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30/11/2012

Coulures de sang. Konny Steding, Paris

La rubrique Graph'Urbain ouverte récemment était supposée ne s'intéresser qu'aux visuels du Grand Genève. Cela n'a pas été tenable. Il  est des "rencontres de rue"  chocs à faire...partout. Ici , Impasse Guéménée, Paris. Rue calme, chic. Et pourtant...

Art éphémère. Précisément Street Art avec Konny Steding.

Galerie Moretti Moretti

Graph N°2

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La galerie Moretti Moretti - 700 mètres carrés dans un espace historique parisien, fondations du château des Tournelles entre Bastille et Place des Vosges.

En surface, une artiste s'en donne à coeur joie!  Librement. Konny Steding avait commencé à 14 ans en envoyant directement des pots de peinture sur le mur de Berlin.

Activiste, toujours rebelle  elle n'hésite pas à perturber la FIAC avec ses projections intempestives! Par principe l'artiste du Street Art ne demande pas les autorisations nécessaires. Pour exposer ses coulures préférées, elle pratique la technique mixte sur support papier avec pochoir, peinture.

Découverte d'un très beau texte de Jacques Bouzerand sur le Street Art (à trouver dans l'onglet sur l'artiste après être entré sur le site web de la galerie Moretti-Moretti)

Sylvie Neidinger


Reproduction du texte de Jacques Bouzerand, Paris septembre 2012 sur le Street Art:


"Pourquoi depuis qu’ils vivent en société les hommes ( et les femmes )

ont-ils décidé de couvrir les parois ou les murs qui les entourent

d’images ou de signes mystérieux ? Pourquoi ? C’est en tout cas ainsi

d’Altamira à la Chapelle Sixtine, de Pech-Merle aux murs de la Sorbonne

en 1968 et au Mur de Berlin (jusqu’en 1989). Partout, en tous lieux, la

muraille, la cloison, le panneau sert de support aux icones des

civilisations qui passent. Ce n’est pas un hasard si notre siècle en

surfant sur ces modèles et en les démultipliant a donné vie à une des

formes d’art les plus inventives et vivaces : le street art.

 

Peut être, parce que les civilisations se savent mortelles, veulent-elles

laisser sur la coquille de leurs habitacles les traces de leurs rêves, de

leurs cauchemars, de leurs passades ou de leurs aspirations. Le bison,

le cheval, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, les Lüftimalereien,

ces trompe l’oeiI sur le Mur ouvrant l’espace à la liberté… tout fait

toujours sens sur les murs et appelle à la réflexion…

 En associant dans sa pratique artistique le souci de plus en plus

contemporain de la préservation, du sauvetage de la Planète et la soif

généralisée d’évasion vers des paradis artificiels, Konny Steding s’est

fait une belle réputation internationale. Du Mur de Berlin à la Rockefeller

University, puis à Cologne, à Berlin, à Paris, ) New-York, à Londres, à

Toronto…, Konny Steding , née à Stuttgart, a en effet ponctué ses

séjours de performances et d’affichages remarqués. Double jeu. Double

je. Ses performances tournent autour de la notion de déchet, de gâchis,

de destruction, de pollution… Dans les couloirs des métros, dans les

galeries, sur les trottoirs des villes, cette « activiste urbaine » fait de la

poubelle l’alpha et l’omega de la société. C’est, pour elle, le symbole à la

fois honni et adulé de la consommation poussée jusqu’à ses extrêmes

et, qui sait, jusqu’à la perte de la civilisation. Mais, les interventions de

Konny Steding ont aussi, à côté, en même temps, en outre, des aspects

plus intrinsèquement artistiques et surtout moins fugaces. À grands traits

sur de vastes surfaces, Konny Steding peint des portraits de vedettes

de la culture punk, dont le plus mythique Sid Vicious ( 1957-1979), le

chanteur des Sex Pistols… Ces portraits -et aussi, sans doute, le sien -

qu’elle réalise le plus souvent sur de grandes toiles ou des affiches avant

de les coller sur les murs des capitales qu‘elle traverse constituent un

extravagant capital de visions contemporaines, avec leurs coulures,

leurs graffitis surajoutés, leurs larmes ce sang de peinture… Ces images

construisent la vaste exposition que consacre à Konny Steding « la

galerie Moretti & Moretti » ( 6, Cour Bérard dans l’impasse Guéménée

près de la Bastille). La galerie donne une grande place aux jeunes

artistes du Street Art, persuadée, non sans raison, que c’est là que se

nichent les valeurs de demain."

 

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