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10/02/2014

Choc bilatéral à l'immigration

 Coup de tonnerre en Helvétie.

Coup de canon à Genève, qui a voté "non" comme tous les cantons romands.

Stupéfaction dans le Grand Genève.

Le résultat de la votation du 9 février remet tout en question.

 La Suisse a certes rappelé  hier par une votation démocratique sa vieille tradition d’indépendance.

 Sauf que l’annonce du résultat assomme les milieux économiques, universitaires (ex:l'IPFL  reçoit aussi  des subventions de recherche européennes)  politiques (hors le parti gagnant UDC évidemment) .

Et un peu tout le monde...

 Tremblement de terre. Tout est remis en cause.

Quid des institutions binationales du Grand Genève?

 Le pays a-t-il agi comme un enfant gâté qui voulait tout sans contrainte?

 La Suisse vit au cœur de l’Union Européenne, première zone économique intégrée mondiale. Et commerce avec elle à hauteur de 56% .

Une position privilégiée. Elle en veut désormais les avantages sans les contraintes.

 Il est bien évidemment fort improbable que les partenaires européens ne l’entendent de cette oreille.

                                  PAS DE DESOLIDARISATION

Car la remise en cause d’un seul accord bilatéral sur un point désolidarise les autres. Avec cette clause curieusement nommée la "guillotine"...des bilatérales.

 L’Union Européenne est très sensible à toute  « désolidarisation »

La Grande Bretagne de David Cameron se voit régulièrement opposer un ferme non à sa velléité de redéfinir les traités.

 Alors cette volonté intempestive de la Suisse- qui n’est  pas membre mais juste partenaire- de remettre en cause l'édifice bilatéral par la dénonciation unilatérale de l’accord de libre circulation des personnes risque de facto de  se voir opposer le refus par l'UE pour le  reste.

La Suisse qui performait dans la course économique  vient-elle, toute seule, de se tirer une probable balle dans le pied ?

Elle risque de repartir en boitillant. Car l’Union Européenne va respecter son  choix démocratique issu des urnes.

 VOTATION CONTRADICTOIRE ENTRE DIVERSES  VALEURS SUISSES

 Le résultat des urnes est visiblement  contradictoire car le pays  helvète, s’il adore sa farouche indépendance au point de trouver – par cette votation anti-immigration- tellement... importuns tous ces européens qui foulent son sol (immigration européenne majoritairement d’allemands, de français, d’italiens et de portuguais qui visiblement dérangent ! ) elle n’aime pas du tout mais alors pas du tout par ailleurs…..l’Incertitude.

 La Suisse, patrie de l’horlogerie, de ces instruments de la mesure hyper précis,  ne  laisse habituellement pas de place à l’imprévu.

Or, elle vient de faire plonger son économie complète dans un scénario non écrit, non modélisé, qui bouleverse tout et dont les conséquences sont immenses…

Bizarre. C'est n'est pas très très suisse que de se placer, sans filet de sécurité, dans une équation nouvelle à plusieurs inconnues!

La Tribune de Genève, à juste titre, évoque  aujourd'hui la RUPTURE  sous un dessin de presse.

La Suisse en total acte démocratique indépendant, de sa propre initiative a fait son choix . Avec une majorité à 0,3%...

Il y a bien  un  avant et un après cette volonté d'autarcie...politico-économique au coeur de l'Europe ...géographique.

                                                                              Sylvie Neidinger.

udc,suisse,grand geneve,immigration,votation 9 février,accord bilatéraux

Les suites :

http://www.tdg.ch/geneve/france-voisine/ferney-associations-anticipent-delocalisation-entreprises-genevoises/

 

 

 

                                                                     


Commentaires

"L’Union Européenne est très sensible à toute « désolidarisation »". La Suisse ne fait pas partie de l'Union européenne à l'instar d'autres pays nordiques.

Écrit par : Claude | 11/02/2014

@l'article le précise deux lignes plus loin cf " la Suisse qui n'est pas membre"

Écrit par : SN | 11/02/2014

Vous oubliez que ce qui était en cours - un développement frénétique sans le moindre contrôle - nous amenait très sûrement droit dans le mur. Cela rapportait gros à certains, peut-être, mais pas à la majorité de la population qui voyait ses conditions de vie se dégrader à vue d'oeil. Le dernier million d'habitants est arrivé en dix ans...
Il va falloir trouver un autre mode de développement, basé sur le qualitatif et non le quantitatif . Exactement ce que je voulais. Intéressant de constater la réaction de Cohn-Bendit, qui se veut écolo et internationaliste : "la Suisse a fait un bras d'honneur à l'Europe (du fric et de la dévastation de la nature, ndr), l'Europe va le lui rendre". Il ne lui reste plus grand chose entre les oreilles, à Dani...

Écrit par : Géo | 11/02/2014

La Suisse a voté à une très forte majorité pour la LAT l'année passée (Loi sur l'aménagement du territoire) c'est notre droit et cette dernière votation fait partie intégrante de la logique qui s'est installée en Suisse.
(c'est bien pour cela que malgré tous leurs moyens les milieux économiques ont perdu.)

Libre à vous de poursuivre le chemin qui mène dans le mur avec l'UE, mais "tout riche que nous sommes" nous avons compris qu'il faut parfois sacrifier le profit pour de la qualité!
Nous voulons cette Suisse là! Alors le trop-plein n'est pas compatible et il faudra bien que vous l'acceptiez! Merci.

Écrit par : Corélande | 11/02/2014

@Corélande.Vous confondez Madame, le rôle du blogeur et le contenu.
Ici, je décris la situation tout autant que Tribune ne le fait avec sa Une choc intitulée la rupture.
La décision a été le résultat d'un vote 100% démocratique. Qui le conteste ? Et pour un choix de société plutôt qu'économique L'article le dit clairement!!!!!!
Vous me mettez par votre commentaire dans la situation fausse et individuelle d'avoir à "d'accepter ou non". Erreur.
Est-il permis, au regard du résultat de souligner par une analyse, par un article qu'un tel choix va avoir des conséquences pas seulement sur le seul volet immigration? Que tout le monde le veuille ou non. Merci.

Écrit par : SN | 11/02/2014

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