A-Genève-Histoire - Page 3

  • Les Burgondes, c'est un peu comme les Phéniciens....

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    Les Burgondes ont en commun avec Phéniciens de la côte syro-libanaise (Ugarit= alphabet, religion ) d'avoir marqué l'histoire mais de n'avoir pas laissé de grandes traces archéologiques. Ce qui minimise leurs apports vis à vis de leur réel historique.lyon,dictionnaire historique de la suisse,geneve,suisse burgonde,gondebaud,bourgogne

    Ce peuple d'origine germanique qui a essaimé dans ce qui va se nommer( grâce à eux) la Bourgogne, avait également la Sapaudia, Genève, Lyon dans leur escarcelle. Jusqu'à Apt voire en méditerranée.

    Les toponymes spécifiquement de langue "burgonde" n'ont pu être scientifiquement  identifiés. En effet les modes d'introduction de la langue germanique peuvent provenir d'autres germains et d'autres formes de cet idiome (alamans, francs...)

    Un pan de l'histoire helvète, allemande et française du Vème siècle est  à consulter sur le Dictionnaire historique de la Suisse :

    "Lors du partage entre les quatre fils[ de Chilpéric], Gondebaud reçut la royauté principale avec Lyon pour capitale, tandis que Godégisel, Chilpéric II et Godomar, établis à Genève et probablement Valence et Vienne, héritaient de royautés secondaires. A la fin du Ve s., les Burgondes subirent la pression croissante des Francs au nord et des Wisigoths et Ostrogoths au sud. Gondebaud chercha à se protéger par une double alliance matrimoniale: son fils Sigismond épousa en 492/494 Ariagne, fille de Théodoric le Grand, roi des Ostrogoths, tandis que Clotilde, fille de Chilpéric II s'unissait en 492/493 à Clovis Ier, roi des Francs. Mais en 500, lors du conflit qui opposa les rois de Lyon et de Genève, les Francs prirent le parti de Godégisel et les Wisigoths celui de Gondebaud. Malgré la victoire qu'il remporta près de Dijon (500), Godégisel dut finalement se soumettre à Gondebaud, qui recouvra son royaume avec l'aide des Wisigoths, puis en 506/507 conclut une alliance avec Clovis, son ancien adversaire, contre les Alamans et les Wisigoths protégés par Théodoric le Grand."

    Genève ou  Lyon, pôles d'attractivité  à l'époque déjà...

     "L'effectif de la population burgonde établie en Sapaudia en 443 a fait l'objet d'estimations très divergentes. A partir des quelque 80 000 Burgondes qui auraient prêté main forte aux Romains sur le Rhin en 370, des 20 000 qui seraient tombés en 436 et des 3000 qui auraient défait les Huns sur la rive droite du Rhin, on a autrefois déduit une population extrêmement nombreuse et forgé l'image d'une vague d'immigration massive. La comparaison établie avec d'autres ethnies barbares installées comme fédérés dans l'Empire et avec d'autres peuples germaniques donne des estimations beaucoup plus basses, comprises entre 25 000 (dont 5000 guerriers) et 5000 à 10 000 (dont 1000 à 2000 guerriers). De son côté, l'étude démographique des cimetières a fait évaluer l'ensemble de la population du royaume burgonde entre 300 000 et 500 000 habitants (dont environ 80 000 à 10 0000 pour la Suisse occidentale), répartis sur un territoire d'environ 50 000 à 60 000 km2. Les Burgondes représentaient, selon les auteurs, entre un tiers et un dixième de la population en Sapaudia, mais 5-10%, voire moins de 1%, dans l'ensemble du royaume.

    Lors de leur établissement en Sapaudia en 443 et dans la province de Lyonnaise en 457, les troupes burgondes reçurent probablement le statut d'hospites ("hôtes"), aux termes des dispositions légales relatives au cantonnement des troupes romaines. Ce système semble ensuite avoir fait place à l'octroi d'une partie des revenus fiscaux, sans modification de la propriété foncière, puis à une cession de biens immobiliers, dont on trouve le reflet dans le mode de partage défini par la lex Burgundionum (Loi Gombette). Cette répartition laissait aux Burgondes deux tiers de la terre cultivable, un tiers des esclaves et la moitié des maisons, fermes, jardins, forêts et pâturages.

    L'intégration extrêmement rapide des Burgondes et l'absence d'un artisanat spécifique font qu'il est difficile de les identifier sur la base de critères archéologiques. Il faut distinguer le territoire où s'exerçait leur souveraineté et qui finit par couvrir trente-deux cités, l'aire culturelle, que manifestent, surtout à l'époque mérovingienne, des particularités d'habillement propres au milieu romano-burgonde, et enfin les établissements burgondes au sens strict, lieu d'implantation de groupes immigrés. Les preuves archéologiques de ces établissements se rencontrent surtout dans la région genevoise et sur le territoire de la Sapaudia. Les éléments les plus caractéristiques du costume sont des fibules germaniques anciennes (fibules à tête d'oiseau, fibules arquées), des colliers en fer, des boucles d'oreille "à petite corbeille"; à cela s'ajoutent des miroirs métalliques d'origine orientale et les crânes déformés artificiellement, dont on attribue l'origine aux contacts que les Burgondes eurent avec les Huns. L'étude des cimetières de Sézegnin et de Monnet-la-Ville (Jura) a montré que les Burgondes partageaient leurs lieux d'inhumation avec la population romane. Le mobilier archéologique, telle la boucle-reliquaire de Monnet-la-Ville, ne peut être qualifié de spécifiquement burgonde, mais présente les éléments de costume que l'on trouve généralement à l'époque franque dans la Burgondie septentrionale, c'est-à-dire sur l'ouest du Plateau suisse, dans le Jura, la vallée de la Saône et la Franche-Comté, comme les boucles de ceinture en bronze à décor figuré (Daniel dans la fosse aux lions). Ces objets ont probablement été fabriqués dans des ateliers exploités par des indigènes gallo-romains, ce qui permet de définir une aire de culture matérielle romane dans la Burgondie septentrionale. Des inscriptions datées de l'époque de la souveraineté burgonde et portant des noms germaniques, souvent burgondes, indiquent également la présence de foyers de population burgonde."

    HABITS BURGONDES TENDANCE ...CULTURE DU FER!

    Ce dictionnaire helvète trilingue (français, allemand, italien) indique que le vêtement est un marqueur culturel de cette civilisation burgonde dont les boucles de ceintures.

    Mes observations : ces pièces métalliques sont très tendance Culture du Fer,Tène,  en apparence. *                      

       L'habit fait bien  le moine ou le burgonde.
      Affaire à suivre...

                                                                           Sylvie Neidinger


    * La période ici évoquée n'est pas la même (la Tène, c'est 1000 ans avant) la zone géographique oui.

    Lire: l'héritage des Burgondes  dans Archéothéma

    ou Genève capitale burgonde

    crédit images/ capture d'écran/ site archéothema

  • Un Calvin annoté sort des réserves de la BNF

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    Un livre de Calvin s'oxygène....bnf,calvin,eloge de la rareté

    La Bibliothèque Nationale de France sort cent ouvrages remarquablement rares de ses tiroirs. 

    Enfin... de ses réserves.

    Ces documents viennent un peu s'aérer pour l'expo dite "Eloge de  la rareté. Cent trésors de la Réserve des livres d'art. 

    Dont un Calvin annoté par Sully  et daté de 1562.

    "Institution de la religion chrestienne, Genève, Jacques Bourgeois."

    Il côtoie les Fleurs du Mal de Baudelaire, un "Wanted female" de Pierre Guyotat, des graphismes de femmes dénudées....

    Non seulement il prend l'air. Mais le bouquin de doctrine chrétienne, probablement austère,  est en drôle de  compagnie  sur les bords de Seine.

    bnf,calvin,eloge de la raretéUn air de  vie parisienne quoi....

                                                          Sylvie Neidinger

     

    Expo jusqu'au 1er février 2015

     

     Le Catalogue

    http://www.bnf.fr/documents/cp_eloge_rarete.pdf

                                                                                      crédit images /capture d'écran

     

                                                                                   Rubrique #Protestantisme

  • PENTHES, au bout du bord du lac

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    Ouverture aujourd'hui  d'une rubrique spécialisée sur Penthes. AAPENTHES.GIF

    Rubrique : http://duboutduborddulac.blog.tdg.ch/geneve-penthes/

    AA penthes.GIFLe blog Neidinger également nommé "le bout du bord du lac."..réunit tout ce qu'il a déjà  publié dans d'autres rubriques sur la fameuse Institution genevoise.


    Laquelle mérite amplement une rubrique dédiée.Il s'y passe  tellement d'évènements intéressants que l'écriture ne suit pas toujours...

    Le blog avoue un faible pour ce lieu historique, diplomatique,  bien en phase avec le monde et  sa modernité. Telles ces irruptions de BD ou de photos de femmes au milieu des vénérables objets muséifiés...

    Désormais ici: la réunion des précédents articles sur des expos, des rencontres ou des ouvrages historiques en vente sur place issus des éditions de Penthes en liaison avec Infolio ou Cabédita..

    Penthes...son parc aux arbres vénérables est ouvert à tous pour la promenade.

    Magnifique espace, restaurant, MSM, musée des Suisses dans le monde, siège d'associations dont celle la Fondation pour l'Histoire des Suisses dans le monde.

    Enfin, par intérêt, j'ajoute aux articles liés à l'activité officielle  de Penthes ceux liés aux Suisses ayant marqué le monde dans le passé, dont on parle peu,  découverts au hasard de mes propres lectures ou visites de musées.

    Exemple: Les femmes suisses du XVIIIème rencontrées dans le livre " la Fabrique de l'intime" par l'universitaire Catriona Seth, ou cette genevoise inspiratrice de Victor Hugo, Catherine Elisa Müller, la médium, quelque part ancêtre de la psychanalyse genevoise. Ou, plus original, la Lettre à Rousseau cuisinée maison: peur de rien.


                                                     Sylvie Neidingerchâteau de penthes,geneve,musée des suisses dans le monde

    Expo actuelle sur Peter Knapp et les femmes

    crédit images/ capture d'écran/ site Penthes

  • Pas de genevois pur sucre? Evidemment !

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     Lu dans le Messager genevois du 24 juillet, page 2:

     "Profitant de l'émission "les défis de l'actu" de la radio tv publique romande, le maire de Saint-Julien-en-genevois a proposé de trouver un "authentique genevois dont les huit-arrière-grand-parents sont également Genevois."

    Le journal poursuit "Après d'intenses recherches et l'aide des réseaux sociaux, le journaliste  Rouven Gueissaz a trouvé l'oiseau rare en la personne de l'historien et théologien Olivier Fatio*. Celui-ci précise quand même que deux de ses ancêtres sont Genevois d'adoption..."

     Et la brève de se terminer par trois petits points comme si une démonstration avait été faite.

     Or, elle est absurde!

    le messager,rts,pur genevois,antoine vieilliard,geneve,genealogie,rouven gueissaz

     

     La  lecture immédiate de  cette " recherche" semble médiatico-politique, une manière pour M Vielliard, de...démontrer  aux genevois qui ont actuellement tendance à se replier sur eux-mêmes, à vouloir s'enfermer, qu'ils sont bien issus de frontières ouvertes par les mariages.

     Certes. Mais ont-ils besoin de lui pour le savoir?

     De plus, cette affirmation repose sur du vent car le "défi" d'Antoine Vielliard n'est pas scientifique.

     1- Aucun genevois a fortiori protestant et même installé depuis des siècles  ne peut nier avoir quelques  gênes issus des provinces françaises cévenoles, ardéchoise ou autres, ou d'Italie. C'est toute l'histoire du protestantisme.

     2-Cette démonstration pourquoi? Le 9 février dernier, Genève n'a pas voté pour le repli sur soi.

     3- Que ce maire d'une  commune limitrophe frontalière   demande aux genevois de.... prouver (!!!!) ce qu'il ne peut prouver lui-même car ... personne (ou presque)  ne le peut est aberrant.

    Les bases de la démonstration sont carrément fausses quand  on prend le temps de l'analyse  derrière le buzz médiatique.

     En effet, l'homme...politique  demande d'aller vérifier sur quatre générations. Cela se nomme donc de la GENEALOGIE.

     Or toute personne qui a fait un peu de généalogie sait et a constaté dans ses arbres, une très grande stabilité géographique...jusqu'au milieu du XIXème siècle. Date à laquelle les émigrations internes d'une région à l'autre ou transfrontières s'intensifient.

    Jusqu'alors, on allait banalement se marier  dans le village, le quartier  voisin, le plus souvent.

     Trouver  huit ancêtres (inclus les arrière-grand-parents) issus d'une même zone  est donc possible partout, relativement facilement  aux XVIème, XVIIème et XVIIIème siècles. Partout.

     Hormis  pour la capitale calviniste justement  en raison du cas précis des protestants.

    Mais cela devient pratiquement mission impossible  après.

    Dès la mi-XIXème siècle tout bouge, pour tout le monde et partout. A Genève comme ailleurs.

     Si je prends mes huit ancêtres soit la G4 (4ème génération  au dessus) j'ai: la Suisse de la région  de Berne (Nidau) l'Allemagne du Bade Wurtenberg, la Lorraine, la Corrèze, la Haute-Savoie, la Dordogne. Rien de plus banal au XIXème/XXème que ces mélanges de populations au coeur de l'Europe.

     Alors que dire  de ce bizarre  défi qui demande aux seuls genevois contemporains de lister leurs huit ancêtres locaux, ce pour le .. XXème siècle en plus ?

     

      "TROUVER DES GENEVOIS PUR-JUS"OU "AUTHENTIQUES": LA QUESTION POSE PROBLEME!

     

     Quelque part, juste en posant cette question, M Vielliard  stigmatise les genevois en exigeant d'eux ce qui est impossible... à tout le monde de démontrer.

    Attention au décodage  sémiologique des termes  employés:

    1-Concrètement le maire de Saint-Julien réclame aux "genevois"dans leur ensemble une réponse à qui ? à... LUI !

    Le déséquilibre de la proposition est évident. Qu'un individu seul s'adresse à une population prise dans son ensemble peut être signe de mégalomanie, non?

    Ou d'une parole provoc' comme les politiciens savent le faire quelquefois pour se donner de l'importance.

    Etonnant  en plus car la population visée...n'est pas  sienne, ni même de son pays !

    2-Il met au défi les genevois de chercher donc de prouver. D'entrer dans son raisonnement, sa démonstration à ..Lui. Donc de se justifier d'être ce qu'ils sont... Devant qui? ... LUI. C'est aberrant.

    3- Etonnante association entre la Radio  Télévision Suisse (!!!) et le maire de St-Ju pour chercher  avec tant de  difficultés les genevois PUR-JUS (tel que textuellement écrit sur RTS voir la capture d'écran supra)  

    Lui parle  "d'authentiques" genevois, des vrais, quoi. Les autres étant faux n'est-ce pas?

    Le postulat de départ signifie de facto que les genevois globalement sont /seraient d'un jus IMPUR.

    Je synthétise le défi dans son résultat sémantique: genevois impurs, genevois non-authentiques...

    RTS média national de l'Helvétie en recherche de genevois purs et qui n'en trouve pas... Un seul exemple trouvé: M. Fatio qualifié d'oiseau rare. Et encore ses ancêtres ne sont pas 100% pur/pur jus...

    Remarque: la terminologie de PUR/IMPUR est ici appliquée  à ...une population!! On se pince. On rêve.

    La notion de pureté - ou simpement sa mention- appliquée à une population me fait frémir.

    C'était une émission tv de détente et pour rire d'anecdotes ?

     Si c'était une démonstration.... politique, cela coince.

    Quelle est cette notion "d'authentique" appliquée aux populations?

     

           INSTRUMENTALISATION POLITICIENNE DE LA GENEALOGIE

     

     Le discours sur " l'authentiquement  français" est porté par l'extrême-droite.

    Idem pour "l'authentique helvète" porté par les extrêmes.

    Le maire de St-Ju demande ici par le micro de la Radio TV suisse la démonstration de "l'authentique genevois" !

     Le problème est que je n'ai pas compris ici dans quel registre se situe cette émission.
    http://www.rts.ch/info/dossiers/2014/les-defis-de-l-actu/6004390-defi-8-antoine-vielliard-trouver-un-genevois-qui-a-8-arriere-grands-parents-genevois.html

     Ni l'objet exact du défi? L'émission  défie qui, au fait?

     Avant de commencer "ses intenses recherches avec l'aide des réseaux sociaux" soit en d'autres termes une chasse à "l'authentique genevois pur sucre" (ce drôle d'oiseau ...)  pourquoi le-dit  journaliste de cette TV romande nommé Rouven Gueissaz n'a-t-il pas procédé à une vérification journalistique, déontologique des postulats informationnels  de base?

    Et  de la nature du résultat de cette "enquête suspecte " sur "qui serait authentiquement genevois?" Pour démontrer quoi?

    Pauvre Olivier Fatio,  seul pur genevois (homme  fort brave visiblement, historien)  trouvé par l'émission RTS correspondant aux "critères" , dont le cas  même ne colle pas à  100% en plus car comme tout le monde à Genève, il a quelques ancêtres genevois mais  "d'adoption".

    On se pince, on rêve.

    On pourrait tout de même demander à ce média et son personnel quelle est leur  définition du terme "authentique genevois"?

     Soit  pour en  rire. Soit pour en pleurer...

     Qu'un média institutionnel helvète, la RTS et un homme politique hexagonal, Antoine Vielliard, maire donc officier d'état civil, mettent  en branle jusqu'aux  réseaux sociaux pour aller vérifier... l'authenticité citoyenne globale "pure" du ....voisin genevois ( d'outre frontière pour le maire) en se basant sur des données d'état-civil et généalogiques ....a quelque chose de très très TRES gênant.

    C'était pour rire? On ne partage pas le même humour.

                                                                                              Sylvie Neidinger

     

    * Dans sa note de blog du 31/01/10 JF Mabut signale ceci à propos de A Vielliard :
    "Il est né à Chêne-Bourg d'une famille venue de la région parisienne. Son père était un Caterpillar comme lui est un Procter & Gamble" Parisien donc.

    *Olivier Fatio est professeur honoraire à l'Université de Genève où il a enseigné pendant 30 ans le christianisme, directeur de l'Institut d'histoire de la réformation et professeur d'histoire de Genève. A sa retraite, il a créé le musée international de la Réforme.

                                                             Rubrique #Protestantisme

    Olivier Fatio
    est professeur honoraire de l’Université de Genève
    où il a enseigné pendant
    30 ans, comme professeur d’histoire du christianisme, directeur de l’Institut d’histoire de la
    réformation et professeur d’histoire de Genève. A sa retraite il a créé le Musée

     

    Le conférencier
    Olivier Fatio
    est professeur honoraire de l’Université de Genève
    où il a enseigné pendant
    30 ans, comme professeur d’histoire du christianisme, directeur de l’Institut d’histoire de la
    réformation et professeur d’histoire de Genève. A sa retraite il a créé le Musé
  • Archéologie/Genève/groupe épiscopal

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    On signal ici l'article Aux origines du groupe épiscopal de Genève.  rédigé par le célèbre archéologue suisse Charles Bonnet à lire dans la revue Archéologie n°363 de mai-juin 2014 consacrée aux "Premiers édifices chrétiens", aux Editions Faton.

     Couverture:" Lyon, Poitiers, Grenoble, Genève"... 

      Charles Bonnet est docteur es lettres en archéologie médiévale, de Lyon II,  pôle scientifique rhône-alpin  pointu  en archéo médiévale, justement mais aussi   proche-orientale et histoire religieuse.

    Le chercheur né en 1933  mène sa  carrière à Genève et transmet ses connaissances bien au delà.

                        Sylvie Neidinger

  • Empro... giro, carin, caro: le code genevois !

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    Les festivités du bicentenaire du rattachement à la Confédération  laissent rappeler une histoire bien genevoise, celle de l'empro.

    La Tribune de Genève dans sa présentation du 31/05/14 a donné la parole, sur le thème à  Micheline Devegney, présidente de l'association du Feuillu, en costume, ma chère!

    TDG Présentation  femme empro.GIF

    La dame présente  l'empro comme un code secret qui permettait aux "vrais Genevois" de se reconnaître entre eux afin d'entrer en ville.

    Cette explication diffère de celle lue dans le
    "Glosssaire genevois suivi de l'empro genevois" de Gaudy le Fort  +Jean Daniel Blavignac et réédité par SLATKINE

     "L' Emprô genevois

    Emprô, quel terme énigmatique! Ce mot barbare qualifie simplement le jeu de cache-cache qui, à Genève, porte le nom d'Il est, que l'on prononce Ilai, et qui a fait les délices de nos jeux d'enfants.
    Rappelez-vous: Ampro, Giro, Carin, Caro, Dupuis, Simon, Carcaille, Brifon, Piron, Labordon, Tan, Té, Feuille, Meuille, Tan, Té, Clu!
    La nouvelle édition de cet amusant ouvrage donne l'intégralité des textes des rondes et jeux d'enfants, de très nombreuses formules, dictons et proverbes en patois genevois, avec leur traduction, la langue parlée aux animaux, etc., etc.
    Au dix-neuvième siècle, Jean-Daniel Blavignac a élaboré un ensemble cohérent traitant des coutumes de socialisation de la petite enfance à l'entrée dans le monde adulte."

     

    Les deux versions ne sont pas contradictoires mais probablement  décalées dans le temps.

    1-Une tradition mémorielle  de code secret pour entrer en ville

    2-Qui perdure longtemps après, dans une "mémoire collective orale" liée aux jeux d'enfants

    Ceci étant posé...tout n'est pas réglé !!

    -Quand exactement a-t-on demandé un code pour entrer en ville, en réalité ? Certes, à une époque où la ville-citadelle était fermée par ses portes. Mais encore? Traditionnellement, on entre quelque part en montrant...des documents.

    -Pour entrer de nuit ou de jour?

    -Concrètement qu'était un "vrai genevois"?? Quid du vieillard genevois qui ne pouvait mémoriser un code si long et/ou du non genevois qui pouvait l'apprendre en deux secondes pour entrer.

    -Empro c'est un peu la sonorité de "empereur" non, bizarre. ?

    Plus de questions surgissent que de réponses (historiques)

    Empro [ ou Ampro] : pas si simple à... décoder finalement !

                                                                                  Sylvie Neidinger

     

    Programme du bicentenaire:http://www.ge200.ch/fr/index.php

    Crédits images/capture d'écran site web TDG

                                                       Rubrique #Protestantisme

  • Archives du bicentenaire de la Confédération

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    LES AEG signalent avoir mis à la disposition du public des fonds datant de 1814 et postérieurs, liés à la constitution de la Confédération et l'intégration de l'Etat de Genève dans la formation de la Suisse moderne.

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    Les documents sont numérisés et consultables en permanence sur la base de donnée Adhémar, publique et gratuite.

    Une façon communicative de marquer le bicentenaire 1814 pour les Archives de l'Etat de Genève.

    Sylvie Neidinger


    crédits photo/capture d'écran/site AEG

  • Salève: sa sidérurgie médiévale

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    On signale au lecteur amoureux de Genève, du Salève ( ils sont nombreux !) et de l'histoire locale une conférence (gratuite) donnée mardi prochain, le 6 mai à la Maison du Salève, 20h30.salève geneve,archéologie,sidérurgie médiévale,maison du salève

    A l'invitation de la Salévienne, Sébastien  Perret (Université de Fribourg) et Alain Milo (historien archéologue) partageront les résultats de leurs fouilles estivales  2013 sur

    l' Alpage des Convers.

    Le sous-sol de cet espace naturel classé"zone naturelle sensible" regorge de données historiques ....à partager.

                                                     Sylvie Neidinger


    Crédits photo/capture d'écran/ PDF Salévienne


  • Tremblement de terre et...Tsunami sur Léman (an 563)

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    Le tremblement de terre, magnitude 5 subi hier dans la zone sud-est de la France à 21h27(épicentre à Barcelonnette, Alpes de Haute Provence)  à 300 km de Genève témoigne d'une activité sismique certaine qui touche légèrement la Suisse, comme cette carte sismique récente  ne le prouve: intensité 1 et 2.

    Capture.GIF

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Cf: la carte  de RéNasS, le réseau qui étudie la sismicité en temps réel.

    Cet événement tellurique qui prouve que "cela arrive"  est l'occasion de rappeler d'autres typologies de  phénomènes catastrophiques.

                  TSUNAMI  SUR LAUSANNE ET GENEVE

    Il ne s'agit pas d'affoler. Juste de dire que cela s'est déjà passé Genève. Les rives lémaniques ont subi en 563 les ravages d'un tsunami meurtrier. Alors qu'il s'agit d'un lac, soit une étendue d'eau fermée et non de mer ou d'océan.

    Le scénario de la catastrophe et de sa découverte  par les géologues de l'Université de Genève lors de sondages des sédiments fut publié en 2012 dans Nature Geoscience.

    Katrina Kremer, Guy Simpson et Stéphanie Girardclos spécialisés  en limnogéologie (étude des sédiments lacustres) ont eu la-bonne-idée d'analyser les sédiments de la partie la plus profonde du plus grand lac naturel de l'Europe de l'Ouest.

    Deux récits historiques évoquent le  raz-de-marée dénommé Tauredunum.(dénomination de la montagne valaisane effrondrée, un pan du Grammont?)tremblement de terre,limnogéologie,renass,tsunami,unige,katrina kremer,guy simpson,stéphanie girardclos,éboulement

    Villages dévastés, pont de Genève emporté : "deux historiens contemporains de l’événement ont raconté la catastrophe. Le premier s’appelle Marius. Cet évêque d’Avenches a rédigé une chronique en latin, dans laquelle il évoque cet accident: «La grande montagne du Tauredunum, dans le diocèse du Valais, s’écroula si brusquement qu’elle écrasa une ville qui était proche, des villages et, en même temps, tous leurs habitants. Sa chute mit aussi en mouvement tout le lac qui, sortant de ses deux rives, détruisit des villages très anciens avec hommes et bétail. Le lac démolit même beaucoup d’églises, avec ceux qui les desservaient. Enfin, il emporta dans sa violence le pont de Genève, les moulins et les hommes et, entrant dans la cité de Genève, il en tua beaucoup.»

    EBOULEMENT

    Attention la vague meurtrière de 13 mètres (!) à Lausanne, 8 mètres à Genève 70 mn plus tard, ne fut pas liée à un tremblement de terre mais à un éboulement généré en Valais, à 70 km de Genève à l'embouchure du Rhône dans le lac.

    Une masse sédimentaire considérable s'étend sur 10 km de long, 5 de large, 5 mètres d'épaisseur ( soit 250 millions de mètres cubes!) au plus profond des eaux.

    La science a confirmé le récit historique.

    En terme de catastrophe naturelle en zone lémanique, l'impensable a déjà eu lieu !


                                                Sylvie Neidinger

    Crédits Images: capture d'écran site RénasS

  • En Crimée, l'émigration des... moutons genevois à Novoi Lancy et Genevka

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     En cette période de forte mutation  pour la Crimée, un petit rappel des liens historiques avec Genève.

    Novoï Lancy en mer noire: La nouvelle Lancy ....grâce à Charle-René Pictet de Rochemont (1787-1856). Son métier: éleveur  diplomate !

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    A 20 ans, le fils de Charles Pictet (lui-même agronome et député de Genève) est envoyé à Odessa  pour installer sur de vastes terres en concession un élevage de mouton analogue -mais à plus grand échelle!- à l'élevage familial sis  à Lancy. L'idée est d'éloigner ce jeune homme de la conscription obligatoire....

    geneve,crimée,odessa,neydens,mouton,novoï lancy,genevka,pictet de rochemontLes Pictet à Lancy? Adelaide Sara de Rochemont mariée à Charles Pictet y achète vers 1798 la propriété Lullin, 50 hectares.

    De la verdure de bord de Rhône pour lancer l'élevage du mérinos. Et ensuite, en terres lointaines.

     

    A l'époque, Odessa intéresse au plus haut point genevois et vaudois. Après François Lefort (qui modernise la Russie de Pierre Le Grand) Les cousins de la Harpe furent conseillers de Paul 1er, pour étendre la Nouvelle Russie du Tsar en direction de la Crimée au détriment d'Empire Ottoman.

      PRODUIT COMMERCIAL VISE: LA LAINE POUR UNIFORMES MILITAIRES

    Charles Pictet  ami d'école de Frédéric César de la Harpe, alors précepteur des enfants de Paul 1er obtint du Tsar par cette relation privilégiée ... 28 000 hectares baptisés  Novoï Lancy pour  production de laine mérinos.

    Une matière première si nécessaire pour les uniformes militaires de toutes ces armées d'Europe qui engagent du soldat en nombre. A commencer par la napoléonienne...A noter, un autre célèbre genevois, Gallatin cousin de Rochemont, avait également fait fortune en vendant sa laine aux armées avant de partir s'installer en Amérique.

    archivesfamillepictet.ch/bibliographie/documents/Charles Rene-Pictet_de_Rochemont.pdf

    Ces gentlemen-farmers capitalistes  pratiquent  la sélection vétérinaire. Elle  est déjà  à l'ordre du jour en cette fin du XVIIIème siècle. Les béliers genevois proviennent de la bergerie impériale de Rambouillet.

    Le croisement se pratique pour le produit fini suivant:  la meilleure mérinos possible.

    Dans un courrier, Pictet fils  évoque un « établissement de croisements pour l’amélioration des laines ». Moderne, il entend créer une filière économique complète pour exporter les laines,  fabriquer des lainages, une école d’agriculture "sur le modèle du célèbre institut de Hofwyl fondé par son ami le Bernois Philippe Emmanuel de Fellenberg", une école de bergers etc. Il ne réussira pas à mettre tout le programme sur pied.

    Envoyé en mission exploratoire, Charles-René revient à Lancy et convainc son père de la viabilité d'une telle expédition :  "A son retour à Genève, à la fin de septembre 1808, son père,
    convaincu par son rapport et les conseils du duc, entreprend aussitôt les démarches
    nécessaires à l’exécution de son projet : octroi d’une concession de terres et de facilités
    financières, obtention d’un permis pour exporter son troupeau, organisation de son
    déplacement à travers l’Allemagne, recrutement de bergers, construction de bergeries pour abriter les bêtes, constitution de provisions de fourrage pour le premier hiver, etc"

    Concrètement 850 moutons genevois sont exportés. Problème la guerre menace entre France et Autriche et handicap le projet . " Bien que la caravane, partie de Lancy le 1er juin, soit arrivée à sa destination le 2 novembre 1809, après avoir fait un grand détour pour éviter les zones de combats, Pictet attendra encore un an avant de recevoir les 80.000 roubles, solde du prêt  convenu de 100.000 roubles. Ce manque de fonds, qui limite l’achat sur place de milliers de brebis indigènes pour les premiers croisements, entravera les débuts de l’établissement, appelé  Novoi Lancy"(p 3)

    Ensuite il y passe  cinq ans d'une vie de partie de chasse, en compagnie  sur place d'une micro-société francophone dont la genevoise.

                                        NOVOI LANCY ET GENEVKA !

     Deux autres genevois, d'Espine et Revilliod,  à l'exemple de Pictet obtiennent en 1811 l'autorisation de créer un "établissement de croisement" qu'ils baptiseront Genevka, la petite Genève près d'Odessa!

    Charles René en fera l’acquisition en 1825.

    Comment s'est terminée l'aventure ?

    "Les bergeries d’Odessa continuent certes à occuper Charles-René de loin car, comme Richelieu d’ailleurs, il ne retournera jamais sur les rives de la mer Noire.

    L’établissement continue à connaître, malgré la paix revenue, beaucoup de difficultés.

    Son histoire et celle de sa liquidation reste à  écrire.

    En 1816, son père avait vendu la moitié de Novoï Lancy, Belair et Visirofka, à ses
    deux neveux Jean-Gabriel Eynard et Jacob Beaumont, chacun pour un quart.

    La surface du domaine dépassait alors 13.110 ha. Pictet de Rochemont étant décédé en 1824, Charles René, seul, profitant peut-être d’une embellie de la conjoncture, achètera le 7 septembre 1825 à Jean d’Espine et Léonard Revilliod leur établissement de Genevka (Petite Genève), d’un peu plus de 15.000 hectares, avec son cheptel fort d’environ 7000 moutons de la race d’Espagne. Le prix convenu s’élève à 160.000 roubles faisant 346.000 florins. Les trois Genevois sont  maintenant à la tête de 28.000 ha, peuplés, selon un bilan établi le 31 décembre 1826, de 24.000 béliers et brebis, 820 bovins et 252 chevaux."

     

    geneve,crimée,mouton,novoï lancy,genevka,pictet de rochemont

    Dans la fin de sa vie, Charles-René siègera au Conseil Représentatif, le parlement genevois, de 1825 à 1841. Il sera maire de Lancy de 1827 à 1833 avant de se fixer au bord du lac à Prégny où il construira  en 1835 Rive-Belle. Son existence sera dorénavant celle d’un rentier aisé, bien oisive. Il décède en 1856. Ses enfants liquideront leurs parts criméennes.

    Informations tirées des documents disponibles de la Fondation des archives de la famille Pictet

    La famille Pictet, protestante, est originaire de Neydens en genevois.


    www.archivesfamillepictet.ch

                                                                                                   Sylvie Neidinger


    Crédits Images/Captures d'écran/site web/archivesfamillepictet.ch


  • Le vieux berger de Genève fut-il le dernier?

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    Belle anecdote recueillie lors de la visite du Musée Militaire genevois...

    Ce bâtiment (annexe du Château de Penthes)  est encore dans son jus.

    Les restes d' une...étable sont encore détectables par son  sol de  galets  qui présente encore les rigoles d'origine.

    En faisant cette remarque à la chargée d'accueil,  celle-ci me confia en retour avoir un jour vu entrer  un monsieur d'un âge extrême (pmoutons,berger,musée militaire genevos,représentation américaine,penthesresque centenaire selon elle)

    Il fut pris d'une émotion intense en foulant le sol du Musée.

    Et pour cause. Il lui avoua avoir été, dans sa jeunesse... berger à cet endroit. Il y  rentrait ses moutons le soir.

    Il  reconnaissait les lieux avec émotion.

    Dans quels champs ce jeune berger pâturait-il au début du XX ème siècle (si on fait le calcul/son âge) ?

    Aujourd'hui, les lieux de la Représentation Américaine, un peu plus haut, de l'autre côté de la route !

    La dame ne lui a pas demandé son nom.

    Cet inconnu devient alors mythique !  Fut-il le dernier berger genevois?

    Après la chronique de ce  blog sur les éléphants  (dont celui qui a fini à la casserole dans la cité calviniste!) resurgit par contact direct, une  mémoire pastorale ovine disparue.

    Où? Dans le secteur de la Genève Internationale, vers Prégny.

                                                                                                Sylvie Neidinger

    Musée militaire.


    Crédits photos ©Sylvie Neidinger et copie d'écran/musée militaire

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                                         crédits images/ photo Neidinger du musée+capture écran google map

  • Quand les bouchers genevois servaient de l'éléphant!

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    De Genève, ce blog aime à exhumer puis diffuser des anecdotes historiques ou "micro-historiques",  ces détails  ethnographiques de la vie quotidienne passée.

    Surtout quand elles surgissent au hasard de visites,  de  pages oubliées.

    Et qu'elles ne sont finalement pas si connues....

                                    L'histoire du jour date de 1820

    Elle est lisible sur un document, un peu perdu, trouvé  dans une vitrine  à l'étage du Musée Militaire Genevois.geneve,elephant,boucher,1837

    "En 1820, un éléphant devenu fou furieux dut être poussé dans l'eau du bastion de Hollande où il se mit à jongler dangereusement avec des affûts de boulets. Après avoir vainement tenté de l'empoisonner à l'eau de (x) additionnée d'acide prussique, il fallut l'abattre d'un coup de canon dans la tête. Sa dépouille naturalisée et son squelette furent longtemps visibles au Musée d'Histoire Naturelle"

    geneve,elephant,boucher,1837


    Le destin de Miss Djeck: dans les assiettes !

    En 1837 surgit un autre événement semblable

    ""Miss Djeck", une éléphante qu'on exhibait depuis le mois de mars dans un enclos près de la Grenette  donne des signes d'agitation.

    Elle manqua de peu tuer M. Bourrit, blessant son cornac.

    Il fallut l'amener dans les fossés de Rive où elle resta jusqu'à la fin du mois de juin en attendant les résultats des démarches entreprises jusqu'à Paris où habitait son propriétaire pour trouver de geneve,elephant,boucher,1837nouveaux cornacs.

    Les démarches n'ayant pas abouti, il fallut se résigner à abattre ensuite cet animal d'un coup de canon de 4.

    Durant deux jours, les boucheries vendirent beaucoup de viande d'éléphant et de nombreux genevois purent en manger après avoir joui pendant trois mois du spectacle des ébats de Miss Djeck dans les fossés." Sur place, une gravure illustre cette affaire.

                                                                                         Sylvie Neidinger

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    crédits images/photos Neidinger

     

  • Geneva International Cooperation

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    Genève est unique au monde par le nombre d'organisations internationales.

    L'Etat de Genève se dote dès 2005 d'un BGI pour mieux coordonner ses interactions. Son délégué siège rue Fazy.

    Les missions: "La Genève internationale est un ensemble unique  d'organisations internationales, de missions permanentes, d'ONG et d'institutions académiques.Ce site fournit une information complète sur son actualité, son agenda, ses activités et ses acteurs clé. Il offre également des informations utiles sur les services à disposition des organisations internationales, des ONG, des missions permanentes et de leurs employés"

    Le Bureau de la Genève Internationale créé dans la foulée comme outil un site web nommé Geneva  International Cooperation.etat de geneve,geneve internationale,bgi

    A savoir les contenus des focus sont émis par une équipe rédactionnelle et ne reflètent pas obligatoirement des positions officielles.

    GIC est un angle nouveau pour aborder tout ce secteur dans une nouvelle visibilité informationnelle, à la croisée de tous ces fonctionnaires ou autres "dans leur coin", dans leurs spécialités...

    Le site vient ré-incarner la vague notion générale "d'institution internationale"avec le l'humain tel cet article de 2012 qui interviewait Madame Cécile Molinier, alors Directrice du Pnud  sur ce que concrètement elle comptait faire en été.

    Le fonctionnement du PNUD

    Qui est qui ? (le who's who) qui fait quoi, l'agenda etc...Autant d'intérêts pratiques.

    Une nouvelle manière d'informer autour d'une.... communauté de lecteurs ou contributeurs, celle de l'Univers genevois institutionnel international.

    Cette initiative d'un site web est fort heureuse pour le présent (créer du lien social) et le futur (annonce de programmes, d'évènements)

    Mais aussi pour le passé... en train de  se construire chaque jour !

    Explication. Un archiviste  de Genève me disait  combien certains viennent aux archives pour rechercher de la documentation sur un évènement passé de la Genève Internationale. Quelquefois déçus.Si l'évènement était lié à l'Etat de Genève, il a de  fortes chances d'être disponible. Mais s'il concernait un organisme international uniquement et si celui-ci avait omis de l'archiver de son côté, il semble bien difficile de le reconstituer. Infos perdues à jamais...

    Les sites webs ont le mérite de garder tout en mémoire.

    Mémoire toujours active, en  plus.

    Par Geneva International Cooperation, rien ne se perd et tout le microcosme pointu, précis de la GI en garde trace.

                                                Sylvie Neidinger

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    Crédits photos/capture d'écran/site web/Geneva International Coopération


  • Et Töpffer inventa la BD à Genève.

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    Le suisse Rodolphe Töpffer, né à Genève le 31 janvier 1799 invente et théorise la Bande Dessinée.tippfer.GIF

    Fils d'Adam Toepffer, un caricaturiste-peintre, il renonce pour raison de mauvaise vue à une carrière de peintre dans le sillon de son père. Il ouvre un pensionnat dans la cité calviniste et commence ainsi dans le premier quart du 19ème siècle ses dessins.

    1827, déjà.Ses croquis sont si singuliers...

    Töpffer   fait naître un nouvel art: le 9ème !

    Son témoignage à  Saint-Beuve à propos de l'institution qu'il dirige : "on y vit en famille. J'ai composé pour le divertissement de mes élèves une douzaine de comédies. J'ai écrit pour le même objet la relation illustrée et annuelle de chacune des excursions que j'ai faites avec eux dans nos cantons, aux Alpes et sur le revers italien des Alpes. C'est aussi à leur grand plaisir que, durant les soirées d'hiver, j'ai composé et dessiné sous leurs yeux ces histoires folles, mêlées d'un grain de sérieux, qui étaient destinées à un succès que j'étais bien loin de prévoir. »

    Ceux qui annoncent la BD inventée dans les grottes de Lascaux n'ont qu'à aller se  r-habiller de leur peaux d'ours. Ceux qui voient la BD déjà inventée dans la tapisserie de Bayeux n'ont qu'à se piquer avec l'aiguille !

    La BD, c'est dessiné sur du papier.

    Dans sa génèse tout du moins. Le château de Penthes a donc bien raison  d'exposer la Bande Dessinée. Un autre argument: Penthes est à quelques encablures de l'école hôtelière si célèbre et nommée Vieux-Bois où Töpffer a dû batifoler.

    Corto Maltese:

    Marco d'Anna en escale  à Penthes avec Corto Maltese

     Corto Maltese refuse de quitter Genève

     Puis Les interdits d'Hergé:

    Une Tintornade s'abat sur Penthes

    Tint'interdit

     La BNF-Gallica a mis en ligne la numérisation des sept albums de Töpffer de sa collection des ...estampes.töpffer,geneve,penthes,marco d'anna,corto maltese,tintin,invention de la bd,bnf gallica

    Cet accès gratuit en ligne permet à tout lecteur de découvrir l'oeuvre en direct  et se faire une idée par soi-même.

    Lire l'inénarrable Monsieur Vieux-Bois et ses amours, un peu vieille branche aristo ou vieux bâton qui tente désespérément de séduire les jeunes pousses...

    Ou Monsieur Pencil , Monsieur Pictogramme et autre docteur Festus ....

    töpffer,geneve,penthes,marco d'anna,corto maltese,tintin,invention de la bd,bnf gallicaTout la modernité de la Bd est déjà chez Töpffer au départ: le concept de vignette, la temporalité qui se déroule et les points de focale différents d'une vignette à l'autre. Il ne s'agit pas de simple juxtaposition d'images commentées.

    Cette réalité vue de divers axes annonce aussi le récit filmique.

    L'auteur a le sentiment immédiatement d'inventer une nouvelle  forme qu'il baptise la physiognomonie. Il la théorise.  Il est même encouragé par Goethe-qui  rit tellement de cette production  qualifiée d'intelligente, spirituelle...

    Essai de Physiognomonie

     

    wiki :" Il écrit en 1833 dans la préface de l'Histoire de monsieur Jabot : « Ce petit livre est d'une nature mixte. Il se compose d'une série de dessins autographiés au trait. Chacun de ces dessins est accompagné d'une ou deux lignes de texte. Les dessins, sans ce texte, n'auraient qu'une signification obscure ; le texte, sans les dessins, ne signifierait rien. Le tout ensemble forme une sorte de roman d'autant plus original, qu'il ne ressemble pas mieux à un roman qu'à autre chose ».

    Töpffer, à la suite du lancement d'un concours (le programme), va dès janvier et en avril 1836, livrer sur 48 pages, ses réflexions sur l'imagerie populaire pour souligner son rôle éducatif. La précocité de ses vues est particulièrement étonnante ainsi que la pertinence de ses analyses. Elles précèdent de plus de trente ans l'Histoire de l'imagerie populaire de Champfleury.En 1842, il fait paraître une notice sur la technique de l'autographie. Ce petit volume in-8° format à l'italienne comporte 24 planches de dessins autographiés, moitié paysages moitié visages annonçant son essai de physiognomonie, pour démontrer les réelles qualités artistiques de cette technique de reproduction.En 1845, il publie Essai de Physiognomonie, premier ouvrage théorique sur ce qui ne s'appelle alors pas encore la bande dessinée. La théorie töpfférienne se base principalement sur l'indissociabilité du texte et du dessin (la bande dessinée est un genre mixte et non töpffer,geneve,penthes,marco d'anna,corto maltese,tintin,invention de la bd,bnf gallicacomposite) ; la facilité d'accès de la bande dessinée par rapport à la littérature, grâce à la concision et à sa clarté ; la conscience du développement futur de la bande dessinée ; la centralité du personnage dans le récit ; la nécessité d'un dessin au trait autographié spontané, par opposition au relief (la gravure) et à la couleur (la peinture), afin de tendre au plus grand dynamisme narratif possible, d'où l'importance de la physiognomonie, et la nécessité de savoir construire des visages expressifs. Dans son Essai de physiognomonie, il prend l'exact contre-pied de Johann Kaspar Lavater pour qui « la physiognomonie ou l'art de connaître les hommes » est « la science, la connaissance du rapport qui lie l'extérieure à l'intérieur, la surface visible à ce qu'elle couvre d'invisible ». Töpffer cherche dans la physiognomonie le moyen de dessiner des personnages typés exprimant clairement leur personnalité. Pour qu'une histoire en image « parle directement aux yeux », l'essentiel des évolutions narratives doit pouvoir se lire sur les faciès"...

    Töpffer et la BD : on parle du début du XIXème siècle ! Au bord du lac.

    Le genevois à la vue défaillante en plus, était effectivement loin de prévoir l'immense  succès de sa nouvelle formule visuelle graphique.

                                                                               Sylvie Neidinger

    Série n°4 de # BlogNeidinger  Blog-Série Tintin à Genève:

    1/4-Une Tintornade s'abat sur Penthes

    2/4-Tint'Interdit : pastiche, parodie mais pas plagiat

    3/4-Et Töpffer inventa la BD à Genève

    4/4-Tintin à Cointrin visite la "tour Goldorack"

    crédits images/captures d'écran site gallica

  • Adhemar change d'habits

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    La base de donnée Images des Archives de l'Etat de Genève change de peau

    dhemar.GIF

     

    Mais avec la même URL pour l'usager :

    https://ge.ch/arvaegconsult/ws/consaeg/public/FICHE/AEGSearch

    Adhémar et les archives numérisées :

    http://etat.geneve.ch/dt/archives/accueil.html

    Un accès encore plus simple à une riche  base de données Images gratuite.

                                                                                          SN

    A savoir : l'exposition anniversaire  SHAG qui devait se terminer est prolongée jusqu'à fin avril.

     

  • "Pêche miraculeuse"de Konrad Witz: premier tableau écolo!

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    Les Fêtes de fin d'année approchent. Et avec elles un certain temps libre....P1110914.JPG

    L'occasion de se précipiter au MAHG, musée d'art et d'histoire de Genève pour découvrir les fameux volets récemment restaurés de la cathédrale Saint- Pierre: le retable de Konrad Witz.

    L'expo dure jusqu'au 23 février, c'est bientôt !

    P1110967.JPG

     

     

     

    Le Maître-autel Trésor de Genève qui a désormais  rang de patrimoine mondial sera toujours visible au delà de cette date.

    En revanche l'expo actuelle met en scène toute l'histoire explicative  de cette oeuvre d'art, avec la riche présence  de documents précieux qui reconstituent son contexte.P1110958.JPG

    Autant d'objets    liés à un morceau de l'histoire de l'oeuvre, de ses commanditaires etc. Telles ces rares enluminures prêtées par la Belgique.

    Un film y présente tout le travail de restauration des services du MAHG  financé par la Fondation Hans Wilsdorf.

    Plus genevoise comme oeuvre, tu meurs...P1110939.JPG

    Deux panneaux double face peints en 1444 pour le maître-autel de la cathédrale Saint-Pierre. Ses visages   subirent  la fureur iconoclaste protestante de 1535. Puis l'objet fut relativement oublié. Oublié mais jamais détruit ni vendu. Conservé comme témoignage de" l'ancienne religion catholique" de la cathédrale.

    Et puis lentement, l'objet émerge des limbes de la banalité d'un bel objet d'église pour acquérir la dimension d'un patrimoine  mondial. Tout comme le bâlois  Witz est  redécouvert en 1896.

    A noter l'expo ne focalise pas  uniquement la  vedette sur cette"  pêche miraculeuse" laquelle n'est pas spécifiquement mise en exergue par les autorités du Musée en toute prudence scientifique. Et toute justice vis à vis des autres faces ...aussi intéressantes.

    witz.GIFLa Pêche miraculeuse  fut souvent donnée comme première représentation paysagère  de l'histoire de l'art: c'est en partie inexact! Surjoué.

     : "C’est ainsi qu’Ernst Gombrich, le grand historien de l’art autrichien, termine, dans son Histoire de l’art, sa description de La pêche miraculeuse, une partie du retable peint par Konrad Witz pour la ville de Genève en 1444.Ce tableau, signé et daté, fait extrêmement rare à l’époque, passe aujourd’hui («peut-être», dit Gombrich) «pour la première représentation exacte, le premier «portrait» d’un site.» Consacré à la vie de St-Pierre, le tableau est en tout cas la première représentation connue de la chaîne du Mont-Blanc."

    Certes, elle est bien la première représentation   paysagère locale, du Léman, du Mont Blanc, de la Genève lacustre. Ecolo ! Ce, à une date incroyablement ancienne, le XVème siècle. C'est en soi énorme.

    Mais pour le reste.... la précision méthodologique s'impose car :

    1-Des fresques murales antiques de Pompéi, antérieures évidemment sont bien paysagères.

    fresques.GIF2- Plus proche, la première représentation paysagère identifiée dans l'histoire de l'art  est la série...politique  de Sienne: la fresque du bon gouvernement .

    Elle date de 1319 soit 125 ans avant notre Witz. Remarque: comme pour Pompéi, il s'agit de fresques, de l'italien fresco cette technique déjà usitée en Mésopotamie ancienne pour illustrer un mur.


    PECHE MIRACULEUSE: ESSENTIELLE POUR L'HISTOIRE DE L'ART DE LA PEINTURE OCCIDENTALE !

    Toutefois, la pèche miraculeuse serait bien  la première représentation picturale en tant que "tableau" Donc en tant que meuble détachable, mobile, très différent de la fresque immobile. Du bois et non du mur...

    Une info confirmée lors de sa conférence par  l'excellentissime Michael Jakob, professeur en architecture du paysage à Hepia, Genève et commissaire de l'actuelle expo Pro Helvetia visible au centre d'Architecture de Annecy intitulée : Architecture du paysage:" the swiss touch in landscape architecture".

    Alors c'est tout un pan techno- ethnographique qui vient s'ajouter à la compréhension de l'oeuvre.

    On peut procéder à une analyse. Qu'est ce qu'un retable sinon un  "derrière la table"=" derrière l'autel"  un bel objet décoratif en bois  pour illustrer cette partie hyper  importante du culte ???

    Un meuble. Donc transportable. Donc à l'origine de ce qui va devenir majeur pour l'histoire de l'art: le tableau détachable, transportable, négociable, non lié à un lieu géographique.witz 2 001.jpg

    L'étymologie des deux termes (re)table et table(au) montre une source commune autour de "table" , ce plan  de bois plat.

    Dans sa représentation d'une salle du Musée Rath, vers 1865 Eugénie André-Viollier peignait le  fameux retable alors posé à même le sol comme un banal meuble, certes pour le voir ses deux faces. Mais posé là comme une commode...

    La pêche miraculeuse, en associant les deux éléments,  soit le fait d'être à la fois....

    1-la  représentation paysagère d'un lieu identifié (Genève)   

    2-d'être retable donc meuble en bois, 

    ....lui fait  alors prendre  effectivement le statut de "première représentation paysagère sur support de bois". (Sous réserve d'une autre découverte.)

    Un retable à usage  collectif au sein d'une église qui  évoluera en ...tableau pour usage individuel ?

    Se rappeler également que le maître-autel de Saint-Pierre est daté et signé par Witz. Ce qui là aussi individualise sa démarche novatrice. De peintre il devient artiste unique !

    Witz pose de fait la base de toute l'évolution de la peinture occidentale puis mondiale avec cette oeuvre détachable, transportable et signée qui commence, comme une photographie, à représenter non plus seulement  les visages des commanditaires ou des héros mythologiques, religieux.

    Mais aussi  le réel de la nature environnante, la transparence inouïe de l' eau limpide du Léman.

    Trésor mondial. Trésor local.       

                                       Sylvie Neidinger

     *Le Musée  propose un catalogue très complet de 215 pages de l'expo. Lire.

    *MAHG : prochaines visites commentées gratuites de la salle Witz : les dimanches 12 janvier et 9 février 2014

     Crédit images photos Neidinger

     

     

  • Pétards ! C'est l'Escalade...

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    Grand cortège historique, à Genève dimanche de 17h à 2Oh30.

    escalade 001.jpgescalade jj 001.jpg

    "Cé qué lainô, le Maître dé bataille

    Que se moque et se ri dé canaille,

    A bin fai vi, pé on desande nai,

    Qu'il étivé patron dé Genevoi.

    I son vegnule doze de Desanbro

    I'é onnai asse naire que d'ancro;

    Y érivé l'an mil si san et dou

    Qu'i veniron parla on pour troi tou.

    Dedian s man il y tin la victoire,

    Alui solet en démure la gloire;

    A ton zamai son Sain Non sai begni

    Amen, Amen, ainsi soit-y"...

     80 000 participants attendus...

    Programme complet des festivités genevoises 2013 sur www.1602.ch

    geneve,fete de l'escalade,cé qu'è lainô,compagnie de 1602

     

    geneve,fete de l'escalade,cé qu'è lainô,compagnie de 1602

    geneve,fete de l'escalade,cé qu'è lainô,compagnie de 1602

  • Genève: histoire, palinpseste numérique et ... blogs

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    175 ans de la SHAG: historissimo !

    Le précédent article de blog portait sur la Société Historique et Archéologique genevoise.

    Il est complété ici.

     Lors du colloque-Jubilé, la matière Histoire avait été abordée  aux  Archives d'Etat sous une pluralité très riche de facettes.

    J'avais oublié de signaler une énième facette du rapport à l'Histoire: le fait que la société savante ait bien ouvert, elle aussi, son site internet:

    http://www.shag-geneve.ch/2010/accueil.htm

     Aucun doute, la recherche historique utilise déjà les outils numériques. Les archives se numérisent (base de données Adhémar à Genève). Les chercheurs et notamment les archéologues  sautent  aujourd'hui le pas de logiciels dédiés pour leurs approches méthodologiques.

    Cette note signale toutefois non pas dans la méthode historique  mais dans le champ d'études potentielles pour un historien genevois.... les blogs de la Tribune de Genève !

    La blogosphère est un nouveau média. La Tribune de Genève offre cet espace de liberté absolue -sinon la barrière de la Loi en cas de diffamation- sans mettre d'ailleurs le nez dans les contenus des blogs.

    (Nota en France les blogs de presse sont "validés" par les rédactions. Confirmé. Lire le commentaire de Rémi Mogenet dans cet article du blogueur HL)

    BLOGOSPHERE: UN  NEO  MEDIA SOCIAL

    Les articles numérisés sont de bons petits soldats qui ne meurent pas et rappliquent au doigt et à l'oeil. Toujours disponibles au moindre mot-clefs.

    Ils vivent leurs vies car les moteurs de recherche les référencent en autonomes. On peut même les appeler sans entrer sur le site TDG !

    TDG signale que le trafic induit par ses blogs hébergés fut de 5 millions de pages vues en 2012. On attend les chiffres 2013 avec  impatience.

    Remarque logique : la Tribune dite de Genève génère des blogs...de Genève.

    De fait ultra intéressants pour la recherche historique locale dont celle de la SHAG.

    Exemple: la dernière campagne électorale pour le Conseil d'Etat fut extraordinaire de ce point de vue: cela a ferraillé sec. Un conseiller élu par exemple Mauro Poggia- entre autres politiciens- étant  lui même blogueur (Bloggia)

    Les interventions des commentateurs furent innombrables.

    PALINPSESTE NUMERIQUE EN META DONNEES

    Au point que le futur historien de cette campagne électorale -pour ne citer qu'elle- ne pourra faire l'impasse de ce qui s'est passé sur les blogs.

    Sinon son étude ne serait alors plus qualifiée de scientifique. La blogosphère TDG ayant  bien  été partie prenante du débat démocratique!

    Ce qui fut écrit sur blog constitue une matière brute  réflexive d'une richesse inouïe d'étude. Du social en pleine activité. Du contemporain en prise directe.

    Mais se pose un sérieux problème. Comment appréhender la blogosphère comme champ d'étude? L'historien ne devra-il  pas là encore changer, adapter voire inventer  sa pratique??

    Le palinpseste numérique n'est plus cette peau lentement grattée. Les pages blanches se remplissent chaque jour de mega octets. En mega-giga-supra quantités !

    Pour aborder la gigantesque base de données, l'historien de demain devra complètement maîtriser lui même l'outil  informatique spécifique aux blogs...

    NOUVEAUX TERRITOIRES D'ETUDES

    Accéder  par mots clefs est facile.

    Mais au delà comment "travailler avec"? Comment archiver ces méta données? Comment sélectionner les info pertinentes de celles non productives ?

    La question du nombre de chercheurs  se pose aussi. L'humain  ne peut suivre ni la  vitesse ni la quantité gigantesque  d'octets !

    Combien d'historiens pour analyser l'immense masse de  ces  données sociales de l'Histoire qui se fabrique réellement sous nos yeux, en temps réel ?

    Ces débats d'idées essentiels pour comprendre l'air du temps.

    QUID DU TRAITEMENT DE" L'HISTOIRE DES DONNEES NUMERIQUES"* ?

                                                                                                       Sylvie Neidinger

    SHAG : le-plus-ancien-editeur-genevois-encore en activité

    *Au hasard des blog TDG, un nouvel élu exprime numériquement son premier mois d'expérience.

    shag,geneve,histoire,numérique,blogs

  • 175 ans de la SHAG: historissimo !

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    La vénérable Société d'Histoire et d'archéologie de Genève fête dignement son siècle trois quarts.

    Avec comme gâteau une Exposition  de documents visible aux Archives d'Etat jusqu'au 20 décembre prochain. Et pour cerise...le récent colloque intitulé: " L'historien  et l'archéologue dans la cité " (15-16 novembre)

    shag,geneve,société historique et archéologique de geneve,archives d'etatJ'ai pu assister à la première journée du colloque  (dommage pour la seconde...)

    Le vocabulaire culinaire semble inadéquat: il  faut parler de polyphonie  plutôt !

    Une séance introduite par Pierre Flückiger des Archives d'Etat.

    L'Histoire abordée sous toutes ses coutures. Une formidable  pluralité d'approches.

    Tout d'abord, la SHAG se raconte elle-même (ses fondateurs, ses manques de locaux, ses statuts...) avec  les exposés  de Françoise Dubosson -qui indique comment un petit groupe se réunit autour d'Henri Boissier en mars 1838. Puis celui  de Sarah Scholl  laquelle a étudié les procès verbaux de  jubilés.

    Force de constater combien les membres d'origine  se divisaient en deux visions: l'une calviniste classique et l'autre école dite  "vieille genevoise" avec les J.B.G.Galiffe (des généalogistes) et autres anticalviniens.

    Bernard Lescaze replace tous ces courants  de pensée et resitue le radicalisme. Il évoque Henry Fazy, historien, archiviste et conseiller d'Etat.

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     L'aide "technique"structurante  de l'historien et archéologue  normand Arcisse de Caumont en direction de la SHAG  fut citée. Mais pas seulement.

    Furent abordées les relations avec les autres sociétés savantes helvètes.

    L'exposé de Irène Hermann  retraçait les interactions entre sociétés savantes suisses après la guerre du Sonderbund: pas si simple, pas si connectées entre elles en vérité!

    HOMMAGE AU PRESQUE CENTENAIRE QUI PUBLIE TOUJOURS: PAUL GUICHONNET

    Ce vendredi 15 novembre, le temps avait  une épaisseur de siècle clairement  mesurable.

    Vertige. Puisque qu'un hommage verbal fut prononcé par Jean-Daniel Candaux ( président de séance  très en verve) en direction du fils de Louis Blondel  (1885-1967) très âgé mais  assistant au colloque. Son père dirigea en 1913 le service du"Vieux-Genève"après des études à Genève, Paris et Munich.

    Nombreux historiens présents dans la salle ont d'ailleurs  évoqué dans les discussions leurs anciens professeurs à l'Université de Genève: hommage à la recherche universitaire.

    shag,geneve,société historique et archéologique de geneve,archives d'etatL' approche mémorielle a été complétée par un hommage - vivant donc vibrant cette fois- pour le bientôt centenaire Paul Guichonnet qui publie toujours.

    Magnifique paradoxe de Genève qui  sait toujours privilégier la compétence au besoin et suivant les circonstances.

    Elle   installa tout de même à la tête de la SHAG, haut lieu de son historiographie  locale majoritairement protestante cet érudit ...savoyard !shag,geneve,société historique et archéologique de geneve,archives d'etat

    ARCHEOLOGIE=L'HISTOIRE EN COUCHES!

    Dans l'après-midi  sont intervenus les archéologues, ces historiens  du concret.

    Spécialistes de "l'Histoire en couches", celle à  faire  "naître à la Science"  par les méthodologies de la fouille et des reconstitutions des données enfouies.

    Deux archéologues  de terrain ont pris la parole sans note aucune. Pierre Corboud retrace la naissance de la matière historique nommée"archéologie genevoise"de 1833 à 1920. L'exceptionnel  harpon préhistorique sculpté du Salève et les palafittes

    Il précise comment se met en place au coeur du XIXème siècle une nouvelle science de l'histoire: la paléo-archéologie autour du lac de Neufchatel puis des autres lacs dont le Léman.shag,geneve,société historique et archéologique de geneve,archives d'etat

    Et comment s'invente- en se nourrissant des données archéologiques- une symbolique nationale voire nationaliste autour du "suisse lacustre". Cet ancêtre, monté en mythe historique, que les peintres de l'époque ré-imaginent même.

    La belle affaire: le lacustre helvète proto-historique avait  le mérite de n'être ni catholique, ni protestant, ni germanophone ni francophone !

    Une perfection théorique pour une Unité politique nationale en voie de construction..

    Rapidement,  ce concept d'ancêtre commun fondateur et reconnu par tous sera vite abandonné au fond des eaux de la théorie...Il connut tout de même son heure de gloire.

    AVENIR DE SAINT ANTOINE?

    shag,geneve,société historique et archéologique de geneve,archives d'etatMarc-André Haldimann et Jean Terrier ont évoqué les chantiers en cours à Genève:shag,geneve,société historique et archéologique de geneve,archives d'etat

    -Rappel des premières fouilles du gallo-romaines du XIXème siècle   gravement destructrices, les méthodes archéologiques n'étant pas encore adoptées.D'ailleurs, on ne sait même pas où sont aujourd'hui  les amphores alors découvertes. Perdues, carrément !

    -Description de  l'immense chantier actuel du quartier Saint-Antoine qui permet une étude  scientifique toute facilitée par les techniques modernes. Très intéressant d'observer  l'appropriation par les genevois de leur propre passé puisque quelques uns  expriment déjà  le souhait de conserver les découvertes archéologiques en l'état.

    Oui, certes. Mais en quel état justement ? A quelles couches temporelle poser le curseur?

    Rappel: l'archéologue est un "historien fou" puisqu'il détruit son champ d'expérimentation au fur et à mesure qu'il ne l'étudie !

    shag,geneve,société historique et archéologique de geneve,archives d'etatTrès très proche-oriental  ce fonctionnement inhérent à  l'archéologie:  un peu Chronos qui mange ses enfants ou alors  Phénix qui s'auto-consume pour mieux ...renaitre.

    L'archéologue cet historien paradoxal est réellement obligé de détruire au fur et à mesure son champ expérimental pour l'analyser.

    Il procède à des choix de vie et de mort. Conserver ou détruire.

    Politiquement, Genève est aujourd'hui devant ses propres choix dans le quartier Saint-Antoine: Conserver ? Que conserver ?

    Comment détruire pour reconstruire? Les problématiques historiques sont toujours des enjeux contemporains de société.

     Le colloque dans sa richesse  a également porté sa réflexion sur d'autres facettes: la théorie générale de l'histoire.

    Ainsi fut abordée la mode  des années 80 (ouverture vers les sciences sociales, pluri-disciplinarité)   autour du concept de  l'histoire en miettes, voire de la "fin" de l'histoire (carrément !) Une vue de l'esprit plutôt que parole d'historien, semble-t-il. Une fausse crise de la discipline...

    "Dépasser les apories du localisme"..."Faire varier le jeu d'échelle selon l'objet soumis à l'analyse"...

    On conclue avec  le concept  de "variation d'échelle" indiqué  par Marco Cicchini, organisateur, dans son ...introduction.

    Ou comment l'histoire de Genève -somme toute celle d'une ville modeste en population au XIXème siècle - s'aborde aussi  dans le cadre d'une  l'Histoire plus large (helvète, européenne etc.)  Il indique alors que c'est une question  de  ligne de crêts...

    Crêts Baudet, assurément !

                                                                                                              Sylvie Neidinger

     

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    Lire : Histoire de savoirs: 175 ans d'histoire et d'archéologie à Genève. shag,geneve,société historique et archéologique de geneve,archives d'etat

    Catalogue de l'expo de la SHAG, visible aux Archives d'Etat de Genève jusqu'au 20 décembre.

    Dernière nouvelle: expo prolongée jusqu'en avril 2014

    Archives d'Etat de Genève


    Rue de l'Hôtel-de-Ville 1
    Case postale 3964
    CH-1211 Genève 3

    Dernière nouvelle ( mai 2014) les données de l'expo sont disponibles en ligne

     

     

  • Genève-le plus long banc du monde:120,21 mètres- à l'envers !

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     Genève détient un record mondial: celui du plus long banc en bois de l'univers: 120,21 mètres portés par 61 pieds...geneve,conseil d'etat,banc,reord du monde,promenade de la treille

    L'objet est long parce que la Promenade de la Treille est longue, tout simplement. Il en épouse la dimension.

    Il n'est d'ailleurs là que pour les beaux yeux de cette charmante dame du 18ème siècle: la "promenade" urbaine, haut lieu social et socialisant.

    geneve,conseil d'etat,banc,reord du monde,promenade de la treilleVénérable objet car présent  depuis 1767.

    Genève pour autant ne  fait pas homologuer sa dimension hors norme  dans le Guinness book des records.

     Pas de compétition absurde qui verrait  un quelconque  Etat fabriquer un banc encore plus grand juste pour dire qu'il a battu la cité de Calvin !  (Rien de plus facile pour défier: juste   du bois et un peu de métal...)

    Non. La  fonction de cet objet  précise est d'une toute autre nature...

    Il étonne à première vue par  son orientation  originale.

    Il  tourne carrément le dos au magnifique paysage panoramique de la ville, le parc, Plainpalais, l'Uni Bastions avec en fond de regard lointain le  Vuache et  le  Salève en  France voisine.

    SYMBOLIQUE VOIRE... PSYCHANALYSE.... URBAINE ?

    geneve,conseil d'etat,banc,reord du monde,promenade de la treille

    Ce banc couleur verte.....ne serait-il pas en fait   une toute dernière trace symbolique des magnifiques bastions dans lesquels s'était enfermée Genève?

    Une ligne Maginot imaginaire?

    Souvenir de ces barrières de protection, signes  du repli "entre soi"...que le XIX ème siècle a vu démolies pour  donner sa nouvelle dimension internationale à la  Ville-Monde.

    GENEVE ENCORE HYPER SECRETE

    Toute pré-occupée d'elle-même en paysage intérieur...

    Mythique promenade  tournée vers l'espace de  jeu des enfants (son avenir) et vers ses Institutions (son présent) avec  le Conseil d'Etat qui semble veiller avec soin  sur les chers petits, depuis les baies vitrées.

    geneve,conseil d'etat,symbolique urbaine,banc,reord du monde,promenade de la treilleL'espace de la Treille accueille d'ailleurs  à chaque fin d'année scolaire les écoles de la ville. En raout de clôture d'une année méritante.

    Il ne me semble pas délirer en comparant  l'extraordinaire position du banc genevois tourné non pas direction open space  mais  vers l'intérieur, vers l'oppidum  historique,  vers de la Ville citadelle fermée telle qu'elle fut dans sa phase de splendide isolement insulaire.

    Car un autre détail intéresse au plus haut point: la position des petits chevaux de bois ... frontalement placés  face au panorama, eux ! De facto face au monde  extérieur dont la Savoie.... Comme des sentinelles, là  encore  symboliques, en protection  d'une mythique escalade.

    Brave petits cavaliers et  chevaliers de la Tour Baudet..geneve,conseil d'etat,symbolique urbaine,banc,reord du monde,promenade de la treille.

    Ici, les petits chevaux ne se regardent pas entre eux, en vis à vis,  comme dans tous les parc d'enfants du monde où les bambins jaugent leurs exploits à l'aune du voisin. Chevaux croisés.

    Non, les  petits cavaliers genevois sont tous en position de sentinelles. Leurs regard ne se croisent pas individuellement mais se tournent collectivement vers l'extérieur. En garde !

    Etonnant.

     BELLE RENCONTRE

    geneve,conseil d'etat,symbolique urbaine,banc,reord du monde,promenade de la treilleConcrètement, l'usage du banc tourné vers l'intérieur est de facto incongru pour qui veut basiquement observer le paysage.

    Se poser en lui tournant le dos ne sied pas forcément. Regarder avec une position corporelle inversée fait risquer un grave torticoli.

    Nombreux sont ceux qui  littéralement transgressent les gestes ordinaires. Ils s'assoient, en fait  à l'envers et passent leurs jambes !geneve,conseil d'etat,symbolique urbaine,banc,reord du monde,promenade de la treille

    Il suffit  en fait, sportivement, d'enjamber le dispositif  dans l'autre sens et de transformer le dossier en ventral ! Jupes s'abstenir.

    C'est tout de même hyper original (photo) mais bien l'unique méthode pour apprécier la vue panoramique.

    L'autre jour, une dame d'un âge certain  était justement en méditation dans cette position quelque peu  saugrenue. Je m'approchai et lançai en imitation  les jambes dans la manoeuvre si spéciale mais obligatoire ici.

    Et toutes les deux de rire. Puis de plaisanter aimablement   sur les particularités genevoises.

    Après une demi-heure d'échanges sur la ville, passion commune visiblement, l'Inconnue me posa alors une surprenante question. "avez-vous 10 mn, je peux vous faire une surprise".

    Oui évidement: j'ai même en réserve des heures pour les surprises...

    Elle me demande alors de la suivre.

    Elle habite un des palais historiques de la zone, bâtisse privée, totalement inaccessible à la visite. Dont la lourde porte s'ouvre sur deux magnifiques cours intérieures.

    Hôtel particulier aristocratique, du protestantisme le plus ancien.

    Genève architecturale ultra secrète...

    Belle rencontre, grâce  à l'humour.

    Merci, le banc. Record mondial : 120,21 m précisément. Mesure garantie exacte au cm près. Précise, exacte: à la genevoise.

                                                                                  Sylvie Neidinger

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    Cet article est cité sur wikipedia à propos de la Promenade de la Treille: wikipedia.org/wiki/Promenade_de_la_Treille

                                                                             crédit images photos Neidinger