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08/02/2012

INFIDELITE : ANTI !

gros plan infidélité 1.PNGLes Infidèles (Dujardin) L'amour dure 3 ans : les films s'emparent d'un sujet décidément très  à la mode après une année 2011 ponctuée par la scabreuse affaire DSK.

Gleeden, Rencontres-adultères, Infidélia... les sites internet dédiés aux relations extra- conjugales connaissent une progression supérieure aux sites pour seuls célibataires.

Le marché de la rencontre ultra discrète fait florès. Il génère une économie parallèle d'hôtels bien sous tous rapports mais acceptant officiellement de louer les chambres à l'heure et en espèces. Jusqu'aux créateurs d'entreprise qui se spécialisent dans  la fourniture d'alibis béton  pour infidèles !

La tromperie est vieille comme le monde. Hera prototype antique de femme fidèle et son Zeus d'époux volage auraient également pu jouer au19ème siècle chez Labiche ou Feydeau au Théatre de Boulevard.

Révolution numérique au profit de l'adultère

Aujourd'hui  la révolution numérique démultiplie  les petites affaires.

Par sms, internet, smartphone interposés  l'indélicat(e) peut entrer en contact avec son tiers, bien installé au milieu des siens. La garçonnière fait irruption au cœur du foyer conjugal !

Une digitalisation  à double tranchant qui, si elle  facilite la connexion illégitime  est a contrario redoutable comme preuve juridique et réaliste... quand tout se découvre.

Réalisme : les psychiatres disent désormais soigner des blessures traumatiques plus fortes de patients ayant pris connaissance de l'infidélité en  version chaude par ces médias directs du son, de l'image, du courriel.

Les affiches censurées cette semaine mettent en scène un Dujardin téléphonant à son conjoint avec aplomb: « je rentre en réunion » Tout est dit. L'infidèle commet un acte sexuel tiers  par mensonge en jouant une comédie à son partenaire de vie.

Côté cocufieur. Découvert(e) il (elle) va entrer dans des justifications souvent fuyardes, dégonflées autour d'une éventuelle problématique de couple.

Faux: tous les couples en rupture ne passent pas obligatoirement par la case tromperie !

En évoquant une supposée difficulté conjugale, le compagnon adultérin a en plus  la lâcheté de faire porter la responsabilité sur l'Autre, le non informé !

Se rappeler que l'indélicat(e) peut parfaitement endormir sa "moitié" -qu'il ne veut pas forcément quitter- en  redoublant de caresses. Ses motivations sont en réalité  variables et indépendantes du conjoint trompé: immaturité affective, narcissisme œdipien, goût du sexe et du  risque borderline qui fait monter l'adrénaline, homme à femmes, femme à hommes,  jeu...

Autre discours classique de justification : la biologie. On ne serait pas génétiquement programmé pour rester des années avec le même partenaire de lit. Sauf que l'argument  ne fonctionne pas non plus. D'une part parce que l'humain n'est pas un animal. D'autre part parce que les animaux fidèles existent ! Et qu'au fond la problématique n'est pas là.

Côté cocufié. La « rupture de contrat »  est un tremblement existentiel : le sol de dérobe. Conjoint (e)  et enfants qui n'ont rien fait sont paradoxalement les premières   victimes du traumatisme généré par l'information sur un acte qu'ils n'ont pas commis !

Les psy soulignent la massivité de l'impact : lecture rétrospective humiliante de la vie commune, impression d'être ravalé au rang animal (dindon de la farce) estime de soi touchée. Nécessité de prise de décision radicale : rester, partir, quelle seconde vie ?

Sans oublier un côté glauque induit. L'infidèle impose sans informer  une sorte de sexualité de groupe décalée dans le temps ! Pour preuve : la mise en danger sanitaire par Mst et potentiellement sida importés.

Double peine. Le célèbre « cocu »   devra en plus affronter un  second discours culpabilisant (après l'évocation de la supposée difficulté de couple) : il n'aurait  rien vu alors qu'aux yeux du monde  le cocufiage était notoire !  Il lui sera en fait reproché de ne pas avoir été suffisamment pervers pour  ne pas avoir lui-même chaussé les lunettes de la perversion pour tout découvrir !

Ceci dit,  le corps social, neutre sur les problématiques réelles de déchirement de couples s'engage à propos de la Tromperie. Il apprécie peu voire méprise  celui ou celle qui commet l'adultère, la tierce étant traditionnellement  décrite à la limite d'une prostituée, la séduction se nourrissant de petits cadeaux et de restos.

Car l'infidélité fonctionne sur les bases  peu recommandables du  mensonge et de la couardise.   Certains  médecins refusent même de recevoir un patient adultérin. La confiance n'existe plus«  parce que j'ai trop traité suicides réussis  et de tentatives de la part de conjoints trompés, blessés  qui n'avaient, eux, rien demandé » affirme l'un deux sous le sceau du secret médical.

Aux USA, l'infidèle conjugal ne peut se présenter aux élections

Les américains sont encore  plus fermes sur le sujet. Si un (une) homme  politique a trompé son conjoint,  il (elle) est disqualifié(e) moralement dès le départ. Il (elle) a déjà menti en privé. Il est donc potentiellement  un menteur public, un traître. Comment élire  un trompeur ?  Une logique implacable après les affaires Kennedy et Clinton.

On peut conclure que le contraire de l'infidélité n'est pas forcément... la fidélité mais la vérité !

Le discours moralisateur n'a plus lieu d'être en 2012 alors que le corps économique installe ouvertement  un véritable marché de la coucherie extra-conjugale.  Oui, chacun est libre de son corps, de son âme, de ses actes, de son présent, de son futur.

Mais, détail majeur  le conjoint trompé est tout autant libre d'être informé et d'agir en réponse !

L'action volage génère des dommages collatéraux traumatiques minorés par les  actuels  effets de mode qui laissent croire que tromper c'est juste jouer une petite parenthèse sans conséquence.

Les générations qui suivent méritent d'être éduquées dans le cadre de balises structurantes.

Oui, en 2012, la morale s'efface mais  au profit de... l'éthique ! Un conjoint veut voir ailleurs si l'herbe est plus verte ?  Il (elle) est parfaitement  libre de son choix individuel  mais doit tout simplement ...annoncer la couleur !                                                                     Sylvie Neidinger

Key words : gender studies, infidelity,usa,kennedy,clinton,dsk,dujardin

 

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