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10/09/2013

L'affaire syrienne aura été un "SUEZ Bis"

L'affaire de Suez date de 1956. A l'époque, France, Grande-Bretagne et Israël avaient lancé leur expédition sur l'Egypte pour contrer Nasser. Ils ont réellement occupé le terrain, bombardé.affaire de suez,usa,france israel,egypte,syrie

 Jusqu'à ce que "plus fort  " que la France, et le Royaume -Uni, ces anciennes puissances coloniales  (+Israël ) ne leur tape sur les doigts pour leur dire de cesser cette expédition punitive.

"Plus fort" se nommait alors Union Soviétique et USA. Les deux pôles de l'équilibre mondial de l'époque.

Les deux puissances moyennes qui voulaient jouer dans la cour des grands  se sont retirées. Le Canal a été nationalisé et chacun renvoyé à son ....niveau stratégique.

En  septembre 2013 la crise syrienne est similaire mais avec d'autres acteurs et l'attaque +occupation réelle en moins.

RUSSIE ET ONU PLUS FORT QUE USA ET FRANCE

Dans le rôle de la France de 1956... la France de François Hollande  de 2013 qui remet le couvert mais dans un inquiétant état  de vassalité vis à vis de l'Amérique, au point de décider en fonction de  la décision du Congrès US et non de son propre parlement !

Dans le rôle d'Israël de 1956 ...personne a priori. Ce pays est officiellement en retrait de tout ce qui se passe au proche-orient actuellement. Mais en façade seulement car  hyper présent en off. L'Eat hébreu a procède à des tirs de missiles réels au plus fort de la crise la semaine dernière.

Dans le rôle de l'Angleterre de 1956.... les USA! Barack Obama entend mener une expédition punitive par bombardements aériens sans but martial annoncé sinon de "punir".

"Punir" ! Bizarre. Cette notion étant plutôt liée au monde de l'éducation ( on punit un enfant!) qu'au langage structuré de la géo-politique internationale.

Le tout sans aucun mandat de l'ONU. Pire,  en disant "agir parce que l'ONU n'agissait pas." Initiative solitaire.Décriée.

Le Président US  allait vers une cuisante défaite devant son Congrès , le Sénat. Et devant le monde. Ridiculiser son pays. Il a donc immédiatement  saisi l'option diplomatique mise en place par la Russie de Poutine : le démantèlement de l'arsenal chimique syrien.

Ceci marque clairement  l' échec de l'épopée solitaire américano- française, de cette tactique de vouloir " punir Bachar El Assad un peu mais pas trop pour laisser tout de même le système en place face au chaos annoncé."

En réalité ils avaient l'intention de tester les systèmes de défense anti-aériens syriens voire russo-syriens... C'était d'ailleurs la raison du tir "pour entraînement" d'Israël en Méditerranée, immédiatement détecté par les Russes. Ils n'ont pas pu.

UN SUEZ BIS POUR CONCLUSION DE CETTE DIPLOMATIE GUERRIERE

Le scénario était bien monté par la diplomatie offensive de  Obama+ Kerry, Hollande+  Fabius le faucon français.

Sauf qu'ils avaient oublié un détail. L'immense réprobation mondiale de taper sans but, sans solution pour 'après" avec le risque de commettre un Irak bis.

Les opinions publiques étaient fortement négatives,  le vote anti-conflit au parlement britannique fut magistral.

L'idée russe  de sortie de crise vient donc à propos pour sauver le soldat Obama d'une gifle magistrale du vote négatif au Sénat et au Congrès qui aurait encore plus entaché l'image de l'Amérique ! Il se tire à "moindre mal" d'une idée mal conçue au départ.

Mais la conclusion de tout ceci est majeure: la "CRISE DE SUEZ SYRIENNE " aura validé Vladimire Poutine dans le rôle d'une diplomatie du réel.

LA LIGNE FAUCON BAT DE L'AILE !

USA et France auront été confronté à plus "grands"  qu'eux, sur ce dossier en tous cas : le tandem Russie +...ONU et très certainement de la Chine sur la même ligne que la Russie.

Plus bloquant en tous cas, comme dans l'affaire du canal.

Il semble que la légalité des décisions  internationales ait prévalu. L'unilatéralisme  a vécu.

La puissante Amérique n'a pas frappé comme un  "lonesome Etat cow-boy".

L'option diplomatie a prévalu.

Ce retour vers un réalisme pragmatique de la part de la nation état-unienne et une bonne nouvelle pour la crédibilité de l'Organisation des Nations Unies.

                                      Sylvie Neidinger

 

Nota Le 2 septembre 2013, j'avais fait le pari sur ce blog Neidinger d'une issue à la Suez. "Je prends personnellement le pari que cette expédition est une affaire expédition Suez bis.(non pas GB plus France ) mais USA et France face à une réprobation internationale"

CQFD !

http://duboutduborddulac.blog.tdg.ch/archive/2013/09/02/v...

 

 

                                  RUBRIQUE PROCHE-ORIENT SERIE SURYA

Commentaires

Intéressante analyse. Merci beaucoup!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 10/09/2013

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