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23/11/2017

Mme Guyon, mystique et politique à la Cour de Versailles

En cette période de  féminisme exacerbé, souvent exagéré (cf: l'ignoble écriture dite inclusive) une femme du 17ème siècle a les honneurs à Genève d'un colloque de 3 jours, du jeudi 23 (aujourd'hui ) au samedi 25 ! C'est à l'occasion de son tricentenaire.

L'entrée, à l'Uni-bastion en est gratuite. C'est organisé par la  Faculté de Théologie.

Car Jeanne-Marie Bouvier de la Motte dite Madame Guyon fut un penseur de la mystique religieuse de premier  plan. Une "célèbre inconnue " du Grand Siècle.

( j'ai choisis d'écrire un penseur, au neutre, pour exprimer cette fonction  . Nota "penseuse" est présent dans certains dictionnaires avec toutefois  la mention "peu usité" )

Du" piétisme" catholique, l'exact pendant semble -t-il du"quiétisme. protestantpiétisme,mystique,genève,#blogneidinger,quiétisme,mme guyon

Son lien avec Genève? Elle y séjourna :
  A trente-deux ans la riche veuve part pour Genève en se détachant de tous biens : « Je donnai dès Paris … tout l'argent que j'avais … Je n'avais ni cassette fermant à clef, ni bourse. » A Gex, proche de Genève, on lui propose l'engagement et la supériorité des Nouvelles Catholiques, religieuses chargées d’élever des filles d’origine protestante, mais elle refuse car « certaines abjurations et certains détours ne me plaisaient pas ». 
  « Dépouillée de tout, sans assurance et sans aucuns papiers, sans peine et sans aucun souci de l'avenir », elle compose à Thonon les Torrents : « Cela coulait comme du fond et ne passait point par ma tête. Je n'étais pas encore accoutumée à cette manière d'écrire … Je passais quelquefois les jours sans qu'il me fût possible de prononcer une parole ». Elle découvre une autre manière de converser avec son confesseur le P. Lacombe : « J’apprenais son état tel que je le ressentais, puis incontinent je sentais qu’il était rentré dans l’état où Dieu le voulait … Peu à peu je fus réduite à ne lui parler qu'en silence. » Cette autre manière s’étend à des proches. Suivent des séjours fructueux à Turin, capitale du royaume de Savoie-Piémont, et à Verceil (Vercelli) pendant près d’une année, puis, de retour en France, à Grenoble. Agée de trente-huit ans, elle revient à Paris en juillet 1686, peu avant la chute du quiétiste espagnol Molinos en 1685 suivi de sa condamnation romaine (décret de l'Index porté le 22 novembre 1689).

 

Le programme du colloque est sur le site !

Petit choix

Jeudi 23 : Versailles au miroir de Grenoble : invariants et évolutions d'une mystique engagée par Ghislain Waterlot de l'Université de Genève suivi d'un moment musical . Cantiques spirituels de Mme Guyon sur les airs  e Lully.

Vendredi 24 novembre : La séduction du langage mystique ou l'affirmation d'une nouvelle féminité à la Cour

Samedi 25 L'éducation de la sensibilité dans l'expérience de la religiosité guyonienne dans le roman psychologique de Karl Philipp Moritz Anton Reiser

Beau programme.

Les intervenants viennent du monde entier, de Beyrouth à Copenhague en passant par Berlin et Chicago.

Pas mal pour cette intellectuelle paradoxalement totalement inconnue du grand public (dont je fais partie, c'est une découverte...)

 

                                                                                     Sylvie Neidinger

 

Penseuse  la terminologie existe bien  dans certains dictionnaires,  pas tous ! Une terminologie traditionnellement "peu usitée" mais effectivement en usage dans la langue

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(crédit images capture d'écran wiki, site en lien)

Commentaires

"un penseur au neutre et pas une penseuse "

Mais penseuse existe depuis toujours dans la langue ; pas besoin d'être féministe pour l'utilier. Ne craignez-vous pas de tomber dans l'autre extrême en masculinisant quand ce n'est pas nécessaire ? Vous diriez pas "Jeanne-Antoinette Poisson fut un marquis".

Écrit par : Raison garder | 24/11/2017

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Je réponds au commentateur dont le pseudo dit avoir sa raison bien gardée.
(Celle des autres ne l'étant pas...gardée???)


Oui pAnseuse existe ... !

Et effectivement pEnseuse aussi mais les définitions le notent "d'un usage plus rare" ou carrément certains dictionnaires en font l'impasse .Chez eux la féminisation de penseur n'existe pas
http://www.larousse.fr/dictionnaires/rechercher?q=penseuse&l=francais&culture=

Les quelques dictionnaires du XIXème siècle consultés ont bien penseur mais pas penseuse. Il faudra vérifier

Ceci contredit en tous cas votre affirmation qui dit que "depuis toujours" c'est usité.
Désolée de continuer à utiliser le neutre qui est en l'occurrence un masculin pour les fonctions. C'est ainsi que je rédige. Genre : Mme Le ministre
Avec toutes ces modifications nouvelles du français et les usages anciens qui perdurent finalement on trouve désormais tout et son contraire. C'est le progrès visiblement...
Le blogueur l'homme libre a résumé : c'est le bordel dans la langue
http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2017/11/15/%C2%A0les-amours-inclusives%C2%A0-ou-le-bordel-dans-la-langue-287776.html#more

Écrit par : Sylvie Neidinger | 24/11/2017

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