05/11/2018

ItinERRANCE mémorielle

Une sémiologue voit dans "itinérance mémorielle" les termes de France et d'espérance. Errance, plutôt?

Cette terminologie est  imposée par Emmanuel Macron lui-même pour décrire  son très long voyage dans l'Est  autour du 11 novembre !!

L'analyste oublie totalement le vocable  ERRANCE qu'un sémiologue un peu psy repère immédiatement.

Le terme est pompeux, d'un intellectualisme d'opérette.

Errance politique pour commencer. Macron Bonaparte ayant tué dans l'oeuf ses oppositions politiques, syndicale  se retrouve lui-même en direct face au peuple en colère, chauffé à blanc.

Alors que les citoyens en complète sidération face à l'augmentation du prix des carburants  limitent leurs déplacements (avant leur grande colère collective qui semble se faire jour)  lui se déplace en permanence aux frais de l'Etat .

Même quand c'est soit disant privé mais avec bains de foule (Honfleur) ET frais obligatoires importants pour assurer la  sécurité.

Même quand c'est  long: une semaine en Alsace Lorraine, 11 départements, des dizaines de  villes. Alors qu'il est en berne dans les sondages.

Une saturation médiatique en prévision puisque les médias vont suivre (c'est obligatoire; on suit toujours un président en déplacement) Il risque tout de même lui-même d'user sa propre image à trop en faire...De lasser.

                                     HISTOIRE MEMORIELLE CONTESTEE

Ce qui pose problème dans cette itinErrance tient de l'usage de la mémoire historique que le président fait autour la deuxième partie de son expression : "mémorielle".

Macron  avait largement  commencé  avec les symboles  se comparant lui même  à Jésus (ouf!) Jupiter, Jeanne d'Arc lors de sa campagne électorale.

L'expression Jupiter, chef des dieux est restée laissant présager narcissisme exacerbé et mégalomanie potentielle. 

Le Président, dès lors rebaptisé Méprisant de la République par certains, continue avec des incursions autour de l'Histoire: Algérie, gaulois réfractaires, années 30...

Attention. L'histoire mémorielle n'est pas l'histoire scientifique mais un point de vue officiel de l'Etat qui accompagne toute Loi mémorielle.

Le débat existe depuis les années 90 et la loi dite Gayssot.

https://journals.openedition.org/eac/433

Les historiens contestent cette récupération par le monde politique et médiatique autour de la notion de "mémorielle". 

La fonction de Président de la République est certes porteuse de toute l'histoire du pays. Traditionnellement, le locataire de l'Elysée l'usite dans un cadre institutionnel accepté  de commémorations etc. 

Que le président actuel  se mette à  personnellement  voire électoralement à instrumentaliser  l'histoire serait   un inquiétant  pas franchi (à suivre) Les français appréciant peu les leçons de ...morale de sa part.

Il y a danger voire cynisme à se servir de  l'Histoire.

Cela fait  très ....populisme des années 30. Justement !

                                                                              Sylvie Neidinger

 

*L'errance se confirme: il mélange tout ! cf interview du 6/11 à Europe1 : il évoque pèle-mêle #Benalla, carburants à son parcours! Il répond à côté de la plaque: l'augmentation "c'est pas bibi". Encore une saillie de com ratée car il ouvre lui  les déclinaisons autour de bibi fricotin...Interview polémique.

*Les sénateurs répondent que l'affaire #Benalla est sérieuse et a été traitée sérieusement.

 * Mémoire et politique: la conception de E Macron   

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