16/05/2018

Jacob Nufer: la première césarienne attestée sur femme vivante serait ...suisse!

C'est l'histoire (assez originale)  de  Jacob Nufer   (Siegerhausen)  en 1500.

Une anecdote racontée en 1581 par François Rousset qui publié alors son Traité sur l'enfantement qui pour la première fois en occident évoque la césarienne et illustre son propos par le cas d'une césarienne réussie.

 François Rousset (1531-1587), médecin du Duc de Nemours , publie le Traitte nouveau de l'Hysterotomotokie ou enfantement caesarien, qui est extraction de l’enfant par incision latérale du ventre et matrice de la femme grosse ne pouvant autrement accoucher, et ce sans préjudicier à la vie de l’un ny de l’autre, ny empescher la faecondité maternelle par après ».

Rousset semble surtout  théoricien, n'ayant pas pratiqué l'acte lui-même.

Attention on ne dit pas que cela fut la première césarienne de l'histoire de l'humanité. Impossible évidement à identifier. C'est la première attestée en occident sur femme VIVANTE.

On ne sait ce qui se passait à la période préhistorique (avec silex..)...

L'Antiquité s' empare du thème  avec  le  mythe Asclepios.siegerhausen,numa pompilius 1,césarienne,#suisse,jacob nufer,françois rousset

Un texte romain évoquait la nécessité d"ouvrir le ventre d'une femme ...décédée en couches:

(Je cite)."Il est difficile d'écrire un récit circonstancié de l’histoire de la césarienne. L’opération chirurgicale que nous connaissons aujourd’hui puise notamment ses racines dans les mythologies indo-européennes. Avant d’être un acte technique, elle est d'abord l’enjeu de réflexions sociétales, telles par exemple celles relatives à la Lex Regia édictée par Numa Pompilius 1, Roi Romain régnant de –715 à –673 avant JC et qui ordonnait que toute femme enceinte mourant subitement (en couches ou juste avant le terme), devait être césarisée dans l’espoir de sauver l’enfant s’il était encore en vie. Cette loi, selon Pline l'Ancien, a permis la survie de Scipion l'Africain, Général et homme d'état romain.

La césarienne est également l'enjeu de réflexions religieuses et philosophiques. A l'époque médiévale, une grande question théologique est de déterminer le moment où le fœtus est digne de recevoir le baptême. La question peut étonner de nos jours, mais elle est très importante à cette époque ; en effet, toute personne non baptisée doit rejoindre les armées de Satan au moment du jugement dernier, alors que les êtres ayant reçu le baptême rejoignent celles de Dieu. La césarienne post-mortem devient donc au Moyen-âge un des moyens de baptiser le plus grand nombre de personnes possible."

                                                             CHATREUR!

L'histoire suisse vaut son pesant d'or. Le mari "chirurgien" est en fait châtreur de porcs de métier !!

Derrière cette anecdote se lit une logique impeccable.

Le profession qu'il exerce explique le geste qu'il ose pratiquer : 

1) avec un outil tranchant 2) sur le vivant 3) avec implicitement des notions d'asepsie.

 

(Je cite) "La première opération connue et réussie d'une césarienne sur femme vivante et ayant survécu, date de l'an 1500. Cette année-là, en Suisse, Jacob Nufer, châtreur de porcs, obtient de la magistrature locale l'autorisation d'opérer sa femme en travail depuis plusieurs jours et dont les médecins et « ventrières » (sages-femmes) consultés jugent impossible l'accouchement par voie naturelle. Plusieurs sources évoquent le succès de cette opération : non seulement son épouse survit, mais elle accouche plus tard à plusieurs reprises. A l'heure actuelle, il est possible de penser qu'il s'agissait d'un cas de grossesse abdominale, ce qui expliquerait la survie de cette femme et le fait qu'elle ait pu porter d'autres enfants, alors même que le « chirurgien » n'avait pas les connaissances médicales pour effectuer les sutures nécessaires à une telle intervention. Par ailleurs, de par son métier, Jacob Nufer devait être en mesure de prendre certaines précautions d'asepsie ayant pu éviter une infection post-opératoire."

La période de la Renaissance était bien organisée.

Jacob Nufer dut demander à une autorité administrative, la "magistrature locale" l'autorisation de pratiquer l'acte.

                                                                 Sylvie Neidinger

 

                                RUBRIQUE SCIENCES-SANTE/MEDECINE

Commentaires

Bonjour,
Votre article est tout à fait intéressant.
Aussi, permettez-moi de vous dire quelques mots sur la médecine antique et le lieu fameux où se déroulaient les accouchements. Merci.
Dans une autre branche de connaissances, nous voyons les prétendues découvertes médicales modernes connues de toute antiquité, telle la circulation du sang.
L'hygiène et la médecine étaient enseignées et pratiquées dans les temples. Elles sont représentées par des Déesses telles que Angita qui était adorée par les Marses au bord du lac Fucin et qui opérait des guérisons par l'emploi des simples. On l'identifie avec Circé et Médée, et aussi avec Marica de Minturnes. Eileithya est encore une Déesse de la médecine, elle préside aux accouchements.
La Déesse Hygie donne son nom à la science qu'elle crée : l'hygiène.
Hygie fut chantée par les Grecs, les Latins, glorifiée par les Rubens, les Marot.
Epioné est celle qui adoucit les maux. On lui rend un culte dans les lieux salubres. On la représente tenant un bâton autour duquel un serpent est enroulé (symbole de l'envahissement de l’homme dans les fonctions de la Femme). C'est de cet emblème qu'on fera le caducée.
Salus est une Déesse de la guérison.
L'ordre des Prêtresses auquel appartenaient les Guérisseuses était appelé les Pastophores.
De savantes recherches bibliographiques nous ont appris que, plus de huit siècles avant notre ère, les Indiens provoquaient L’anesthésie, sans aucun danger, au moyen d'une préparation de chanvre, cannabis indica (Stanislas Julien, Rapport à l'Académie des Sciences), et pratiquaient alors les opérations les plus graves : ouverture des parois abdominales, suture des intestins.
Les anciens pratiquaient le magnétisme humain pour guérir les maladies et le considéraient comme étant le seul remède propre à produire sur un membre deux effets opposés en apparence, tels que de relâcher une articulation trop rigide et de resserrer une articulation trop lâche ; ils l'employaient aussi pour dissoudre les tumeurs en les malaxant, etc.
L'ancienne Déesse Thoth est considérée comme celle qui inventa la médecine. Ses doctrines sont exposées dans le Poemander et l’Asclépius. De là vient que les femmes qui exercent la médecine en Grèce sont appelées les Asclépiades. C'est de ce mot que, plus tard, on a fait Esculape.
Dans la mer Égée se trouve l'île de Cos, dont le nom a une origine curieuse. Il vient du mot celte Koe, qui signifie vache, c'est-à-dire Mère-nourrice. Mais les Mères ne sont pas que nourrices, elles sont aussi Prêtresses, et le mot Koïa signifie Prêtresse. De Koé-hele on a fait Cy-bele (hele signifie Fée ou Déesse).
Cette île était un centre d'enseignement médical et voici comment la mythologie en rend compte : Ovide dit :« Dans cette île, des femmes ayant déplu aux dieux furent métamorphosées en vaches ». C'est là qu'on fit naître un homme dont on va faire le Père de la médecine, Hippocrate, qui aura autant de réalité que Méton.
Au Pérou, les deux sexes sont désignés par les mots Manco-Capac (l'homme), Mama-Koïa (la femme).
Le Parthénon, magnifique temple élevé sur l'Acropole d'Athènes à la gloire de Minerve, n'est généralement regardé que comme un édifice religieux. Il avait cependant, à côté de l'enseignement qu'on y donnait, une destination plus pratique. C'est là qu'on venait consulter les Asclépiades et c'est là que se faisaient les accouchements. Et le nom même du Parthénon vient de Partus, enfanter.
Salomon Reinach, dans la séance du 9 mai 1908 de l'Académie des Inscriptions, lut un mémoire sur l'origine du nom du Parthénon, montrant qu'on a trouvé des parthénons dans plusieurs villes, où ils désignent des temples consacrés à une Divinité maternelle : Déméter, Cybèle, Artémis, Leucophryné. « Un Parthénon, dit-il, est un temple spécialement affecté à des rites, à des cérémonies exécutées par des jeunes filles ». Ces jeunes femmes Sont celles qui exerçaient la médecine et pratiquaient les accouchements ; on les appelle Parques (de Partus), parce que ce sont elles qui coupent le cordon ombilical.
C'est plus tard, par jalousie, que les misogynes feront des Parques les Déesses de l'enfer.
On a trouvé à côté de chaque temple un petit édifice nommé Mammisi (d'où Cérès mammosa), le lieu d'accouchement, qui offrait sur ses murs le tableau de la naissance de l'enfant (on dira du Dieu-enfant Horus).
La Déesse Carmenta présidait aux enfantements, dit-on (Dictionnaire de Pictet), et prédisait l'avenir des enfants. Mais ceci est une signification détournée.
La Déesse reconnaissait peut-être les caractères physiques et physiologiques des enfants et en déduisait ses aptitudes et sa psychologie futures. C'est pour cela sans doute qu'elle est restée, dans la tradition, représentée comme une prophétesse annonçant l'avenir, ce qui fait que plus tard son nom Carmen désigna « un chant prophétique ». Mais c'est aussi un chant de louange, et c'est du reste de ce nom que sont dérivés les mots charme, charmant, charmer.
Dans leurs pratiques médicales, les paysans grecs d'aujourd'hui gardent aussi la tradition de leurs ancêtres : les recettes et les charmes sont presque toujours le secret d'une famille et, dans cette famille, ce sont les plus vieilles femmes qui procèdent à ces rites, exactement, comme leurs ascendants d'il y a 30 ou 40 générations.
On trouve ainsi dans chaque village une ou deux femmes appelées sorcières, en possession de la fonction médicale et du pouvoir de guérir les malades.
Le livre chinois Nue-Kingi, est, au point de vue historique de la médecine, le plus curieux qui existe. Hoang-Ti, 2.637 ans avant notre ère, y fit consigner toutes les découvertes faites à partir du règne de Ching-Hong (3.300 ans avant notre ère), d'après M. Dabry, consul de France qui a écrit La Médecine chez les Chinois (1863). Ce livre chinois donne, comme l’Ayur-Véda des Hindous, des préceptes sur l'alimentation et l'hygiène, les frictions, l'hydrothérapie, le massage, les divers modes de gymnastique respiratoire pour entretenir la circulation du sang, sa recomposition, etc., etc.
Telles sont les traces qui nous restent des idées primitives qui constituèrent la première science, et qui furent révélées par la Femme à l'homme, dans la première jeunesse de l'humanité, alors qu'il ne pensait pas encore à la discuter, à nier sa parole ; l'heure du scepticisme et de la révolte n'avait pas sonné. Il l'écoutait parce qu'il l'aimait, parce qu'il l'admirait et parce que, son esprit étant encore droit, il comprenait. Le monde gynécocratique aura toujours le mérite d'avoir été pour l'homme le premier Maître dans la pénétration des secrets de la Nature, d'avoir été le temps de la formation de l'intelligence humaine.
La civilisation antique est l'expression des sentiments, des pensées, des actions de la Déesse, de la Mère. Elle a régné pendant toute la longue jeunesse humaine et y a creusé un sillon, qui est devenu un atavisme tenace qui tourmente l'homme et lui donne la nostalgie de l'idéal suprême, du Divin absolu.
Lien : https://livresdefemmeslivresdeverites.blogspot.com/2017/07/faits-et-temps-oublies.html
Cordialement.

Écrit par : Anwen | 25/06/2018

Répondre à ce commentaire

Merci pour votre commentaire hyper complet !

Écrit par : Sylvie Neidinger | 25/06/2018

Répondre à ce commentaire

Hypercomplet mais bourré d'erreurs et de contre-vérités, désolé. Juste deux exemples : les Asclépiades étaient des familles de médecins, pas forcément des femmes et leur nom vient d'Asclépios ou Esculape, fils d'Apollon foudroyé par Zeus pour avoir ressucité des morts...

Quant à faire des Grecs les précurseurs de Harvey, hum, le premier à avoir essayé de décrire les fonctions physiologiques dans l'Antiquité, c'est Galien (Grec exerçant en Italie, mort au 201 après JC) qui n'avait pas compris le rôle du coeur (siège pour lui des émotions,alors qu'il n'en est qu'un des récepteurs) et n'avait pas détecté de sang dans les artères !

Alors avant d'aligner des phrases comme "les prétendues connaissances médicales modernes", faudrait peut-être peut-être modérer le dénialisme ambiant. Je ne dirai rien sur la misandrie qui parfume le texte.

Écrit par : Gislebert | 25/06/2018

Répondre à ce commentaire

@Gislebert- Sincèrement je n'ai pas eu le temps de vérifier les détails. Votre intervention est donc utile pour votre avis différent et bienvenu. Merci

Écrit par : Sylvie Neidinger | 25/06/2018

Répondre à ce commentaire

Correction : Galien a bien observé le sang artériel en soignant les gladiateurs blessés, ce sont ses prédécesseurs, Hippocrate entre autres, qui croyaient qu'elles véhiculaient de l'air (sur les cadavres les artères sont vides...). Rendons à Galien le mérite de cette observation, même s'il n'avait pas compris le principe du circuit fermé. Je bats ma coulpe.

Écrit par : Gislebert | 25/06/2018

Répondre à ce commentaire

Bien de rendre à Galien ce qui lui appartient.... Je lis avec bonheur toutes ces précisions Car matériellement pas de temps de faire cette recherche précise autour de l'Histoire de la médecine. Merci aux commentateurs qui apportent leur grain de sel, quelquefois contradictoire. Justement c'est l'intérêt !

Écrit par : Sylvie Neidinger | 25/06/2018

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.