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21/12/2012

Première Dame "parapublique"... avec quels capitaux?

 Feuilleton VT n°7-  Lors de son procès pour diffamation , Valérie Trierweiler  refuse  de se dénommer Première Dame. Dans son assignation, elle remplace le terme par ...parapublique, normalement dévolu aux entreprises ! Et demande aux Juges du Tribunal... correctionnel de se prononcer sur la nature du lien qui la lie aux français !

Tous les enseignements n’ont pas été tirés de la phase 1 du procès (celle du 10 décembre dernier) que la Première Dame intente contre deux journalistes auteurs d’une biographie qu'elle récuse.

C'est un dossier hors norme. Encore un article sur le thème car il y a matière  à de nombreuses analyses ici proposées dont certaines inédites.

 Rappel. Valérie Trierweiler- c’est son total droit de citoyen- engage une procédure devant le Tribunal Correctionnel de Paris.Elle demande 80.000 euros de dommages et intérêts pour "diffamation et atteinte à la vie privée" aux auteurs de La Frondeuse, Alix Bouilhaguet et Christophe Jakubyszyn, et aux éditions du Moment.

Le problème par elle dénoncé ? Les auteurs mettent en scène son ancienne  vie privée réelle ou supposée. L’info vraie ou fausse offerte au lecteur par le livre appartient effectivement au registre de l'intime d'une personnalité devenue publique. Elle se résume ainsi :  « mariée à Denis Trierweiler, elle aurait eu une relation extra-conjugale avec l’homme politique  UMP Devedjian lequel ne quittera pas sa femme- elle aurait ensuite eu une relation extra-conjugale avec le responsable national du  PS  François Hollande lequel quittera pour elle sa compagne Ségolène Royale, laquelle sera candidate finaliste à la Présidence de la République en 2007, lequel sera élu Président de la République en 2012. »

 Mme Trierweiler plaide  que l’on ne vienne pas fouiller dans sa vie privée. Mais va elle-même se contredire dans sa gestion catastrophique de ce procès. On va observer comment :

1- Affaire des Lettres de François Hollande et Manuel Valls :

Elle fait produire deux attestations de témoignage qui vont faire l’effet d’une bombe, bouleverser les Constitutionnalistes. Une missive de la main du Président de la République, une du ministre de l’Intérieur sur papier à en-tête du Ministère !

Constat 1: La puissance publique témoigne directement. Ceci vient contredire l’objectif de son procès , le respect de sa vie privée puisqu’elle convoque l'Institution  Présidence+ Ministère de l’intérieur comme témoins de son procès privé !

Constat 2 : Les écrits manucrits de François Hollande  sont vus  par certains comme un touchant acte d’amour du Président pour sa compagne. Oui, mais produits devant un  Tribunal.... Correctionnel ! Donc publics!

Constat 3 :Donc, pour vouloir protéger sa vie privée ( l’objet du procès) elle met en scène sa vie... privée affective ! En  absence totale de logique. En déplacement officiel en Algérie,  elle vient d'annoncer d'ailleurs à une classe d'élèves qu'elle est amoureuse de François Hollande !!! En résumé, elle engage un procès pour cacher sa vie affective ancienne mais instrumentalise publiquement  sa vie affective actuelle devant les caméras, là où personne ne lui demande rien. Stupéfiant.

Constat 4 : La rédaction de la lettre du Président de la République  ( 2 lignes pauvres en  information qui n'apportent rien ) est juridiquement limite. Certains constitutionnalistes affirment que c’est hyper maladroit mais pas 100% illégal. On marche sur des oeufs. Après tout, les Juges correctionnels  peuvent toujours refuser d’intégrer ces pièces au dossier!! Et on n'en parle plus.  Mais le mal est fait . L'action est médiatiquement tueuse. La Droite s'insurge. Le grand public vit ceci comme une atteinte à la séparation des pouvoirs. François Hollande étant actuellement la clef de voûte du système judiciaire par son éminente fonction, il commet là  une atteinte certaine à sa ....promesse de campagne d’indépendance de la justice.

Constat 5. Les Services Elyséens, en catastrophe, évoquent  une «  initiative  privée du citoyen Hollande »

Constat 6. Cette réponse élyséenne est en réalité totalement politique et publique. A ce jour, ni   les Institutions de la France, ni  le Conseil  Constitutionnel n’ont pas encore « réfléchi » à un statut rénové du Chef de l’Etat qui puisse rendre compte d’actes privés (négatifs ou positifs) Actuellement le Président  est protégé le temps de la mandature.  François Hollande souhaitait engager ce chantier comme promesse électorale. Il semble ici avoir agi comme si le statut rénové du chef de l'Etat était déjà réel ?

Constat 7 En fait le Président s'est exposé publiquement  en  adressant un  écrit  privé à un Tribunal correctionnel  Il  agit de facto  comme si le statut du chef de l’Etat le lui permettait. C’est un acte éminemment politique.

Deux conclusions s’imposent au volet « lettres de témoignage »

a)-Soit Valérie Trierweiler  domine tellement le Président et son ministre qu’elle réussit à obtenir entre deux portes, rédigés  à la va vite deux témoignages écrits, sans qu’ils n’aient ni eux, ni les services juridiques pris le temps de réfléchir  à leur portée future.

b)-Soit l’acte est volontaire et réfléchi. François Hollande forcerait-il alors les Institutions en imposant avant l’heure, en solo,  un statut pénal du Chef de l’Etat ? Où ? Dans un Tribunal correctionnel pour motif de diffamation liés à de supposées relations extra conjugales dénoncées par le procès. Bizarre !

Problème : les deux conclusions sont aussi  inquiétantes l'une que l'autre pour la gouvernance de ce pays !

 Observation. L’inanité du raisonnement juridique tenu par la Défense de Valérie Trierweiler- à savoir dans un procès pour atteinte à la vie privée ancienne  faire intervenir la vie privée présidentielle actuelle !!!- se retourne déjà  contre elle. A tel point que son avocate veut désormais retirer du dossier les deux lettres qu’elle a elle –même produites !!!! Evidemment la Défense de la maison d’édition refuse….Vaudeville au sommet de l'Etat. Encore. Après le tweet.

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2-L’assignation, la femme parapublique et les Institutions françaises bousculées

 Constat 8 Valérie Trierweiler n’arrête pas de mettre en scène son acceptation difficile  et sa propre réflexion sur sa vision du rôle de Première Dame. Sa position en résumé : elle a épousé François et malheureusement il est devenu Président de la République. Elle ne cesse, depuis le premier  jour de jouer ce scénario  sur la scène médiatique.

Encore récemment en Algérie.Interrogée sur son rôle de première dame.  «Vos questions sont pires que celles des journalistes», a-t-elle plaisanté, avant de se faire plus sérieuse expliquant que dans le rôle de première dame rien n’est défini à l’avance.
Chaque épouse de président doit trouver son propre chemin. «Le rôle de première dame n’est pas défini, c’est à elle d’en faire quelque chose», fait-t-elle savoir, expliquant que ce statut présente bien entendu de nombreux avantages dont celui de voyager autour du monde, et de rencontrer des gens de toutes les cultures, rappelant que c’était déjà le cas pour elle grâce à son métier de journaliste.
Et de reconnaitre que le statut de première dame présente également des inconvénients dont celui de perdre une partie de sa liberté, et d’abandonner «  un peu de ce qu’on est soi-même»,
Et de conclure que première dame, ça faisait un peu peur au début, mais à force « on apprend. Comme à l’école».

 Constat 9 Hyper narcissique, elle ne cesse de …se plaindre. Elle dit avoir peur, même. On peut aussi s'étonner de cette affirmation . Le soir de l'élection elle entraîne sans timidité aucune F Hollande à danser devant tout le monde sur le thème de la "vie en rose". Quelques heures après, elle l'embasse à pleine bouche devant  les caméras du monde entier à la Bastille. Apeurée, timide?

Si elle souffre tant...une solution facile se présente à elle : quitter définitivement  la scène et rentrer complètement dans la sphère privée comme le compagnon d’Angela Merkel dont on ne connait même pas le visage.

Constat 10 Or, elle reste. Pire… elle bouscule les Institutions de la France comme on va le voir plus loin. Ce devant les yeux de son compagnon Président de la République qui laisse faire visiblement.

Constat 11: Elle récuse la dénomination de « première dame » Or, c’est un terme classique , international pour nommer les  épouses mariées des responsables politiques. En anglais «  First lady » comme appliqué à l’épouse de Barack Obama, femme intelligente , excellente communicante, qui a compris son rôle rapidement et sans que personne ne vienne le lui expliquer. Un véritable complément médiatique de la Présidence américaine qui a certainement joué en faveur de la réelection récente.

Constat 12 : Effectivement le terme de première dame a disparu du  site de l’Elysée. Valérie Trierweiler est réapparue officiellement récemment après son éviction (tweet) . Mais à aucun moment n'est citée la  « première dame » qui semble devenu un gros mot ?

Constat 13 : Elle invente une nouvelle terminologie avec le terme"parapublique".  On lit dans le Nouvel Obs du 22 novembre 2012:« Dans la plainte contre les auteurs de sa biographie, que "le Nouvel Observateur" s'est procurée, la première dame tente de définir son statut. Bataille juridique en vue. Elle ne goûte guère d'être qualifiée de "première dame" et avait suggéré d'être appelée "l'atout coeur de France" ou "la première journaliste de France". Mais ce sont les juges qui pourraient se trouver dans l'obligation de lui donner un nom et par là même de définir son statut.Dans la plainte pour "atteinte à la vie privée" déposée par Valérie Trierweiler à l'encontre des auteurs de sa biographie, "la Frondeuse" (Editions du Moment), Alix Bouilhaguet et Christophe Jakubyszyn, elle se définit comme "journaliste" avant de se présenter comme "la compagne de M. François Hollande, président de la République" puis comme "une personnalité publique ou plus exactement parapublique".

Dans son assignation, elle  demande aux  juges de définir son statut public.... Grande vacuité que cette défense puisque ces arguments tuent les objectifs initiaux du procès à savoir la  défense de sa vie privée . Me Olivier Pardo, le conseil de l'Editeur a bien relevé:« C'est la preuve qu'il existe un intérêt à s'informer sur sa vie privée comme sur sa vie publique quand il y a un lien entre les deux. Elle a un staff, un bureau, elle représente la France à l'étranger..."

Selon lui, les journalistes devaient bien écrire cette biographie. Elle est bien publique puisqu'elle demande à ce que l'on réflechisse  à son statut officiel !

Constat 14 : Valérie Trierweiler s’enfonce dans le mélange des genres entre le métier de journaliste (qu’elle surjoue:elle était totalement inconnue du grand public) la fonction de Première dame et désormais la notion de femme parapublique

Constat 15.Le terme de parapublique ne s’applique qu’aux entreprises. Bigre. La compagne du président serait en fait , si on suit son raisonnement,  une « entreprise semi-publique, semi- privée de sa personne » ….Mais alors avec quels capitaux ?????? Qui possède quoi ? Quelle est la part de chacun des actionnaires ?? Diantre. Quelle folie….

Constat 16:

 a) Soit à la Présidence de la République, on avalise ce mélange des genres entre terminologie économique et institutionnelle. On peut alors avoir les pires craintes pour la gouvernance économique de ce pays si les entreprises parapubliques sont dans l’autre sens comparées… à Valérie Trierweiler!  Inquiétant.

b) Soit à la Présidence de la République, on n’est même pas informé en avance  des dernières lubies juridiques  de la Première dame, comme se comparer personnellement à une entreprise. Et c’est tout aussi inquiétant.

Constat 17  En résumé : la Première dame impose son vocabulaire avec l’objectif d’imposer aux juges d’un Tribunal …correctionnel de...juger de la notion de "parapublique " Terme malheureux, mal choisi par celle qui se l’attribue. Femme publique  est le titre d’un certain film … Sans commentaire. Amateurisme total.

En conclusion sur le volet "Parapublique" de l’assignation.

Dans le même procès où elle réclame que sa vie privée soit respectée, elle convie  les juges du…. Tribunal correctionnel à réfléchir sur l’évolution  du statut de la Première dame française  en direction de la notion de « parapublique »

Dans une « toute puissance » un peu mégalo, elle veut décider, elle, à la fois de la désignation, du timing et du lieu. Cela sera dans le cadre de ce procès en diffamation. Point barre.

Bizarre…Car c’est au Peuple français par ses Institutions de décider de quoi que ce soit, non?

Concrètement, elle tue elle même son procès en conviant -pour obtenir le  respect de sa vie privée !- les juges… correctionnels à réfléchir sur une thématique de politique pure en lieu et  place du peuple français et des constitutionnalistes.

Son narcissisme exacerbé semble n’obéir à aucun conseil . Elle fonce, agit en solo. Se plante. Et plante dans  la foulée l’image de ce gouvernement comme elle le fit  avec le tweet Falorni. De l’amateurisme total, qui continue et que personne ne canalise.

Les Juges (à mon avis)   vont difficilement  se prononcer sur son éventuelle « parapublicité" pardon "parapubliquité" institutionnelle….  Ils sont là pour juger d’une atteinte à la vie privée. Et de diffamation. Pas du reste.

Conclusion générale :

Le feuilleton continue…VT présente aux français et au monde  un film qui n’a pas lieu d’être. Superflu en période de crise de jouer ce genre de caprice. Elle accepte la fonction ou elle se retire, non? Cela semble si simple.

Or, elle met en scène publiquement inlassablement-même en visite officielle  comme actuellement en Algérie !! - ses états d’âme,de coeur,  sa difficulté. Et en même temps,refuse de quitter médiatiquement cette scène qui ne lui convient pas !

L’unique statut de la Première dame historiquement  est le …contrat de mariage qui unit le couple exécutif. Un couple où le second, normalement ne met pas des bâtons dans les roues de celui qui a le pouvoir.  Dont la parole est rare et mesurée.  Remarque : c’est une donnée  internationale. Cela se passe ainsi partout. Même dans les monarchies (cf Reine d’Angleterre et son époux que l'on voit peu).

 François Hollande, habile a réussi à conquérir le pouvoir.Alors on se demande pourquoi celui qui doit gérer une gravissime  crise économique laisse sa compagne – mal-  interférer et se plaindre à longueur de temps ?

Sylvie Neidinger

 Suivi post.La surplainte:

Le 10 janvier 2013, Valérie Trierweiler reporte plainte , action rare qu'une "sur plainte" La seconde action entre autre élimine de l'assigation la notion de femme "parapublique " Notion tellement incohérente qu'elle avait fait l'objet de cet article.

Tout reste juridiquement bizarre !  Lire article du chroniqueur judiciaire Stephane Durand Souffland Extrait
"Souhaite-elle éviter la prescription? Aurait-elle eu vent, par des voies peu orthodoxes, de la teneur - défavorable à sa cause, qui sait - du jugement à venir le 28, comme le suggère Me Pardo? Quoi qu'il en soit, sa démarche intrigue les juristes. L'avocat, rigolard, note que la seconde assignation est à ses yeux «mieux ficelée» que la première ; la notion inconnue jusqu'à ce jour de «personne parapublique» dont se prévalait la plaignante a disparu. Selon lui, les prétentions financières ont été revues à la baisse: elle ne demande plus que 40.000 € de dommages et intérêts - «ce sont les soldes», moque Me Pardo. Reste à savoir comment les juges vont apprécier la technique de l'assignation-parapluie: ils sont à présent saisis, pour un seul contentieux, de plusieurs plaintes. Selon le détail des premières procédures, une première plainte concerne l'atteinte à la vie privée, action qui n'est pas prescrite à court terme et pour laquelle Valérie Trierweiler réclame 40.000 €. L'autre plainte, qui vient d'être renouvelée parce que la prescription risquait d'intervenir avant la fin janvier, portait également sur un montant de 40.000 €. Une situation qui résulte de procédures assez complexes. Il ne manque plus dans ce palpitant feuilleton qu'une attestation du garde des Sceaux donnant son avis sur l'encombrement des juridictions."

RUBRIQUE POLITIS FRANCE TRIERWEILER :

Article 6 V Trierweiler dit être amoureusee (!) aux enfants algériens lors de sa visite officielle

Article 5 Rubrique Trierweiler. Pourquoi ?

Article 4 Valérie Trierweiler serait en fait un Sarkozy en jupons.

Article 3. Et Monsieur Trierweiler dans tout cela?

Article 2-Valérie TWEETweiler en fait trop    Stupéfaction face à cette drôle de dame . Article prémonitoire, rédigé avant le tweet-royal.

Article 1-La reine de Hollande devient reine de France aujourd'hui: découverte avec préjugé favorable de Valérie Trieweiler alors inconnue

 

Jugement du 28 janvier 2013 affaire Trierweiler: renvoi en mars  lire

Jugement rendu le sur une partie du dossier le 5 juin. lire

Valérie Trierweiler gagne pour la parti atteinte à la vie privée dans le livre "La frondeuse". extrait:"Soulignant que la protection de la vie privée s'apprécie moins strictement lorsqu'il est question d'une personne exposée à la curiosité du public, les juges de la 17e chambre civile du tribunal de grande instance de Paris soulignent que Valérie Trierweiler ne doit pas pour autant être privée de toute protection en la matière (...)Le tribunal a en revanche considéré que les passages du livre concernant la vie familiale de Valérie Trierweiler ne portaient pas atteinte à sa vie privée"

Avec obligation par l'éditeur de faire mentionner dans de futures éditions les pages incriminées. De ce fait l'éditeur ne doit pas être mécontent du jugement. Car il devra -en rouge !- signaler dans les futures éditions les passages litigieux. On ne sait si la première dame y trouvera  son compte au final. On a affaire ici au problème des incidences d'un  "procès pour vie privée" Le gagner ne fait pas taire l'info: il la diffuse et donne au contraire une publicité maximale à l'ouvrage. En terme de résultat l'effet est donc inverse et amplifié.

. P. Devedjian perd pour diffamation. Il fait appel. Le volet diffamation par V Trierweiler n'est pas jugé.

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