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30/10/2014

Vélo maso

Désolée pour le caractère perso de la note mais la thématique est générale.

Hier 29 je me rendais vers un "boutduborddulac" qui m'était inconnu, celui d'Yvoire pour la très intéressante expo Défilé alpin Mode et Montagne du XIXème à nos jours juste avant qu'elle ne ferme au 31 octobre.

En mode écolo-économique-développement durable. Donc programme: train+vélo (en tout état de cause, les transports publics pour se rendre à Yvoire sont presque inexistants)

Sur mappy: arriver en gare de Perrignier, traverser une forêt, arriver à Sciez puis longer le lac aux eaux sublimes du côté d'un rivage au nom imprononçable Excenevex puis Domaine la Rovorée (Yvoire).

Une quinzaine de kms, trente aller retour: jouable.

Y aller ou pas?

La dernière  fois que j'avais roulé sur une départementale en bicyclette remonte à l'adolescence, un bail...Choix d'essayer à nouveau.

Problème: le trajet réel  fut  immédiatement inquiétant. Sur ces routes souvent larges et droites, donc magnifiques, les véhicules roulent à la vitesse autorisée souvent 90km /h.

Voitures et camions,  surtout si rien ne vient  en face, doublent donc à cette vitesse juste en se déportant  un peu à gauche.

Et frôlent le cycliste  à un mètre à peine ...à 90 km/h, voire moins (80,70..) s'ils sont prudents. Mais cela fait encore beaucoup.

                                              ROULETTE RUSSE

Quelle inquiétude d'entendre arriver un engin mobile et de se dire à chaque fois: j'espère que le conducteur est bien là, qu'il ne regarde pas sur sa gauche ou son portable.

Tension...alors que la route était bucolique: arbres et champs puis sublimes vues sur le lac.

Sentiment de mettre sa propre sécurité dans les mains d'inconnus dont on ne peut préjuger du comportement. Roulette russe.

La cycliste que j'étais se tenait le plus à droite possible sans embardée évidemment dans la stricte attitude du "partage de route" et sans atteinte au code de la route.

Bien à la droite de la chaussée également  en pleine  ville à Sciez. Pourtant dans cette agglomération, une automobiliste (une "furieuse" au sens hoolywoodien du terme des Furious, à la "orange mécanique") descend sa vitre et hurle que je dois rouler sur le ...trottoir. Sympa! L'idéal évidemment est la piste cyclable quand elle existe.

Sur ce trajet de bord de Léman, je traverse par deux fois des chantiers routiers, des travaux en cours dont les panneaux annoncent  des aménagements d'une  vélo route que le département 74 t les collectivités locales mettent en place.

vélo,vélo maso,cyclisme,cg74,rhône,danger,sciez,excenex,chemin de halage,léman,route,véloroute du sud léman  Enfin à destination, je fais part aux chargées d'accueil du lieu culturel La Rovorée de cette difficulté vécue  à avoir "testé" le mode de transport vélo sur route normale.

Par le plus grand des hasards,  arrive sur ces lieux une employée, visiblement en  retard. " Il vient d'y avoir un gravissime accident, dit-elle- vélo,cyclisme,danger,sciez,excenex,chemin de halage,léman,route,véloroute du sud lémanil y a 10mn: une cycliste renversée".

Exactement là où j'étais 10 mn avant. Sur la vélo route dit " internationale" et  "verte".

Toutes mes intuitions n'étaient pas vaines. La roulette russe est bien tombée... sur une autre cycliste.

Cette dame inconnue  touchée, fauchée, c'est nous tous en fait. Tous ceux qui prennent le vélo sur route ordinaire.

                                        VELO ROUTE INTERNATIONALE

 

Renseignements pris, cette  voie est bien  dédiée au vélo mais "en partage": un peu ambigu comme programme..!

Elle se nomme la Vélo route du Sud Léman. Elle est à caractère international, car  se connectant à la Suisse  pour un futur tour complet du lac. Donc connectée au Valais.

 "La véloroute du Sud Léman est en cours de réalisation et s’étendra sur environ 80 km. Elle a pour vocation de prolonger l’itinéraire du Léman à la mer par la rive sud du Lac Léman et rejoindre la Route du Rhône Suisse dans le Valais

Un tel itinéraire à pour ambition de proposer un bouclage du tour du lac Léman certes, mais surtout un grande véloroute internationale le long du Fleuve Rhône (de sa source en Suisse jusqu’à la méditerranée) Celle-ci pourrai faire l’objet d’une inscription au Schéma des véloroutes européen Eurovélo.

 

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Je m'intéresse à cette vélo route et son aménageur qui indique sur site évidemment sa non responsabilité:
"Vous vous engagez sur ces parcours sous votre propre responsabilité. Les collectivités et voiesvertes.com ne peuvent être tenus responsables des accidents qui pourraient survenir sur les itinéraires décrits dans ces pages. Bonne balade à tous."

Cette phrase est exacte: le CG74 investit et améliore le réseau. Il ne peut gérer les comportements individuels comme ici, dans l'accident, celui du  premier chauffeur qui aurait évité le vélo en toute dernière minute, le second véhicule derrière n'ayant pas pu éviter lui car n'ayant rien vu, son champ visuel étant pris par la première voiture.

Tout au plus l'aménageur public  peut-il  faire un affichage spécifique  signalant  spécifiquement une mixité vélo/route ?

Et tout de même, gérer ce problème de communication majeur? Signaler que ces routes ne sont pas dédiées au cyclotourisme  pur car elles sont, en réel  hyper fréquentées par voitures et camions.

A savoir le Chablais, enclavé, souffre de ses routes. Il y manque une voie rapide.

De tout cela, je ne tire aucune conclusion à caractère général. Et très certainement aucune  contre l'opérateur public qui investit pour améliorer les routes, pour tenter de rendre les paysages de bord de lac faciles aux cyclos. Juste suggérer de faire attention à la communication sur la réalité de la densité et nature de la circulation.

Une conclusion à titre privé toutefois : mon auto-promesse de ne jamais plus emprunter un vélo sur voie publique nulle part. Et pas spécialement en bord de lac !

Donc plus jamais  en mode écolo-économique-développement durable.

Juste garder l'aspect vélo loisir. Mais alors il faut aller le chercher le long de pistes cyclables spécifiques si elles existent.

Comme sur les anciens chemins de halage (Rhône, Isère et autres fleuves) garantis hors circulation moteur. Car c'est bien  en proximité  du mode fluvial que la bicyclette trouve sa sécurité maximale.

Historiquement, les bords du Léman  n'étaient pas concernés par le halage. Le lac étant  traversé toutes voiles dehors par de vrais coursiers rapides. Les chemins spécifiques n'existent pas.

Il faut donc faire avec la mixité   si l'on veut malgré tout jouer à la roulette russe sur les routes bucoliques dites vertes (!!) ou noires. Cela se nomme le vélo maso.


                                                               Sylvie Neidinger


*Où rouler dans le "grand grand Genève"? Nombreux venant de Suisse ou France  s'arrêtent en gare de Bellegarde (Ain) et suivent les voies de halage du Rhône à bicyclette.


Commentaires

Il faudrait aussi songer à améliorer ce réseau routier. Et à voir dans quel état il est , on comprend tout de suite que "nos amis français" (tu parles !) n'aime pas, mais alors pas du tout Genève.
Cela dit, il faut choisir ses parcours quand on veut avoir du plaisir. Je vois des gens qui font la via francigena au bord d'une route cantonale près de chez moi sans rien prévu pour ceux qui marchent. Une fois, un marcheur a accepté que je le prenne dans ma voiture pour l'amener à un chemin plus agréable. Une autre fois, sous la pluie, un fanatique anglais a refusé...
Chacun ses goûts. Moi, je fais du vélo sur des routes où il n'y a pas de voitures et je marche en montagne là où il n'y a jamais personne...

Écrit par : Géo | 30/10/2014

@Géo . En l'occurrence dans ma virée, les routes étaient de bonne qualité ( certes en cours d'agrandissement pour les vélos) mais bien trop fréquentées pour des routes rurales du Chablais dites "vertes" pour vélo. !Un bon asphalte .. qui incite t les véhicules à rouler normalement sans surtout trop ralentir à proximité des vélos.
Votre anecdote de l'anglais sous la pluie est drôle!
Les routes sans voitures...le rêve que vous avez bien trouvé visiblement .

Écrit par : sylvie neidinger | 30/10/2014

Je suis parti de Commugny pour me rendre à Puente la Reina par le chemin de Saint-Jacques à l'usage d'un cyclo-touriste. La première étape nous a mené aux Abrets, 134 km, en passant par les abords de Genève, sans problème. Par contre, le pire cauchemar des cyclistes : arriver de Ronces Valles et traverser Pamplona. On a suivi un cycliste (maillot Euskaltel, donc le vrai local...) qui nous amené sur une autoroute ! Tout va bien en roulant sur la voie d'urgence mais...il y a les voies d'entrée, où les voitures arrivent le plus vite possible. On s'est dépêché d'en sortir et on a mis deux heures pour sortir de ce guêpier où rien n'est prévu pour les cyclistes (mais les gens sont très sympas...).
Pour le reste, Abrets - Bourg Argental - Le Puy en Velay - St-Alban - Espalion - Pt d'Agresse - Cahors - Lectoure - Nogaro - St-Palais - Burguete/Auritz - quelque part dans la région de Puente la Reina : aucun problème avec les voitures sur 1116 km...

Écrit par : Géo | 31/10/2014

@Géo: on va tester votre chemin de Saint-Jacques sur 1116 km précisément: une petite ballade de voisinage !

Écrit par : sylvie neidinger | 31/10/2014

"sur 1116 km précisément" Ben oui, il existe des compteurs sur les vélos...Je peux même vous dire qu'on a fait du 16.6 km/h de moyenne (67h pour 1116 km), 12 jours donc en moyenne 93 km/j. C'était en septembre, on s'est fait passablement rincer, la traversée de l'Aubrac était dantesque, avec orage, foudre, tempête et tout le reste et que c'était la saison des pimientos del piquillo à Puente la Reina; cela sent bon dans toute la ville parce qu'ils ont des fours dans lesquels ils les préparent pour enlever la peau.

Écrit par : Géo | 31/10/2014

@Géo Je vous crois totalement sur le nombre exact des km porte à porte. Mais la précision est stupéfiante. Et très helvète. Votre voyage est fantastique d'intérêt: une véritable expédition avec même les intempéries.

Mes pauvres 30 km (arrondis à 5km près) ne sont rien à coté. J'avais l'illusion d'une petite expédition... votre témoignage et surtout la longueur du trajet remet mes petites pendules à l'heure SN

Écrit par : sylvie neidinger | 31/10/2014

N'exagérons rien. C'est à la portée de tous les cyclistes, c'est extrêmement agréable s'il fait beau et qu'il n'y a pas de vents contraires. Sur le chemin de St-Jacques, on trouve sans trop de problème d'agréables auberges (l'hôtellerie française a fait des progrès considérables...), on y mange très bien, les vins français...
Par contre, à Auritz (en basque)/ Burguete (en espagnol), on a dormi dans l'auberge qui se vante d'avoir accueilli Hemingway. Mieux vaut ne pas avoir peur des fantômes et des parquets qui craquent. Ambiance draculesque garantie. Je recommande à Barbie, si elle nous lit encore...

Écrit par : Géo | 31/10/2014

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