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03/04/2018

Le Pater Noster change en ce dimanche de Pâques 2018...même pas un poisson d'avril !

Le changement en Suisse Romande a lieu ce week-end pascal: la nouvelle version  de la prière chrétienne de base, le Pater Noster.

Chaque génération doit subir une modification. Il me souvient les personnes âgées qui  vouvoyaient le Très Haut. Puis nous l'avons tutoyé "que ton règne vienne"

Remarque: la prière Notre Père a difficilement été modifiée par les adeptes de l'ancienne version lors de la nouvelle. Cette "parole" ritualisée imprégnant les esprits et les mémoires. Durant les offices et messes , on pouvait encore entendre du vouvoiement.

"Avant  avant"... la prière universelle se disait même en latin dans nos contrées.

On note une intéressante convergence œcuménique.

 Maurice Page: Les Églises chrétiennes – catholique, réformées et évangéliques – de Suisse romande introduiront la nouvelle traduction de la prière du “Notre Père” à l’occasion de Pâques, le 1eravril 2018. Déjà appliquée en France et dans d’autres pays francophones, cette modification a été l’objet d’une large consultation entre les différentes Églises romandes, dans un esprit œcuménique.

 

                       NE NOUS LAISSE PAS ENTRER EN TENTATION

 

 Selon Jean Zumstein professeur émérite du Nouveau  Testament à l'Université de Lausanne spécialiste d’exégèse et d’herméneutique biblique, et plus spécialement de la littérature johannique, sur laquelle il a publié de nombreuses études. :  "La nouvelle traduction de la sixième demande du “Notre Père”: “Ne nous laisse pas entrer en tentation” remplace l’ancienne formulation controversée “Ne nous soumets pas à la tentation”. Cette demande formule un aspect capital de la vie dans la foi: la possible exposition au mal".   Le verbe grec utilisé dans cette demande signifie littéralement ‘faire entrer dans’. Précédé d’une négation, il peut s’entendre d’une double façon. Soit “ne nous introduis pas dans la tentation” soit “fais que nous n’entrions pas dans la tentation”. Cette ambiguïté doit être maintenue. D’une part, l’auteur de la tentation n’est pas nommé. D’autre part, comme le démontre la forme active du verbe utilisé, Dieu, selon la tradition biblique, a autorité sur le bien et sur le mal – et, à ce titre, sur la tentation. C’est pourquoi le croyant peut s’adresser à Lui pour être épargné. Dans le Nouveau Testament, Dieu n’est jamais présenté comme le Tentateur. C’est au contraire à Satan qu’est attribué ce rôle, mais ce dernier demeure toujours sous l’autorité de Dieu."

Observation pratique. Dans son dialogue avec Dieu le Père, le Très Haut, c'est encore l'Homme qui choisit les mots...

                                                                Sylvie Neidinger

 

Commentaires

Cela fait des décennies qu'on entend discuter des deux formulations "ne pas entrer en tentation " et "ne pas être soumis". On dirait presque que les responsables des églises se sentent missionnés pour codifier voire légiférer les dogmes. Est-ce que ces "larges consultations" amènent plus de fidèles?
On pourrait aussi discuter sur le fait de donner des ordres ou des consignes à "notre Père qui est aux Cieux"...
Ou encore, Lui qui est Un, pourquoi ne pas dire "Père et Mère qui êtes dans les Cieux."
En fait, ne sont-Ils pas partout vu que c'est Eux qui ont créé le Monde?

Écrit par : Marie-France de Meuron | 03/04/2018

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Bien résumé!
D'autant que sur le fond pourquoi le" Père" n'autoriserait-il pas de faire "se soumettrait-il pas à la tentation"?
"Tentation" est vu ici comme un interdit basique proposé dogmatiquement à des brebis forcément incapables de réfléchir.


Interdit systématisé dans la nouvelle version par (effectivement ) une administration religieuse dogmatique.

Répondre à la tentation par un choix que librement l'Etre fait ou ne fait pas est un acte de responsabilité.
Et ce choix peut être ressenti comme acte de foi, pourquoi pas.
Moi je garde en tous cas l'ancienne formulation qui convenait parfaitement.
De plus, ce changement de contenu de prière s'opère... de quel "droit"?
C'est hyper vertical comme process.
Si on avait fait un sondage chez les chrétiens peut être se serait-il dit de ne rien changer...

Écrit par : Sylvie Neidinger | 04/04/2018

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