pour exposer ses coulures préférées, elle pratique la technique mixte sur support papier avec pochoir, peinture.

    Découverte d'un très beau texte de Jacques Bouzerand sur le Street Art (à trouver dans l'onglet sur l'artiste après être entré sur le site web de la galerie Moretti-Moretti)

     

    Sylvie Neidinger, novembre 2012

     

    Reproduction du texte de Jacques Bouzerand, Paris septembre 2012 sur le Street Art:

     

    "Pourquoi depuis qu’ils vivent en société les hommes ( et les femmes )

    ont-ils décidé de couvrir les parois ou les murs qui les entourent

    d’images ou de signes mystérieux ? Pourquoi ? C’est en tout cas ainsi

    d’Altamira à la Chapelle Sixtine, de Pech-Merle aux murs de la Sorbonne

    en 1968 et au Mur de Berlin (jusqu’en 1989). Partout, en tous lieux, la

    muraille, la cloison, le panneau sert de support aux icones des

    civilisations qui passent. Ce n’est pas un hasard si notre siècle en

    surfant sur ces modèles et en les démultipliant a donné vie à une des

    formes d’art les plus inventives et vivaces : le street art.

     

    Peut être, parce que les civilisations se savent mortelles, veulent-elles

    laisser sur la coquille de leurs habitacles les traces de leurs rêves, de

    leurs cauchemars, de leurs passades ou de leurs aspirations. Le bison,

    le cheval, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, les Lüftimalereien,

    ces trompe l’oeiI sur le Mur ouvrant l’espace à la liberté… tout fait

    toujours sens sur les murs et appelle à la réflexion…

     En associant dans sa pratique artistique le souci de plus en plus

    contemporain de la préservation, du sauvetage de la Planète et la soif

    généralisée d’évasion vers des paradis artificiels, Konny Steding s’est

    fait une belle réputation internationale. Du Mur de Berlin à la Rockefeller

    University, puis à Cologne, à Berlin, à Paris, ) New-York, à Londres, à

    Toronto…, Konny Steding , née à Stuttgart, a en effet ponctué ses

    séjours de performances et d’affichages remarqués. Double jeu. Double

    je. Ses performances tournent autour de la notion de déchet, de gâchis,

    de destruction, de pollution… Dans les couloirs des métros, dans les

    galeries, sur les trottoirs des villes, cette « activiste urbaine » fait de la

    poubelle l’alpha et l’omega de la société. C’est, pour elle, le symbole à la

    fois honni et adulé de la consommation poussée jusqu’à ses extrêmes

    et, qui sait, jusqu’à la perte de la civilisation. Mais, les interventions de

    Konny Steding ont aussi, à côté, en même temps, en outre, des aspects

    plus intrinsèquement artistiques et surtout moins fugaces. À grands traits

    sur de vastes surfaces, Konny Steding peint des portraits de vedettes

    de la culture punk, dont le plus mythique Sid Vicious ( 1957-1979), le

    chanteur des Sex Pistols… Ces portraits -et aussi, sans doute, le sien -

    qu’elle réalise le plus souvent sur de grandes toiles ou des affiches avant

    de les coller sur les murs des capitales qu‘elle traverse constituent un

    extravagant capital de visions contemporaines, avec leurs coulures,

    leurs graffitis surajoutés, leurs larmes ce sang de peinture… Ces images

    construisent la vaste exposition que consacre à Konny Steding « la

    galerie Moretti & Moretti » ( 6, Cour Bérard dans l’impasse Guéménée

    près de la Bastille). La galerie donne une grande place aux jeunes

    artistes du Street Art, persuadée, non sans raison, que c’est là que se

    nichent les valeurs de demain."

                RUBRIQUE MIROIR DE L'URBAIN STREET ART'

     

  • Céramique de pointe à l'atelier Dethurens, Carouge

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    Françoise Kindler exposait  cet été en Haute-Provence à Simiane-la-rotonde *. L’artiste genevoise s’installe dès aujourd’hui (vernissage à 17h30 ! ) aux bords de l’Arve chez l’incontournable figure locale du monde de la céramique : Michelle Dethurens.

    Une expo accueillie du 16 novembre au 7 décembre 2012.

    Françoise Kindler malaxe la terre depuis 1978. Comme beaucoup, elle commence par  produire de l’utilitaire, soucoupes, jolis bols et tasses à café.

     Juste assez pour se familiariser aux techniques complexes du ceramique.pngcéramiste,  chimiste en réalité voire alchimiste avec la phase cruciale de la  cuisson…Tellement essentielle au rendu final du produit fini: valable ou jetable, cruel verdict !

    L’artiste présente ce jour une vingtaine de  sculptures presque  en voisine. Car son propre atelier, le bien nommé "Terre", se situe à quelques coulées de fleuve rue des Pêcheries  à la Jonction.

    Ses œuvres témoignent d’une recherche  de design autour de la « tension »  « la pointe » « l’arrête »079.JPG

    Il ne s’agit en aucune manière de naturo-morphisme ou de zoo-morphisme. Mais une fois créé, l’objet a quelque chose à voir avec la nature, les animaux. L’auteur  dénomme elle-même sa série plate  les « raies »  

    Le rapport a priori  lointain, entretenu avec le monde animal se confirme avec l’usage détourné de véritables cornes de capridés retrouvées dans une grange.céramique 2.png

    Elle les a ré-interprétées. Terminées serait le terme le plus exact. Comme pour rendre à l’objet sa courbe la plus significative, la plus épurée. Réparatrice? "Optimisatrice"? Perfectionniste?

    D’autant que la matière cornée avec ses rayures naturelles grisées lui convient parfaitement (curieux, d'ailleurs,  combien  keratine ressemble à l’étymologie grecque du terme keramik= argile…)

    La céramiste apprécie plus que tout la technique du raku, l’enfumage, ces  grès "chamotés" qui nécessitent des cuissons à réduction de carbone ( sans oxygène) Ainsi, elle invente  des dégradés de noir et de  gris que la Nature ne renierait pas…

     Michelle Dethurens (cv)  propose deux à trois fois par an son espace vitrine à des artistes professionnels  «  je cède au coup de cœur  en créant un lien vivant  avec ceux dont j’aime le travail » 

    L'enthousiasme de cette professionnelle genevoise reste intacte. Elle se souvient. Il fallut une certaine dose de ferveur  à cette pionnière des années 70 (atelier ouvert en 1980)  pour démarrer  à une époque où la céramique n’était pas un art du feu…féminin. Les fournaux oui mais culinaires ! Les plus difficiles à convaincre étant au départ très certainement les proches.

    Une génération de femmes a entrouvert les portes d'une profession devenue bien féminisée.

    Michelle Dethurens et Françoise Kindler tiennent le même langage.

    Elles parlent avec la même …flamme de leur nécessaire présence chacune en son  atelier.

    Toutes les deux enseignent.

    Toutes les deux évoquent avec la même passion cette magie de transformer une terre molle en objet structuré  (d’art ou utilitaire)

    Les gestes  techniques sont précis, dangereux, avec ces cuissons raku, et tout l’attirail du forgeron, des pinces, des gants, des masques etc.

    A vrai dire, les artistes de l'Art céramique sont encore plus forts encore qu’ Hephaistos !

    Ils  ne partent pas d’une matière noble,  le métal mais de basiques argiles informes, de  boues, de  glaises, de terres,  de « poussières d’humanité » ... transformées en sculptures esthétiques, froides et cassantes.

    Toutes  empreintes d’émotions humaines: magique !

    Sylvie Neidinger

     

    Atelier Michelle DethurensP1050527.JPG

     

     

     

    18, avenue Cardinal Mermillod

    CH-1227 Carouge

    www.ceramiquedethurens.ch

     

     Atelier Terre Kindler

    rue de la Pêcherie 2

    1205 Jonction-GE  sur rendez-vous

    Le 13e Parcours Céramique Carougeois aura lieu
    du 28 septembre au 6 octobre 2013 . Biennale internationale de céramique contemporaine depuis 1989

    Fondation Bruckner pour la promotion de la céramique.

    * On citera la Maison de Brian pour dire combien l'Esthétique en général -donc nous tous!-doit à ce genre d'initiative: avoir créé un lieu d'expo d'Art contemporain dans un village de moins de 600 habitants en zone de mi-montagne. Ici , les Alpes de haute provence à Simiane-la-Rotonde.

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  • L'Oignon Haute Couture !

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    Margot Dagan est une jeune créatrice en herbe. Pas encore 20 ans et déjà du talent à revendre.jupe 2.PNG

    Elle a eu l'idée hyper intéressante-pour un travail d'école- de mêler deux univers a priori  antinomiques : celui de la couture et celui d'une herbacée potagère à bulbe plus qu'odorante. On ne parle pas de la tulipe mais bien de l'oignon !

    Comment cette liliaceae bisannuelle à la fois légume et condiment  devient-elle matière à design ?

    A l'observer avec des yeux neufs, cette  plante est magnifique  avec ses  couleurs blanches rosacées, jaunes, beiges ou carrément rouges. En prime :  sa transparence, sa brillance.chapeau.PNG

    De là à l'imaginer traitée   en chaussures, en chapeaux et en jupes bulbes ...

    La haute couture s'ajuste autour du corps, sur le corps, sur la peau, sur les pores, portes de notre intime.

    Porter de l'oignon  devient alors  un curieux exercice de style !

    Mais de ce détournement d'usage va résider justement le secret de l'acte créatif.

    La jeune inventive décrit parfaitement son processus :

    « Après ces observations et expérimentations, je me suis rendue compte que bien qu'il soit un légume commun, l'oignon à de nombreux atouts qu'il dévoile au fur et à mesure de son épluchage.

    J'ai donc voulu le rendre rare et précieux en exploitant sa matière.

    J'ai par ailleurs assimilé son épluchage à un déshabillage et j'ai pensé que le déshabillage de l'oignon pouvait faire l'habillement de l'homme.

    Ces réflexions m'ont conduite dans le domaine du style. J'ai donc décidé de changer l'oignon de destination.

    Le sujet n'interdisant pas l'apparition de structures pour la conception de pièces vestimentaires et d'accessoires, j'ai décidé de créer une mini collection :

    « L'Oignon Haute Couture. »

    Mon travail porte sur la création de modèles de taille réelle pour me rapprocher davantage du domaine de l'architecture qui travaille à l'échelle humaine.(...)

    Ma collection se poursuit par la conception d'une jupe.

    J'ai décidé de partir sur une jupe boulle pour rappeler la forme sphérique du bulbe de l'oignon.

    J'ai commencé la réalisation de ce vêtement par la mise en place de sa structure, par son ossature.

    J'ai assemblé 5 morceaux de tuyaux en cercle pour obtenir  des anneaux de trois tailles différentes. Ces anneaux, placés horizontalement ont été reliés par des fils de fer épais afin de donner une certaine solidité à la structure. Une base solide étant essentielle pour débuter mon projet.chaussure.PNG

    J'ai ensuite recouvert ma structure par les différentes parties qui composent un oignon : les pelures, ses écailles.J'ai travaillé sur diverses techniques de coupes pour diversifier le style et montrer plusieurs possibilités de transformations de l'oignon  par la coupe au couteau M.D. »

    L'INTERIEUR POUR EXTERIEUR et vice versa

    Elle se situe clairement dans l'art éphémère car les oignons de l'exercice ont déjà disparu.

    Ne restent que les photos et le jeu entre celui qui propose ses traces numériques -univers virtuel- et celui qui les regarde.

    Au final : l'objet réel initial importe peu. La "chaussure-oignon-éclairée" n'était évidemment pas faite pour marcher mais uniquement  pour donner à réfléchir !

    En cassant la frontière des codes. En cassant un interdit, un blocage. En libérant ?main.PNG

    En franchissant deux univers que personne n'avait franchi  jusqu'alors, celui du précieux -car il nous habille à l'extérieur - et  celui d'un banal objet alimentaire de cuisson, malodorant  destiné lui, à l'intérieur du corps, Margot Dagan  nous a positionné dans l'essence de l'acte créatif : le regard nouveau.

    En découle  l'immense liberté issue  de son choix de cette  Haute couture à l'Oignon, rendant le créateur maître. Car avec lui et son imaginaire représenté, tout devient  possible !

    Qui n'a déjà observé dans les expos ce que je baptise le "junk art" avec ses boîtes de conserve ouvertes peu ragoûtantes-même si vides- tout  comme il existe la "junk food" ?

    Ici la jeune artiste a inventé, avec grande élégance, le design de... haute gastronomie !

    Sylvie Neidinger

     

    jupe1.PNG

     

  • Marco D'Anna en escale à Penthes avec Corto Maltese

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    Le Musée des Suisses dans le monde vient de hisser les voiles. Un souffle de vent maritime entre dans la vénérable demeure et décoiffe  le célèbre ...Corto Maltese.

    La brise  agite  sa  boucle d'oreille avec l'exposition « Le marin et le photographe »210620123464.jpg

    Le maltais que l'on ne s'attendait pas a priori à rencontrer au Château de  Penthes à Pregny !

    Le bédéiste vénitien prend toute sa place dans cet univers suissophile, lui qui a choisi Grandvaux (Vaud)  pour installer sa Fondation et... comme dernière demeure. Son  hommage aux Cantons par la magnifique série nommée« les Helvétiques » 26 planches est d'ailleurs visible  sur les lieux parmi les  70 œuvres  à disposition.

    De toutes façons, la  BD est  systématiquement d'actualité à Genève ! Un genevois, Rodolphe  Töpffer (1799-1846)  n'est -il pas le  créateur théoricien mondial des  « images en séquence, texte et dessins interactifs »?

    Le photographe Tessinois Marco D'Anna, tout en émotion avec Hugo Pratt -qu'il n'a pas connu - a posé ses pas dans ceux du dessinateur. Et son appareil photo dans les mêmes contrées lointaines  en 16  voyages de 2004 à 2010.

    Un travail original de longue haleine initié avec la Fondation  et Patrizia Zanotti, commissaire de l'expo, mémoire vivante de l'héritage du dessinateur dont elle fut la collaboratrice .

    La rencontre D'Anna/Pratt   témoigne d'une grande complexité intellectuelle. Car prendre des clichés dans les lieux de la bande dessinée  par mécanisme de  « photocopie » n'avait aucun sens. Les paysages n'existent même  plus, mangés par la modernité !

    210620123469.jpgMarco D'Anna a dû plonger dans le « voyage intérieur » en interaction. Pour mieux comprendre, avec humilité. Et par tous moyens, jusqu'à relire James Joyce à propos des Celtiques. Qui est l'autre ? En retour, qui suis-je ?

    Le processus créatif s'est établi en trois temps : la prise d'informations de tous ordres sur le terrain prattien  puis une annulation, un reset, un  départ à zéro qui laissera  place à la troisième phase, la propre vision du photographe.

    «  Ces années ont bouleversé ma vie » affirme Marco D'Anna. On le croit ! L'œuvre d'Hugo Pratt  peut effectivement transporter très loin  avec ses messages ésotériques...

    Le photographe a trouvé sa propre réponse esthétique « conjointe » par des originalités techniques.

    Pour rendre hommage, l'artiste a choisi de déposer sur papier "fabriano"  cher aux aquarellistes ses « Polaroïd transferts »  Et l'encre colorée de la photo de se diffuser par imprégnation, tout comme les aquarelles du vénitien...

    Quant à ses clichés en noir et blanc  hyper contrastés, ils  mettent de évidence  de gros grains. Sa  magnifique lagune de Venise par exemple  fait immédiatement  penser à deux périodes, avec son pointillisme exacerbé .

    A la fois  aux petites touches des Impressionnistes du début 20ème....pile  la  période de jeunesse voyageuse d'Hugo Pratt et de sa créature maltésienne ! Et, en même temps  aux pixels numériques du XXIème siècle, le siècle de Marco D'Anna.

    Pont entre peinture et photographie.Pont entre le pointilllé posé au pinceau et le point digital minimal.

    Comme un Temps retrouvé, réconcilié, relié...

    Musée toujours vivant.

    Lors de la conférence de presse, Bénédict de Tscharner, le  Président de la Fondation pour l'histoire des Suisses dans le monde -accompagné du Directeur Anselm Zurfluh- faisait avec satisfaction  le constat  d'un musée bien vivant «  alive and kicking »

    Le Conseil d'Etat de Genève qui a des projets d'aménagement du Domaine de Penthes semble avoir  intégré cette Institution  dans la future configuration.

    Sylvie Neidinger

     

    *Expo du 23 juin au 19 décembre 2012marco d anna 001.jpg

    Musée des Suisses dans le Monde, Château de Penthes

    18, chemin de l'Impératrice

    1292 Pregny-Chambésy

    www.penthes.ch

    *Cong SA www.cortomaltese.com/hugopratt.com

    *Livre « le marin et le photographe » de Marco d'Anna avec  le scénariste Marco  Steiner

     

    Tags: Corto Maltese, Hugo Pratt, Cong sa, Musée des suisses dans le monde, Bénédict de Tscharner, Anselm Zurfluh,  Chateau de penthes, Patrizia Zanotti, Rudolphe Töpffer

     

     PHOTOGRAPHES A LA UNE

    1-MARCO D'ANNA

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  • Rappel: pérégriner ce soir, Nuit des Bains, Genève

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    L'Association du Quartier des Bains unit les galeries d'art contemporain de ce coin de la ville dans une démarche de communication active.

    En fait les portes sont ouvertes ce soir 3 mai pour les vernissages. Cette démarche de visibilité commune  confère à Genève sa place incontournable sur  le marché de l'Art.IMGP0190.JPG

    Deux institutions locales  participent aux agapes  : le Mamco (Musée d'art moderne) et le Centre l'Art contemporain.

    La récente galerie asiatique Red Zone, rue des Bains, 40, que nous avions découverte lors de la dernière Nuit expose cette fois, en collaboration avec Artbongard une artiste de père coréen et de mère japonais : Tsuyu.

    PETITS PAPIERS-PAPILLONS DE REVE,  PLIES ET VIREVOLTANTS...

    Cette jeune dame applique la technique  orientale  hyper traditionnelle  de l'origami à ses créations d'essaims bruissants de ...papillons.

    Des milliers de plis peuvent voir se réaliser les rêves les plus secrets dans la culture japonaise.

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    Pour Tsuyu qui a choisi de vivre à Paris après New-York, le rêve éveillé consiste à  se demander si on est bien  homme ou papillon ?

    Conclusion: ce soir, lors des libres pérégrinations nocturnes, ne pas oublier de visualiser, écouter ?  les essaims de petits papiers-papillons pliés et virevoltants.

    Sylvie Neidinger

    Tags : Association quartier des Bains, Mamco, Centre d'Art contemporain de Genève, Red zone , Tsuyu, Artbongard

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  • RED ZONE, galerie asiatique à Genève

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    A l'occasion de la récente  Nuit des Bains et de pérégrinations impromptues, je découvrais RED ZONE, une galerie  consacrée aux arts asiatiques,red zone.jpeg idéalement placée à deux  grains de riz du Centre d'Arts Contemporains.

    Ouverte en mai 2011 - trop jeune encore pour avoir intégré l'association du Quartier des Bains- elle traite  des cultures par regards croisés entre l'Est et l'Ouest.

    En relation avec « ses »  centres d'arts  amis de Shanghai entre autres,  Brigitte Catherin, ancienne fonctionnaire de l'ONU  poursuit  sa passion orientale qu'elle compte décliner sans contrainte,  au fil de la route de la soie. De l'Inde  au Japon, pourquoi pas : tout un programme.

    Elle  invite des artistes souvent  inconnus de nos contrées,  des chinois, coréens, vietnamiens, japonais tels  Wang XiaoHui, Qiu Jie, Luo ErQi , Xin Song etc.

    La galeriste expose  aussi les... occidentaux résidant en extrême -orient. Christian de Laubadère, était présent le 15 mars dernier à "son" vernissage.

    Cet artiste au  fétichisme sophistiqué  traite de  la nuque féminine par les techniques picturales de la renaissance (dont  le  sfumato )

    Son monde des femmes vues... à l'envers, en contre-point, en contre-exposition, en verso amène au rêve le plus... puissant !

    Le peintre s'intéresse  également aux  villes toutes en mystère  du rendu architecturé, « pagodé »

    Dans l'optique des cultures qui communiquent et se jaugent, Madame Catherin apprécie d'organiser  régulièrement des joutes- miroir.

    Ainsi la prochaine confrontation  -certes  amicale ! - liera  l'esthétique urbaine de Christian de Laubadère aux  traces proposées par Irene Gil Lopez, architecte plasticienne espagnole qui exposera sur panneau ses « empreintes de villes »

    IMGP0212.JPG

    Le construit et le détruit, l'architecte et l'archéologue : un dialogue  psyché qui promet !

    Au fait que signifie la touche  « asiatique » en art contemporain ?

    Une couleur, très certainement. Sans hasard : le rouge du bonheur et  de la chance !

    Surtout : une énergie, un enthousiasme qui se ressentent également  dès  que l'on franchit  la porte de cette nouvelle venue dans le Quartier des Bains, Genève.

    Sylvie Neidinger
     
     
     

    tags : redzone, brigitte catherin,nuit des bains, genève, laubadère, gil lopez,galerie d'arts contemporains

     

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