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04/10/2015

Morano blanche et... brune

Rubrique politique France-Dans un contexte politique très tendu avec l'arrivée -un peu invasion en raison du nombre, de  la soudaineté et du caractère incontrôlable par les Etats régaliens-  de migrants, la saillie de Nadine Morano sur la supposée "race  blanche" de la France est surjouée.

D'autant que, peu avant une élection -les régionales- la parole d'un ténor de parti porte.

Oui ....NM  fait bien partie des "personnalités" de LR, elle-même député européen.

Parole peu digne d'un responsable politique majeur qui doit -normalement - tenir ses nerfs et sa langue.

1-La notion de "race blanche" est probablement un coup porté au coeur des réunionnais, martiniquais, guyanais, guadeloupéens dont les terres lointaines sont françaises ou à tous autres individus de nationalité française venus du vietnam ou d'ailleurs. Car la France géographiquement plurielle possédait et possède encore de fait une immense façade maritime, chose  ignorée le plus souvent.

2-Le concept de race est lourd de sens idéologique et non démontré scientifiquement. Lourd de controverses  comme le précise l'article de wiki à l'entrée "race humaine"

"La notion de race humaine est employée pour établir des classifications internes à l'espèce humaine selon des critères morphologiques ou culturels1,2,3. Le concept de « race », qui n'est plus utilisé pour la taxinomie du vivant, a été appliqué à partir du XIXe siècle pour distinguer des groupes humains selon des critères arbitraires4 (religion, nationalité, couleur de la peau, origine géographique…). Il est employé par des idéologues racialistes4 ou des acteurs politiques promouvant une idéologie raciste.

Les études scientifiques, fondées depuis le milieu du XXe siècle sur la génétique, ont montré que le concept de « race » n'est pas pertinent pour caractériser les différents sous-groupes géographiques de l'espèce humaine car la variabilité génétique entre individus d'un même sous-groupe est plus importante que la variabilité génétique moyenne entre sous-groupes géographiques5,6. Le consensus scientifique actuel rejette en tout état de cause l’existence d'arguments biologiques qui pourraient légitimer la notion de race7, reléguée à une représentation arbitraire selon des critères morphologiques, ethnico-sociaux, culturels ou politiques8, comme les identités9."

Le magazine Sciences et Avenir fait ici le point sur le concept de "race" appliqué à l'homme:

http://www.sciencesetavenir.fr/archeo-paleo/anthropologie/20150928.OBS6633/le-concept-de-race-peut-il-s-appliquer-aux-humains.html

"Les humains sont inclassables. Ils ont tous une origine commune récente et ne sont pas séparés. Leur variation est continue, les populations se mélangent et s’interpénètrent depuis toujours. Pensez à la transfusion sanguine : seuls comptent les groupes sanguins – les mêmes partout, sans référence aux aspects physiques ou aux origines géographiques.”

Certes, la génétique met en évidence des différences entre populations, mais il s’agit de différences de fréquences de gènes (par exemple, la fréquence d’un allèle* qui rend la personne capable de digérer le lait à l’âge adulte), pas de gènes qui seraient entièrement présents dans une population et absents dans une autre. Ces différences ne permettent donc pas de classer les individus, mais des populations définies arbitrairement, sur des critères statistiques, eux aussi arbitraires. Selon les gènes et les populations que l’on utilise, on obtient donc des classifications très différentes, incohérentes entre elles et incohérentes avec les caractères physiques visibles. Ainsi, les populations “noires” d’Afrique, d’Inde et du Pacifique sont génétiquement très différentes et bien plus apparentées, chacune, à des populations à peau claire[locales] qu’elles ne le sont entre elles. »

 

3-Archéologues, historiens et scientifiques  restent dubitatifs sur les généralisations... face aux quantités inouïes de mouvements de populations à l'épaisseur et l'aune des millénaires. Personne n'oublie la période nazie.
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4- Nadine Morano instrumentalise le général de Gaulle dont on ne sait si il a vraiment  prononcé cette phrase. Si oui, c'était dans un autre contexte d'époque à resituer. Car l'homme politique célèbre fut justement moteur de la...décolonisation.

Elle va jusqu'à se mettre en scène sur la tombe du Général.

5- Mme Morano est lorraine d'une mère  piémontaise (Generelli) Son patronyme paternel, Pucelle transformé par décret en Pugelle est typique de la plaine des Vosges, là où est née Jeanne d'Arc...Proche de Domrémy-la-pucelle, Grand...la  vallée de la Meuse.

Certes des zones de grande celtitude gauloise encore que devenues ensuite gallo-romaines. Rien n'est noir ou blanc.

Et puis ces celtes viennent de l'ouest...Il va jusqu'où l'ouest: l'Iran ? Les plaines Kazakh? L'Inde? Le Caucase ?

Les invasions hunniques, elles aussi marquent les populations européennes dans leur génétique.

Les germaniques burgonds ? Aussi de ce grand  "ouest" de l'Europe.

Et combien d'autres mouvements de populations que les historiens éclaircissent au fur et  mesure de leurs études.

Sans compter  les néolithiques venus apporter l'agriculture en Europe arrivés du proche-orient, avec leurs moutons d'ailleurs.

Inutilité absolue d'un débat sur les couleurs de peau de tous ces gens...

6-  Nadine Morano n'hésite pas -ego surdimensionné- à instrumentaliser de Gaulle. De mauvais goût, elle se rend ce week-end sur sa tombe à Colombey  s'y fait photographier comme pour mieux appuyer ses dires.

Elle  instrumentalise aussi  Jeanne d'Arc, rien de moins. Jeanne d'Arc  étant, au passage une construction des historiens du XIXème siècle qui choisirent  de glorifier cette personnalité historique pile au moment de la création de la "Nation", au sortir de la révolution de 1789, elle même conséquence  du mouvement des Lumières.

Jeanne d'Arc: un des mythes fondateurs de la République. Un mythe donc.

7- Il  vaut mieux ne pas s'approfondir sur la colonne vertébrale intellectuelle de Nadine Morano- faible-  car pour donner des contre-exemples à sa "race blanche" elle évoque dans une totale bouillie écervelée les.. religions ! (l'islam). Ce qui , vous l'avouerez, n'est pas du même registre.

La "générale" glorifie le côté judéo-chrétien des racines du pays,  avérées évidemment. Oui, la France est bien fille aînée de l'Eglise.

Mais là aussi l'épaisseur historique prévaut. La réalité  scientifique des historiens s'impose.

Les religions,  elles aussi s'empilent dans l'histoire  car

1) avant le christianisme...présence des religions celtiques, polythéistes, ou orientales: Lyon et le culte de Cybèle (cette divinité phrygienne, type Grande Déesse) Mithra et tout le reste...

2)Le christianisme est bien une religion ORIENTALE qui avec les apôtres s'est diffusée à l'ouest.  Jésus n'est pas né à Domrémy-la-pucelle mais bien à Bethléem en   Palestine, adresse: proche-orient.

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7-RESUME  A ce stade le mieux surtout est de rire!

Je me souviens soudainement de mes cours d'espagnol.

Moreno-avec un e- signifie bien ...brun.

Mieux encore sur un site de généalogie: Morano serait, je cite: "un nom de famille catalan sobriquet désignant celui qui est brun de peau comme un maure"

Alors....

Il est est totalement indigne d'un responsable politique en charge de gérer le présent devenir de ses contemporains dans un univers multiculturel d'agiter les chiffons rouges de la "couleur de race"

"Blancheur" que la responsable de LR dans une grande purée de cervelle mélange à des modes de prier et autres aspects culturels.

D'autant piquant  que Nadine Morano ne porterait pas   la couleur brune seulement dans son mode de pensée "légèrement extrême"....mais (rire)également  dans son propre patronyme (anecdotique).

Alors peut-être qu'il  fallait même ne pas perdre son temps ici à parler de la "pensée" de cette "ir-responsable" puisqu'il s'agit ici plutôt de  promotion, ego et magma de cervelas.

Mais puisqu'elle joue du code couleur. Alors peut-on affirmer que la dame de race blanche tire sur le brun, question idéologie.

Tendance chemises brunes pour habiller la "race humaine blanche"... moranesque?

 

                                                         Sylvie Neidinger

http://www.lexpress.fr/actualite/politique/lr/morano-elle-n-est-pas-fraiche-sa-popularite_1722031.html

 

 

 

 

Commentaires

Ne pensez-vous pas que la presse française et internationale fait trop d'honneur à cette personne en reprenant à l'envi ses paroles dans un contexte difficile avec l’afflux de "réfugiés" qui arrive en ce moment en Europe. De plus la réaction de son parti et de son président m'étonne si l'on se souvient de certaines déclarations des leaders de cette formation il n'y a pas si longtemps. C'est comme si cette formation voulait se refaire comme tant d'autres fois une bonne réputation après avoir repris les thèmes du FN si souvent par opportunité.

Écrit par : grindesel | 04/10/2015

Vous avez raison. C'est l'objet de la dernière phrase: un peu "prise au piège" d'avoir réagi à une parole totalement déplacée. Au départ je ne voulais pas rédiger sur cette "dame"....

Mais quand j'ai mené ma petite enquête et confirmé que "morano"signifie ...brun, son ridicule devenait plus grand encore!
SN

Écrit par : sylvie | 04/10/2015

Quand est ce que nos veules bien pensants comprendront que le multiculti n'existe pas. Il y a qu'une culture dominante possible par région, et si ce n'est pas la votre c'est celle d'un autre.

Écrit par : Eastwood | 04/10/2015

Au secours, je ne comprends plus rien notamment le dernier commentaire.Le lien entre "race" supposée et culture ????? Personne ne parle de la même chose.

Écrit par : Dan | 04/10/2015

Le français et l'espagnol (ou castillan, pour être politiquement correct) c'est bien beau. Mais c'est l'anglais, sous la plume de l'illustre Shakespeare, qui nous donne ce qui devrait être le mot de la fin "Much Ado about Nothing", à savoir "Beaucoup de bruit pour rien".

Écrit par : Mère-Grand | 05/10/2015

YES. D'autant que ce qui est excessif est insignifiant.
En revanche on peut réagir à cette arrivée de la "race humaine" dans le débat politique par un ténor- une castafiore plutôt-? d'un parti politique institutionnel LR, anciennement UMP.
Ce, au coeur de l'Europe, 70 ans après la fin du nazisme: "Du gros rouge qui tâche" aurait dit l'extrême droite qui trouve les dits propos excessifs...

Écrit par : sylvie | 05/10/2015

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