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19/09/2017

Sanctuaire d'Artémis Amarysia:magnifique découverte de l'Ecole suisse d'archéologie

Karl Reber, directeur de l'Esag vient d'en faire l'annonce: la découverte d'un site antique majeur  plus précisément sur l'île d'Eubée.

La mise à jour du sanctuaire d'Artémis Amarysia, déesse de la chasse est le fruit de l'immense volonté des chercheurs suisses.

Tobias Krapf, secrétaire scientifique se souvient de son émotion pour avoir voir vu apparaître sur une tuile "ART" puis... "ARTEMIDOS" à la fin de l'été.

(Le Temps ) "la découverte est essentielle. Ces fouilles qui se déploient sur 5000 m2 ont mis au jour l'un des derniers sanctuaires connus par les textes. «Il compte parmi les plus importants de l'île d'Eubée, le deuxième plus grand de Grèce après la Crète », explique le professeur Karl Reber, directeur de l'ESAG. Il rappelle que cette école fouille cette île «depuis 1964 à l'invitation du gouvernement grec. A cette époque, la ville moderne d'Erétrie s'agrandit et des constructions sont réalisées sur le site antique. L'objectif était de protéger une partie de ce site antique».

C'est le résultat d'une campagne de fouille de cinq ans mais surtout d'une présence suisse  d'un demi-siècle pour protéger le site antique potentiellement intéressant d'une ville moderne.

Un engagement  helvétique têtu, opiniâtre, important en matière scientifique mais aussi .....financier. Le terrain est acheté par l'ESAG  en 2012 !

                 MISE EN RELATION DES VESTIGES AVEC LES TEXTES

 «Une telle découverte est d'un grand intérêt, ajoute Denis Knoepfler, professeur honoraire au Collège de France et à l'Université de Neuchâtel. Elle permet de mettre en relation les vestiges avec des textes.».(Le Temps)

Cette découverte  couronne en effet  la démarche scientifique de cet  historien, Denis Knoepfler, qui mêle doute et hypothèse.

"Il est jeune chercheur lorsqu'ils se plonge dans les écrits concernant la ville antique d'Erétrie, notamment ceux du géographe Strabon (Ier siècle avant Jésus-Christ). Celui-ci évoque le sanctuaire d'une part, et une procession de l'autre. La procession, imposante, ne peut avoir lieu dans l'espace décrit par le géographe.

C'est alors que le doute surgit, explique le professeur Knoepfler: «Progressivement, j'ai constaté différents indices plaidant pour une localisation de ce secteur au pied d'un colline et non là où nous cherchions». En cause, une erreur dans le nombre de «stades», l'unité de mesure de l'époque équivalent à 180 mètres. «En Grec, deux lettres se ressemblent, le ζ et le ξ, poursuit Denis Knoepfler. La première équivaut au chiffre 7, la seconde à 60. Mais dans leur écriture, il n'y a qu'une infime différence entre les deux». Dans le premier cas, le sanctuaire était à 1,2 kilomètre de la ville, dans le second, à 11 kilomètres. «J'ai donc supposé qu'il s'agissait d'un erreur de copiste et suggéré une localisation du sanctuaire sur le rivage, au pied de cette butte», explique-t-il en montrant la colline qui domine les fouilles."

La campagne de fouille 2017 est terminée, les cours reprennent à Lausanne

Le directeur de l'ESAG Karl Reber poursuit: «Nous sommes partis d'un petit sondage. Aujourd'hui, nous savons que le sanctuaire est encore plus grand que ce que nous avions prévu». Il faudra encore dégager des tonnes de terre, remuer des centaines de blocs avant de mesurer l'ampleur de la découverte.

Et en attendant probablement penser à protéger le site de toute intrusion malveillante?

Un autre suisse fait parler de lui en archéologie crétoise : Thomas Waldmann, archéologue mathématicien. Il fouille et cartographie le Labyrinthe de Messara.

 

 

L'archéologie suisse au top !

                                                             Sylvie Neidinger

 

 
 
 
 
Le site d'Amarynthos a réservé une agréable surprise aux archéologues suisses Karl Reber (à gauche) et Denis Knoepfler. (Fabien Perrier) ( Le Temps)

Commentaires

"d'une présence helvète d'un demi-siècle"
N'est-ce pas curieux de mêler cette erreur historique - parler d'Helvètes pour les Suisses - dans un article sur l'archéologie ?

"L'archéologie suisse au top !" On ne compte plus les sites en Suisse qui restent inexplorés et l'archéologie suisse serait au top ? C'est une mauvaise plaisanterie...

Écrit par : Géo | 20/09/2017

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Vous avez parfaitement raison @Géo J'emploie quelquefois Helvète pour ne pas toujours répéter Suisse mais évidemment ce n'est pas tellement interchangeable sachant que cela désigne clairement un peuple celtique ancien.
Dont acte !! Et je vais désormais écrire" suisse" à tout bout de champ !!! mais attention helvétique est toujours d'actualité ' (cf confédération helvétique) !!!!!!
MERCI OK Je corrige mon texte du jour car effectivement il s'agit d'archéologie. Belle journée Sylvie Neidinger

Écrit par : Sylvie Neidinger | 20/09/2017

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En fait, la partie importante de mon commentaire était la seconde. je voudrais que les citoyens se rendent compte que nos branleurs universitaires se trouvent beaux dans le miroir de l'égyptologie ou de l’hellénisme mais penseraient se salir les mains à fouiller le passé de Oetzi, 5000 ans mais déjà en possession d'herbes médicinales et de traces d'acupuncture (bien avant les Chinois ?)...

Nota bene : j'ai beaucoup de peine à croire que les contemporains d'Oetzi ne connaissaient aucune écriture mais je n'ai aucune peine à concevoir que les obsédés de l'anti-homme blanc au pouvoir dans nos universités soient parfaitement incapables de la découvrir...

Écrit par : Géo | 20/09/2017

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Je ne partage pas votre terme de "branleurs universitaires" Je respecte ces scientifiques.
Chercher en *Grèce n'empêche pas de chercher ici...

Mais je passe tout de même votre commentaire. Vous soulignez un problème d'importance et qui ne concerne pas que la Suisse. Ce fameux "glorieux passé" gréco-latin dont effectivement beaucoup se gargarisent.
D'une part les grecs anciens eux-même disent combien ils doivent à d'autres avant eux ( les Phénicien)
D'autre part l'Europe a occulté son passé celte, gaulois etc... Car mal présenté.
Le Louvre regorge d'antiquités grecques , latines , égyptiennes avec ses marbres et dorures
Le Musée des antiquités nationales de St Germain en Laye lui, moins prestigieux est celui de la VERITABLE histoire du pays !!!


Un archéologue, Jean Paul Demoule
(http://www.jeanpauldemoule.com/)
spécialiste de proto-histoire dénonce lui non pas les archéologues comme vous le faites mais les POLITICIENS qui ne comprennent rien et minorent le passé gaulois/ celte.


Demoule donne le bonnet d'âne au préfet qui autorisa les travaux de chantiers sans fouille de la source de Bourbonne- les -bains où des statues pluri-millénaires en bois liées au dieu borvo sont parties en déchèterie.

Écrit par : Sylvie Neidinger | 20/09/2017

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"mais les POLITICIENS qui ne comprennent rien et minorent le passé gaulois/ celte." Il appartient aux archéologues de se battre pour leur cause, et non aux politiciens d'en savoir plus que les archéologues et prévenir et guider leurs recherches. "Branleurs" n'est effectivement pas le terme le plus pertinent, vous avez raison. Mais je me souvenais de cette époque où toutes les minettes "miss Suisse" ou autres déclaraient leur passion pour l'égyptologie (et là, je n'invente rien...).

Écrit par : Géo | 20/09/2017

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Les typologies de professions ne sont pas les mêmes: les archéologues sont des historiens, scientifiques plongés dans leurs domaines respectifs...
Pour revenir à la minoration du passé de nos pays européens ( cf J P Demoule qui a largement rouspété dans ses livres sur ce thème ) les archéologues sont bien informés et souvent râlent, s'expriment. C'est plutôt le grand public qui lui a manqué de réaction face aux destructions de sites ( terribles années 70 80!)
Aujourd'hui avec les réseaux sociaux cela ne pourrait plus se faire, heureusement !

Écrit par : Sylvie Neidinger | 20/09/2017

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A part ça, je vois ce soir au TJ suisse une inscription au St-Bernard présentée comme "celtique", alors que c'est un vrai dogme chez les archéologues suisses de prétendre que les Celtes n'avaient pas d'écriture. Quand on ne veut pas voir les choses, on ne les voit pas. Et puis, on devrait bosser plus ici qu'en Grèce ou en Égypte. C'est nettement moins valorisant...

Écrit par : Géo | 26/09/2017

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